Archives du mot-clé western

billywild

Dimanche…Non Mardi, euh… mercredi KBD : Billy Wild (Ceka & Griffon)

Oui je sais, en ce moment, IDDBD c’est un peu n’importe quoi. Les chroniques tombent le dimanche, le jeudi, le lundi à 3h du mat’… Bref, le capharnaüm de la critique BD. Disons que c’est un peu à l’image de mon emploi du temps.

Je m’en excuse.

Et depuis dimanche, KBD s’y met aussi. C’est à se tirer une balle ! Voilà que le dimanche tombe un mardi et qu’aujourd’hui, mercredi, je vous annonce l’article. N’importe quoi ! Bon si vous souhaitez trouver un bon moyen de nous faire payer ce chamboulement dans vos habitudes, vous trouverez tout ce qu’il faut ce mois-ci dans nos synthèses. Tout un mois consacré à La Vengeance. Il fallait au moins ça !

Nous débutons avec Billy Wild de Céka et Griffon chez Akiléos. Un étrange diptyque aux allures de western gothique, une oeuvre splendide qui lance parfaitement le sujet.

Allez, ce n’est plus le moment de flancher, découvrez notre synthèse… et relisez la chronique d’IDDBD rédigée par Mike !

Chronique | Las Rosas

las-rosas-couvscénario et dessins : Anthony Pastor
Editions : Actes Sud/L’An 2 (2009) – 20€
Public : adulte
Pour les bibliothécaires : un album intéressant pour un auteur qui ne l’est pas moins. Pas facile à faire sortir.

Western café

LAS_ROSASUn garage, quelques pompes à essence et autant de caravanes : bienvenus à Las Rosas, îlot perdu au milieu du désert américain. Ici, les hommes ne sont pas autorisés. Seul le shérif bedonnant et alcoolique est toléré… un peu. Un matin, ce dernier ramène dans son pick-up Rosa, une jeune femme de la ville pourchassée et enceinte. Elle s’installe, travaille au café avec Marisol la patronne et découvre peu à peu les secrets de ce lieu.

Las Rosas est un étrange objet, un western aux allures d’un Bagdad Café, un pavé imposant où l’attente reste le maître mot. Attendre le retour d’un fils, la naissance d’un enfant, la mort ou le pardon, attendre la découverte de la vérité et la disparition des fantômes : Las Rosas ne raconte presque que cela. Et pourtant, sans trop savoir pourquoi, on est entraîné dans ce récit grâce à son atmosphère à la fois repoussante et fascinante aidé par un découpage très « cinématographique » et un dessin simple mais efficace.

lasrosas_p14Las Rosas c’est aussi une galerie de personnages à la fois classiques et originaux. Si on y retrouve les grandes figures du western – le vieux shérif, le dur, le bandit mexicain, le candide et le héros arrivant sur son cheval comme un libérateur – c’est pour mieux les transformer. Ici le shérif est alcoolique, le dur est une femme (et encore je ne dis pas tout), le bandit est touché par la grâce, le candide est enceinte et le héros sort d’un hôpital psychiatrique… C’est vous dire si les codes sont transformés et si le récit emmène sur des chemins pour le moins inattendus.

Las Rosas est une œuvre pour le moins surprenante. Il faut y pénétrer tranquillement, sans être pressé par le temps car sa lecture est longue et parfois exigeante. Non pas qu’Anthony Pastor parte dans des délires métaphysiques mais le récit n’est pas constitué d’une action linéaire mais de multiples points de vue. L’histoire se battit comme un puzzle, à partir de confidences et de dialogues, à partir de non-événement beaucoup plus évocateurs que de grands rebondissements. Peu à peu, durant 3 longs chapitres, le puzzle prend forme et la vérité éclate pour révéler les blessures inavouées.

