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Dimanche…Non Mardi, euh… mercredi KBD : Billy Wild (Ceka & Griffon)

Oui je sais, en ce moment, IDDBD c’est un peu n’importe quoi. Les chroniques tombent le dimanche, le jeudi, le lundi à 3h du mat’… Bref, le capharnaüm de la critique BD. Disons que c’est un peu à l’image de mon emploi du temps.

Je m’en excuse.

Et depuis dimanche, KBD s’y met aussi. C’est à se tirer une balle ! Voilà que le dimanche tombe un mardi et qu’aujourd’hui, mercredi, je vous annonce l’article. N’importe quoi ! Bon si vous souhaitez trouver un bon moyen de nous faire payer ce chamboulement dans vos habitudes, vous trouverez tout ce qu’il faut ce mois-ci dans nos synthèses. Tout un mois consacré à La Vengeance. Il fallait au moins ça !

Nous débutons avec Billy Wild de Céka et Griffon chez Akiléos. Un étrange diptyque aux allures de western gothique, une oeuvre splendide qui lance parfaitement le sujet.

Allez, ce n’est plus le moment de flancher, découvrez notre synthèse… et relisez la chronique d’IDDBD rédigée par Mike !

Chronique | Las Rosas

las-rosas-couvscénario et dessins : Anthony Pastor
Editions : Actes Sud/L’An 2 (2009) – 20€
Public : adulte
Pour les bibliothécaires : un album intéressant pour un auteur qui ne l’est pas moins. Pas facile à faire sortir.

Western café

LAS_ROSASUn garage, quelques pompes à essence et autant de caravanes : bienvenus à Las Rosas, îlot perdu au milieu du désert américain. Ici, les hommes ne sont pas autorisés. Seul le shérif bedonnant et alcoolique est toléré… un peu. Un matin, ce dernier ramène dans son pick-up Rosa, une jeune femme de la ville pourchassée et enceinte. Elle s’installe, travaille au café avec Marisol la patronne et découvre peu à peu les secrets de ce lieu.

Las Rosas est un étrange objet, un western aux allures d’un Bagdad Café, un pavé imposant où l’attente reste le maître mot. Attendre le retour d’un fils, la naissance d’un enfant, la mort ou le pardon, attendre la découverte de la vérité et la disparition des fantômes : Las Rosas ne raconte presque que cela. Et pourtant, sans trop savoir pourquoi, on est entraîné dans ce récit grâce à son atmosphère à la fois repoussante et fascinante aidé par un découpage très « cinématographique » et un dessin simple mais efficace.

lasrosas_p14Las Rosas c’est aussi une galerie de personnages à la fois classiques et originaux. Si on y retrouve les grandes figures du western – le vieux shérif, le dur, le bandit mexicain, le candide et le héros arrivant sur son cheval comme un libérateur – c’est pour mieux les transformer. Ici le shérif est alcoolique, le dur est une femme (et encore je ne dis pas tout), le bandit est touché par la grâce, le candide est enceinte et le héros sort d’un hôpital psychiatrique… C’est vous dire si les codes sont transformés et si le récit emmène sur des chemins pour le moins inattendus.

Las Rosas est une œuvre pour le moins surprenante. Il faut y pénétrer tranquillement, sans être pressé par le temps car sa lecture est longue et parfois exigeante. Non pas qu’Anthony Pastor parte dans des délires métaphysiques mais le récit n’est pas constitué d’une action linéaire mais de multiples points de vue. L’histoire se battit comme un puzzle, à partir de confidences et de dialogues, à partir de non-événement beaucoup plus évocateurs que de grands rebondissements. Peu à peu, durant 3 longs chapitres, le puzzle prend forme et la vérité éclate pour révéler les blessures inavouées.

Anthony Pastor signe encore un album de qualité dans la même veine qu’Hôtel Koral. Un récit fascinant battit sur un faux rythme, distillant l’intrigue gouttes après gouttes, prenant au piège le lecteur. Bref, un album aux antipodes des milliardaires bondissant ou des agents secrets. Un univers pour les amateurs de grandes fresques.

A lire : la chronique sur sceneario.com

A lire : la chronique d’Yvan

 

Blueberry Origins…

La jeunesse de Blueberry (scénario de Jean-Michel Charlier, dessin de Jean Giraud, éditions Dargaud ; scénario de François Corteggiani, dessin de Colin Wilson et Michel Blanc-Dumont, éditions Novedi, Alpen Publishers et Dargaud)

Wahou ! Comment prétendre que l’on est fan de BD western sans avoir chroniqué, en quatre ans, les aventures du Lieutenant Blueberry ? Impensable ! Heureusement, voilà la faute réparée ! Bien entendu, j’aurai pu commencer par la série principale consacrée à Blueberry, la première que Jean-Michel Charlier ait scénarisée et que Jean Giraud ait mise en image dès 1963 dans le magasine Pilote… J’aurai pu, certes (et cela viendra en son temps, croyez-moi…). Mais autant commencer « historiquement » par le commencement, et découvrir comment le jeune Mike Donovan, fils d’un planteur du Sud, est devenu – en 1861 – Mike Steve « Blueberry », clairon d’un régiment de cavalerie de l’Armée Fédérée.

