Archives par mot-clé : actes sud

Ulysse, les chants du retour (Jean Harambat)

Ô  lecteur, rappelle-toi le mythe d'Ulysse retrouvant son Ithaque dévastée par la cupidité des prétendants après 20 ans d'un exil douloureux. Rappelle-toi de son arrivée grimée par Athéna sous les traits d'un pauvre berger. Rappelle-toi de la reconquête du trône et du cœur de sa bien-aimée Pénélope. Découvre une relecture à la fois fidèle et originale de ce mythe fondateur de la culture occidental. Continuer la lecture de Ulysse, les chants du retour (Jean Harambat)

Chronique | Les Noceurs (Brecht Evens)

noceurs_bandeau

Ce soir, Gert organise une soirée chez lui. Les invités arrivent, tous attendent la venue de Robbie. Robbie est LA star des nuits de la ville, LE type incontournable. Robbie fascine les foules, séduit les femmes et est copié par les hommes. Mais Robbie tarde à venir. Quant à Naomi, elle prépare sa soirée…

Fascination et témérité

Outre le fait d’avoir pu retrouver les amis de KBD à Angoulême cette année, la chose pour laquelle je n’ai pas regretté le déplacement a été sans aucun doute l’exposition consacrée à  La Boite à Gand et en particulier au travail de Brecht Evens (souvenez-vous), prix de l’audace en 2011 pour Les Noceurs. Comme je vous l’avais expliqué, j’ai été surpris par ces dessins constitués de couches successives s’empilant les uns sur les autres sans jamais se mélanger et formant pourtant un tout. J’ai été troublé par l’atmosphère spéciale émanant de cet univers. Finalement, je suis sorti complètement séduit graphiquement tout en me demandant si cette bande dessinée-là n’était pas finalement bien trop conceptuelle pour mon petit cerveau.

noceurs2Bref, en terme diplomatique, j’avais juste un peu peur de m’ennuyer dans les mêmes proportions que lors d’une projection d’un film documentaire de 1933 de Dziga Vertov en russe sous-titré en anglais juste après le repas (c’est du vécu, si, si !). La qualité est là mais qu’est-ce qu’on… Bref, c’est dire si j’avais une certaine appréhension quant à l’entame de ce livre.

Sens du trait

Et bien non.

Je me suis retrouvé quelques mois plus tôt dans la salle d’exposition, retrouvant cette même fascination, cette sorte d’hypnose qui m’avait scotchée devant plusieurs tableaux. Même imprimé, le travail de Brecht Evens reste un moment d’étonnement presque enfantin. Coup de chapeau aux imprimeurs car la qualité de l’impression est indéniable. Son dessin, loin des canons académiques qui veulent que les personnages soient reconnus à leurs visages, est parfaitement adapté à l’atmosphère de son histoire. Des halos de couleurs qui forment des silhouettes, des traits pour en faire des visages humains et nous voici dans ce monde.

Car à l’image d’une œuvre comme Cages de Dave McKean, l’intérêt de cette œuvre n’est pas spécialement dans l’articulation habituelle scénario/dialogue/dessin. L’univers graphique développé par Brecht Evens au fil de ses pages est si présent, si fort de signification qu’il laisse des miettes à des dialogues dont on pourrait presque se passer. Dans les Noceurs, la place n’est pas donnée aux mots mais aux traits, parfois innombrables, parfois unique. Ils sont autant de sensations, autant d’expression du message. Car, même si l’auteur s’amuse à casser les codes habituels de la narration en bande dessinée – notamment par la multiplication de planches complètement déstructurées du point de vue de la lecture - l’album est pensé avec une grande justesse.noceurs

Carnaval de nuit

D’ailleurs, la couverture est à l’image de cet album, c’est à la fois un flot continu de perceptions contradictoires (malaise, sensualité, onirisme, perte de repères, excitation, folie…) et une progression constante vers un but. Brecht Evens ne raconte pas une histoire dans ce livre, il expose un monde. Un monde parallèle, nocturne, presque fantasmagorique, qui nous apparaît dans toute sa démesure et qui colle parfaitement au graphisme de l’auteur. D’un petit appartement où l’on attend en s’ennuyant, à la boite branchée, temple de la religion nocturne, on découvre le petit peuple des Noceurs, une société divisée en classe.