Anthony Pastor signe encore un album de qualité dans la même veine qu’Hôtel Koral. Un récit fascinant battit sur un faux rythme, distillant l’intrigue gouttes après gouttes, prenant au piège le lecteur. Bref, un album aux antipodes des milliardaires bondissant ou des agents secrets. Un univers pour les amateurs de grandes fresques.

A lire : la chronique sur sceneario.com

A lire : la chronique d’Yvan

 

Blueberry Origins…

La jeunesse de Blueberry (scénario de Jean-Michel Charlier, dessin de Jean Giraud, éditions Dargaud ; scénario de François Corteggiani, dessin de Colin Wilson et Michel Blanc-Dumont, éditions Novedi, Alpen Publishers et Dargaud)

Wahou ! Comment prétendre que l’on est fan de BD western sans avoir chroniqué, en quatre ans, les aventures du Lieutenant Blueberry ? Impensable ! Heureusement, voilà la faute réparée ! Bien entendu, j’aurai pu commencer par la série principale consacrée à Blueberry, la première que Jean-Michel Charlier ait scénarisée et que Jean Giraud ait mise en image dès 1963 dans le magasine Pilote… J’aurai pu, certes (et cela viendra en son temps, croyez-moi…). Mais autant commencer « historiquement » par le commencement, et découvrir comment le jeune Mike Donovan, fils d’un planteur du Sud, est devenu – en 1861 – Mike Steve « Blueberry », clairon d’un régiment de cavalerie de l’Armée Fédérée.

D’autant que ces premières aventures (imaginée dès 1968 et « albumisées » à partir de 1975) ne constituent pas un gadget superfétatoire. Elles éclairent vraiment le caractère et les ressorts intimes du lieutenant le plus insolent et indiscipliné de la cavalerie américaine. Dans La jeunesse de Blueberry, on découvre également que notre héros a toujours eu une propension marquée pour se retrouver impliqué dans des situations toutes plus compliquées et dangereuses les unes que les autres. On peut dire que les meurtres crapuleux, les chasses à l’homme épuisantes, les missions suicides, les quiproquo intenables et les haines tenaces pleuvent autours de Mike S. Blueberry comme les balles de revolver à OK Corral ! Pour vous forger un caractère, ça, ça vous forge un caractère !

Et autant avouer que notre plaisir de lecteur est proportionnel aux ennuis (pour rester poli) que rencontre Blueberry… qui est exactement le même plaisir que l’on éprouve lorsqu’on s’offre un bon film de western de la période classique (John Ford et consorts). Mais attention, si vous retrouverez bien entendu dans La jeunesse de Blueberry (comme dans les trois autres séries, du reste) tous les poncifs du genre, il faut reconnaître que l’approche de Jean-Michel Charlier était remarquablement novatrice à l’époque (1968). La complexité croissante de Blueberry tranche avec les postures relativement caricaturales des héros de far-west de l’époque, sans parler de ses rapports avec les minorités ethniques.

Bref, si vous aimez le western classique mais jamais mièvre, cette série est faite pour vous, d’autant qu’elle a l’autre avantage d’introduire la mythique série Lieutenant Blueberry qui est encore (à mon goût) un cran au-dessus !

A lire : la page Facebook de La jeunesse de Blueberry (et devenir fan !)

Pour aller un peu plus loin : « Le western dans la bande dessinée européenne » par Gilles Ciment

Attention : cette chronique s’inscrit dans le Challenge BD lancé par Mr ZOMBI et auquel participe IDDBD !

Démons et des maux…

W.E.S.T. - Tome 5 : Megan (scénario de Xavier Dorison et Fabien Nury, dessin de Christian Rossi, éditions Dargaud, 2008)

Ben quoi ? Juste parce qu’un blog est fermé, on n’aurait plus le droit de pondre une petite chronique en passant, comme çà, pour se faire plaisir ? Ah mes lascars, ce serait mal connaître IDDBD ! Capable de renaître de ses cendres, tel un Phoenix bédéphile, pour vous signaler la sortie prochaine du cinquième tome de la sublime série W.E.S.T. Cinquième tome certes, mais premier du troisième cycle (vous suivez ?) consacré aux démons du passé qui ont terrassés la fille de Morton Chapel, le charismatique chef de la Weird Enforcement Special Team.

