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Chroniques BD

la splendeur de l’Amérique en best of

American splendor – the best of (scénario d’Harvey Pekar, dessins : divers;  éditions Ballantine books – USA)

Publié en 2005 aux USA, cette deuxième compilation « généraliste » des (censées être les) meilleures histoires de cette série de comics d’Harvey Pekar est toujours disponible en France sur les sites de vente en ligne généralistes et reste l’une des plus simples façon de connaître l’univers de cet auteur, qui n’était à ce jour pas traduit dans notre pays. (pas depuis the Quitter donc !).

Cela s’explique peut être par la caractère très américain de la démarche et des allusions, qui, je pense ne trouveraient sans doute pas suffisamment d’échos auprès du public français.

L’intérêt majeur de ce recueil  d’histoires (17) en noir et blanc et de la série en général, en plus d’offrir des réflexions sinon pertinentes en tous cas gratinées sur la société américaine, réside donc dans la multiplicité des dessinateurs impliqués.

Ainsi, à l’image d’autres recueils ou « annuals » d’éditeurs américains (cf Expo 2000, Dark Horse maverick, Les Top Shelf on parade, 9-11 Emergency, Mome…), le lecteur français a l’occasion de découvrir d’une traite une multitude d’auteurs peu ou pas du tout connus outre Atlantique.

Une aubaine  … pour amateurs !

*Rectification à postériori : ce « Best of » complète le premier sortit en 1991 intitulé bizarrement « The New American Splendor Anthology » (chez Four Walls Eight Windows publisher) et propose des histoires plus récentes de la série, à l’inverse de ce que j’avais avancé sur mon blog en Janvier 2006. Pour trouver les épisodes plus anciens avec des  dessins de Robert Crumb, c’est donc celui de 1991 qu’il faudra choisir en priorité. (cqfd).

News : La série qui comptait jusqu’à présent 31 épisodes (une première série de 1976-1993 parue en autopublication, puis une seconde chez Dark Horse), a été réactivée pour quelques épisodes l’année dernière, cette fois chez Vertigo, label de DC comics. Ces épisodes viennent d’être regroupés à leur tour dans un recueil bon marché intitulé « American splendor : another day« .

A lire : la page documentée de Wikipédia consacrée à American Splendor

A découvrir : le site des 100 meilleurs comics (American splendor # 1 en 21eme position !) ainsi que les couvertures de chez Dark Horse

A lire : une note plus ancienne (blog d’Hector )sur le parallèle film/BD d’American Splendor

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Dixie Road

(scénario de Jean Dufaux, dessin de Hugues Labiano, couleurs de Marie-Paule Alluard, éditions Dargaud)

Bien sûr qu’il y a un peu des Raisins de la Colère dans Dixie Road : comment pourrait-il en aller autrement dès lors que l’on situe une action dans cette Amérique des années 30, totalement ravagée par la misère sociale et morale qui poussent les métayers, les ouvriers agricoles, les petites gens sur la route, toujours plus loin…

Bien sûr qu’il y a aussi du Bonnie Parker & Clyde Barrows dans Dixie Road : face à l’insoutenable injustice des grands propriétaires terriens, le couple Jones et leur fille Dixie représentent pour les exclus du bord de la route un espoir de liberté à défaut d’être un modèle de moralité. Ils attaquent les banques (enfin, surtout Jones) mais redistribuent leur butin tout en gardant en tête l’American Way of Life vanté sur les affiches publicitaires…

Mais réduire Dixie Road à un erzats de Steinbeck ou à une ressucée de Robin des Bois moderne serait passer à côté de cette BD construite comme un véritable road movie (cadrages compris), à la fois peinture sociale des USA d’avant guerre, récit initatique pour la jeune Dixie, trimballée par des parents à la recherche d’une certaine liberté, véritable (et crédible) histoire d’amour, thriller habilement rebondissant… Le scénario de Dufaux est digne de celui d’un film américain (et c’est un compliment…) et le dessin réaliste de Labiano rend parfaitement à la fois les ambiances du Sud et l’action. Allez chers lecteurs, la route est là qui vous attend…

A lire : l’interview de Jean Dufaux et Hugues Labiano sur bdparadisio.com

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Les cinq conteurs de Bagdad

(scénario de Fabien Vehlmann, dessin de Frantz Duchazeau, couleurs de Walter, collection Long Courrier, éditions Dargaud)

Pourquoi lisons-nous des bandes dessinées ? Y avez-vous déjà pensé ? Seulement pour nous divertir ? Ou aussi pour y trouver « autre chose » ? Et quoi ?

