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Chroniques Cinéma, Recommandé par IDDBD

Chronique | Jasmine (Alain Ughetto)

En 1978, Alain fait du cinéma d’animation en pâte à modeler et Jasmine étudie le théâtre de l’absurde. Ils tombent amoureux. En France, tout est simple mais à la fin de ses études, elle doit repartir en Iran au moment où une Révolution se met en marche. Quelques mois plus tard, il la rejoint à Téhéran. Tous les deux vivent une histoire d’amour singulière dans les heurts du changement. Mais il y a 30 ans, Alain laisse Jasmine et oublie la pâte à modeler.

Quand je tente de présenter le documentaire de création à des profanes, j’explique qu’il s’agit pour le réalisateur de chercher à capter l’instant afin de le retravailler à la manière de n’importe quel cinéaste pour donner sa propre vision du « réel ». Mais dès les premiers instants du film, il apparaît clairement que Jasmine échappe à cette définition très (trop) simple de ce qu’est le cinéma documentaire. Et oui, la création échappe encore aux petites cases du bibliothécaire !

L’angoisse d’une révolution

Ni tout à fait dans la réalité, ni tout à fait dans la fiction, Jasmine nous plonge dans les souvenirs amoureux du réalisateur. Mais des questions se posent : comment raconter le passé ? Comment en faire un documentaire sans images d’époques ? Qu’importe car une autre matière existe, bien présente. De réel, le réalisateur possède les dizaines de lettres envoyées par une jeune femme passionnée se languissant de l’absence de ce français dont elle est tombée amoureuse, la nostalgie et les regrets, les images oubliées en Super 8 ou encore, les archives d’une révolution pleine d’espoir au futur sombre.

La multitude

Quant aux images, comme un symbole, il choisit de les créer lui-même en renouant avec un savoir-faire qu’il avait perdu il y a 30 ans. Une matière « physique » cette fois-ci, une matière charnelle qui prend corps entre les doigts du réalisateur. Ainsi, pendant plus d’une heure, alternant prises de vue « réelles », images d’archives et séquences d’animation d’une beauté esthétique rare, Alain Ughetto raconte cet amour nostalgique et apaisé à l’aide de simple pâte à modeler. Il se met en scène en créant un personnage jaune et installe une  Jasmine bleue à ses côtés. Prenant vie, ces êtres incarnent une réalité, racontent l’Iran de la révolution, les femmes de ce pays, une autre culture et évoquent surtout une déchirure.

Sur les toits d’un Téhéran de polystyrène

Ainsi, bercés par les voix chaudes et profondes de Jean-Pierre Darroussin et Fanzaneh Ramzi, passeurs d’une écriture tout en subtilité, nous voici plongés dans une forme cinématographique bouleversante. A l’image de cette scène d’amour où les personnages et leurs couleurs s’entrelacent dans un jeu de couleur enivrant, ce film repousse sans cesse les limites. Celles d’un genre bien entendu mais aussi du regard sur l’autre.

Jasmine
Réalisateur : Alain Ughetto
Durée : 70′
Production : Les films du Tambour de Soie
Année de production : 2013
Distribution : Shellac Sud

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CaseDoc #2 | Histoire de la planche 52 (Avril Tembouret)

Ce film retrace la création de la planche 52 du dernier album de Valerian, personnage mythique de la bande dessinée de science-fiction. S’immergeant dans le quotidien des auteurs, essentiellement celui de l’illustrateur, le spectateur découvre le travail quasi-artisanal de transformation des mots en images. Difficultés, choix, retour en arrière et discussions sont le quotidien de Jean-Claude Mézières et Pierre Christin. Durant plusieurs jours dans le cadre feutré de l’atelier de l’illustrateur, on voit naître la planche finale des crayonnés à l’encrage.

De mon point de vue d’humble bédéphile, j’ai trouvé ce témoignage intéressant. On retrouve ce que tout bon fan de BD a ressenti un jour dans sa vie quand, après quelques heures ou quelques minutes (c’est selon) d’attentes pour une dédicace, il découvre la magie d’un dessinateur. Ce fameux geste qui, en quelques traits, fait naître une silhouette sous les yeux ébahies de son public. Merveilleux et fascinant. Dans Histoire de la page 52, nous allons un peu plus loin que ces mouvements ô combien maîtrisés. On assiste également aux errements, aux doutes ou à l’enthousiasme d’un illustrateur. Tout cela dans un style cinématographique très sobre, avec un montage plutôt sage laissant la belle place à un Jean-Claude Mézières en verve. Je trouve juste dommage de voir aussi peu Pierre Christin, l’un des plus grands scénaristes de la BD européenne.

Et justement, c’est là que, pour moi, le film manque un peu sa cible et est assez représentatif de la vision de la bande dessinée en Europe… à savoir un art avant tout graphique. Rappelez-moi le nombre de scénaristes qui ont reçu un prix à Angoulême ? Sans commentaire.

