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Chronique | Légendes de la Garde : la Hache Noire (David Petersen)

Des décennies avant les évènements de l’année 1152, Celanawe, soldat aguerri de la Garde du royaume des souris, est envoyé à la recherche de la mythique hache noire. Une quête légendaire qui le mène bien au-delà de la mer et de ses propres interrogations. Continue la lecture

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Chronique | Sailor Twain ou La Sirène dans l’Hudson (Mark Siegel)

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Dans un bar, une jeune femme rencontre un marin. Ils évoquent ensemble le passé et la mort d’une personne. Qui ? Pourquoi ? Quand ? Le marin possède la vérité et décide de tout dévoiler à la simple vue d’un bijou. Quelques années plus tôt, Elijah Twain était le capitaine du Lorelei, un bateau vapeur américain naviguant sur le fleuve Hudson. Un jour, il découvrit une sirène blessé sur le pont. Le début d’une histoire fabuleuse et cruelle…

Nouveau et ancien continents

Mark Siegel est un américain qui a grandi France. Et visiblement, à la lecture de Sailor Twain, on peut légitimement se poser la question de l’impact de cette double culture sur son parcours. Après tout, il est l’un des éditeurs américains de Joann Sfar, Lewis Trondheim ou Emmanuel Guibert. Des auteurs phares de la Nouvelle BD européenne qui ont tous en commun d’avoir su à un moment de leur carrière se réapproprier les mythes et légendes populaires (aventuriers, monstres, saga de l’espace, bateaux volants…) pour nous offrir des œuvres originales. Sailor Twain dont l’action se déroule sur un bateau se nommant le Lorelei (cf la légende ici) assume complètement cette reprise des vieilles légendes. Quant au dessin, il suffit de voir le nez de Lafayette (un français évidemment) pour se rappeler d’Isaac le Pirate et y percevoir une légère filiation. Il faut reconnaître la très bonne qualité du dessin réalisé – il me semble – à la mine de plomb. L’ensemble traits des personnages, cadrages, décors est particulièrement réussi et convient bien à l’atmosphère recherchée.

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Mais Mark Siegel ne se contente pas de s’appuyer sur ces références de la vieille Europe. Il y ajoute une part de nouveau monde avec ces grands fleuves et ces bateaux qui ont fait la légende de l’Amérique. Un simple vapeur et le lecteur se replonge immédiatement dans les romans de Mark Twain (non, non c’est un hasard…) et plus largement dans la littérature américaine du XIXe siècle. Une littérature – en tout cas pour les références à Twain – décrivant avec précision et dureté la société américaine de l’époque. D’ailleurs, Mark Siegel a mené un travail de recherche historique titanesque sur cette période.

De la passion aux mystères

Sailor Twain oscille donc constamment entre ces deux eaux (oui bon hein, il fallait que je la fasse) qui constituent le moteur du récit. Entre fantastique et réalisme, l’histoire romantique autour des 4 personnages développés par Mark Siegel est globalement une réussite. Et comme disait la chanson, les histoires d’amour finissent mal en général… surtout quand une sirène est dans le coin et que la passion outrepasse la raison. Mais comment ? Et Pourquoi ? Là est la question comme écrivait ce bon vieux Will Shakespeare qui en connaissait un rayon sur l’affaire. Sailor Twain et son personnage principal nous entraine donc dans une partie de chasse aux indices afin d’élucider les failles dans la normalité. Et c’est dans cet aspect que ce récit trouve toutes ses limites.Gatsby int.indd

À force de s’appuyer sur des références – que je n’ai pas la prétention de toutes capter –  j’ai globalement eu l’impression de déjà-vu/lu/entendu. Même si Mark Siegel a le mérite de proposer quelques trouvailles intéressantes, le risque pour le lecteur est de sentir en filigrane cette broderie de mythes et de légendes. Danger qui n’est pour moi pas éviter. De plus, si les premiers et derniers chapitres sont réussis, on constate une belle descente de rythme au milieu de l’histoire. Elijah et le lecteur commencent à tourner en rond. Le héros cherche, cherche encore, se bat avec ses démons pendant plusieurs dizaines de planches tandis que le lecteur un peu attentif a bien senti les choses venir. Il a déjà 2 ou 3 temps d’avance et commence à regarder où il se trouve… Au milieu… Bon…

Finalement, les retournements de situation sont prévisibles et le lecteur les voit presque arriver avec un certaine forme de soulagement. Quelques planches de moins pour un livre qui en compte presque 400 n’auraient pas été un mal. Mais bon, ça fait moins roman graphique c’est sûr. Non, je ne dénonce pas du tout la course à l’échalote de « plus-mes-livres-sont-gros-plus-on-les-prend-au-sérieux ».Gatsby int.inddBref, Sailor Twain est une œuvre qui assume ses références et qui saura (et qui a su d’ailleurs) convaincre. C’est une histoire bien dessinée, bien pensé, bien propre… résultat un vrai travail d’orfèvre. Cependant,  il manque ce grain de folie, cette originalité qui est le moteur des grandes œuvres fantastiques. Finalement, rien de bien original dans ces planches même si Sailor Twain demeure une lecture tout à fait agréable… Mais pas inoubliable. L’histoire jugera ma chronique… (ça c’est une phrase qui a la classe pour terminer une chronique, non ?)