Evidemment, le scénario de Dorison et Nury est toujours aussi intense, palpitant… voire envoûtant. Quant au dessin de Rossi, le trait et les couleurs confèrent une intensité exceptionnelle au récit. Loin de démériter, ce cinquième tome nous replonge avec délice dans l’univers de cette Amérique occulte qui nous manquait…

A lire : le pitch

« Morton Chapel, revenu de Cuba, découvre que Kathryn a l’intention de soigner sa fille, Megan Chapel, qui est internée dans un hôpital psychiatrique. Mais Morton comprend que cette tentative risque de réveiller de vieux démons… au sens propre et figuré ! Cet épisode permet de découvrir l’histoire personnelle de Morton et les événements tragiques qui ont provoqué l’état léthargique de sa fille. Ce troisième cycle de deux albums nous emmènera également dans la région des Appalaches, aux origines du Mal. Puissant ! »

A découvrir : les premières planches offertes par Dargaud

A explorer : la fiche album sur le site Dargaud (avec une interview des auteurs…)

A déguster : les (sublimes) bonus proposés aux abonnés de la newsletter Dargaud

Lucky Luke / Gerra & Achdé

L’homme de Washington - Les aventures de Lucky Luke d’après Morris (scénario de Laurent Gerra et Achdé, dessin de Achdé, éditions Lucky Comics, 2008)

Une nouvelle aventure de Lucky Luke, c’est un mélange d’excitation et d’appréhension. Excitation car retrouver le cow-boys le plus cool de l’Ouest est toujours un plaisir. On attend de retrouver des sensations de lecture qui remontent à l’enfance lorsque Lucky Luke nous entraînait dans les plaines de l’Ouest sauvage. Appréhension car après la disparition de Morris, gérer son héritage artistique n’est certainement pas la chose la plus facile.

Heureusement, pour nous rassurer, nous avons déjà eu droit à deux nouvelles aventures de Lucky Luke (La belle province et La corde au cou). C’est donc avec un a priori plutôt favorable que nous ouvrons de troisième opus. Et autant le dire tout de suite : la qualité est au rendez-vous ! Laurent Gerra et Achdé nous ont concocté un épisode à la hauteur de ce que l’on était en droit d’en attendre (les lecteurs sont décidément aussi impitoyables que les pires foies jaunes de l’Ouest)…

L’homme de Washington, c’est Rutherford Birchard Haynes, candidat républicain à la Présidence des Etats-Unis en 1877. Avec cette simple prémice, vous pensez bien que l’imagination débribée de Gerra et Achdé donne lieu à un scénario débridé, plein des rebondissements pétaradants et des personnages que l’on aime retrouver dans la série. Rajoutez-y une bonne dose d’humour fin et vous obtiendrez un Lucky Luke « grand cru » (même si l’épouse de Haynes y serait sans doute opposée…). N’hésitez donc pas à chausser les Santiags, boucler votre ceinturon, visser votre Stetson et vous installer confortablement pour une nouvelle et belle grande aventure de l’homme qui tire plus vite que son ombre.

A visiter : le site officiel de Lucky Luke

Sans vouloir vous froisser…

Le dernier cow-boy raisonnable et autres histoires (scénario et dessin de Daniel Merlin Goodbrey, éditions Actes Sud-L’An 2, 2008)

Pour faire suite à la critique de David Taugis sur UniversBD.com, et contrairement à lui, IDDBD a été « ravi de se prendre au jeu et de jongler comme Daniel Goodbrey avec son inspiration zigzagante ». Mais il est vrai, comme l’indique David Taugis, que « le lecteur choisira vite son camp » ! Le dernier cow-boy raisonnable et autres histoires appartient à ce genre de BD que l’on aime ou que l’on déteste irrémédiablement : pas de place pour les tièdes au pays de la Terre défroissée !