En fait, Histoire de la page 52 ne filme pas vraiment la création d’une planche mais le dessin d’une planche. La nuance est subtile – et discutable certes –  mais nous ne voyons finalement que la moitié « visuelle » de la création. On oublie que faire de la bande dessinée c’est aussi raconter une histoire. Qu’en est-il de Pierre Christin et de son travail d’écriture ? On en distingue l’aboutissement au début de film mais de nombreuses questions restent en suspens. Comment cette planche est apparue dans son esprit ? Quelle est sa place dans le récit ? Quelles ont été ses difficultés ? A-t-il eu le syndrome de la « page blanche » ? Quid du découpage, de la construction des dialogues, etc… Si on s’attarde avec un certain brio sur les errements de Jean-Claude Mézières, on oublie presque totalement l’invisible travail des mots pourtant fondamental en BD… ou en cinéma.

Finalement, je ressors de ce film un peu frustré. Il me manque des éléments non pas pour comprendre mais pour apprécier ce travail. Malgré cette réalisation propre, ce film manque pour moi d’un peu de matière pour atteindre son but : vouloir nous faire entrer dans les profondeurs de la création d’une bande dessinée. Au-delà, j’attends toujours LE film documentaire qui saura prendra un parti esthétique fort pour nous parler de 9e art.

A voir : la fiche du film sur le site du producteur

Histoire de la page 52
Réalisateur : Avril Tembouret
Durée : 43′
Production : Kanari
Pays : France
Version : VF
Année de production : 2013

La bande annonce

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CaseDoc | Matt Konture, l’éthique du souterrain (Francis Vadillo)

Avant propos : CaseDoc, c’est quoi ?

Comme vous l’avez remarqué depuis quelques mois, IDDBD ne parle plus uniquement de bande dessinée mais aussi de cinéma, de cinéma documentaire pour être précis (avec une parenthèse animation cet été). Or, je constate que de nombreux films ont été réalisé sur ou autour de la bande dessinée. Afin de lier l’utile à l’agréable, je vous propose donc CaseDoc, des séries de chroniques autour de ces documentaires consacrés au 9e art. J’ai le bonheur de vous proposer Mattt Konture pour ce premier billet. Tout simplement l’un des membres fondateurs de la mythique Association.

Mattt Konture : l’Artiste

Qui de tête pourrait me donner les 7 membres fondateurs de l’Association sans aller faire un tour sur Wikipedia ? Essayons ensemble : David B,  Jean-Christophe Menu, Lewis Trondheim… Euh… ça devient plus dur ensuite… Normal, ces trois là sont les plus médiatiques. Je suis persuadé que beaucoup d’entre nous pourraient ajouté Joann Sfar en se mettant profondément le doigt dans l’œil. Pourtant, ils étaient bien 7… et pas des moindre : Patrice Killofer, Stanislas, Mokeit et Mattt Konture. Mais pourquoi parler de ce dernier ? Après tout, n’est-il pas plus intéressant de faire une chronique de la vie du protestataire Jean-Christophe Menu, par exemple ? Pourquoi faire le portrait d’un auteur qui a passé la majorité de son temps à parler de lui-même dans ses œuvres ? N’est-ce pas suffisant pour le comprendre ? Quel est l’intérêt de ce film en fait ?  Les premières minutes sont révélatrice et résume assez bien l’esprit général du propos développé par le réalisateur. L’artiste est seul au milieu de la Lozère de son enfance. Il est là avec son crayon, retranscrivant graphiquement ces quelques instants, se dessinant gentiment au milieu de ce grand espace. Son dessin est reconnaissable, joyeusement sombre. Il parle avec sérennité. On sent un peu de timidité et pourtant, il se livre avec une véritable volonté de partage. A cet instant, et ce sera le cas tout le long du film, ni la plume ni la voix de Mattt Konture ne mentent. Rare sont les artistes qui font corps avec leur art. Mattt Konture est de ceux-là. Dans son petit appart’, dans sa manière d’être, dans sa manière de se vêtir, de parler, il  ne se différencie pas de son œuvre. Il est ce qu’il fait… jusqu’au bout de ses incroyables cheveux (seul partie du corps où l’on peut se permettre d’être créatif dixit l’intéressé). Il suffit de voir cette scène incroyable où il peint avec ses propres cheveux dans un petit festival de musique alternative en pleine campagne pour être convaincu du propos. Moment de folie ou d’extase artistique ?