A lire : Ah, ça me manquait de n’être pas d’accord avec Mo’, je vous mets sa chronique... et puis celle de Paka, enthousiaste aussi. Je crois être un des seuls à être dubitatif sur ce livre !
A voir : la fiche album sur le site de Gallimard

sailor-twain-Siegel-couvSailor Twain ou La Sirène de l’Hudson (one-shot)
Scénario et dessin : Mark Siegel (USA)
Editions : Gallimard, 2013 (25€)

Public : Ados-adultes, fan des mythes, des légendes… et de Tom Sawyer :-)
Pour les bibliothécaires : Succès critique, je reste plus dubitatif sur la pérennité d’un tel livre dans un fonds. Pour moi, une étoile filante.

 

 

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Chronique | Supplément d’âme (Kokor)

Il est anonyme dans la masse, petit homme rondouillard, chapeau mou et petite valise, marchant dans les rues de Dublin. A première vue, on ne dirait pas qu’il vient de trouver une solution aux problèmes de ce monde. Un hasard, un message sur internet, une chaîne universelle qui grandit, des oiseaux sculptés qui envahissent les édifices, la girafe Sophie et surtout cette question qui résonne partout : qui a sauvé le monde ?

Les belles âmes

Supplément d’âme, dernier né du talentueux Kokor, auteur pour lequel nous ne cachons pas notre admiration, est une œuvre chorale. On commence par entendre la voix de notre héros anonyme, narrateur de cette histoire. Puis s’ajoute celle de Willie, une jolie artiste irlandaise et enfin, arrive Camille Desmoulins, un français venu travailler dans une grande firme internationale, divorcé. Trois voix – et voies – qui semblent bien distinctes au départ. Rien ne semble les lier.

Et pourtant, comme à son habitude, Kokor joue avec son scénario et son lecteur dans des pistes qui se croisent, où les éléments s’additionnent et s’enrichissent pour constituer au final une seule histoire. Supplément d’âme est un album construit comme cette fameuse solution pour sauver le monde. C’est une histoire multiple devenant unique, une cacophonie scénaristique se transformant par la magie de la bande dessinée en une fable humaniste. Cet album est une auberge espagnole… et irlandaise.

Il s’agit peut-être de sa plus grande faiblesse. C’est le pendant de la grande liberté de ton de Kokor. Plus que d’autres, il travaille souvent sur la corde d’une réalité contrariée, différente, jouant sur les interprétations. Evidemment, le lecteur apporte sa propre besace émotionnelle et Supplément d’âme aura des ressenties très différents selon le lecteur. Ainsi, de mon point de vue, cette histoire résonne d’une façon particulière mais certains d’entre vous resteront à la porte. Trop de symboliques, peu d’explications et un univers qui, par la force de choses, dérangera les plus cartésiens d’entre nous.

Insoutenable légèreté

Mais assurément, Kokor ne peut renier cet album. Il porte sa marque. On retrouve les éléments qui ont fait de Balade Balade ou des Voyages du Docteur Gulliver des albums à part dans le paysage de la BD. Cet auteur distribue de la légèreté avec délice. Et même dans les instants difficiles, il y a un éclat dans les yeux des personnages, une parole, une situation permettant de voir le bon côté de la vie. Quand les êtres courent après le temps, la solitude ou l’abandon permettent de réfléchir sur soi-même, de prendre ce temps qui manque, de penser au détail. Car dans cet univers, le moindre élément peut prendre une grande importance. Je ne dévoilerai rien de l’intrigue mais notre personnage solitaire est finalement bien entouré. Et je ne parle même pas de Willie et Camille

Dans cet esprit, Kokor écrit une histoire où l’insouciance traverse constamment les planches. Alternant moments de silences contemplatifs, dialogues surréalistes et réflexions sur notre rapport aux autres, Supplément d’âme en devient une sorte de fable universelle qui la rapproche un peu des œuvres de poètes comme Prévert, Tati ou Sempé. Si l’histoire se passe à Dublin, elle aurait pu se dérouler au Havre, Copenhague, Kyoto ou Johannesburg. Peu importe le lieu car la mise en scène, le côté clownesque des personnages, leur regard amusé sur les événements, le rire, l’esprit, tout est là pour raconter cette belle histoire. Nous n’avons plus qu’à nous laisser porter par un graphisme somptueux. J’ai lu beaucoup d’album de cet auteur et pourtant, j’ai été particulièrement surpris par ses planches. Non seulement, il livre un travail technique varié (classique, figuratifs, croquis) mais il multiplie les lieux (mer, ville, atelier, gratte-ciel, bureau, rue…) tout en créant des atmosphères très disparates par son travail sur la couleur. Depuis Les Voyages du Dr Gulliver, je reste particulièrement amateur de ses bleus. Et justement cette couleur, c’est le ciel et la mer, la liberté, le rêve… Assis face à l’océan, le personnage principal se noie dans l’azur en devenant homme-oiseau (selon Willie) ou homme-poisson (selon Camille) et nous emporte tous, lecteurs et personnages, avec lui.

