A la fin de la semaine dernière, Mo’, ma consœur de KBD, s’indignait devant le billet pas totalement moral d’un blogueur influent dans le petit monde de la littérature. Cet article est, je dois le dire, assez exécrable, critiquant ouvertement et sans réels arguments toute une série d’auteur « à succès ». Sous couvert de lancer un débat et sous des airs faussement provocateurs, ce blogueur s’est fait plaisir en attaquant les auteurs non seulement sur leur style mais aussi sur leur apparence physique. S’en suivirent alors quelques 200 commentaires ou seuls quelques personnes ont tenté de réagir, les autres rejoignant avec délectation ce lynchage organisé.

Tout ceci n’est pas très glorieux. Malheureusement, le cultureux méprisant de sa « haute estime » le bas peuple de la culture et n’hésitant pas à jeter à la mer  les auteurs et leurs lecteurs afin de garantir la pureté de la race n’est plus le privilège du roman. Depuis que la BD est devenue un truc branché, il a débarqué aussi dans notre petit monde. Avant, ces mêmes personnes nous regardaient de haut, jugeant nos petits mickey indignent de leurs intérêts. Aujourd’hui, ils toisent les grandes maisons d’éditions et ne jurent que par l’Association ou Cornelius. Ces gens ont toujours besoin d’un ennemi pour exister.

Mais au-delà de l’épisode, ce non-événement pose deux questions importantes : peut-on tout dire sur un blog et pourquoi blogue-t-on ? A la première question je répondrais simplement non. On ne peut pas tout dire. Je ne suis pas un partisan du retour à l’ordre moral, ce n’est pas là-dessus que je porte ma réflexion.  Chacun est libre de s’exprimer comme il le souhaite. Cependant, même si les multiples formes de réseaux sociaux nous font penser le contraire, le web reste un lieu public où il n’est pas nécessaire d’étaler ses réflexions à l’emporte-pièce faites de philosophie de comptoir et de soirée pyjama. Bien entendu, j’ai ma propre opinion sur certains albums de BD, des opinions qui n’ont pas toujours à voir avec l’œuvre en elle-même; des opinions faites sur des idées reçues… Bref, des opinions qui n’apportent rien ni à mes lecteurs, ni au petit monde de cette blogosphère là. Il m’apparaît honnête de les garder pour moi. Le travail artistique est suffisamment compliqué pour ne pas attaquer des auteurs sur autres choses que leurs créations. Sur IDDBD, nous nous sommes longtemps limités à des albums que nous aimions. Cet état a changé en septembre 2010 mais depuis, il ne me semble pas avoir dérapé vers des critiques non justifiées.

La deuxième question est plus compliquée car bien plus personnelle. Pourquoi je blogue ? C’est un mélange de bonheur égoïste et de plaisir partagé. Bonheur égoïste de l’écriture, régulière, parfois difficile mais toujours belle même si parfois on est désolé de la qualité de son texte (ou de son orthographe). Bonheur également de constater que parfois, nos chroniques intéressent ou font réagir (pas beaucoup chez nous mais un peu). Plaisir partagé car c’est aussi l’occasion de discuter dans les commentaires, de rencontrer des gens, parfois des auteurs et d’échanger avec eux. Ma présence sur IDDBD, c’est une rencontre avec Mike à la bibliothèque de Poissy. C’est un lecteur passionné qui discute avec un bibliothécaire bavard, ce sont des conseils, quelques commentaires sur un blog et une aventure à la fois humaine et virtuelle. Le blog c’est aussi ça.

Toutes ces questions et ces quelques réponses ont amené un débat sur le blog de Mo’. De ce débat est né l’idée, un peu folle j’imagine, de réfléchir à une espèce de « charte » de devoirs des blogo-lecteurs. Depuis le début de la semaine, Mo’ récolte les idées et les réflexions. Aujourd’hui, il y a une vingtaine de participants actifs (dont un éditeur, La Boîte à Bulles, et le site Babelio). Alors si cette réflexion vous intéresse, n’hésitez pas à participer. Un petit mail sur IDDBD ou sur le blog de Mo‘ et c’est parti !

Sinon, à demain pour une nouvelle chronique !!!

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