La Terre défroissée ? Oui, c’est là que Daniel Goodbrey situe les aventures de ces héros. Imaginez que la Terre, notre Terre, celle que nous croyons si bien connaître, se contracte tout à coup puis se détende en se défroissant peu à peu. Que croyez-vous qu’il adviendrait ? Un jeune pourrait saigner des scorpions, une cow-girl déterminée pourrait aller récupérer son frère au beau milieu d’une ville de far-west nommée Démence, un homme au cheveux long pourrait vouloir récupérer sa maison volée par un frère et sa soeur, démiurges extra-terrestre en mal de formes… Bref, sur la Terre défroissée, le fond sonore pourrait être une chanson de Thieffaine ou de Bashung, dont les mots paraissent nous rattacher à notre réalité alors qu’ils nous en éloignent chaque fois un peu plus.

Quant à la forme, les choix graphiques de Daniel Goodbrey paraîtront froids, voire glacés, et vides (pour ne pas dire creux) aux lecteurs qui n’auront pas aimé son univers. Pour IDDBD, le style de Daniel Goodbrey est certes radical mais parfaitement adapté aux récits hallucinés qu’il nous raconte dans Le dernier cow-boy raisonnable et autres histoires : comme pour les chansons que j’évoquais, son trait « américain » nous donne l’impression que nous sommes encore ici alors que nous avons déjà franchi les frontières de sa Terre défroissée…

A voir et à lire : quelques planches sur le site des éditions de L’An 2

A visiter : le site de Daniel Goodbrey

Attention, retour du chef d’oeuvre !

Lune d’argent sur Providence - Tome 2 : Dieu par la racine (scénario, dessins et couleurs d’Eric Hérenguel, éditions Vents d’Ouest, 2008)

Je vous avais prévenu : ce superbe diptyque serait chroniqué en deux parties, juste pour le plaisir d’en reparler une deuxième fois (histoire d’enfoncer le clou dans le crâne de ceux qui n’auraient pas saisi que Lune d’argent sur Providence d’Eric Hérenguel est un chef d’oeuvre…).

A la fin du premier tome, nous avions laissé la belle Cathy Gatling bien armée (comme la première mitrailleuse de l’Histoire…) mais en mauvaise posture (je n’en dis pas plus pour ceux qui n’aurait pas encore lu le premier tome). Bien entendu, je ne vous dévoilerai rien de l’intrigue de ce deuxième tome, si ce n’est pour vous dire que :

– ceux que l’on croit connaître savent bien tromper leur monde,

– il y a quand même pas mal de grabuge dans Providence,

– ce diptyque pourrait potentiellement en appeler d’autres, un peu à la manière de la série W.E.S.T. (encore faudrait-il qu’Eric Hérenguel le veuille, ce que nous ne manqueront pas de lui demander…).

Pour une fois, sans rien vous dire de plus donc, je vous demande de faire confiance au jugement d’IDDBD. Si nous vous avons déjà déçu, nous en sommes désolés (mais l’art, quelle que soit sa forme, n’est-il pas un risque et une chance à la fois pour l’artiste et le spectacteur ?). Si vous avez déjà trouvé quelques bon albums parmi ceux dont vous parlons, alors vous n’hésiterez pas à vous rendre à Providence comme nous l’avons déjà fait…

Les voies de la BD sont parfois impénétrables… et parfois non ! Ce deuxième tome de Lune d’argent sur Providence confirme ce que nous vous disions du premier : un chef d’oeuvre. Vous aurez donc plaisir à retrouver, sous une forme ou une autre, les personnages auxquels vous vous serez attaché au cours du premier épisode. A ce niveau, ce n’est plus du « Recommandé par IDDBD« , c’est du « Garanti sur facture » !