Portrait d’un auteur libre

A travers le témoignage de ses amis et surtout de cette très belle scène – sorte de fil rouge du film – où Patrice Killofer tente (et réussi) de dessiner son camarade, on perçoit véritablement toute l’importance de ce personnage dans le monde de la bande dessinée contemporaine. Certes, comme je le disais plus haut Mattt Konture n’est pas le plus médiatique, certes il ne vend pas 100 000 albums, certes il n’a pas l’honneur des sunlights. Mais il est le créateur d’une œuvre toute particulière qui l’a conduit très tôt à se mettre lui-même en scène et par le fil du destin à évoquer sa maladie, la sclérose en plaque. D’une manière frontale, il l’évoque sans mensonge ni pathos avec toujours ce lien fort unissant travail et être profond. Par ce mouvement autobiographique, il a marqué directement ou indirectement le monde de la bande dessinée et particulièrement des auteurs de l’Association. Si l’on peut discuter de la naissance de l’autobiographie BD en France, une chose est certaine : elle doit beaucoup à Mattt Konture.  Mais, tout cela semble le dépasser un peu ou du moins n’en fait-il pas une montagne. On le voit, 20 ans après la création de l’Association alors que de nombreux petits camarades sont allées vers les cieux plus chauds de la BD mainstream, continuer de travailler dans le milieu underground. Fils spirituel et indirect d’un Robert Crumb, il fait ses fanzines, de la musique, se déplace dans les petits festivals, travaille avec des jeunes et les aide à porter leurs projets. On pense par exemple au collectif En Traits Libre dont Kristophe Bauer, dessinateur de Sentinelles de l’Imaginaire fait partie. Sous les yeux du spectateur, Mattt Konture apparaît comme un géant. Mais l’important n’est pas là. L’important est de continuer… toujours…

Comme une absence

Au-delà de l’artiste en lui-même, le film de Francis Vadillo montre en filigrane cette rupture qui s’est créée depuis quelques années dans le milieu de la BD. Alors qu’on s’évertue souvent à parler de la bande dessinée comme d’un média unitaire, on comprend rapidement toutes les dissensions au sein des différents mouvements qui l’animent. Après tout, la BD est maintenant considéré comme un art à part entière – enfin la plupart des gens le reconnaisse aujourd’hui – pourquoi serait-il différent des autres ? Qu’est-ce qu’il le rendrait différent ?  Ce qui frappe dans ce film c’est justement l’absence des grandes figures historiques et ancien partenaires de l’auteur Mattt Konture. Vous ne verrez jamais Trondheim ou David B., ni même des auteurs apparentés comme Sfar qui a pourtant connu des moments de gloire avec ses fameux carnets (tiens de l’autobiographie justement). En revanche, on verra Jean-Christophe Menu et sa parole toujours très marquée. Le film se déroule au moment des 20 ans de l’Association et justement ces absences font un peu mal et témoignent très indirectement des évolutions de la BD depuis 20 ans. Quelques mois plus tard, c’est la crise chez l’éditeur historique de la BD alternative… Finalement, Mattt Konture semble être un catalyseur d’une forme qui reste et restera très expérimentale et rejette toute facilité, une sorte de bohème du 9e art. Sur IDDBD, on a une tendresse particulière pour les Artistes. A travers son parcours, on ressent les évolutions de la bande dessinée underground (bien plus qu’alternative) depuis les années 80. Bref, ce film propose un point de vue intéressant pour les amateurs de 9e art. Les profanes seront peut-être un peu perdus dans les méandres de ce portrait singulier. Je regrette juste une forme cinématographique parfois un peu sage, j’aurais aimé quelques surprises à la hauteur du personnage principal. Mais après tout, c’est un format télévision. Faudrait pas trop faire peur au spectateur non plus ! Malgré cela, j’insiste sur la qualité du documentaire et sur le beau regard posé par Francis Vadillo sur cet artiste attachant. Petit post-scriptum à ma chronique : comme je vous l’expliquais, Kristophe Bauer travaille avec Mattt Konture dans En Traits Libres. Juste pour vous signaler la sortie d’un nouveau numéro Des Sentinelles de l’Imaginaire (nos premières chroniques ici). Je m’excuse car j’ai reçu le n°4 il y a déjà quelques mois et je n’ai pas pris le temps de faire un billet. En revanche je l’ai lu et ça s’améliore encore ! Bravo à eux et bonne continuation ! A voir : l’allèchant coffret Film + Comixture sur le site de l’Association Les premières minutes du film Mattt Konture – L’éthique du souterrain from Pages et Images on Vimeo.

Mattt Konture : l’éthique du souterrain un film de Francis Vadillo Production : Pages & Images / France Telévision 64mn, 2010

Chroniques Cinéma, Recommandé par IDDBD

Chronique d’été #7 | Porco Rosso (Hayao Miyazaki)

Dans l’Italie des années 30, les pilotes d’hydravion sont les maîtres de la Mer Adriatique. Parmi eux, le nom de Porco Rosso plane au-dessus de tous les autres. Chasseur de prime impitoyable refusant de tuer, ancien militaire devenu pacifiste, il habite seul sur son île et n’a qu’un seul plaisir : entendre chanter sa belle amie Gina dans son hôtel-restaurant au milieu des flots. Mais à force de narguer les pirates de l’air, ces derniers trouvent une solution pour se venger.