Les cinq conteurs de Bagdad ne répondra peut-être pas à toutes ces questions, mais ce magnifique album vous aidera intelligement à trouver vos propres réponses. A la fin de ce récit initiatique qui va conduire cinq personnages hors du commun (Tarek, Wahida, Anouar, Nazim et Ahmed) de Bagdad jusqu’au bord du monde, au pays des Djinns, un dialogue nous éclaire. Nazim, le conteur populaire des marchés de la capitale babylonienne, nous interpelle. Lui, il parle des histoires qu’il raconte. Nous, à travers ses mots, nous nous demandons si les BD ne seraient pas « de petits récits divertissants [fabriqués] avec coeur, c’est tout« . Le séduisant Tarek lui (nous) répond – de manière plus intellectuelle, moins populaire – que ce serait plutôt « des histoires [destinées à ] changer la manière de voir les choses de ceux qui les [lisent], [car] changer le regard sur le monde, c’est déjà changer le monde« …

Personnellement, je crois que les deux points de vues sont non seulement possibles mais absolument nécessaires et souhaitables ? Pourquoi ? Je préfère laisser le dernier mot à l’humble (mais non moins intelligent) Nazim : « Continuez à me mépriser, moi et mon public de merde ! Ces gens qui ont le mauvais goût de ne chercher qu’un peu de rêve et de soleil après une foutue journée de travail ! Mais quand à force de raconter des histoires que nul ne comprend, vous vous retrouverez entre vous, tellement entre vous que vous serez tout seuls, alors revenez m’expliquer comment vous parviendrez à changer le monde ! ».

Et si, après tout, cet avertissement valait aussi pour la littérature, les arts, la politique… la vie tout simplement ?

A lire : la fiche album sur le site de Dargaud (avec 5 planches à découvrir)

A lire (aussi) : la très bonne critique (comme d’hab’) sur sceneario.com (celle-là, elle est de Berthold)

A lire (enfin) : l’intéresante chronique de Sarah sur le site clochettes.net

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V pour Vendetta – édition intégrale

(scénario d’Alan Moore, dessins de David Lloyd, Delcourt)

Fin du 20e siècle, l’Europe, les Etats-Unis et l’Afrique ont disparu sous les eaux et les bombes nucléaires, le monde est un chaos. L’Angleterre est sous la coupe d’un régime fasciste. Dans ce monde sombre où règne la violence organisée par le pouvoir, Evey est secourue par un être étrange portant un masque de théâtre au visage souriant. Cet homme n’a pas de nom, mais on peut le surnommer V

En 1982 (1989 en France), Alan Moore signe sans doute l’une de ses plus grandes bandes dessinées avec V pour Vendetta. Comme je n’aime dire de gros mots, je ne vais pas évoquer le truc commis par les frères Matrix l’an passé, ça m’évitera de me faire enguirlander par Mike .

Bref, V pour Vendetta est un chef d’œuvre de la BD, sans doute l’un des comics les plus importants de ces 25 dernières années (avec Mauss de d’Art Spiegelman et Watchmen… d’Alan Moore). Comme son nom l’indique, V pour  Vendetta est une histoire de vengeance… Mais très vite, elle dépasse ce postulat de départ et deviens une bande dessinée politique, engagée, au message prenant une importance considérable quand on sait qu’elle a été écrite au milieu de la période Thatcher (du coup on lit la première partie avec un autre œil).