En finissant cette chronique, je jette un œil aux paragraphes précédents. Encore une fois, je me laisse emporter par l’enthousiasme… mais quel bel album ! Kokor aime les fables humanistes, aime nous faire voyager dans son univers où même les choses graves ne le sont pas vraiment. Émouvant cet album est une grande réussite. Graphiquement, on joue ici dans la cour des très grands. En espérant que grâce à cette œuvre, Kokor son auteur gagne enfin la reconnaissance publique qu’il mérite depuis longtemps. En tout cas, on vous recommande ce Supplément d’âme !

A lire : la chronique de Mo’ et celle de Paka
A voir : la fiche album sur le site de Futuropolis

Supplément d’âme (one-shot)
Scénario et dessins : Alain Kokor
Éditions : Futuropolis, 2012 (19€)

Public : Ado-adulte
Pour les bibliothécaires : L’une de ses oeuvres les plus accessibles. Digne d’une bonne bédéthèque !

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Chronique | Les Ignorants (Etienne Davodeau)

Ils sont amis, l’un est vigneron en Anjou, l’autre est auteur de bandes dessinées. Pendant un an, ils vont partager leurs vies. Le vigneron enseigne son art, le dessinateur explique son métier. Deux univers différents ? Oui… mais pas autant qu’on l’imagine.

Petite introduction bourrée d’aprioris (et c’est mal !)

Sur IDDBD, nous essayons depuis le départ de ne pas nous arrêter sur des idées reçues graphiques ou narratives concernant certaines œuvres. Souvent, sous des airs pas forcément engageant se cachait de petits bijoux que nous vous avons fait partager. Mais tenir ses engagements, ce n’est pas toujours évident ! Alors j’avoue ! Quand, j’ai entendu parler des Ignorants pour la première fois, j’ai immédiatement pensé : « ce n’est pas pour moi ». Comme c’est le moment des révélations honteuses, je dois avouer que le vin et moi, nous vivons chacun notre vie dans une douce ignorance mutuelle. L’un n’embête pas l’autre, chacun respecte le voisin. Alors franchement, lire les aventures d’Etienne Davodeau dans les vignes d’Anjou ne m’emballait pas plus que ça. J’avais déjà testé l’aventure viticole avec le manga Les Gouttes de Dieu et ça n’avait pas été très concluant.

Cependant, je n’ai pas oublié non plus les qualités de documentaristes de l’ignorant viticole. Rural ou Les Mauvaises Gens sont des œuvres particulièrement réussies posant un regard humaniste sur le monde. Des albums militants véritablement porteurs de messages, capables de changer un point de vue.

Art de l’échange

En ouvrant les premières pages des Ignorants, on retrouve immédiatement l’univers des « œuvres  documentaires » d’Etienne Davodeau. Toujours ce trait qui se refuse à l’académisme et qui oscille sans cesse entre croquis instantanée et travail minutieux. Un travail tout est en nuance de gris où l’on distingue presque la couleur du paysage d’hiver et le ciel bleu de l’été. Faute au très bon travail de lavis qui permet véritablement de donner une luminosité à l’ensemble. Côté découpage, là encore on retrouve les mêmes formules. L’humain est au centre des préoccupations et les longues discussions/interviews voient sont l’occasion de plans successifs tournant autour des protagonistes nombreux. Vous y retrouverez des vignerons anonymes, des auteurs célèbres et même des héros de bande dessinée… Toutefois, la vigne, personnage presque à part entière, n’est pas oubliée et les longues discussions laissent bien souvent la place à de très belles planches muettes montrant les moments clefs de cet échange improbable.