Je ne pouvais terminer cet été spécial animation sans parler du film d’Hayao Miyazaki. J’avais l’embarras du choix. De Nausicaa de la vallée du vent à Le Vent se lève sortie en 2013 (mais pas encore chez nous), le cofondateur des studios Ghibli a marqué profondément l’histoire de l’animation. Cependant, parmi ses multiples œuvres, j’attache une tendresse plus particulière à Porco, peut-être l’un de ses films les moins reconnus. A tort.

Car il représente un moment charnière de la carrière d’Hayao Miyazaki. A sa sortie en 1992, Porco Rosso succède à 3 films destinés à un jeune public : Le château dans le ciel, Mon voisin Totoro & Kiki la Petite sorcière. Ce nouveau long métrage se place immédiatement en rupture. Outre le fait qu’il soit marqué dans le temps et l’espace (ce qui n’est pas le cas des précédents… et des suivants), il bénéficie d’un scénario et d’un personnage beaucoup plus sombres. D’ailleurs, avec Princesse Mononoke, Chihiro ou Le Château Ambulant, Miyazaki a continué de creuser le sillon d’une approche beaucoup plus adulte. Il faut attendre Ponyo pour retrouver l’âme d’enfant de Kiki ou Totoro.

Attention, je n’ai pas écrit que l’innocence et la joie enfantine qui inondent l’œuvre de Miyazaki n’étaient pas présentes. On sourit beaucoup dans Porco Rosso. Entre les pirates et les fabuleux personnages féminins qui ponctuent le récit, on ne s’ennuie pas. Mais il faut reconnaitre que Marco, alias Porco Rosso, est nostalgique, taciturne, solitaire et plutôt renfermé. Il a de quoi. Transformé en cochon par un phénomène inexpliqué, il traine son spleen, ses espoirs et ses souvenirs aux quatre coins du ciel. Car, même laid et difforme, Marco reste l’artiste des pilotes d’hydravions. Ni avions, ni bateaux, juste entre les deux mondes… comme ce héros très complexe à la part d’ombre marquée. Sans aucun doute le premier de ce genre chez Miyazaki. Évidemment, le film se veut être comme souvent, une fable humaniste, qui va, on le devine sans peine, faire sortir le cochon de sa grotte (pas sûr que les cochons vivent dans des grottes mais peu importe, vous avez compris la métaphore). Comment ? Et puis quoi encore ?!

Alors ensuite évidemment, on retrouve la patte des amateurs du réalisateur : cette façon merveilleuse et tendre de présenter ces grands machines volantes (son papa était le directeur d’une société d’aviation…), ces paysages et ces plans magnifiques qui ponctuent les passages aériens et toujours cette propension à combattre toutes formes de manichéisme. Les gentils sont gentils mais profitent au besoin, les méchants sont méchants mais bon, pas trop quand même car finalement… Au bout du compte, la vie n’est pas si noir, le ciel est bleu et la mer est belle… Au moins autant que les femmes.

Voilà, je termine l’été d’IDDBD sur cette phrase qui ne conclue pas trop mal notre série consacrée au film d’animation. Je me suis bien amusé, j’espère que vous aussi. Allez, la rentrée approche, je m’en vais préparer ma nouvelle chronique BD… Mais, mais, mais… les images ne bougent pas !!!! A l’aaaaiiiiidddddeeee !

A lire : la chronique de Bidib sur le blog Ma Petite Médiathèque (très bon pour les amateurs de culture japonaise)

Et évidemment la bande annonce

 

Porco Rosso
un film de Hayao Miyazaki (Japon, 1992)
Public : Tout public

Chroniques Cinéma, Recommandé par IDDBD

Chronique d’été #6 | L’illusionniste (Sylvain Chomet)

A la fin des années 50, un vieil illusionniste tente de continuer son métier malgré les débuts tonitruants du rock’n’roll. Peu à peu, il se fait une raison, le music-hall disparaît. Alors, de Paris à Londres, il se retrouve bientôt au fin fond de l’Écosse. Dans un pub, il rencontre Alice, une jeune femme innocente en quête de liberté. Le début d’une nouvelle vie.

Pour son deuxième long métrage d’animation, Sylvain Chomet, ancien scénariste de Nicolas de Crécy notamment sur Léon la Came, adapte un scénario inédit de Jacques Tati. Scénario hautement polémique qui serait un exutoire à un épisode familial assez sombre de la vie du grand cinéaste. Je laisserai le débat aux spécialistes du réalisateur.

Pour ma part, il ne m’a fallu que quelques instants pour être pris dans cette histoire. Un grand bonhomme – Jacques Tati lui-même – nostalgique d’un paradis perdu, seul, quasi-mutique. On pourrait parler de misère et pourtant, l’atmosphère n’apparaît jamais pesante. Les décors sont beaux, changeant, tout comme la lumière qui varie tout au long du film. Ce film bénéficie effectivement d’une lumière très réussie. Entre celles du music-hall et de l’environnement écossais, il y a de la place pour un panel très large qui modifie complètement les sensations et les émotions exprimées.

