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Lundi KBD | Chaque chose

Je sais, nous ne sommes plus dimanche, mais c’est quand même l’occasion de faire une petite piqûre de rappel.

Si vous n’êtes pas passé sur KBD hier, c’est le moment de le faire afin d’y découvrir la synthèse d’Yvan sur Chaque Chose, le magnifique album de Julien Neel. Nous continuons ainsi notre thème du mois consacré à la filiation.

Quant à IDDBD, la chronique de la semaine dernière étant annulé pour cause de panne d’écriture (en ce moment c’est un peu dur), je vous invite à découvrir celle de cette semaine dès mercredi !

Pour la synthèse de KBD, c’est là.

Et la chronique d’IDDBD c’est ici.

Wanted

Chronique | Wanted (Millar & Jones)

Petit employé harcelé par sa patronne, cocufié par son meilleur ami, souffre douleur d’une bande de rue, Wesley Gibson mène une existence qu’il qualifie lui-même de merdique. Mais un jour, Fox débarque dans sa vie et lui apprend la vérité. Il est le fils d’un super-vilain et doit hériter de son père qui vient de se faire assassiner. Mais pour toucher plusieurs millions de dollars, il lui faut devenir à son tour un super-méchant. Pas facile quand on a été militant pacifiste et victime toute sa vie…

Fuck Superman

Ami de la poésie, arrêtez tout de suite de lire cette chronique et ne prenez même pas le temps d’ouvrir ne serait-ce que la page de titre de ce one-shot ! Sachant qu’un joli doigt vous attend dès la premières planches et que put*** est le mot le plus utilisé dans cet album, vous comprendrez que je ne vous le conseille pas.

Je ne m’en suis jamais caché. La bande dessinée super-héroïque n’a jamais été ma tasse de thé. Même si on ne peut que reconnaître la grande évolution des super-héros depuis les années 80 avec notamment des auteurs de grands talents comme Alan Moore, BM Bendis, Frank Miller, c’est un genre qui, par son manichéisme un peu trop prononcé et sa bonne morale, ne m’a jamais transporté. J’ai eu beau lire les Strange de mes grands-frères quand j’étais plus jeune, j’en suis resté là, peut-être à tord. Mon intérêt pour la BD américaine n’est venu que plus tard avec des auteurs comme Seth, Harvey Pekar, Crumb et bien sûr Spiegelman. Et c’est sans doute pour ça que j’ai pris un put*** de pied avec cet album !

Wanted est de la même trempe que des séries comme Transmetropolitan ou Preacher. On y retrouve la même irrévérence pour les figures héroïques de la culture populaire américaine. Mark Millar et JG Jones s’attachent à perpétrer la tradition de leurs petits camarades de jeu. Ainsi graphiquement, on retrouve le style plutôt académique du mainstream avec une composition qui met à l’honneur l’action et le rythme. Le scénario quant à lui est ponctué de guerre des gangs et de jeu à celui qui sera le plus pourri. C’est comme souvent dans ce cas, un concours de celui qui aura la plus grosse. No comment.

Sous le crado, le père…

Mais là encore, Mark Millar joue avec les codes pour nous permettre de voir dans cette suite de coup de feu et de mots ordurier quelque chose de bien plus intéressant. Il faut gratter le gras et le visqueux pour découvrir un peu de brillant. Déjà, au premier niveau de lecture, Wanted est un défouloir et sur ce point, c’est une vraie réussite. Qui n’a pas eu envie un jour de mettre des claques au super-héros ? C’est chose faite avec cet album.

Ensuite, Wanted n’est pas qu’une suite de bagarre, c’est aussi une jolie parabole sur l’éducation et son héritage. La première partie de l’album correspondant à l’apprentissage de Wesley se révèle être un moment intéressant malgré toute sa violence. Élever par sa mère dans un souci de respect des codes sociaux, le voici rééduquer pour développer ses dons naturels en devenant une machine à tuer. Ainsi, on voit le processus qui lui permet de prendre conscience de ce qu’il est véritablement. Mais est-il un tueur né ou s’agit-il simplement d’un lavage de cerveau digne des plus belles pages de l’histoire de l’endoctrinement ? That is the question comme disait Rambo ! Qui est le plus heureux, celui qui respecte ou celui qui transgresse ? Je vous laisse découvrir la réponse.

Wanted porte également un point de vue intéressant et pour le coup à 200 millions d’années lumières d’œuvres comme Little Star, Le fils de son père ou Chaque Chose. Ici, on parle de la paternité d’un super-vilain, du cas de conscience et de l’amour presque impossible que cela suppose. Et comment s’en sort-il ? En lui proposant de devenir comme lui ! Le pire des pères qui impose sa façon d’être ! La paternité d’un méchant est un angle d’attaque qui, à ma connaissance, n’avait jamais été abordé dans une bande dessinée (hormis peut-être le Peter Pan de Loisel). Évidemment, on pense à Darth Vador mais je ne sais pas si le rapprochement est valable pour le coup.