Et puis, il y a ces personnages : V au masque de théâtre, au sourire figé, un étrange pantin manipulateur de ficelles armé d’une volonté extraordinaire, prêt à tout pour ouvrir les yeux d’un peuple engourdi par la peur. Est-il un fou ? Un terroriste ? Peut-on tuer pour l’idéal de liberté ? Doit-on tout
accepter pour pouvoir être libre ? Malgré le temps cette question est toujours au centre des préoccupations contemporaines. Décidemment, le temps n’a pas d’emprise sur les chefs d’œuvre. Mais n’oublions pas Evey, cette jeune femme condamnée à se prostituer pour survivre, est le petit mouton perdu. Plus qu’une faire-valoir, elle est à elle seule, le symbole d’une liberté bafoué, puis retrouvé au contact du héros.

Ne vous arrêtez pas au dessin difficile de David Lloyd, au bout du compte on s’aperçoit qu’il correspond totalement à l’ambiance du scénario.

Qu’ajouter de plus, sinon qu’Alan Moore étale un nombre impressionnant de références, que la multitude de thèmes rend toutes nouvelles lectures encore surprenantes, que nous avons là une BD subversive à souhait, d’une rare puissance, bref, que nous atteignons ici les plus hautes sphères du panthéon bédéphilique (du mien en tout cas…).

Ah oui, j’oubliais, les dirigeants d’Easy-jet devrait également en lire quelques passages.

Autre chose : faites-moi plaisir : oubliez le film !

A lire : le dossier Le Comic Book face au film sur le site écran large (vous apprendrez ainsi pourquoi le nom d’Alan Moore n’est pas cité au générique)
A lire : la critique sur Krinein.com

A lire : la critique sur sceneario.com (Oui je sais , ce site revient régulièrement mais que voulez-vous, on a les mêmes goûts !)
A lire : les avis des internautes sur Bulledair.com
A voir :
un fansite consacré à Alan Moore

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Moins d’un quart de seconde pour vivre

(8 cases de Jean-Christophe Menu, 100 strips de Lewis Trondheim, L’association, collection Eperluette,1990, 1996 (réédition) ).

En 1990, JC Menu dessine quatre cases pour Lewis Trondheim. Ce dernier réalise alors 20 strips de 4 cases en réorganisant l’ordre de ces dernières et en ajoutant du texte. Puis trouvant le nombre de combinaisons trop faible, Trondheim demande à Menu de réaliser 4 cases supplémentaires. Avec 8 cases, il réalise 100 strips et l’une des toutes premières BD à contrainte volontaire artistique. Moins d’un quart de seconde pour vivre fut plus tard qualifié d’Oubapienne par anticipation. Oubapienne ? Kézaco ?

Et bien ceux qui n’ont pas dormi en cours de lettres, connaissent sans doute l’OULIPO, l’ouvroir de littérature potentielle, fondé (entre autres) par Raymond Queneau (Exercices de style, Zazie dans le métro). Le principe étant de se donner des contraintes pour réaliser une œuvre. En 1992, l’OUBAPO est créé sur le même principe : expérimenter de nouvelles façons de lire et de faire de la BD.

Toujours visionnaires et curieux, Trondheim et Menu offrent une œuvre déroutante et forcément brillante à leurs lecteurs, un pur exercice de style ! Si la répétition des cases peut gêner au départ, on entre rapidement dans cette multitude de petites histoires qui finissent par former un ensemble cohérent ! C’est terrible le talent. En tout cas, Moins d’un quart de seconde pour vivre est à lire pour au moins deux raisons : la première étant que c’est un bon album, la seconde pour son importance dans l’histoire de la BD contemporaine.

A lire : quelques explications sur l’Oubapo sur wikipedia
A découvrir : la page dédiée à l’Oubapo sur le site du CNBDI (avec pleins de liens intéressants ! )

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Billy Wild T1(/2) : Mais où est donc Linus ?

(scénario de Erick Lasnel dit Céka, dessin de Guillaume Griffon dit Sthrad, collection Regard Noir et Blanc, éditions Akileos, janvier 2007)

IDDBD vous a souvent parlé de western. Vous avez eu droit au western à la Sergio Leone, au western classique, au western humoristique, au western déjanté. Il ne vous manquait plus que le western gothique ! Gothique ? Vous avez dit gothique ? Pour ça, il n’y a qu’une maison d’édition qui puisse vous proposer du gothique de qualité : Akileos (non, cette chronique n’est pas un publi-reportage…).