Le chef est Robbie le magnifique, nimbé de bleu, chef incarné, légende nourrit de mille anecdotes. A ses bottes, arrive la multitude, la cour cherchant la lumière auprès de leur Roi. Puis, les non-initiés symbolisés par la candide Naomi, jeune femme en rouge du petit peuple, découvrant ce monde. Et enfin, Gert, le loser, l’exclu aux traits verdâtres qui ne comprend rien, ni à lui-même, ni aux autres. Pourtant, il est l’ami intime du chef… Mais connaît-on vraiment les légendes ?noceurs3

Au bout de l’histoire, on se pose la question de la signification de cet album. Y’a-t-il un message ? Sans aucun doute. Mais la grande force de cette "histoire-qui-n’en-est-pas-vraiment-une-ou-enfin-si-mais-non" est de laisser toute sa place aux lecteurs. Étrangement, il est facile de se glisser dans ces personnages silhouettes. Paradoxalement, ils ont beaucoup d’humanité. Finalement, le lecteur prendra la place qu’il souhaite dans cet espace, comme un jeu de rôle. Chacun aura une réponse, chacun sera marqué, car chacun a connu un jour où l’autre ce monde de la nuit où les normes et les valeurs changent… A Paris, Gand ou Tokyo, les Noceurs sont là… silhouettes dans la nuit. A lire : les chroniques enthousiastes chez Mango et Littérature graphique A lire (aussi) : la chronique moins enthousiaste de Legoff, compère de KBD A voir : la fiche album sur le site d'Actes Sud
noceurs_couvrecommande-IDDBDLes Noceurs (one-shot) Scénario et dessins : Brecht Evens Traduit du néerlandais par Vaidehi Nota & Boris Boublil Editions : Actes Sud, 2010 (22€) Public : Adulte Pour les bibliothécaires : un auteur à moitié fou qui vous dézinguera votre rayon roman graphique. Indispensable !

Chronique | Las Rosas

las-rosas-couvscénario et dessins : Anthony Pastor Editions : Actes Sud/L'An 2 (2009) - 20€ Public : adulte Pour les bibliothécaires : un album intéressant pour un auteur qui ne l'est pas moins. Pas facile à faire sortir.

Western café

LAS_ROSASUn garage, quelques pompes à essence et autant de caravanes : bienvenus à Las Rosas, îlot perdu au milieu du désert américain. Ici, les hommes ne sont pas autorisés. Seul le shérif bedonnant et alcoolique est toléré… un peu. Un matin, ce dernier ramène dans son pick-up Rosa, une jeune femme de la ville pourchassée et enceinte. Elle s’installe, travaille au café avec Marisol la patronne et découvre peu à peu les secrets de ce lieu. Las Rosas est un étrange objet, un western aux allures d'un Bagdad Café, un pavé imposant où l’attente reste le maître mot. Attendre le retour d’un fils, la naissance d’un enfant, la mort ou le pardon, attendre la découverte de la vérité et la disparition des fantômes : Las Rosas ne raconte presque que cela. Et pourtant, sans trop savoir pourquoi, on est entraîné dans ce récit grâce à son atmosphère à la fois repoussante et fascinante aidé par un découpage très « cinématographique » et un dessin simple mais efficace. lasrosas_p14Las Rosas c’est aussi une galerie de personnages à la fois classiques et originaux. Si on y retrouve les grandes figures du western - le vieux shérif, le dur, le bandit mexicain, le candide et le héros arrivant sur son cheval comme un libérateur - c’est pour mieux les transformer. Ici le shérif est alcoolique, le dur est une femme (et encore je ne dis pas tout), le bandit est touché par la grâce, le candide est enceinte et le héros sort d’un hôpital psychiatrique… C’est vous dire si les codes sont transformés et si le récit emmène sur des chemins pour le moins inattendus. Las Rosas est une œuvre pour le moins surprenante. Il faut y pénétrer tranquillement, sans être pressé par le temps car sa lecture est longue et parfois exigeante. Non pas qu’Anthony Pastor parte dans des délires métaphysiques mais le récit n’est pas constitué d’une action linéaire mais de multiples points de vue. L’histoire se battit comme un puzzle, à partir de confidences et de dialogues, à partir de non-événement beaucoup plus évocateurs que de grands rebondissements. Peu à peu, durant 3 longs chapitres, le puzzle prend forme et la vérité éclate pour révéler les blessures inavouées. Anthony Pastor signe encore un album de qualité dans la même veine qu’Hôtel Koral. Un récit fascinant battit sur un faux rythme, distillant l’intrigue gouttes après gouttes, prenant au piège le lecteur. Bref, un album aux antipodes des milliardaires bondissant ou des agents secrets. Un univers pour les amateurs de grandes fresques. A lire : la chronique sur sceneario.com A lire : la chronique d'Yvan  