Méchant contre méchant

Si la partie « apprentissage » est bien plus jouissive qu’à l’accoutumée, en général chez les super-héros la découverte des pouvoirs est une période plutôt laborieuse pour tout le monde, ce one-shot souffre malheureusement d’une chute de rythme et retombe un peu trop rapidement dans un schéma « superhéroïque » plus classique. Car après le temps de je-deviens-un-méchant vient celui de l’affrontement. Affrontement un peu spécial entre moins pourri et plus pourri, encore un peu manichéen même si, pour le coup, il n’y a que le côté méchant qui joue. Je regrette un peu cette chute et aurait aimé un scénario moins conventionnel qu’on aurait été en mesure d’attendre au vu du départ même si les rebondissements spectaculaires ne sont jamais très loin dans cet album. Quant à la fin, elle est à la hauteur des espérances de départ, originale quoiqu’un peu démago.

Wanted est donc un album qui se situe entre la vague mainstream et la bd d’auteur. A la hauteur de ses petits camarades de jeu comme Preacher ou Transmetropolitan, c’est un album absolument jouissif et défouloir qui permet par le biais de clin d’oeil bien placé de mettre un peu en boîte les héros populaires de la bd américaine. Il souffre toutefois d’un petit essoufflement en cours de récit. Mais c’est un album qui vaut le détour pour son côté transgressif. Pour lecteur averti et si possible non-psychopathe !

A lire : la chronique de Scifi-Universe et du blog La Loutre Masquée
A découvrir : une présentation en parralléle du film et du comics sur le Figaro
A noter : Cette chronique s’inscrit dans le Reading Comics Challenge de Mister Zombi

scénario de Mark Millar
dessins JG Jones et Dick Giordiano
couleurs Paul Mounts
Edition : Delcourt, Collection Contrebande (2008)
Edition originale : Top cow Productions (2005)

Public : Adulte, lecteurs avertis
Pour les bibliothécaires : Un One-shot à avoir dans une collection BD US de qualité. A éviter pour les petites structures avec des lecteurs un peu « pointilleux »

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Chronique | Le fils de son père (Mariotti)

Olivier est un artiste peintre vivant du côté de Marseille. Il est père de deux jeunes garçons et réussit plutôt bien sa vie professionnelle et familiale. Pourtant, le soir de sa nouvelle exposition resurgit l’image de son père à qui il ne parle plus depuis des années…

Chez les papas papous…

Il y a presque un an, Nathalie Meleumans, la dynamique éditrice des enfants rouges m’envoyait cet album. Je dois à la fois la remercier et m’excuser pour cette chronique qui a mis du temps à s’écrire. J’aurais aimé comprendre pourquoi mais je n’ai jamais réussi au cours de cette année à me consacrer pleinement à cet album. Alors, avec les copains de KBD, on a un peu forcé le destin. Écrire sur la père quand on l’est soi-même, est-ce vraiment si compliqué ? Il faut croire.

Cet album se situe dans la lignée d’un Little Star d’Andi Watson ou d’un Chaque Chose de Julien Neel. C’est une réflexion masculine intime, profonde et angoissée sur la notion de paternité. Durant 79 planches au rythme unique de 3 cases sur 4 (soit des gaufriers de 12 cases), Olivier Mariotti et son frère Guillaume à la couleur font part des doutes (de leurs doutes ?) d’Olivier, leur héros. Est-il le digne fils de son père ? Est-il condamné à marcher dans le pas paternel en reproduisant le positif comme le négatif ? Le sujet est ambitieux. Et le traitement ? Original.

Effet de ruptures

La composition des planches de Olivier Mariotti est sans doute ce que l’on fait de plus simple en BD. Je le répète, une planche de 12 cases, sans aucune dérogation. Cependant, il utilise souvent une technique « puzzle » lorsqu’il souhaite intégrer une grande image. Sur le coup, on peut se dire que le rythme risque d’être un peu ronronnant. Ce qui est parfois un peu le cas. Cependant, si la rupture ne se fait pas par le biais de la composition, elle s’exerce par le graphisme. En effet, le récit s’organise autour de flashbacks présent/passé – autrement dit Olivier le père/Olivier le fils – qui est marqué par une modification très forte de la technique de couleurs. Ainsi on passe d’une couleur très plate, presque informatique, à une couleur grasse, plus contrastée. L’idée de rupture dans le temps avait déjà utilisé par Julien Neel pour Chaque Chose mais ce dernier n’avait pas modifié l’aspect graphique, il avait joué beaucoup plus sur les effets « naturels » de transition pour rendre son histoire fluide. Dans le cas du Fils de son père, l’effet graphique est plutôt réussi mais la transition moins naturelle.