En effet, vous connaissez maintenant les quelques titres d’Akileos qui ont plus particulièrement retenus l’attention d’IDDBD. Ils sont tous de cette veine fantastique, noire, avec une pointe d’humour (Akileos n’aime pas le gothique désespéré… voire désespérant !). Et bien vous retrouverez tout cela dans Billy Wild, version far west du bon vieux mythe de Faust.

Imaginez Clint Eastwood ayant pactisé avec le diable lui-même, John Wayne ayant vendu son âme (et son accent traînant…), James West ayant finalement préféré se damner avec le docteur Loveless et vous aurez une pâle idée de qui peut être Billy Wild, le chasseur de prime le plus sanglant du Darkwest. Billy Wild, c’est plus de 220 victimes au compteur (pas innocentes pour un cents…) et une insolente santé de fer, malgré les balles qui pleuvent comme long horn qui pisse. Sauf que cette santé de fer, cette « immortalité » à toute épreuve, Billy Wild la doit à la magic potion d’un certain Linus, être malfaisant et retors qu’il a rencontré dans sa jeunesse. Et que se passe-t-il lorsque Linus et son précieux breuvage disparaît ?

Ca, vous le saurez en lisant le premier tome de cet excellent diptyque noir et blanc, au dessin aussi classe que le scénario…

A visiter (impérativement !) : le site de Billy Wild

A lire : quelques pages de Billy Wild sur fnac.com

Chroniques BD

Koma

4 tomes parus (scénario de Pierre Wazem, dessin de Frederik Peeters, Les Humanoïdes associés).

Ah, je sais, vous pensiez être tranquille pour un moment avec Frederik Peeters. Mais voilà, à IDDBD, quand on aime, on le dit ! Et il me restait à vous parler de Koma. Sur cette série, scénarisé par l’excellent Pierre Wazem (Week-end avec préméditation, Promenade(s), Le chant des pavots, Monroe), Peeters passe pour la première fois à la couleur.

La petite Addidas (pas comme les chaussures) travaille avec son père, un petit ramoneur. Ils vivent dans une étrange ville industrielle où il règne une atmosphère à la 1984 de Georges Orwell. Addidas est très régulièrement frappé par une sorte de coma, elle tombe d’un seul coup pour se réveiller quelques minutes plus tard. Un jour, par hasard, elle découvre un passage dans une cheminée qui l’amène dans une salle où d’énormes monstres travaillent sur des machines. Je vous laisse découvrir la suite.

Encore, une merveilleuse histoire raconté par ces deux très bons auteurs. Elle tient par cette fantaisie incroyable qui s’en dégage, par un scénario totalement imprévisible, par ses personnages (la petite Addidas, son père et le monstre) et également par le dessin énergique et sensible de Peeters. Si certains « spécialistes » du noir et blanc perdent parfois en qualité avec la couleur, il reste égale à lui-même.

Bref, si ces deux auteurs ne s’étaient pas rencontrés, Koma aurait manqué au paysage éditorial car dans le brouhaha actuel c’est une belle série, douce et poétique, qui apporte un peu de frâicheur et d’imagination.

A lire : la (toujours) excellente chronique sur sceneario.com
A voir : les planches sur le site des humano

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La tendresse des crocodiles : une aventure de Jeanne Picquigny

(scénario et dessin de Fred Bernard, éditions Le Seuil, 2001)

Attention ! Si vous décidez de suivre Jeanne Picquigny en Afrique, à la recherche de son père, Modeste Picquigny, et du légendaire Mokolélé Mbembé, tenez vous bien aux pages de votre BD, car celle-ci vous entraînera dans l’aventure avec un grand A. Dans cette Afrique du début du 20e siècle, voyages, rencontres, dangers, dépaysement mais aussi sensualité et magie sont au rendez-vous de cette histoire surprenante.