Car c’est bien d’un échange dont il s’agit ici. Enfin non, pas tout à fait. Car, comme je le laissais entendre plus haut, cette année d’apprentissages respectifs est aussi l’occasion de multiples rencontres, la plupart sympathiques, entre deux mondes curieux l’un de l’autre. Davodeau apprend, écoute et enseigne par l’exemple avant de devenir à son tour élève d’un viticulteur-professeur à la fois exigeant, militant et exalté. Fou pas si dingue, faisant preuve d’une connaissance remarquable dans de multiples domaines inhérents à sa tâche (biologie, géologie, agriculture, météorologie…) Richard Leroy est un personnage si enthousiasmant qu’il m’est arrivé parfois de me demander s’il était bien réel. Il est un quasi-personnage de fiction : homme l’été / ours l’hiver, bougon et sympathique, direct, droit, esthète. Toutes ses qualités et surtout ses défauts détonnent dans le petit monde de la bande dessinée. Son point de vue sur ses lectures, où il taille successivement un costard à Trondheim et Moebius (oui rien que ça) pour ensuite être bouleversé par le travail de Spiegelman, d’Emmanuel Guibert ou de Marc-Antoine Mathieu sont des grands moments de poésie et de sourires. Le candide n’est pas un naïf. Je regretterais juste qu’Etienne Davodeau, par pudeur sans doute, n’arrive pas à impliquer son avatar de papier aussi profondément que celui de Richard. Mais là, je chipote pour trouver quelque chose de négatif à dire.

Discours sur la création

Cela ne l’empêche pas encore une fois de poser sa patte si particulière sur son œuvre car bien plus que des rencontres successives, Les Ignorants est l’occasion pour lui de donner une réflexion personnelle sur la création. D’un frottement de deux univers se créé une espèce d’énergie qui irradie tout le livre, une idée qui plane au-dessus du lecteur… et si ces mondes étaient finalement les mêmes ?

A première vue, rien à voir entre le monde de la terre et celui du papier. Les points de vue et les valeurs sont différents. La scène de l’orage où le dessinateur s’extasie devant le ciel tandis que le vigneron s’inquiète pour ses cépages est particulièrement révélatrice. Mais en profondeur, au grès des discussions, on distingue avec surprises des éléments fondamentaux communs. En particulier les soucis liés à une certaine forme de créativité, à la recherche détail, du travail bien fait. Mais aussi – et je dirais presque surtout – le besoin de s’impliquer dans sa tâche comme en dehors, le besoin d’une honnêteté sans facilité pour que le résultat soit à la portée d’une attente un peu égoïste, pour que le livre ou la bouteille trouve un jour celui qui l’appréciera à sa juste valeur. Richard comme Étienne ne travaille pas en fonction des autres, mais surtout pour eux-même. Par vocation d’abord, par volonté ensuite.

Là encore, c’est une marque de fabrique de la maison, le militantisme de Rural ou Des Mauvaises Gens revient ici en force. A la fois artisan et artiste, Richard et Étienne sont deux passionnés d’un univers qu’ils connaissent par cœur, mais sont également ouvert sur le monde. Une leçon essentielle de vie. Les Ignorants est donc une œuvre qui dépasse largement le cadre qu’elle s’était fixée. Plus qu’un simple récit d’apprentissage parallèle, c’est avant tout une jolie réflexion humaine sur la créativité, le partage. Une douce façon de voir le monde. Un très beau livre dans lequel on pénètre pour vivre une très belle année en très bonne compagnie. En deux mots : Etienne Davodeau.

A lire : les chroniques de Mo‘, d’Yvan et de Tristan de Bulles & Onomatopées

Les Ignorants : récit d’une initiation croisée
scénario et dessins : Etienne Davodeau
éditions : Futuropolis, 2011 (25,50€)

Public : Adulte
Pour les bibliothécaires : je l’ai dit et le redit ici : un parfait outsider pour le Fauve d’Or 2012… A suivre donc !

 

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Chronique | Légendes de la Garde T.2 Hiver 1152 (Petersen)

Après un automne qui a vu l’un des leurs se rebeller et tenter de prendre le pouvoir, la Garde est soumise aux rigueurs de l’hiver. Alors que les stocks de vivres et de médicaments s’épuisent, Gwendolyn, la matriarche, décide d’envoyer des émissaires dans les cités du Territoire dont la Garde assure la sécurité. Un voyage long et difficile attend les valeureux soldats, surtout quand ces derniers sont… des souris !

Légendes de la Garde est un subtil mélange d’influences variées, une cuisine dont les ingrédients sont connus de tous. Il nous permet de nous exclamer « Ah ! Tiens il y a comme un goût de… ». Mais, comme par enchantement sorti d’un chapeau d’archimage, on ne trouve jamais véritablement la recette qui rend cette lecture pourtant unique. Tentative de décryptage.

La mini fantasy

Tout au long de ma lecture de ce second volume (et je n’avais même pas lu le premier), j’ai convoqué tour à tour la Garde de la Nuit du Trône de Fer avec sa fantasy-réaliste (sans vraiment de magie), la dimension épique d’un Tolkien ou d’un Robert E. Howard (Conan), l’anthropomorphisme poétique d’un De Capes et de Crocs ou celui plus sérieux d’un Blacksad. Bref, Légendes de la Garde c’est un peu tout ça… mais pas complètement.

