Archives par mot-clé : 6 pieds sous terre

Focus : Jade U

En janvier dernier, lors d’un petit festival local en Charente, paraissait l’ultime numéro de la série U des Jade. Débuté en 2006, cette série était une parenthèse dans la longue histoire de la revue éditée par 6 pieds sous terre depuis 1991. 52 numéros à l’image d’un éditeur toujours soucieux de qualité, d’humour et d’intelligence. Bref, aujourd’hui, petit focus sur Jade. Continuer la lecture de Focus : Jade U

Carnet du Pérou (Fabcaro)

En juillet 2012, Fabcaro entame un voyage vers le Pérou. Au grès de ses déplacements, il découvre un pays, un peuple et une culture qui lui étaient encore inconnus. De ce voyage est né un carnet. Un regard neuf d’occidental sur un monde nouveau. Une vision inédite et personnelle… Personnelle, oui, c’est bien le mot. Continuer la lecture de Carnet du Pérou (Fabcaro)

Chronique | Temps mort (Gilles Rochier)

Le temps mort c'est maintenant. Le chômage se pointe comme pour tous les autres dans le quartier, copain rappeur usant ses semelles sur le bitume, joueurs de basket. Le temps mort c'est du temps, pour se reposer, pour réfléchir, pour déprimer aussi. Finalement, le temps mort c'est peut-être une occasion pour faire ce qui plaît vraiment... dessiner, faire de la BD. Pour de vrai. Au début du mois de janvier, nous avions consacré une chronique à TMLP (Ta mère la pute) de Gilles Rochier. Pour nous, son travail avait quelque chose d'indéfinissable. Un trait au premier abord maladroit mais dont la maîtrise et surtout la justesse prenait le lecteur à parti et l'emmenait là où il le voulait. Nous ne nous en cachons jamais, pas de raison de commencer aujourd'hui, Gilles Rochier fait désormais partie de nos auteurs "stars" sur IDDBD. L'objectivité de la présente chronique est donc tout à fait discutable. Mais entre nous, je m'en balance car je suis chez moi ! J'aurais pu consacrer une mini-chronique à Temps Mort, car j'ai parfois eu l'impression en la rédigeant que je redonnais encore une fois les mêmes arguments. Pourtant, cet album sonne lui aussi d'une manière particulière. Même s'il est plus ancien, il répond d'une certaine façon à son "p'tit frère". En effet, si TMLP évoque l'enfant et la jeune cité, Temps Mort raconte l'homme et le vieux quartier. Armé de son carnet de croquis ou simplement se déplaçant au gré de sa vie quotidienne, l'auteur/personnage parcourt la cité dans de multiples saynètes montrant un aspect de la vie dans les barres d'immeubles. On retrouve les mêmes qualités que dans TMLP. Gilles Rochier utilise la bande dessinée comme un documentariste utilise sa caméra, comme un regard sur le réel, sur la vie de tous les jours, comme un simple témoin, sans jugement, sa apriori. D'ailleurs, détail amusant, le lecteur voit la plupart du temps le héros de dos. Le travail du regard est là, renforcé par les multiples croquis qui ornent les pages. Elles ne sont pas là pour faire joli, elles illustrent le propos, renforçant l'impression de réalité immédiate. Le dessin prend alors toute sa force et devient aussi puissant que l'objectif du caméraman, dévoilant même des sensations particulières. On retrouve également le dessin si particulier de Gilles Rochier, celui qui donne tant de bonheur aux aficionados de la ligne claire année 80. Je suis certain que ces derniers ont dû s'étouffer à la cérémonie de remise des prix d'Angoulême quand TMLP a reçu le prix révélation. A bien y regarder, les immeubles sont droits, fouillés, détaillés parfois, on sent la rue et son atmosphère particulière tandis que les personnages sont de vraies gueules cassés, burinés par la vie, par les émotions, par le désœuvrement. Le contraste décor réaliste / personnages caricaturaux n'est pas sans rappeler certains grands noms de la ligne claire. Le spleen du personnage, fil conducteur du livre, est particulièrement bien rendu. Sans parler de poésie, on retrouve ce quelque chose d'indéfinissable, une justesse dans le propos, dans le trait, qui rend ce personnage attachant mais jamais nombriliste. Ce dessin particulier fait passer beaucoup plus de chose qu'une simple illustration car si on oubliait textes et dialogues, je pense que beaucoup de messages passeraient tout de même. Entre nous, ce serait bien dommage car certaines discussions valent bien qu'on s'y arrête. Finalement, cet album apparaît d'une très grande justesse. A travers un regard autobiographique, il tente de montrer la banlieue, ses figures, son quotidien, son humour et ses difficultés. Comme dans TMLP, il ne fait pas dans le misérabilisme, il montre tout simplement sans faire d'effets malvenues. Et puis, il y a ces croquis donnant encore un peu plus de réalité à l'ensemble. Un beau livre. Un de plus. A voir : la fiche album sur le site de 6 pieds sous terre
Temps mort (one-shot) Scénario et dessins : Gilles Rochier Couleurs : Jean-Philippe Garçon Editions : 6 pieds sous terre, 2008 (13€) Collection : Monotrème Public : Adulte Pour les bibliothécaires : J'espère que vous avez déjà TMLP... et bien le parfait complément.