SOS super-papa

Cependant, cet aspect graphique est au service total de la narration. En effet, il suffit de voir les tableaux réalisés par Olivier et en particulier leurs couleurs, pour comprendre le lien présent entre le petit garçon et l’homme qu’il est devenu. Cette subtilité ouvre les portes à une interprétation des faits présentés tout au long de cet album. Car des explications sur l’éloignement du père du fils, vous n’en aurez pas car Olivier Mariotti ne cherche pas spécialement à expliquer mais cherche à suggérer, lance des pistes qui n’ont pas forcément d’aboutissement. Les pragmatiques, ceux qui refusent que les choses leur échappent supporteront sans doute assez mal cet album, car ici nous sommes dans le ressenti, dans l’écho du souvenir comme seul véritable règle, dans le « non je ne serais pas comme ça ». Surtout qu’Olivier, présent pour ses deux fils, aimé et amoureux de sa femme, prof de dessin et artiste accompli, a tout pour se rassurer. Mais entre nous, et je parle aux papas qui trainent sur ce blog au lieu de préparer les biberons, même si les pères font parfois semblant d’être des super-héros avec leurs enfants, ils n’ont pas toutes les réponses. Mais chut !

Même si au premier abord le personnage d’Olivier s’avère presque un peu trop parfait, les failles qui apparaissent au fur et à mesure de la lecture régulière (parfois un peu trop) de cet album laissent passer des questionnements parfois irrésolus sur la notion de paternité. Souvent dans un pur ressenti, à l’image de ces ruptures de couleurs entre passé et présent, la lecture de cet album agacera les réalistes pragmatiques. Les autres méditeront peut-être sur la célèbre phrase de Nietzche « Chaque homme cache en lui un enfant qui veut jouer ».

A découvrir : le site des frères Mariotti
A consulter : la fiche album sur le site des enfants rouges
A noter : cette chronique est une lecture KBD, retrouvez la synthèse le premier dimanche du mois de novembre.

scénario et dessins : Olivier Mariotti
couleurs : Guillaume Mariotti
Éditions : Les Enfants Rouges (2010) 17€

Public : Ado-adultes
Pour les bibliothécaires : une belle œuvre sur la paternité. Pas essentiel mais bien si vous cherches de bonnes BD de petits éditeurs.

 

Bonjour tristesse…

Adieu, Maman (scénario et dessin de Paul Hornschemeier, éditions Actes Sud BD, 2005)

Pour une reprise de nos chroniques, Adieu, Maman n’est certainement pas la BD la plus approprié en cette période festive de Noël, toute consacrée aux valeurs familiales et aux agapes joyeuses. Adieu, Maman, c’est le récit de l’absence, de la mort, celui de la mère de Thomas, l’épouse de David… dont les chemins s’éloignent peu à peu l’un de l’autre après la disparition de la femme de leurs vies respectives, chacun s’enfermant dans un monde de silence peuplé de douleurs. Thomas réagit avec ses armes de jeune garçon de 7 ans : il tente d’entretenir les lieux que sa mère a aimé, un jardin, une chambre… Et lorsque la réalité devient trop pesante, un masque de lion l’aide à s’en protéger. David quant à lui, s’enfonce dans ses souvenirs et sa douleur qui le détachent de son fils et l’entraînent dans la dépression. Thomas tente de renouer le lien avec ce père devenu plus qu’absent…

Vous comprenez maintenant pourquoi je vous disais qu’Adieu, Maman n’est pas spécialement le bon album à lire en ce moment. Réservez-le pour plus tard mais surtout ne passez pas à côté de ce monument d’émotion, écrit avec une apparente simplicité, tant dans le trait que la narration, mais une simplicité touchante et vraie…

A lire : la critique de ToutenBD.com

A savoir : Actes Sud BD a également publié Le retour de l’éléphant et Trois paradoxes de Paul Hornschemeier

La Petite étoile d’Andi Watson

Little Star (scénario et dessin d’ Andi Watson, Editions ça et là, 2006)

Mike est un grand amateur d’Andi Watson (cf les chroniques ici) mais malgré ses imprécations, je n’avais jamais pris le temps de lire attentivement les albums qui me tombaient sous la main en librairie. Puis j’ai découvert Little Star.
En lisant le résumé, j’avais l’égocentrique impression qu’Andi Watson n’avait écrit ce livre que pour me faire découvrir son travail.

Simon Adams est un papa moderne, très impliqué dans l’éducation de Cassie, sa petite fille de 3 ans. Il est prêt à tout pour sa famille, d’ailleurs, il a déjà sacrifié sa carrière de graphiste. Cependant, il doit jongler avec ses ambitions personnelles, les désirs et les besoins de ses proches.