Au milieu de tous ces grands noms de la BD et de la littérature, les vaillantes petites souris se sont frayées un chemin dans la neige de cet hiver 1152 et dans mon esprit de bédéphile amateur de fantasy. Moi qui pensait qu’il en faudrait beaucoup pour m’émerveiller de nouveau pour ce genre malmené par le marketing. Mais comment David Petersen a-t-il réussi à me passionner pour des êtres de 4 cm de haut (pour les plus grands) affrontant des hiboux ? Ça le fait quand même un peu moins que des dragons !

Nous pourrions évoquer la transformation des protagonistes habituels. En effet, adieu les humains, elfes, orcs, nains, dragons pour souris, lièvres, belettes ou chouettes. Approche originale qui apporte un regard neuf sur le genre et relativise la portée « épique » des exploits. Mais après tout, ces héros n’ont-ils pas autant de mérite à affronter des « monstres » de notre quotidien ? Assurément, leur courage nous parle sans doute davantage.

Mais il serait idiot de limiter la qualité de cette série à cette simple transposition qui s’avère surtout importante pour mettre en avant l’essence même de ce style de littérature. Je ne vais pas reprendre ce que j’ai pu écrire plusieurs fois (cf la synthèse d’ouverture du mois heroic-fantasy sur KBD) sur la relative dégradation de la qualité de ces récits en BD. David Petersen ne cède aucunement devant la demande « gros bill ». Ici, pas de grosses épées, ni de filles dénudées (tout le monde est à poil mais ça reste soft…). Non, l’importance est dans le récit lui-même, dans son déroulement et dans l’interaction des personnages avec l’univers créé.

Univers et héros

Un univers auquel on croit immédiatement grâce à la grande qualité graphique de l’auteur. Son trait réaliste lorsqu’il dessine des décors bourrés de détails donne une grande force aux attitudes humaines de ses personnages souris. Il suffit de regarder Celanawe, le vétéran de la Garde, en couverture pour s’en persuader : droit, attentif, fort devant la tempête, un charisme, une présence…

Cette grande qualité graphique est renforcée pour le sens de la composition de David Petersen. Il ouvre ses cases sur des paysages, donne du rythme en changeant sans cesse ses angles de vue.  Cette approche presque cinématographique permet de percevoir le Territoire dans toute sa diversité. Dois-je aussi parler de la couleur souvent somptueuse ? Non ? Alors je continue.

Dans la recette de la fantasy, développer un bon univers est essentiel. Mais cela ne suffit pas pour réussir son plat. Il faut également ne pas prendre son lecteur pour un imbécile. Et là, devant la banalité de l’histoire on se dirait presque dommage. En effet, c’est une histoire de base pour rôliste débutant (ou maître de jeu fainéant) : aller d’un point A à un point B et revenir à A dans un temps limite. Mais on tombe de nouveau dans le piège. Légendes de la Garde reprend certes un schéma classique de la quête, une narration déjà utilisée dans des œuvres comme La Quête de l’Oiseau du temps ou Légendes des Contrées Oubliées, mais comme dans ces derniers les rebondissements sont nombreux et le rythme ne baisse jamais. L’auteur s’amuse à détourner le classique pour nous emmener un peu plus loin.

Cette histoire tient tout autant au charisme de ses personnages qu’à son scénario. Là encore, nous avons les figures classiques : le soldat intrépide, le stratège, le sage, le jeune premier et le vieux briscard… bref de quoi voir venir. Mais là encore, nous sommes pris dans la quête générale et personnelle de ces personnages. Chacun devra vaincre ses démons, chacun trouvera une grâce dans leurs errances et le danger. Mais c’est à ce moment que je m’arrête car finalement, à trop réfléchir à cet album, on commence à se poser trop de questions. Peut-être est-il juste nécessaire de se laisser porter plus loin, dans les contrées du Territoire, de se laisser porter par les chroniques des scribes et les chants des héros. C’est beau et ça nous suffit.

Réussi Légendes de la Garde ? Clairement ! Et pourtant, j’ai entamé ma lecture par le second volume. Un série réunissant tout les poncifs de l’heroic-fantasy mais qui réussit à les dépasser avec beaucoup d’élégances. Un récit de très grande qualité graphique et narrative qui ne se perd jamais dans la facilité même s’il reste très simple. A lire pour les amateurs du genre, une porte ouverte pour les autres.

A lire : l’avis de Theoma et d’Emmyne
A voir : le site officiel

Scénario et dessins : David Petersen
Édition : Gallimard (2011), 20€
Titre original : Mouse Guard – Winter 1152
Édition originale : Archaia Entertainement (2009)

Public : Jeune public et +
Pour les bibliothécaires : Essentiel, un livre référence dans ce genre là. Les livres d’HF de qualité pour le jeune public sont suffisamment rare pour ne pas passer à côté.