Chronique | Les Nouvelles Aventures du Chat botté (Pena)

Vous connaissez tous l’histoire du chat botté ? Non, pas le mexicain faisant les yeux doux à son copain l’ogre… Le chat Botté avec un B comme BD : le marquis de Carabas, l’ogre, le chat astucieux etc, etc… ça vous parle ? Mais saviez-vous que cette histoire avait une suite ? "Qui peut avoir des idées aussi absurdes ? L’auteure… La peste soit de ces bonnes femmes et de leur imagination débordante." La bonne femme à l’imagination débordante a pour nom Nancy Peña. Vous voyez l’intérêt quasi-fanatique que je porte à Fred Peeters (j’essaie de me soigner mais c’est dur) ? Et bien, chez Mo’ c’est pareil mais en pire concernant cette auteure. A force, cette acharnée a réussi à me convaincre. C’est donc sans jamais avoir ouvert un de ses livres que je découvrais  l’œuvre de cette auteure... par la petite porte. Non pas que cette courte série soit inintéressante mais la collection, pardon, l’excellente collection Lepidoptère de 6 pieds sous terre n’est pas tout à fait un grand format. 30 pages format poche, ça a le mérite d’être rapide à lire. Encore plus quand vous vous passionnez pour le récit. Ce qui fut évidemment le cas, sinon je ne vois pas l’intérêt d’en parler ici. Alors que l’ultime volume de De Capes et de crocs sort ce mois-ci, Nancy Peña nous emmène dans un univers assez proche de celui des Don Lopes et d’Armand de Maupertuis fait de bons mots, de multiples clins d’œil à la littérature française et de rodomontades en tout genre. Cependant, sous ses airs enjôleurs, le chat ne cherche bien qu’à sauver sa peau. Pas vraiment de noblesse dans la démarche. En même temps, quand, par une méprise, une montagne cri vengeance parce qu'elle pense qie l’ogre transformé en souris par la malice du chat était son fils – ben oui les montagnes accouchent de souris c’est bien connu (ne cherchez pas, lisez la BD c’est mieux) – que faire d’autre sinon chercher une solution ? Bref, le chat du marquis de Carabas part sur les routes accompagnés de Victoire, l’illustre souris célébrée par La Fontaine dans sa fable pour avoir vaincu un lion (non mais ne cherchez pas vous dis-je !). Ce petit résumé sans queue (de lion ou de souris voire de chat) ni tête (idem), nous montre aisément que cette BD est un joyeux n’importe quoi maniant aussi bien l’absurde, l’humour et la logique propre à un monde merveilleux. Pour faire simple, suivre les nouvelles aventures du chat botté c’est partir dans une aventure où les protagonistes ont (presque) tous à voir avec les histoires ou les fables de votre enfance avec en plus ce petit brin de créativité  permettant de faire passer le cynisme, les coups bas, les escroqueries grossières mais aussi le franc parler merveilleux de ces personnages. De Capes et de crocs certes, mais avec la dose d’impertinence inhérente à la collection de 6 pieds sous terre. Pour moi, l’un des tous meilleurs éditeurs d’humour (fin j’entends) dans le paysage de la BD actuelle. A sa manière, Nancy Peña s’inscrit dans une tradition de la BD à la fois pour adulte et enfants. Il n’y a certes pas le côté joyeusement trash du Gotlib de  Rubrique à Brac (cf Le vilain petit canard… et la suite) mais il y a cette même ton enjoué et humoristique. Dans cette approche de réappropriation, la BD est un univers idéal par son côté graphique. En effet, elle est capable d'appréhender et d'offrir avec originalité une nouvelle lecture d'histoires connues de tous. De ce point de vue, Nancy Peña se fait particulièrement plaisir en jouant, malgré leurs tailles minimes, sur des doubles pages. Comme elle le fait avec le conte de fée, elle explose les codes narratifs de la BD avec talent pour nous sortir de la lecture linéaire d’une planche. Droite à gauche, en rond de bas en haut, la lecture reste pourtant naturelle tandis que les structures des pages sont à chaque fois différentes. Un travail magnifique de réappropriation de contes mais aussi de création graphiques. Je passe sur les situations ou les personnages hauts en couleur qui sont eux même des caricatures de caricatures (cf Le magicien d’Oz). Avec Les Nouvelles Aventures du Chat botté, Nancy Peña nous offre une lecture comme on les aime. A la fois intelligente, pétillante, sympathique, un retour dans une certaine tradition de la bande dessinée tout en la renouvelant avec talent. C’est drôle de bout en bout, c’est rythmé. Bref, un coup de cœur caché sous le spectre de la simplicité. Et moi, j’adore les surprises ! A voir : le blog de Nancy Peña A voir : la fiche album sur le site de 6 pieds sous terre Les Nouvelles Aventures du Chat Botté (3 volumes, série terminée) Scénario et dessins : Nancy Peña Editions : 6 pieds sous terre Collection : Lépidoptère Public : Petits zé grands Pour les bibliothécaires : une approche intéressante du travail de Nancy Peña, pas une de ses séries majeures cependant, mais très bien quand même ^^