Ce film est d’une rare tranquillité comparé aux grosses productions actuelles. Tout est calme pour le spectateur et pour le personnage-titre jusqu’au moment où cette jeune fille que personne ne comprend pas arrive dans la vie du vieux bonhomme. Elle est jeune et insouciante, un peu jolie. Un contact tout à fait particulier se créé entre ces deux personnages solitaires. Amour ou relation paternelle ? C’est là que la vie rejoint la fiction et que la polémique prend son envol. Je ne m’y attarderais pas plus. Côté film, je dirais que tout ceci est une affaire de destin. On aime à croire à cette histoire. Le réveil d’un vieil homme, l’épanouissement d’une jeune femme. Il y a beaucoup d’humanité et de tendresse, on reconnaît ici la marque de Jacques Tati.

Côté dessin, le studio de Sylvain Chomet s’affranchit un peu plus de l’influence de son ancien compère Nicolas de Crécy qui avait fortement marqué ses productions précédentes (Les Triplettes de Belleville mais aussi le court métrage La Vielle dame et les pigeons) en proposant une 2D très sobre. Entre nous, on fait pire que Nicolas de Crécy comme influence. Bref, j’ai apprécié ce côté un peu désuet et la grande qualité de la colorisation. Si pour les Triplettes, le graphisme foisonnant collait parfaitement à l’univers déjanté et baroque du récit, cette forme aurait dénaturé profondément le charme réaliste de ce scénario.

Pour conclure, L’Illusioniste porte le sceau du grand Jacques Tati dans ses parties les plus claires comme les plus sombres. Je n’ai pas lu le texte original, il me semble donc compliqué de juger l’adaptation. En revanche, le film d’animation en lui-même est d’une rare qualité qui saura vous emporter dans un tourbillon tranquille d’émotions et de sensations. Une fable, un épisode de vie, un passage de témoin. C’est quand même beau le cinéma.

La bande-annonce

L’Illusioniste
un film de Sylvain Chomet
(France-Ecosse, 2010, 1h20)

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Chronique d’été #5 | Goshu le violoncelliste (Takahata)

Goshu est un jeune violoncelliste inexpérimenté. Très timide, il est particulièrement maladroit et met à mal l’exécution de la 6e symphonie de Beethoven par son orchestre. Piquant une colère noire, le chef lui reproche son manque de concentration. Il doit faire des progrès rapidement. Goshu se retire alors dans sa petite maison au milieu de la campagne pour s’exercer. Tour à tour, les animaux viennent le visiter pour lui faire découvrir les aspects cachés de son travail et de sa propre personnalité.

Nous continuons nos chroniques d’été (rassurez-vous plus que trois), avec un petit film destiné au jeune public réalisé par Isao Takahata en 1981. Adapté d’une nouvelle du romancier Kenji Miyazawa, Goshu le violoncelliste est une fable champêtre à première vue plutôt anodine. Les enfants y verront une succession de situation plutôt drôle où des animaux apparaissent les uns après les autres (un chat, un coucou, un Tanuki, une souris) pour embêter ce pauvre Goshu dans ses répétitions. Mais le co-fondateur des studios Ghibli, réalisateur de Pompoko, de Mes Voisins les Yamada et surtout du fabuleux (et lacrymal) Tombeau des lucioles (1988), est un réalisateur qui aime, sous le couvert de l’humour, évoquer les choses importantes de la vie. Et ce film d’à peine 1 heure aborde des notions bien plus importantes qu’une simple farandole d’animaux. Même si l’animation a pris quelques années (j’avais 1 an à la sortie du film), la réalisation est particulièrement fluide et soignée. Elle devait même être novatrice pour l’époque. Je n’ai pas vraiment de souvenir de cette qualité pour des films de cette période… enfin, je ne suis pas vraiment une référence. Pour les décors, l’équipe d’Isao Takahata a produit au lavis et à l’aquarelle un lieu particulièrement enchanteur, voire magique.

Goshu est un personnage particulièrement intéressant. Timide, renfermé, solitaire, il est frappé de mutisme au contact des autres. Bref, il représente parfaitement l’adolescent avec ses terreurs, ses colères et surtout, ses blocages. Pour se retrouver, il n’a que cette cabane sobre au milieu d’une charmante campagne japonaise. Et pourtant, même les animaux, seuls véritables habitants de ces lieux (nous ne croiserons jamais d’humains), semblent encore le déranger. C’est donc, en forçant un peu les choses que chacun va lui apporter son aide : expression de sentiments aussi puissants que la colère ou la compassion, prise de conscience du rythme, du travail, de l’effort… Par des chemins détournés, ils rendent ce personnage meilleur, plus ouvert. Meilleur humain… et aussi meilleur musicien.