A noter : cette série a reçu deux Eisner Awards en 2008

 

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Chronique | Aâma T.1 (Frederik Peeters)

C’est au sommet d’un cratère volcanique sur une terre inconnue que se réveille Verloc. Il ne se souvient de rien, ou presque… Quand un étrange singe androïde prénommé Virgile le rejoint, il répond à ses questions en lui tendant un petit carnet. Un journal de bord écrit de la main même de Verloc… Une aventure qui débute dans un caniveau…

Entamer la lecture d’un nouvel album de Frederik Peeters, c’est toujours un moment d’excitation pour moi. C’est un auteur qui m’accompagne maintenant depuis très longtemps. Un auteur que j’ai découvert quand j’ai commencé à travailler en bibliothèque et que j’ai toujours suivi depuis. Moi, je suis toujours bibliothécaire, lui est toujours explorateur d’horizon nouveau. Mais vous êtes bien placé pour le savoir car vous lisez IDDBD depuis longtemps (si, si !)

Retour vers le futur ?

Avec Aâma, l’auteur suisse revient à la SF, un genre qui lui avait plutôt réussi avec sa série Lupus. Pourtant, les liens entre les deux séries ne se font pas vraiment. Pourquoi ? La couleur déjà. Alors que Lupus était en noir et blanc, avec un trait épais et virevoltant dans des circonvolutions parfois étranges, Aâma est une œuvre au dessin réaliste (pour du Peeters) et composée dans une large gamme de couleur. Ce choix permet à Fred Peeters de donner une profondeur nouvelle à son récit car la couleur tend à créer des univers uniques, parfois saisissant, alors que son dessin s’est épuré depuis Lupus.

On serait toutefois tenté de lier les personnages de Lupus et Verloc. Il est tout à fait possible d’y trouver des points communs : leur utilisation répétée de la drogue pour fuir la réalité (le shia), l’image du père, l’attachement à un côté désuet, le départ… Mais est-ce suffisant ? A trop vouloir de ressemblances ne risque-t-on pas de passer à côté d’Aâma ?

Sciences humaines

Ce premier chapitre ne nous ne donne qu’une partie les clefs d’une intrigue complexe. Débutant comme un pur récit de science fiction, Fred Peeters y ajoute l’ingrédient essentiel de toutes ses œuvres : l’humain. Si l’humanité est au centre du récit, sa frontière est extrêmement floue. En effet, les êtres vivants sont pour la plupart bourrés d’implants leurs permettant de contrôler leurs équipement mais aussi de survivre dans des environnements hostiles ou devenus instables pour leurs survies. Cette humanité est symbolisée par les trois personnages principaux : Verloc qui a décidé de retirer ses gadgets, le singe-robot fumeur de cigares Churchill et Conrad, l’étrange frère de Verloc, qui semble parfois le plus artificiel des trois avec ses vêtements rétro et son attitude froide. Chacun présente un visage bien particulier, un visage d’une humanité évoluée, un visage qui risque bien de changer dans les tomes suivants.

Mais ce changement, on ne peut que le constater dès le début de ce premier volet. Quant à savoir comment ? Le lecteur est comme le personnage principal, il découvre le récit au fur et à mesure par les flasbacks successifs des lectures du journal de bord de Verloc. Un journal écrit sur un vrai carnet en papier dans un monde où les livres papiers sont devenus des pièces d’antiquité. D’ailleurs Verloc est libraire, chacun appréciera le clin d’œil (surtout en ce moment). Mais voilà, ce ne sont que des premières pièces et en refermant ce livre il nous tarde d’en savoir plus. On a la sensation que cette histoire ne sera définitivement close qu’en bas de l’ultime planche de l’ultime volume. Et encore… quand on connaît les albums précédents chargés de questions en suspens… Bref, j’avoue pour une fois ma frustration face à un album de Peeters. Ce n’est pas mauvais mais ce n’est pas fini… Je veux la suite (là vous devez m’imaginer en train de pleurer en trépignant sur mon clavier – j’ai pris des cours avec mes filles).

Que vous dire de plus ? Si vous avez aimé Lupus, lisez Aâma. Nous sommes ici dans un registre à la fois identique et fort éloigné. Un livre qui s’inscrit dans la tradition de l’œuvre de Frederik Peeters mais aussi dans celle de la pure SF où la part philosophique n’est pas exclue. Mais c’est un livre frustrant car il constitue la première (et pour l’instant unique) pièce d’un puzzle ambitieux et passionnant, une aventure extra-terrestre qui nous entrainera loin dans les profondeurs de l’âme humaine. Œuvre majeure ou pas ? Patience…

A voir : l’interview réalisée par BD Maniac à Saint Malo
A lire : l’interview réalisé par Angles de vue
A lire : l’analyse des planches par Fred Peeters sur Télérama

A découvrir : le projet Aâma, blog tenu par Frederik Peeters

 

scénario et dessins : Frederik Peeters
Éditions : Gallimard (2011)

Public : Adulte, amateurs de SF.
Pour les bibliothécaires : sauf mauvaise surprise un futur must. A acheter si vos lecteurs apprécient cet auteur, sinon vous pouvez attendre la suite.