Et que serait une aventure sans son héros ? Car la réussite de cette BD, tiens avant tout à la présence de Melle Jeanne Picquigny, sans doute l’une des héroïnes les plus charismatiques que j’ai eu le plaisir de lire. Oserez-je la comparer à Corto ? Un peu.

Fred Bernard, que je connaissais surtout par ses livres pour la jeunesse (voir plus bas), signe ici une bande dessinée des plus réjouissantes. N’ayant pas lu la suite des aventures de Jeanne, L’ivresse du poulpe, je ne peux pas en parler plus, mais il faut avouer que l’on tombe sous le charme de cette surprenante héroïne. Bref, un grand moment de bonheur !

Juste en aparté, je ne peux pas évoquer Fred Bernard sans parler de Jésus Betz, sans doute l’œuvre la plus aboutie de sa carrière d’auteur jeunesse. Je sais, nous sommes sur un blog BD mais ça ne nous empêchera pas de vous faire découvrir des chefs-d’œuvres à la fois graphique et narratif (bien vu David, IDDBD aime les (belles) histoires et le (beau) dessin…).

Jésus Betz est un enfant tronc, né sans bras ni jambe. A travers les pages de cet album, il dicte une lettre pour sa mère. Il y raconte sa vie, ses difficultés, ses joies.

Avec son complice François Rocca au dessin, Fred Bernard donne une magnifique leçon d’espoir et de courage. Dérangeant par son thème, cet album pour la jeunesse passède l’universalité du génie, il parle aux petits comme au grand. Plus généralement, je ne saurais trop vous conseiller les œuvres de Bernard et Rocca, tous d’authentiques moments de grâce.

A lire : l’interview de Fred Bernard sur Paris étudiant

A savoir : Fred Bernard est aussi l’auteur de Lily Love Peacock (récemment publié chez Casterman) dont IDDBD vous a parlé le 7 novembre dernier (album n° 5 de la série « Vous aimez… les filles ?« )

Chroniques BD

Les voyages du Docteur Gulliver / Kokor

Les Voyages du docteur Gulliver – Livre 1 (scénario et dessin de Kokor, collection Equinoxe, éditions Vent d’Ouest, 2006)

Avec Miss pas touche de Hubert et Kerascoet, je pensais avoir trouvé mon album 2006 (attends David, c’est quand même très très bon…). Et bien non, encore une fois, j’avais parlé trop tôt ! Ayant retrouvé mes pleins pouvoirs d’internautes, je peux sans complexe vous faire part de mon second coup de cœur de l’année car oui je dois l’avouer le premier tome des Voyages du Docteur Gulliver est un petit bijou ! (marque déposée IDDBD). Après Frederik Peeters, Manu Larcenet et quelques autres encore, je crois que je viens de me découvrir un autre chouchou en la personne de Kokor.

L’histoire, libre adaptation du roman de Swift, est celle d’un petit médecin des pauvres dans une ville du bord de mer, rêvant d’aventures en contemplant l’horizon. Un jour, un capitaine de la marine royale lui ordonne de monter à son bord, il est tiraillé entre son désir de partir et sa femme… L’aventure commence…

A l’image de son fabuleux Balade, Balade, Kokor prend le temps de raconter cette fable en abordant des thèmes variés et surtout, en replaçant le héros de Swift au centre de l’histoire. L’aventure, oui certes, mais Gulliver est avant tout un homme, avec ses défauts et ses qualités. Critique vis-à-vis des dérives de son propre monde, Gulliver devient peu à peu l’interlocuteur idéal des habitants de Liliput. Hymne à la tolérance et au partage, à l’aventure et aux rêves, pamphlet contre la barbarie et les paradoxes de la « civilisation », Les Aventures du docteur Gulliver est un album sensible, doux et profond.

Quant au talent de Kokor, simplement remarquable ! Son dessin est toujours sympathique, sa mise en couleur basée sur des tons orangés et bleus est très sobre et il manie le flashback avec une facilité déconcertante, je dois bien vous avouer que j’ai encore été bluffé. Une belle adaptation qui apporte sa pierre à l’édifice du roman de Swift et surtout à la bande dessinée !