Sans vouloir vous froisser…

Le dernier cow-boy raisonnable et autres histoires (scénario et dessin de Daniel Merlin Goodbrey, éditions Actes Sud-L'An 2, 2008) Pour faire suite à la critique de David Taugis sur UniversBD.com, et contrairement à lui, IDDBD a été "ravi de se prendre au jeu et de jongler comme Daniel Goodbrey avec son inspiration zigzagante". Mais il est vrai, comme l'indique David Taugis, que "le lecteur choisira vite son camp" ! Le dernier cow-boy raisonnable et autres histoires appartient à ce genre de BD que l'on aime ou que l'on déteste irrémédiablement : pas de place pour les tièdes au pays de la Terre défroissée ! La Terre défroissée ? Oui, c'est là que Daniel Goodbrey situe les aventures de ces héros. Imaginez que la Terre, notre Terre, celle que nous croyons si bien connaître, se contracte tout à coup puis se détende en se défroissant peu à peu. Que croyez-vous qu'il adviendrait ? Un jeune pourrait saigner des scorpions, une cow-girl déterminée pourrait aller récupérer son frère au beau milieu d'une ville de far-west nommée Démence, un homme au cheveux long pourrait vouloir récupérer sa maison volée par un frère et sa soeur, démiurges extra-terrestre en mal de formes... Bref, sur la Terre défroissée, le fond sonore pourrait être une chanson de Thieffaine ou de Bashung, dont les mots paraissent nous rattacher à notre réalité alors qu'ils nous en éloignent chaque fois un peu plus. Quant à la forme, les choix graphiques de Daniel Goodbrey paraîtront froids, voire glacés, et vides (pour ne pas dire creux) aux lecteurs qui n'auront pas aimé son univers. Pour IDDBD, le style de Daniel Goodbrey est certes radical mais parfaitement adapté aux récits hallucinés qu'il nous raconte dans Le dernier cow-boy raisonnable et autres histoires : comme pour les chansons que j'évoquais, son trait "américain" nous donne l'impression que nous sommes encore ici alors que nous avons déjà franchi les frontières de sa Terre défroissée... A voir et à lire : quelques planches sur le site des éditions de L'An 2 A visiter : le site de Daniel Goodbrey

Et après ?

Pizzeria Kamikaze (d'après La colo de Kneller d'Etgar Keret, dessins d'Asaf Hanuka, Actes Sud BD)

"2 jours après m'être suicidé, j'ai trouvé un boulot dans une pizzeria de la chaîne Kamikaze". A quelques cases près, c'est ainsi que commence le récit de Mordy, le héros de cette BD adaptée du roman de l'israëlien Etgar Keret.

Selon vos croyances (ou vos non-croyances) vous pensiez qu'il existait une vie après la mort. Et bien vous aviez raison ! Bon... vous risquez d'être un peu déçu tout de même (mais c'est mieux que rien) car ici, pas de petits anges ni d'incarnations métaphysiques du genre tunnel ou même un état transcendantal intersidéral, pas même de Saint Pierre ou autres trucs du genre, non ici la vie après la mort ressemble à... la vie. Comme explique notre héros : "Maintenant que je suis ici, ça me fait penser à Tel-Aviv. Mon colocataire allemand m'a dit que c'était comme Francfort. A croire que Francfort est un trou perdu".

Un peu déçu au départ, Mordy finit par s'habituer à cette vie lancinante. Le jour c'est boulot, la nuit c'est sortie (au bar "La mort subite") pour pallier à l'ennui (mortel , je sais il fallait oser) d'un quotidien sans illusions. Car ici, "il n'y a que ça à faire".

En passant, vous vous demandez peut-être où est "ici" ? La question est bonne c'est vrai. Mais les personnages eux-mêmes ne sauraient y répondre. Les limbes ? Un des cercles de l'enfer (sacré Dante !) ? Le purgatoire, ou quelque chose du genre ? En tout cas, pour arriver dans ce lieu, il faut avoir tenté de se suicider et avoir réussi son coup. Bref, le taux de suicide pré-arrivée est de 100%. Ainsi, dans ce monde étrange se côtoient les noyés, les suicidés par balle, par médicaments (les "Juliette"), par pendaison, par attentat-suicide (le passage dans le quartier arabe a un sens très lourd quand on se souvient de la nationalité de l'auteur), des suicidés anonymes et célèbres (on vous laisse la surprise) bref, tout un tas de personnages différents mais unis dans un passé de mal-être.

Ainsi, au milieu de ce monde sans mesure, Mordy "vit" avec ses démons et ses questions tout en trouvant un semblant d'apaisement (ou plutôt de résignation). En apprenant de la bouche de son ex-colocataire (du temps où il était encore vivant) un nouvel élément de son passé, il se lance un peu au hasard dans l'exploration de cet espace hors du temps.

Accompagné d'Uzi, son copain rustre et vulgaire (qui vit avec toute sa famille !), ramassant Lihi, une autostoppeuse recherchant les responsables de cet univers, Mordy part dans un road-movie pour nul part. Comme dans tous les road-movie (même si celui-ci est un peu particulier), ce sont des rencontres, la découverte de soi et du monde qui est au bout du chemin. Mais attention, même si certaines parties de l'intrigue sont cousues de fil blanc, Etgar Keret sait surprendre par quelques rebondissements bien sentis.
Malgré son thème morbide, Pizzeria Kamikaze laisse une part belle à l'humour et à la dérision. Sa grande force est sans doute son atmosphère (glauque) à la fois teinté de fantastique et de réalisme. Une lecture agréable que l'on dévore facilement et qui donne surtout envie de lire l'œuvre originale.