Contes amoureux et rouges aux joues

Le rouge vous va si bien (textes et dessins de Lucie Durbiano, Gallimard, collection Bayou)

Prenez des contes de votre enfance, des personnages divers et variés (un escargot, un roi, un héritier de ranch, une ado, une statue, un couturier et sa soeur...) faites-les tomber amoureux et regardez ce qui se passe.

Et au petit jeu des rapports amoureux, Lucie Durbiano joue juste et bien. Durant ces 6 nouvelles aux noms aussi explicites que La Complainte de l’escargot, Cocktail Champêtre, Far West ou Lapin Lapin, elle explore toutes les possibilités du rapport amoureux.

Manipulant les clichés et les métaphores pour vous faire rire ou pleurer, c’est avec subtilité et simplicité, sous le couvert d’un dessin très enfantin (Lucie Durbiano a travaillé longtemps pour la presse jeunesse) qu’elle explore les sentiments amoureux parfois durs ou cyniques, parfois simples et romantiques de ses personnages.

Mais la rêverie amoureuse n’a pas toujours sa place dans les rapports humains. Et au fur et à mesure de votre lecture, les coeurs de midinettes vont méchamment découvrir la réalité. Car Le rouge vous va si bien, malgré une couverture aux couleurs de l’Amour, ne rate pas les coeurs purs. Mais rassurez-vous, si certaines nouvelles vous laisseront un goût amer, d’autres sauront vous faire rêver.

Finalement l’amour, c’est fait pour être heureux non ?

A écouter : l’interview de Lucie Durbiano sur RadioCampus

Africa Queen

Aya de Yopougon (scénario de Marguerite Abouet, dessin de Clément Oubrerie, collection Bayou, éditions Gallimard)

IDDBD vous avait entraîné en Afrique en suivant la trace du talentueux Pahé, ce jeune gabonnais qui nous racontait sa jeunesse africaine et française sur un ton plutôt détonnant ! Et bien c’est reparti ! Non pas avec Pahé mais avec Marguerite Abouet, dont la verve est ici illustrée par un Clément Oubrerie particulièrement inspiré côté dessin. Nous rejoignons Aya, jeune fille de 19 ans, habitante de Yopougon, l’un des quartiers les plus chaud d’Abidjan, en Côte d’Ivoire. Vous ferez également connaissance avec sa bande de copines (Bintou et Adjoua, Féli et les autres…) et toute la cohorte des personnages hauts en couleur qui peuplent se coin d’Afrique plein de soleil, de « palabres », de joie de vivre, de fête, de musique… Comme avec notre ami Pahé, vous oublierez tous les clichés d’occidentaux bon tein qui nous encombrent la tête. Et croyez-moi, ce n’est qu’à regret que vous refermerez le troisième tome de cette série magnifique !

Marguerite Abouet a un talent rare pour nous dépeindre et nous faire aimer cette Afrique des années 70/80 où l’insouciance des jeunes de Yopougon répond avec insolence à celle, parfois plus complexe, des « vieux ». Tout ce petit monde se croise, se cotoie, s’entrechoque dans une ambiance que Clément Oubrerie nous dépeint d’un trait instinctif et vivant. On y est ! On s’installe à Yopougon ! Aya et les autres nous deviennent peu à peu familiers et tellement attachants. On partage alors, comme des invités privilégiés, leurs moments de fête, leurs angoisses (jamais désespérées comme ici), leurs colères, leurs rires… Aya de Yopougon, c’est juste un morceau de vie qui nous est offert en trois tomes dans lesquels on plonge corps et âme.

Et lorsque vous entendrez parler de l’esprit de Noël, cette période bénie de fraternité, d’amitié et de chaleur humaine que nous vendent à grand renfort de pathos nos médias occidentaux et notre société consumériste, vous ne pourrez vous empêcher de comparer avec la spontanéité simple des sentiments de vos amis de Yop City… Mon Dieu ! Combien il nous reste encore à apprendre de cette Afrique méprisée, berceau de l’humanité… dans tous les sens du terme…

A visiter : le site de la collection Bayou des éditions Gallimard

A lire : les chroniques des excellents sites Krinein et du9.org et celle, indispensable, du site afrik.com

Quatre garçons dans le vent…

Le Local (scénario et dessin de Gipi, collection Bayou, éditions Gallimard, 2005)

En janvier 2005, un jeune auteur italien presque inconnu en France obtient le prix du meilleur album pour Notes pour une histoire de guerre. Dans un album aux allures de documentaires, il dressait le portrait de trois jeunes pris dans la tourmente inhérente au climat de guerre. Fort, magnifiquement dessiné et scénarisé, cet album a reçu une récompense exceptionnelle. Pourtant, l’autre album de Gipi sorti à peu près à la même époque m’a plus marqué (ce qui n’enlève rien à la qualité du premier).