Avec ce film, Takahata répond à sa manière à une question importante de la vie d’un artiste : comment transcender la technique pour donner de l’âme à sa création ? Le réalisateur trouve une réponse à travers ce personnage adolescent à fleur de peau : ouverture aux autres, capacité à outrepasser ses propres barrières, ne pas avoir honte d’exprimer ses sentiments, se nourrir des sentiments des autres, être plus humain… La science du « lâcher-prise » et du don de soi. Une belle recette pour une belle morale. Ceux qui ont touché à l’artistique auront sans doute leur avis sur la question.

Pour terminer, je n’ai malheureusement pas eu la chance de voir ce film en version originale. Il semble qu’il n’existe pas de version française sous-titrée en DVD, ce qui est bien dommage. Sans être l’œuvre majeure du maître (voir Le Tombeau des Lucioles) et même si elle est destinée aux plus jeunes, il serait tout de même intéressant de découvrir cette œuvre dans sa version d’origine. Ô toi, éditeur de DVD, pense aussi au grand gamin qui a bien ri en voyant la petite bataille entre Goshu et le chat ! Merci.

La bande annonce (en VO)


Goshu le violoncelliste

Goshu le violoncelliste
un film d’Isao Takahata (Japon, 1981)
d’après la nouvelle de Kenji Miyazawa
Durée : 1h03mn

Chroniques Cinéma, Recommandé par IDDBD

Chronique d’été #3 | Le Tableau (Laguionie)

Il était une fois un tableau représentant une forêt et un château. Ce tableau était peuplé d’êtres de peinture : les Toupins, entièrement peint, les Pafinis auxquels ils manquaient des couleurs et enfin les Reufs qui étaient encore des esquisses. Les Toupins se sentant supérieurs méprisaient et maltraitaient les autres. Mais dans l’ombre, un toupin et une pafini tombèrent amoureux. Par un heureux hasard, un petit groupe parti à la rechercher le peintre pour qu’il termine son tableau et gomme ainsi les différences.

Après la grosse machine américaine et le savoir-faire japonais, nous continuons cet été consacré au cinéma d’animation avec une production signée Jean-François Laguionie. Dans le monde de l’animation, la production française est toujours un cas un peu à part. Produisant moins que les deux grands centres mondiaux que sont les Etats-Unis et le Japon, la France cultive une certaine exception dans la forme et le fond. Entre Michel Ocelot (Kirikou) ou Sylvain Chomet (Les Triplettes de Belleville) qui sont les portes drapeaux du genre, on saisit rapidement la différence d’approche. Jouant sur l’atmosphère, sur des techniques d’animation très différentes, voire désuètes parfois, sur des scénarios parfaitement écrits, l’animation française s’appuie également sur une grande tradition et sur une formation sûre. Reste des moyens beaucoup moins important d’où une production moins régulière. Du coup, dans les vagues américaines, le spectateur passe parfois à côté de très bons films. Et si Le Tableau a eu son petit succès d’estime, ce fut moins le cas côté spectateur. Heureusement, nous sommes là pour remettre un petit coup.

Car voir ce film, c’est se plonger dans un univers parallèle durant un petit plus d’1h. Comme toute bonne fable, nous échappons aux cadres strictes de la logique et de la science (des personnages de peintures qui traversent des tableaux) tout en restant ancré dans des thématiques de notre société humaine. En effet, nos héros font face à des réalités particulièrement parlantes et qui sont aussi les moteurs des grandes histoires : racisme, domination, révolte, guerres absurdes, amours contrariés, quête de soi, inspiration et bien sûr arts. Tout cela contenu dans un monde qui rappelle constamment les tableaux des grands peintres de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. On pense notamment à Modigliani dont le peintre héros de cette histoire s’inspire profondément.

Techniquement, si le réalisateur a fait le choix du numérique, il s’applique à reproduire un décor en 2 dimensions. Il coupe les perspectives et appuie sur les traits comme il s’agissait d’un pinceau. Ainsi, contrairement à la plupart des films d’animations grands publics (on peut aussi parler de cette approche en BD), nous n’avons pas les couleurs et les textures parfaites. S’ajoute à cela quelques passages en prise de vue réelle dans l’atelier du peintre où les personnages évoluent. Là encore, le réalisateur créé un monde à part, différent du reste du film, un environnement mystérieux et surprenant alors qu’il s’agit d’une simple maisonnette.

Comme je l’expliquais plus haut, il faut prendre cette histoire comme un conte avec ses défauts et ses qualités. Certains pourraient critiquer l’aspect parfois un peu naïf des personnages. Je ne suis pas d’accord. Chacun à sa propre personnalité et parlera aux grands comme aux petits. Chacun y trouvera un plaisir différent. L’un avec les dessins, l’autre avec l’histoire d’amour, le suivant pour cette quête du créateur et les multiples visages de la création. L’univers est riche, l’animation aussi et l’histoire vous emportera. Une très belle réussite du réalisateur de Gwen et le Livre de sable, Le Château des singes et L’Île de Black Mór.