A lire : le pitch du tome 2 sur le site des éditions Vents d’Ouest où vous pourrez également découvrir les premières planches de ce deuxième opus

A visiter : le blog d’Eric Hérenguel

Et (…) sur un cheval pâle se dressait la mort et l’enfer le suivait…(Apocalypse 6 : 8)

Billy Wild - Tome 2/2 : Le 13ème cavalier (scénario de Erick Lasnel dit Céka, dessin de Guillaume Griffon dit Sthrad, collection Regard Noir et Blanc, éditions Akileos, 2008)

Pour ceux qui découvriraient ce diptyque, jetez donc un coup d’oeil à la chronique d’IDDBD consacrée au premier tome (sorti en janvier 2007). Les autres savent déjà que Billy Wild est une BD western atypique dans le paysage des vachers et autres desperados à la gachette aussi sensible que leur susceptibilité. Atypique pour son indéniable aspect gothique, comme bien des (premières) publications des éditions Akileos, et pour son noir et blanc radical (collection oblige…) qui ajoute encore à l’ambiance très particulière dans laquelle baignent les personnages.

Billy Wild, qui a vendu son âme au diable (personnifié sous les traits d’un certain Linus) en contrepartie d’une insolente insensibilité aux balles de revolver, reviend pour une mission que l’on aurait pas imaginée : sauver la Constitution américaine et, par là même, les jeunes et bouillonnants Etats-Unis. Peut-être une façon de racheter son âme noircie par quelques 237 de meurtres…

Vous imaginez que sa mission ne relèvera pas de la ballade de santé, surtout pour ses adversaires, une bande de hors-la-loi un peu spéciaux : tous à la solde du démon (le même Linus…), ils forment un groupe de 12 salopards tous plus crapuleux les uns que les autres. Dessinée et mise en scène à la façon d’un John Woo inspiré, la bataille entre Billy Wild et cette bande venue tout droit des enfers est particulièrement sanglante et réussie. Jusqu’à la confrontation finale avec le boss-de-fin-de-niveau (si vous avez suivi, vous aurez deviné son nom !), particulièrement explosive !

Dans Billy Wild, on sent de manière évidente que les auteurs ont pris autant de plaisir à nous conter leur récit déjanté qu’à brutaliser leurs héros. Evidemment, nous, dès que ça pétarade, que ça se défie, que ça se tire dessus dans la main street d’un bled paumé de l’Ouest sauvage, ça nous plaît ! Et lorsqu’en plus, il flotte sur tout ça un petit parfum de Faust qui aurait décidé de chausser des santiags et de se doter de deux Smith et Wesson pour retrouver l’enfoiré qui lui a fait signer un contrat d’immortalité à la c.n, ben on n’hésite pas une seconde. On selle notre mule, on enfile notre poncho, et on suit Billy Wild en tresaillant à chaque page de ce western classieux au dessin aussi novateur que le scénario…

A visiter (impérativement !) : le site de Billy Wild

Attention chef d’oeuvre !

Lune d’argent sur Providence - Tome 1 : Les enfants de l’abîme (scénario, dessin et couleurs d’Eric Hérenguel, éditions Vents d’Ouest, 2005)

Oui, alors bien sûr, vous allez me dire qu’évidemment, Lune d’argent sur Providence, c’est du western et qu’évidemment, comme vous savez qu’IDDBD est fan de BD western, il fallait absolument que je vous colle cet album dans les pattes… Oui, c’est exact, IDDBD est fan de BD western. Bien sûr, dès qu’un bon album sort dans ce genre, j’ai peu d’hésitation à vous le conseiller (encore faut-il qu’il m’ait plu tout de même…). Mais attention ! Avec Lune d’argent sur Providence, je ne vous parle pas seulement d’un bon, voire d’un excellent album de western. Non, Lune d’argent sur Providence est un pur chef d’oeuvre, de la BD en général et de la bande dessinée de western en particulier. Carrément.