Le Local raconte l’histoire des quatre jeunes rockeurs italiens, de leurs vies, de leurs espoirs et surtout de leur amitié. C’est dans un vieil entrepôt prêté par le père de l’un d’eux qu’ils se réunissent pour faire parler la puissance de leur musique. Echappatoire à une vie terne, une détresse ou un carcan familial trop étroit, cette musique est leur moyen pour affirmer leur personnalité ou leur folie (l’un d’eux collectionne les objets nazis), le rock prend toute sa force et sa signification dans un récit divisé en cinq chapitres équivalents à cinq chansons.
Aidés par un dessin capable de passer d’un trait énergique lors des incomparables passages musicaux, aux tons les plus doux, voire même à de grandes cases pleines pages d’un paysage au ciel envoûtant (les ciels de Gipi sont simplement ce que j’ai vu de mieux en BD), ce récit dresse finement le portrait de quatre ados et par ce prisme, d’une génération. Quatre ados et un grand rêve.

Si ces quatre personnages sont tous réellement différent, leur musique leur donne cette unité. Et à l’heure de tous les espoirs, ou de toutes les détresses, c’est encore le rock qui viendra les unir ou les diviser. Une belle histoire d’amitié, une belle chronique de la jeunesse, un bel hommage à la racine même du rock, bref un album pour découvrir l’un des futurs très grands de la BD européenne.

A découvrir : le blog consacré à Gipi en France. Vous pourrez y découvrir des planches de tous ces albums.

Chronique de vacances # 25 | Klezmer

(scénario et dessin de Joann Sfar, collection Bayou, éditions Gallimard)

Bande de veinards, IDDBD vous propose aujourd’hui une chronique spéciale, la chronique du Bib’ de Poissy (pour ceux qui ne le connaissent pas encore, fouillez un peu les commentaires disséminés sur IDDBD et vous verrez leur qualité…). C’est une sorte de pré-rentrée avant la rentrée officielle d’IDDBD (le 4 septembre…). En attendant, merci David !


« Il y a quelques mois, IDDBD m’a proposé d’écrire une chronique sur Klezmer de Joann Sfar. Comme certaines choses ne se refusent pas et que c’est quand même mon travail de conseiller des lectures, je ne pouvais quand même pas me soustraire à cette proposition.

Alors voilà, Klezmer, c’est simple c’est l’histoire d’une rencontre entre Noé Davidovitch, un vieux musicien, Hava, une jeune femme fuyant un mariage forcée, Yaacov, un juif ayant perdu la foi et Vincenzo, un violoniste émérite, au plus profond dans la campagne Ukrainienne.

Oui et après ?

Ouvrez le livre et écoutez. Sfar a écrit dans la postface du premier tome : L’idée de faire une bande dessinée musicale m’intéresse énormément parce que la bande dessinée, c’est le monde du silence.

C’est fini, le silence a disparu car Sfar fait (encore et toujours) preuve d’un talent remarquable pour exprimer toute l’atmosphère de la musique traditionnelle des juifs Askénazes (Europe Centrale et de l’Est). Est-ce lié à son coup de crayon énergique, extravagant et surtout totalement imprévisible ? Est-ce lié à l’utilisation de l’aquarelle pour la mise en couleur, technique qui donne à cette histoire une ambiance toute particulière ? Est-ce lié à ses personnages à la fois caricaturaux, terriblement instables mais tellement attachant ? Est-ce lié à ses digressions fantastiques qu’il insère dans son récit ? En fait, c’est un peu de tout ça, une alchimie assez impénétrable pour les pauvres (mais chanceux) lecteurs que nous sommes. Mais entre nous, je crois que ce petit quelque chose fait la différence entre une bonne et une magnifique BD.

Si le premier tome de la série La conquête de l’Est pose les bases de l’histoire et se déroule comme une bonne lecture, le second, Bon anniversaire Scylla, est beaucoup plus intimiste. Il se vit comme une fête où tous vos amis seraient invités, un fil conducteur puis des intermèdes, des regards, des discussions intimes, des rencontres, parfois des prises de bec, des beuveries et surtout, surtout une conclusion magnifique et terriblement poétique qui rend la musique et les femmes encore plus belles.

Voilà, si je me suis enflammé je m’en excuse mais c’est l’esprit du Klezmer qui veut ça !

Pour finir, je soulignerai le magnifique travail d’édition fait par Gallimard. Le contenant est aussi beau que le contenu ce qui n’est pas toujours le cas. De plus retrouver une quinzaine de pages de notes et de croquis dignes d’intérêts à la fin d’un album est assez rare pour être souligné.

Conclusion : Pour moi, l’une des toutes meilleures BD de Sfar, c’est dire ! Bonne écoute ! »