David Donnat

A voir : la présentation de l’album sur le site de Vents d’Ouest et quelques planches sur BDgest.com

A lire : une réflexion sur le rapport « littérature/BD » dans Marianne

A lire : le roman de Swift en ligne sur Wikisource

Chroniques BD

Monster

(scénario et dessin de Naoki Urasawa, aux éditions Kana)

Quoi ? Du manga sur IDDBD ?? Hé oui ! Tout arrive ! Et sachez que cela se reproduira dans les semaines à venir !!

Alors, que décidez-vous ? Vous zappez ou vous tentez de lire ce qui suit ? Car pour dévorer les dix-huit tomes de Monster, il vous faudra surmonter trois de vos a priori :

1 – Vous ne connaissez pas ou vous n’aimez pas le manga.
Sachez que Monster, c’est tout sauf Dragon Ball (je présente toutes mes plus plates excuses aux nombreux fans de Dragon Ball…). Ici, pas de combats dans le ciel, de samouraï au regard d’acier, ou de dieux vengeurs… Aussi surprenant que cela puisse paraître (joke), il existe plusieurs formes de manga (ou de BD asiatique si vous préférez) ! C’est comme par chez nous, cré vin diou ! Donc Monster n’est une histoire de super héros aux super pouvoirs avec des animaux qui gueulent toute la journée « Pika ! Pika !« . Non Monster est un thriller, une course poursuite palpitante qui vous tiendra en haleine de la première à la dernière page. Tenez, pour vous mettre l’eau à la bouche, voici le pitch de la série :
« Kenzo Tenma est un brillant neurochirurgien, promis à la belle Eva Heineman, la fille du directeur de l’hôpital de Dusseldorf (en Allemagne), son avenir est tout tracé. Tout lui sourit… Jusqu’à l’arrivée deux enfants, Anna et Johann Liebert, dont les parents ont été découverts sauvagement assassinés. En choisissant de sauver le petit garçon plutôt que le maire de la ville, le docteur perdra tout car autour des deux enfants, les morts se multiplient. Tenma n’aurait-il pas sauvé un MONSTRE ? »

2 – Lire une manga dans le sens de lecture japonnais (de la droite vers la gauche), c’est compliqué et fatigant. En plus, moi, le Japon…
Faux !
Au bout de trois pages, ça y est, vous y arriverez sans aucune difficulté ! C’est même amusant… et puis ensuite, on oublie complètement. Tout ça devient très naturel !
Quant au Japon, sachez qu’il n’est qu’évoqué dans Monster (le docteur Tenma est japonnais hein, Naoki Urasawa ne peut tout de même pas faire l’impasse sur son pays natal…). Ceci dit, on apprend quelques trucs marrants sur le Japon (l’emploi de l’expression « dômo » par exemple…). Quant à l’intrigue en elle-même, elle se déroule en Allemagne et en République Tchèque, et mêle la fiction (la chasse au serial killer) aux faits historiques (la réunification de 1989 notamment).

3 – Dix-huit tomes à lire, c’est trop !
Encore faux !
Vous voulez que je vous dise ? A la dernière page du dix-huitième tome, vous en redemanderez encore ! C’est un euphémisme que de dire que l’intrigue est passionnante, fouillée, complexe (sans être compliquée), que les personnages (principaux et secondaires) sont tous attachants, terriblement humains, et tout sauf stéréotypés… Sachez que les dix-huit tomes de Monster ont déchaîné les passions à travers le monde ! A aucun moment, ils n’ont rebuté des millions de lecteurs. Alors, pourquoi vous rebuteraient-ils ?

Toujours pas convaincus par Monster ? Bon, tentez au moins l’expérience de lire les quatre ou cinq première pages du premier tome. Je vous paye mon billet que vous ne pourrez plus le lâcher (c’est une expression, je ne vais quand même pas vous payer pour que vous lisiez cette excellente et cultissime série, non ?)…

A lire : l’excellente et très complète chronique sur Mangaverse

A voir : les 18 couvertures (attention, sur chacune d’entre elles, il y a un résumé de l’épisode…)

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