Et dire que je suis passé à côté pendant des années tout simplement… parce que la couverture ne me plaisait pas des masses ! Non mais !  A quoi tiennent les choses parfois ! Et puis, le deuxième tome étant sorti en avril dernier, le pitch des éditions Vents d’Ouest m’ayant convaincu que l’histoire méritait peut-être que je jette un coup d’oeil, me voilà parti dans le New Hampshire, en 1880, en compagnie de Miss Cathy Gatling et du sheriff James Stuart

Dès mon arrivée, je fus ébloui par la beauté des paysages entourant la petite ville de Providence. C’était l’automne et les arbres aux couleurs de feu entouraient d’un cocon protecteur cette petite bourgade tranquille. L’accueil à la pension de famille de Madame Bénédict m’a réchauffé le coeur : je me sentais déjà comme chez moi. D’autant que Simone, l’attachante petite fille de Madame Bénédict, apportait cette pointe de fraîcheur et de candeur qui manquait terriblement à ce chroniqueur blasé que j’étais devenu au fil de mes lectures… J’assistais à l’installation de Miss Gatling et à sa rencontre avec James Stuart, le jeune mais très motivé sheriff de Providence. Je notais, amusé, qu’une idylle paraissait sur le point naître entre ces deux là !

Et brusquement, le cauchemar ! Non pas que les jolies collines entourant Providence se soient tout à coup effondrées ou que ses rues calmes et ordonnées se soient emplies de bétail meuglant et de rustres cow-boys comme j’avais pu en voir dans d’autres albums. Non, le cauchemar en question laissait derrière lui des traces sanglantes et particulièrement horribles : les corps déchiquetés d’honnêtes citoyens… Pour la suite de l’enquête, je ne peux que vous inviter à me rejoindre le plus vite possible à Providence ! Vous ne serez pas déçus du voyage qui risque (c’est le terme !) de vous mener bien plus loin que vous ne l’auriez souhaité…

Eric Hérenguel est un surdoué, un vrai, un de ces rares artistes à posséder le don, ou plutôt les dons : à la fois ceux du scénario, du dessin et de la couleur. Comme je vous le disais plus haut (mais insisterais-je jamais assez...), Lune d’argent sur Providence est tout simplement un chef d’oeuvre dans ces trois domaines. Et, cerise sur le gâteau, le tome 1 s’épaissit de quelques notes de l’auteur qui m’ont définitivement convaincu de son talent… A découvrir donc de toute urgence !

Bien sûr, IDDBD chroniquera très vite le deuxième et dernier tome de Lune d’argent sur Providence. Juste pour le plaisir d’en reparler (pour vous donner l’eau à la bouche, allez donc jeter un coup d’oeil à la preview de bdgest.com !).

A visiter : le blog d’Eric Hérenguel

A lire : le pitch des éditions Vents d’Ouest et les premières planches de l’album

« 1880, Providence. Etat du New Hampshire.
Un village dans l’Est des Etats-Unis, si joli que l’on souhaiterait s’y reposer à l’ombre des sycomores, si les habitants n’avaient pas cette fâcheuse particularité d’y mourir violemment ! Pourtant il y a bien longtemps que cette riche campagne ne vit plus sous la menace des armes. Alors qui ? Et pourquoi ? Voilà la question obsédante que chacun se pose. Le shériff James Stuart a donc pour mission de trouver si un homme ou bien une bête serait à l’origine de ces crimes…
Pauvre shériff, si peu habitué à de tels excès de violence sur son territoire ! Et puis, que doit-il faire du chien d’une des victimes, et de cette jeune femme, Miss Gatling, trop belle et qui pose mille questions… et le maire, si pressé d’avoir un coupable avant les élections. « Franchement, je pensais avoir tout vu » se dit James, mais ce qu’il ignore encore, c’est que les nuits à venir lui réservent de terribles cauchemars, aussi glaçants qu’un morceau de viande froide
! »

A lire : l’interview d’Eric Hérenguel sur actuabd.com

Les mystères de l’W.E.S.T.