Chronique | TMLP : Ta Mère La Pute (G.Rochier)

On était une bande, égarée dans un quartier flambant neuf au début des années 70. Des terrains vagues, des bois, les routes pas encore finies d’être goudronnées. On faisait nos 400 coups. (…) Et puis il y a eu cette histoire avec la K7… (4e de couverture)

Art du dessin

En refermant TMLP, j’ai eu une pensée pour les peintres pompiers du 19e siècle qui se gaussaient devant les tableaux impressionnistes. Ils n’y voyaient rien d’autre que du barbouillage sans comprendre, malgré leurs qualités de peintres, tout ce qui se cachait dans cette révolution en marche. L’histoire s’écrivait sous leurs yeux et ils étaient aveugles. Je pense qu’il ne m’en voudra pas mais n’allez pas penser ce que je n’ai pas écrit : Gilles Rochier n’est pas Cézanne, Matisse ou Monet.  Son travail n’est pas une révolution. Mais il suffit d’en parcourir quelques pages pour comprendre ce que les auteurs de BD essayent de nous faire comprendre depuis 20 ans et que la peinture a assimilé depuis plus d’un siècle. Le dessin n’est pas qu’une question de beauté, c’est une énergie, une force. Un bon dessin ne représente pas forcément la réalité – au sens académique du terme – mais doit transmettre une émotion, une ambiance, un ressenti. Le dessin de BD n’est pas une illustration mais un langage. Il serait peut-être temps que les tenanciers du bon goût tout droit issu de la BD franco-belge 48cc d’avant les années 90 ouvrent un peu les yeux sur la réalité. Non Gilles Rochier n’illustre pas bien, il dessine merveilleusement. Pour le reste c’est un total mystère pour moi qui ne suit qu’un humble chroniqueur incapable de tenir un crayon. Peut-on m’expliquer comment, à partir d’un trait extrêmement simple peut-il donner une telle présence à ces personnages ? Comment, alors qu’il parle d’un petit monde presque clôt sur lui-même, peut-il transmettre ce sentiment de liberté ? Comment fait-il pour être aussi juste alors que son trait semble lui échapper ? A-t-il le pouvoir de charmer le crayon comme d’autres les serpents ?