Voici, une œuvre pour tous les jeunes papas. Avec un énorme talent, Andi Watson pose sur le papier toutes les interrogations inhérentes au « travail » de père. Du réveil à 5h30 aux relations père-fille, de la crèche au boulot à mi-temps, des interrogations sur le développement de l’univers aux grenouilles, Simon Adams est un astre qui gravite autour de sa petite étoile. Mais comment faire pour Simon quand, après avoir donner le nom de sa fille à une étoile sur un site web, il ne la retrouve plus ? Petit bijou d’allégorie.
Conduit avec une incroyable finesse, cet album vous mènera dans les méandres des angoisses paternelles. Oubli et découverte de soi, changement des relations aux autres, si la vie de Simon aurait pu être plus simple sans, c’est avec sa petite fille qu’il s’épanouit. Une formidable leçon de vie.

Pour conclure, un petit passage :
« C’est une très longue litanie d’émotions contradictoires que j’éprouve souvent en même temps. Je suis le prince charmant et la marâtre, le bon roi et l’affreuse demi-sœur, le carrosse et la bonne fée. Je suis glandeur et chauffeur, maître et élève, infirmier et gendarme. Donneur de bisous et de consolations, lanceur d’ultimatums, et guide moral. Brigadier des bonnes mœurs et de l’hygiène. Je suis pharmacien et distributeur de billets. Danseur et chatouilleur. Monstre. Torcheur de fesses et donneur de bain. Râleur et conteur d’histoires. Tyrannique et laxiste, bricoleur et femme de ménage. Mari et fils. Papa. »

Bon allez j’avoue, j’adore ! Et bises à tous les papas !
Ah et puis merci aux éditions ça et là qui, décidément offre le meilleur du graphic novel !
Ah et puis pardon Mike, la prochaine fois, je n’attendrais pas pour lire tes coups de cœur !

A lire : la critique de Krinein
A lire : l’interview d’Andi Watson sur BDthèque

Chaque chose

(scénario et dessins de Julien Neel, Gallimard, Collection Bayou, Novembre 2006)

Ca ne m’arrive pas souvent mais en refermant cet album je suis resté quelques minutes à regarder la quatrième de couverture pour lire les
quatre cases imprimés. Dans la deuxième case, le père de Julien Neel déguisé en gros ours bleu d’une marque de gaz très connue interpelle son fils de 10 ans en lui disant : « Tu peux raconter des choses qui arrivent à des types normaux comme nous… Peut-être ça peut intéresser des gens. C’est vrai dans le fond, chaque chose heu… ».

On ne pourra jamais assez remercier Julien Neel d’avoir obéi à son père en racontant leur histoire, ou plutôt leurs histoires. Chaque chose est le récit d’un petit garçon qui part faire une tournée promotionnelle pour une grosse agence de pub durant un été. Mais c’est également, celui d’un homme qui prend le train pour rejoindre son père malade à l’hôpital 20 ans plus tard. Au bout du compte, ces deux moments sont les mêmes, avec les mêmes protagonistes et sujet unique : l’amour filial.

Entre fiction et réalité, l’ensemble de l’album est construit sur ces deux histoires qui se répondent sans cesse. Ce père gargantuesque et ce petit garçon rêveur répondent au vieil homme délirant et au père de famille inquiet. Le grand talent de Julien Neel est de réussir à imbriquer ces échos sans faire de répétition dans son récit. Chaque éléments, dessins, cadrages, mise en page, dialogues ne ralentissent pas la lecture : Chaque chose est une petite merveille de construction narrative !
Rien à ajouter, rien à retirer, on a l’impression d’un album (presque) parfait. Je n’ai pas eu cette sensation depuis ma première lecture de Pilules Bleues de Peeters (ça f’sait longtemps que je n’avais pas placé Frederik Peeters dans une de mes chroniques !).

Pour la petite histoire, finalement, j’ai fini par poser cet album en me disant que j’allais l’offrir à mon père comme un remerciement sans prétention à cette BD magnifique. Certains me trouveront trop enthousiaste, ils ont peut-être raison mais tant pis ! Rares sont les auteurs qui mettent autant de vérité ou d’eux-mêmes dans leurs récits, et même si ce n’est pas entièrement autobiographique, on ne peut qu’être touché par cette histoire (presque) vraie.

Dans un tout autre registre, toujours de Julien Neel, je vous conseille la lecture du formidable Lou (3 tomes) : splendide, génial,drôle, émouvant bref prix jeunesse à FIBD d’Angoulême 2005.

A lire : l’interview de Julien Neel sur actuaBD à propos de Lou sa série fétiche.
A lire : la critique sur sceneario.com

A lire : la critique sur BD Sélection

A voir : Le site de la collection Bayou dirigée par Joann Sfar. Au passage la liste des albums disponibles fait un peu baver (d’envie j’entends)