W.E.S.T. - Tomes 3 et 4 (Cycle 2 – 1902) (scénario de Xavier Dorison et Fabien Nury, dessin de Christian Rossi, éditions Dargaud

Les troisièmes et quatrièmes tomes de la série W.E.S.T. forment le deuxième cycle (un troisième cycle est attendu très prochainement) des aventures de cette unité d’agents secrets d’un type un peu particulier : la Weird Enforcement Special Team (W.E.S.T.). 

Après avoir chassé le diable sur le territoire des Etats-Unis (en 1901, pour vous situer dans le temps), l’équipe de Morton Chapel se retrouve un an plus tard à Cuba pour traquer Islero, un mystérieux révolutionnaire cubain décidé à chasser de son pays désormais indépendant (enfin… officiellement), à la fois l’armée des Etats-Unis et la United Fruit (une très grosse compagnie décidée à piller consciencieusement les richesses naturelles de l’île) . Ses armes : le vaudou cubain (la Santeria), quelques zombies (personnes déclarées mortes mais que l’on revoit quelques jours plus tard dans les rues de la Havanne) et une foule de cubains dévoués corps et âmes… 

Mais que viennent faire là nos amis de la W.E.S.T. ? Ils ont été chargés par la Maison-Blanche de veiller au bon déroulement des élections, qu’Islero s’évertue à gâcher par avance en assassinant, par zombies interposés, quelques notables bien en vus. Sauf qu’au bout de quelques jours, Morton Chapel et ses compagnons réalisent que la situation à Cuba est loin d’être celle qu’on leur a décrite à Washington… Et si les méthodes d’Islero ne sont pas justifiables aux yeux de la morale et de la loi, le camps des légalistes n’est certainement pas composé de chevaliers blancs ! Entre les militaires sadiques, les hommes politiques corrompus et les affairistes aveuglés par leurs seuls profits, d’un côté, le peuple maintenu dans la même misère (voire pire) que celle qui prévalait du temps des Espagnols, de l’autre, la W.E.S.T. devra finalement choisir entre sa morale et sa loyauté au gouvernement américain… Des déchirements en perspectives et des rebondissements comme s’il en pleuvait ! 

Décidément, Xavier Dorison et Fabien Nury confirment à chaque nouvel album, à chaque nouvelle série, leur statut de scénaristes brillants. En se fondant sur une trame historique sans faille, ils réussissent à créer des histoires dignes du grand écran ou des meilleurs auteurs de thrillers contemporains. L’intrigue est suffisamment complexe pour nous tenir en haleine de la première à la dernière page, mais sans nous perdre dans un labyrinthe inextricable… Efficacité, talent : que demander de plus lorsqu’on souhaite passer un excellent moment de BD ? 

Quant au dessin de Christian Rossi, c’est une petite merveille graphique qui sert à la perfection le scénario. Réaliste et en même temps très expressif, de nombreuses cases sont de pures chef d’oeuvres que l’on verraient bien encadrés chez soi… Et, répétons-le, sans jamais perdre de son efficacité narrative ! 

Evidemment, W.E.S.T. bénéficie du label « Recommandé par IDDBD » tant le scénario et le dessin font de cette série un incontournable, un essentiel que tout bédéphile débutant ou confirmé se doit de posséder… 

A (re)lire : la première chronique d’IDDBD concernant la série W.E.S.T. 

A lire : l’interview de Xavier Dorison et Fabien Nury sur evene.fr 

A voir : quatre planches du tome 3 (El Santero

 

 

  

A voir (aussi) : cinq planches du tome 4 (Le 46ème Etat