Art du regard

Une réponse possible, et peut-être la plus évidente, son dessin est en accord avec son propos. TMLP est une œuvre sobre. Si c’est une œuvre autobiographique, elle n’est pas centrée sur la petite personne du narrateur. Gilles Rochier dresse ici le portrait d’un lieu, sa cité, et des gens qui y vivent. Il explique leurs codes, leurs valeurs, leurs quotidiens avec leurs joies, leurs peines et ces non-dits qui permettent de garder un peu de dignité mais qui parfois mène aux drames. Il raconte l’histoire d’un monde différent, disparu, un peu oublié aussi, avec le souvenir d’une enfance pas si malheureuse. Non, Gilles Rochier n’est pas révolutionnaire. Il montre sa banlieue avec autant de qualité que le Baru de La Piscine de Micheville ou Des années Spoutnik avant lui, sans une nostalgie rose-bonbon fade et bien-pensante. Il s’agit d’un portrait unique d’une bande de môme, pas d’un hymne à une civilisation perdue. Pour cela, il laisse le texte narratif et les dialogues prendre leurs places : phrases simples, dialogues directs en « parler de la rue » (version années 70). Il n’utilise ni rebondissement spectaculaire, ni abus de formules éculées. Les nuances sont posées, les relations entre les personnages nouées. Alors, comme un bon cinéaste de documentaire, le lecteur/spectateur a la possibilité d’entrer en résonnance avec les événements, les lieux et les personnages. Il n'a plus qu'à en profitez. Finalement, TMLP est avant tout une question de regard. Si vous n'êtes pas aveugle, alors c'est un très grand moment de lecture. A noter que TMLP est dans la sélection 2012 du festival d'Angoulême. Petit message personnel à Lunch : tu peux remplacer le prix spécial du jury que j'avais inscrit par cet album ! Merci 🙂  A lire : la passionnante interview de du9 A découvrir : le blog de Gilles Rochier A lire : la très bonne analyse de La Rubrique à Brac En hommage : Merci à Tanxxx pour son avis et ses vérités…
TMLP (Ta Mère La Pute) Scénario et dessins : Gilles Rochier Éditions : 6 pieds sous terre, 2011 (16€) Collection : Monotrème Public : Ados-adulte Pour les bibliothécaires : un formidable portrait. Essentiel si vous avez un public lecteur de BD indépendante. Plus difficile avec un lectorat classique. Cependant, c'est un album qui mérite qu'on le porte.
   

Info du jour | Jade 239U

Le nouveau numéro de l'excellente revue Jade, publiée par les éditions 6 pieds sous terre depuis 1991 (et ouais quand même !),  est disponible chez tous les libraires spécialisés depuis le 7 septembre. Au menu de ce 48e numéro des auteurs expérimentés (Guillaume Bouzard, Sylvain Ricard, James) et des p'tits jeunes qui travaillent sur le thème du refus. Je laisse l'éditeur le présenter :
Le refus. Celui auquel l’auteur se heurte quand son projet de livre ne trouve pas preneur. Selon le climat du moment dans la bande dessinée, les genres en vogues, les attentes très variées et parfois antagonistes des éditeurs, la façon dont ils s’occupent de leur catalogue, de leur petit déjeuner qui passe bien ou pas, de l'humeur du moment, de la proposition en phase ou pas du tout avec le-dit catalogue etc, ce retour négatif (voire son absence), sur le projet dont l'auteur espère tant, est à la fois attendu et craint. Vécu par tous, cuisant, douloureux, cinglant, automatique, les auteurs ont pourtant des anecdotes bien différentes à raconter, ... Il y a des dizaines de cas ainsi développés sous nos yeux ... quelques éditeurs témoignent eux-aussi de leur dur métier.
Vous l'aurez compris, Jade est une revue de BD qui parle de BD... mais pas que ! Bref, si vous ne connaissez pas cette excellente revue, je vous conseille de courir chez votre libraire BD. Vous y trouverez sans aucun doute les futurs très bons auteurs des années à venir ! Pour en savoir plus et en lire les premières pages : c'est par ici !