A découvrir : le site du film


Le Tableau
Réalisateur : Jean-François Laguionie
Scénario : Anik Le Ray
France, 2011, 1h16mn

Chroniques Cinéma, Recommandé par IDDBD

Chronique d’été #2 | Sword of the stranger (Ando)

Dans le japon féodal de l’ère Sengoku, alors que les provinces du royaume se déchirent dans d’incessants conflits militaires, Kotaro, un jeune orphelin est poursuivi par une troupe d’étranges soldats. Accompagné de son chien Tobimaru, il s’enfuit du temple où il a été accueilli puis est sauvé par Nanashi, un ronin solitaire. Le jeune garçon l’engage alors pour le protéger. Le reste est une affaire de destin, de rédemption… et de sabre.

Réalisé en 2007 par Masahiro Ando et produit par les studios Bones auquel nous devons entres autres la série Full Metal Alchemist ou le film Cowboy Bebop, Sword of the stranger s’inscrit dans la grande tradition du chanbara popularisé dans nos contrées par Akira Kurosawa. Le film de sabre est au cinéma asiatique ce que le western représente pour le cinéma américain et occidental, une sorte de mythologie moderne peuplée de héros fort, courageux et bien souvent solitaire.

Sword of the stranger n’échappe pas à cette règle. Nanashi – ce qui signifie sans nom – est bien le ronin solitaire attendu cherchant à cacher son passé. Quant à Kotaro, il remplit son rôle d’orphelin recherché pour d’obscures raisons plus ou moins justifié par la suite. Les rôles sont distribués, méchant compris, et tout se déroule comme prévu. Tout cela est bien classique et ne tire que vers un seul but : un duel final en apothéose entre les deux guerriers. Voie du sabre et code d’honneur, tel est le credo du chanbara.

Si Sword of the stranger est très classique dans sa construction, il nous propose cependant un scénario pour le moins original. Il sait inscrire son sujet dans la complexité politique du Japon de cette période. Dans les provinces, les Seigneurs locaux font la loi et négocient des alliances étranges, notamment avec des puissances étrangères comme la Chine, qui bouleversent l’équilibre et la paix du pays. Quand on connait les rapports géopolitiques entre les deux pays… Mais n’oublions pas non plus le personnage de Raru, super guerrier aux cheveux blonds et aux yeux bleu, chef de la milice, rival désigné de Nanashi, qui ajoute une pincée d’exotisme à cette histoire.

Mais la force de scénario est d’avoir créé un véritable lien entre Nanashi et Kotaro sous le couvert de combats sanglants particulièrement réussis sur le plan de l’animation et de la mise en scène (du grand spectacle !). Parfois, les rapports entre le faible et le fort sont plutôt à sens unique, artificiels. Ici, ce n’est pas vraiment le cas car les deux personnages principaux se complètent et s’animent l’un et l’autre. Deux personnages en détresse qui se trouvent par hasard. D’ailleurs, quand j’expliquais plus haut que le but du film est le duel ultime entre Raru et Nanashi je me trompais. En y réfléchissant, la scène principale se situe quelques minutes avant, lorsque Nanashi se libère de ses fantômes. Une scène d’à peine quelques secondes qui justifie tout le reste du film. Un simple geste, un mouvement émouvant et fort, à la fois quintessence du film de sabre et geste d’amour, de mort, de rédemption. Un sacré vrai moment de cinéma.

Je vais m’arrêter ici sous peine de trop en dire. Prenez juste le temps de voir ce film. Les amateurs du genre apprécieront, les autres pourraient bien être surpris. On en reparlera ensemble

A écoutez : la bande originale

La bande annonce évidemment


Sword Of The Stranger : Bande-Annonce par LeBlogDuCinema

Sword ot the Stranger
Réalisateur : Masahiro Ando
Scénario : Fumihiko Yakahama
Production : Studio Bones, 2007
Japon, 1h42mn

Bibliothèques, Chroniques BD, Chroniques Cinéma, Mini-chronique

Mini-chronique | Le libraire de Belfast à la BPI

Amis parisiens, vous avez bien de la chance ! Jeudi 16 mai à 20h la BPI projette dans le cadre de son cycle sur l’imaginaire des villes, le très bon film documentaire Le libraire de Belfast de la réalisatrice Alessandra Celesia.