D’autant que ces premières aventures (imaginée dès 1968 et « albumisées » à partir de 1975) ne constituent pas un gadget superfétatoire. Elles éclairent vraiment le caractère et les ressorts intimes du lieutenant le plus insolent et indiscipliné de la cavalerie américaine. Dans La jeunesse de Blueberry, on découvre également que notre héros a toujours eu une propension marquée pour se retrouver impliqué dans des situations toutes plus compliquées et dangereuses les unes que les autres. On peut dire que les meurtres crapuleux, les chasses à l’homme épuisantes, les missions suicides, les quiproquo intenables et les haines tenaces pleuvent autours de Mike S. Blueberry comme les balles de revolver à OK Corral ! Pour vous forger un caractère, ça, ça vous forge un caractère !

Et autant avouer que notre plaisir de lecteur est proportionnel aux ennuis (pour rester poli) que rencontre Blueberry… qui est exactement le même plaisir que l’on éprouve lorsqu’on s’offre un bon film de western de la période classique (John Ford et consorts). Mais attention, si vous retrouverez bien entendu dans La jeunesse de Blueberry (comme dans les trois autres séries, du reste) tous les poncifs du genre, il faut reconnaître que l’approche de Jean-Michel Charlier était remarquablement novatrice à l’époque (1968). La complexité croissante de Blueberry tranche avec les postures relativement caricaturales des héros de far-west de l’époque, sans parler de ses rapports avec les minorités ethniques.

Bref, si vous aimez le western classique mais jamais mièvre, cette série est faite pour vous, d’autant qu’elle a l’autre avantage d’introduire la mythique série Lieutenant Blueberry qui est encore (à mon goût) un cran au-dessus !

A lire : la page Facebook de La jeunesse de Blueberry (et devenir fan !)

Pour aller un peu plus loin : « Le western dans la bande dessinée européenne » par Gilles Ciment

Attention : cette chronique s’inscrit dans le Challenge BD lancé par Mr ZOMBI et auquel participe IDDBD !

Démons et des maux…

W.E.S.T. - Tome 5 : Megan (scénario de Xavier Dorison et Fabien Nury, dessin de Christian Rossi, éditions Dargaud, 2008)

Ben quoi ? Juste parce qu’un blog est fermé, on n’aurait plus le droit de pondre une petite chronique en passant, comme çà, pour se faire plaisir ? Ah mes lascars, ce serait mal connaître IDDBD ! Capable de renaître de ses cendres, tel un Phoenix bédéphile, pour vous signaler la sortie prochaine du cinquième tome de la sublime série W.E.S.T. Cinquième tome certes, mais premier du troisième cycle (vous suivez ?) consacré aux démons du passé qui ont terrassés la fille de Morton Chapel, le charismatique chef de la Weird Enforcement Special Team.

Evidemment, le scénario de Dorison et Nury est toujours aussi intense, palpitant… voire envoûtant. Quant au dessin de Rossi, le trait et les couleurs confèrent une intensité exceptionnelle au récit. Loin de démériter, ce cinquième tome nous replonge avec délice dans l’univers de cette Amérique occulte qui nous manquait…

A lire : le pitch

« Morton Chapel, revenu de Cuba, découvre que Kathryn a l’intention de soigner sa fille, Megan Chapel, qui est internée dans un hôpital psychiatrique. Mais Morton comprend que cette tentative risque de réveiller de vieux démons… au sens propre et figuré ! Cet épisode permet de découvrir l’histoire personnelle de Morton et les événements tragiques qui ont provoqué l’état léthargique de sa fille. Ce troisième cycle de deux albums nous emmènera également dans la région des Appalaches, aux origines du Mal. Puissant ! »

A découvrir : les premières planches offertes par Dargaud

A explorer : la fiche album sur le site Dargaud (avec une interview des auteurs…)

A déguster : les (sublimes) bonus proposés aux abonnés de la newsletter Dargaud

Lucky Luke / Gerra & Achdé

L’homme de Washington - Les aventures de Lucky Luke d’après Morris (scénario de Laurent Gerra et Achdé, dessin de Achdé, éditions Lucky Comics, 2008)

Une nouvelle aventure de Lucky Luke, c’est un mélange d’excitation et d’appréhension. Excitation car retrouver le cow-boys le plus cool de l’Ouest est toujours un plaisir. On attend de retrouver des sensations de lecture qui remontent à l’enfance lorsque Lucky Luke nous entraînait dans les plaines de l’Ouest sauvage. Appréhension car après la disparition de Morris, gérer son héritage artistique n’est certainement pas la chose la plus facile.

Heureusement, pour nous rassurer, nous avons déjà eu droit à deux nouvelles aventures de Lucky Luke (La belle province et La corde au cou). C’est donc avec un a priori plutôt favorable que nous ouvrons de troisième opus. Et autant le dire tout de suite : la qualité est au rendez-vous ! Laurent Gerra et Achdé nous ont concocté un épisode à la hauteur de ce que l’on était en droit d’en attendre (les lecteurs sont décidément aussi impitoyables que les pires foies jaunes de l’Ouest)…

L’homme de Washington, c’est Rutherford Birchard Haynes, candidat républicain à la Présidence des Etats-Unis en 1877. Avec cette simple prémice, vous pensez bien que l’imagination débribée de Gerra et Achdé donne lieu à un scénario débridé, plein des rebondissements pétaradants et des personnages que l’on aime retrouver dans la série. Rajoutez-y une bonne dose d’humour fin et vous obtiendrez un Lucky Luke « grand cru » (même si l’épouse de Haynes y serait sans doute opposée…). N’hésitez donc pas à chausser les Santiags, boucler votre ceinturon, visser votre Stetson et vous installer confortablement pour une nouvelle et belle grande aventure de l’homme qui tire plus vite que son ombre.

A visiter : le site officiel de Lucky Luke