Dimanche KBD | Welcome to the death club

Durant ce mois de juillet, nous continuons nos publications KBD autour de la mort. Cette semaine, c'est moi qui m'y suis collé avec Welcome to the Death Club de Winschluss. Un ouvrage bourré de fantaisie et d'humour noir. Un digne héritier des Idées Noires de Franquin ! Alors si vous aimez la mort, si vous aimez l'humour, entrez dans ce club ouvert à tous ! Vous pouvez également relire notre chronique ici. Et puis, comme nous avons oublié de vous le signaler la semaine dernière, retrouvez aussi la synthèse de Dix de Der rédigée par Mo' (et la notre ici). Bon dimanche à tous !

Welcome to the Death Club

(scénario et dessins de Winshluss, 6 pieds sous terre/Cornélius (2002), (2010) ) Quand vous aimez l’humour noir, quand Les Idées Noires de Franquin sont autant de textes sacrés pour l'athée que vous êtes, le titre même de cet album à quelque chose d'attirant. Pour la plupart issues de la magnifique et démoniaque revue Jade (oui, je soupçonne les gens de 6 pieds sous terre d’avoir pactisé avec le démon pour réaliser leur revue !!), ces nouvelles de Winshluss sont des petites pierres à l’édifice de l’humour sombre, décalé, franchement gore et politiquement incorrect. Vous, ô ami respectueux de la belle BD, du beau graphisme, de la belle morale à la fin qui finit bien, du scénar’ qu’ont a vu 10 fois, de la série à 19 tomes qu’on vous remet un 2e cycle derrière parce que la vache a encore un peu de lait, passez votre chemin. Welcome to the Death Club est une insulte à tout ce que vous aimez, mais certainement pas à la bande dessinée. Si le dessin reste en noir et blanc (revue Jade oblige), on retrouve déjà ce trait énergique à la fois expérimental et très inspiré des comics underground. Winshluss s’amuse et varie son trait en fonction de ses besoins. Mettant tour à tour en scène, et sans aucun dialogue, un écrivain bohème, un détrousseur de cadavres, le fils de la mort rêvant d’être un ange, la Mort elle-même passant un bien mauvais quart d’heure au bord d’une route, un mécano rêvant d’être célèbre, bref toute une galerie de personnages qu'il va maltraiter au plus haut point. Winshluss joue avec les petits et les grands travers de l’humanité pour rendre ses histoires encore plus cyniques, sordides, immorales… et drôles. Car ne l’oublions pas, l’humour noir est ici la règle d’or. Et quand l'humour noir devient satire sociale, alors on atteint des sommets dans le macabre. Évidemment, cet album est bien en-dessous du chef d’œuvre stratosphérique qu’est Pinocchio (ne cherchez pas il n’est pas encore sur IDDBD). Mais Welcome to the Death Club est une petite pépite à lire et à relire les soirs de dépr… Euh, non quand il fait beau et que vous venez d’avoir une augmentation. A noter, initialement publié chez 6 pieds sous terre en 2002, l’album a été réédité (en version augmentée) en 2010 par Cornélius avec toujours ce même souci de qualité. On les en remercie (encore) ! A lire : les chroniques sur Le Cafard Cosmique et Fluctuatnet A voir : le reportage de l'emission Kultur sur Arte consacré à Winshluss et son Pinnochio Attention : cette chronique s'inscrit dans le Challenge BD lancé par Mr ZOMBI et auquel participe IDDBD

Ya bon le wallon !