Ce film est bien plus qu’un portrait d’un vieux libraire nord-irlandais à la retraite. C’est celui de toute une communauté à la fois excentrique et terriblement touchante : un jeune rappeur à l’accent trop marqué, un punk dyslexique amateur d’opéra, une serveuse cherchant à percer dans la chanson…

Dans ce film choral, les sensations et les éléments s’enchainent et se contredisent. Alessandra Celesia filme une communauté d’exclue d’une modernité réservée à des privilégiés. A la place, solidarité, simplicité, écoute, vivre ensemble… Tous ces mots et toutes ses valeurs transparaissent durant 52 minutes.

Les valeurs, ce vieux libraire en a tant à transmettre alors il parle, de lui, de sa vie, de son plaisir charnel du contact avec le livre, de son esprit commercial qui ne l’a pas aidé à devenir riche. Sur son visage, le temps qui passe. Et en filigrane, avec l’écho des paroles de ses amis, la présence de cette ville, immuable et forte, pesante, avec son histoire furieuse.

Voilà, ce film c’est un peu ça et beaucoup d’autres choses. Si vous avez l’occasion de le voir, à la BPI ou dans les collections de n’importe quelle bonne bibliothèque, n’hésitez pas ! 50 minutes de très bon cinéma.

Plus d’info sur l’image ci-dessous et sur le site de la BPI.

 

Le libraire de Belfast
un film documentaire d’Alessandra Celesia
Production : Zeugma Films, 2012
54min, VOSTFR

A voir : la bande annonce sur le site de Zeugma Films

Chroniques Cinéma, Recommandé par IDDBD

Chronique | Pleure ma fille tu pisseras moins (Horovitz)

On ne naît pas femme, on le devient… On ne naît pas femme, on le devient… D’accord, Mme de Beauvoir mais est-ce vraiment la vérité ? Pauline Horovitz demande à voir. Pour cela, elle ne va pas traverser le monde, mais se pencher sur sa propre condition et celle de sa famille. Elle interroge donc tantes, nièce, sœur, mère, cousine mais aussi père, oncle et frère car après tout, sont-ils contents d’être ce qu’ils sont ?

Voix, fil & image

Le titre lui-même, faisant référence à une expression très en vogue dans la tradition populaire, est déjà tout un programme. Il est remarquablement choisi car il donne immédiatement l’esprit général voulu par la réalisatrice. S’il aborde un sujet assez explosif en ce moment – la fameuse notion de  genre –  ce film a le bon goût de ne jamais se prendre au sérieux. Ce n’est pas une étude sociologique, ni scientifique, c’est juste une photo cinématographique qui, paradoxalement, est suffisamment drôle, légère et surtout ironique pour attirer notre attention.

Cet humour et cette légèreté tiennent beaucoup à la voix off. Récitée sur un ton très régulier voire monocorde par la réalisatrice, elle bénéficie d’une écriture particulièrement soignée. Par son intermédiaire, Pauline Horovitz tisse un lien entre tous les événements de son film et donne une identité originale au récit. Cette voix et cette image accompagnent les spectateurs durant les interviews, les images d’archives familiales ou les photos personnelles qui défilent sous nos yeux. Elle décrit les expériences, les impressions d’enfance et décryptent pour nous les codes familiaux. A la fois drôle et émouvant, ce petit texte illustre et est illustré par les images. Les deux se répondent et permettent de ménager des effets sympathiques car quand ce n’est pas le montage qui surprend c’est le texte qui fait réagir. Et quand on sait que Pauline Horovitz avait songé à la bande dessinée…

La familia !

Pour faire son film, elle n’a pas hésité à lancer devant la caméra sa propre famille. Elle l’avait déjà fait dans deux films courts (Polanski et mon père, Les toilettes sèches) avec beaucoup de bonheur. Ainsi, elle se lance dans des interviews à tout rompre, avec des questions aussi existentiels que : « Papa, aurais-tu aimé être une femme ? ». Vaste programme qui trouve peu à peu son intérêt dans les pirouettes du récit. Comme tout bon documentariste, Pauline Horovitz trouve son chemin à travers le discours, réussi à nous intéresser à ce qui pourtant nous importerais normalement assez peu : sa famille. Elle nous fait pénétrer dans leur schéma, nous emmène avec eux dans leurs lubies, leurs petites folies sans pour autant avoir l’impression de voyeurisme. A un certain moment, on s’identifierait presque en oubliant vite qu’il s’agit d’un documentaire tant l’histoire nous porte, tant l’histoire progresse, tant elle finit par nous accrocher.

A la fin, on sourit beaucoup et sans s’en rendre compte, on s’interroge aussi. On passe ainsi du personnel à l’universel par la magie d’un film très réussi. Un très bon documentaire à voir d’urgence !

A voir  : un extrait sur le site de Quark Productions
A écouter : l’interview de Pauline Horovitz sur le site de France Culture
A voir (encore) : un court-métrage intitulé Mes Amoureux sur ArteTV

Pleure ma fille, tu pisseras moins
un film de Pauline Horovitz (France)
Durée : 52min
Année : 2011
Production : Quark & Arte France
Prix du public CorsicaDoc 2012

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