Chroniques wallonnes (scénario et dessin de Fifi, éditions 6 pieds sous terre) IDDBD les avait repérées en juillet dernier sans pouvoir préciser la date de publication de ces Chroniques wallonnes. Heureusement que 6 pieds sous terre et Fifi passaient par là pour nous préciser qu'il s'agissait du 21 août... Bref, les Chroniques wallonnes de Fifi sont enfin arrivées (comme Zorro, sans se presser...) et leur lecture confirme bien ce que nous avions pressentis : ce one-shot, c'est du lourd ! Et pas seulement à cause de (ou grâce à) ses 416 pages ! En reprenant les planches publiées sur le site l'Employé du Moi, Fifi compile son quotidien autobiographique de dessinateur BD, entre les petits tracas de la vie, les grandes interrogations métaphysiques (heu... toutes proportions gardées tout de même... on parle d'un auteur de BD !) et la ville qu'il parcourt inlassablement sous la pluie grise. Au travers de son carnet, c'est donc une tranche de sa vie que Fifi nous sert comme ça, un peu abruptement, sans trop de fioriture. Heureusement, l'humour (quasi) omniprésent relève la saveur d'un plat qui aurait pû être indigeste sans cela. A consommer tout de même en plusieurs tranches pour éviter les ballonnements : les Chroniques wallonnes, ça se déguste un peu chaque jour, juste pour conserver intact le plaisir d'apprécier pleinement le ton humoristique de Fifi et son dessin très expressif (que l'on aime particulièrement par ici)... Vous l'aurez compris, les Chroniques wallonnes de Fifi ne sont ni un recueil de spiritualité liégeoise, ni un guide wallon de développement personnel ! Il s'agit de les prendre pour ce qu'elles sont : un simple témoignage auto-dérisoire et humoristique d'un artiste en recherche... Chez IDDBD, on en a fait bombance ! A lire : le pitch complet sur le blog de 6 pieds sous terre

Celle de ma vie, celle de mes rêves

Celle de ma vie, celle de mes rêves (scénario de Pedro Brito, dessin de Joao Fazenda, collection Plantigrade, éditions 6 pieds sous terre, 2008 en France, 2000 au Portugal)

"C’est l’histoire d’un jeune couple… en crise. Tomas est un écrivain qui attend désespérément la sortie de son premier bouquin. Pour l’heure, il transpire sur le scénario d'une bande dessinée pour un ami. Elsa, sa femme, est peintre et pour “réussir” elle estime devoir fréquenter la faune artistique locale et son lots de critiques, galeristes, faiseurs et petits marquis de cocktails d’expos. Un milieu qu’excècre Tomas, qui trouve refuge dans son fantasme d’une femme idéale et inspiratrice, forcément splendide… Elle lui apparaît en rêves depuis l’achat d’une plante verte rabougrie à une vendeuse de rue. Pendant ce temps, Elsa se tape Marta, une copine qui lui a trouvé un plan expo… Entre déchirements quotidiens, reproches mutuels et sexe faussement réparateur, Celle de ma vie, celle de mes rêves est une plongée crue et directe dans la vie d’un couple et une réflexion tendue sur l’art et la création par deux jeunes auteurs portugais." Alors ? Qu'en pensez-vous ? Nous, que du bien ! Et ce n'est pas par fainéantise que je vous propose le pitch des éditions 6 pieds sous terre ! Non ! C'est que - comme aux Chiffres et aux Lettres - je n'avais "Pas mieux !" en stock pour vous donner envie de lire cette superbe BD qui nous vient tout droit du Portugal, portée par deux vrais artistes, Joao Fazenda et Pedro Brito. Leurs noms ne vous diront peut-être rien (je dois reconnaître qu'avant de découvrir Celle de ma vie, celle de mes rêves, je ne les connaissais pas non plus...) mais vous n'êtes pas prêts d'oublier l'audace de leur style narratif et graphique ! Car ils sont gonflés les bougres ! Je vous préviens : les amoureux fanatiques et obnubilés de la ligne claire à la Tintin en seront pour leurs frais ! Les autres, ceux que ne rebutent pas les nouvelles expériences artistiques, seront peut-être décontenancés par le dessin particulièrement expressionniste et surtout la bichromie noire et orange de l'album. Mais une fois l'oeil apprivoisé (en réalité au bout de deux ou trois cases...), Celle de ma vie, celle de mes rêves se révèle d'une beauté, d'une inventivité et d'une intelligence qui finissent de nous convaincre (bien que l'on n'en doute pas un seul instant sur IDDBD) que la BD peut aussi être un art majeur... Celle de ma vie, celle de mes rêves a été primée "meilleure BD" dès 2001 au Portugal... A lire : sept planches sur le site des éditions 6 pieds sous terre (on ne les a pas publié sur IDDBD pour vous laisser la surprise) A visiter : le blog de Pedro Brito