A découvrir : un gros plan sur les frères Hanuka sur le site Mundo-bd.fr (par Didier Pasamonik)

A lire : la biographie d'Etgar Keret sur le site du Centre National du livre

Bonus musical : Ouah bon, je sais fallait oser...

Une artiste à avoir à l’oeil…

L’œil lumineux et autres histoires (scénario et dessin de Sandrine Martin, éditions Actes Sud-L’An 2, 2008)

Honnêtement, je ne suis pas spécialement fan de surréalisme. Je ne me suis pas fait tatouer le nom d’André Breton sur l’épaule et Dali reste pour un excellent peintre dont le message m’échappe un peu (et là, j’entends le vent de réprobation qui vous envahit au moment où vous lisez cette phrase iconoclaste…).

C’est donc avec un peu d’appréhension que j’ai poursuivi la lecture de L’œil lumineux et autres histoires après que la première des quatre histoires qui composent l’album de Sandrine Martin vire soudainement au surréalisme le plus échevelé. Heureusement, mes appréhensions devaient être rapidement balayées par le souffle poétique qui évite à L’œil lumineux et autres histoires de sombrer dans le délire narcissique de certains jeunes auteurs autocentrés (si, si, il en existe…). Ses histoires partent certes du quotidien auquel nous pouvons tous nous raccrocher, mais elles dérivent peu à peu vers un monde poétique et sentimental auquel on ne peut rester insensible.

A sa manière très imagée (surtout pour le propos, le dessin restant lui très minimaliste…), Sandrine Martin nous parle d’amour, de manque, de solitude, du sentiment de perte d’un être cher… Et c’est certainement son histoire Les plantations qui m’a personnellement le plus touché. Elle y retrouve, dans une sorte de rêve éveillé, son grand-père décédé depuis peu qui l’entraîne dans son enfance à lui et partage avec elle des choses qu’ils n’ont pas sues ou pues se dire de son vivant. Cette histoire simple (en apparence) est tout bonnement bouleversante… et témoigne d’une maturité et d’une sensibilité qui présage bien des albums que nous livrera Sandrine Martin à l’avenir.

Pour sa part, IDDBD suivra de près le devenir de cette jeune artiste que vous aurez tout intérêt à découvrir dès à présent…

A lire : la fiche album et quelques extraits sur le site des éditions de L’An 2

A visiter : le site de Sandrine Martin 

A lire : la bio de Sandrine Martin sur le site de la Maison des Auteurs d’Angoulême

Aaaahhh ! La vache d’album…

Norbert le mouton (scénario et dessin de Gary Northfield, éditions Actes Sud-L’An 2, 2008)

Vous souvenez-vous du roman de George Orwell, La ferme des animaux ? Mais si voyons, cette critique politique (contre tous les totalitarismes mais surtout contre le stalinisme…) écrite en 1945 sous la forme d’une fable moderne ! Menés par les cochons de la ferme, tous les animaux se libéraient du joug des hommes et choisissaient de suivre leur propre destin. Jusqu’à ce que la tyrannie des cochons remplace celle des hommes… Ca y est ? Vous vous souvenez maintenant ?

Et bien sachez que l’histoire (ou plutôt les histoires) de Norbert le mouton est aux antipodes de celle de La ferme des animaux (ça c’est de l’intro…) ! Certes, dans les deux cas, les animaux sont doués de parole et d’intelligence humaines. Dans les deux cas également, il s’agit d’animaux de la ferme. Mais la comparaison s’arrête là ! Au sérieux et à la critique sociale de George Orwell, Gary Northfield répond par l’humour omniprésent et la légèreté du propos. Son Norbert le mouton n’a d’autre velléité que celle de nous faire rire de ses co… bêtises !

Et ça, les bêtises, les bourdes, les gaffes, les boulettes, Norbert le mouton les accumule à toutes les pages. Pour notre plus grand bonheur et pour le vôtre bientôt ! Personnellement, j’ai adoré la compétition de luge entre tous les animaux du paysan Jack (et surtout ensuite la reconstruction de la grange…) ou la rencontre de Norbert le mouton avec un écureuil téléphage que n’aurait pas renié le grand Tex Avery… Sans oublier la bande de seconds rôles qui gravite autour de Norbert !

Allez, adieu veaux, vaches, cochons, et bienvenu à Norbert le mouton ! Ce nouveau venu dans le paysage humoristique de la BD est un grand bonheur (qui comme chacun sait, est dans le pré !)…

A lire : la fiche album et quelques extraits de Norbert le mouton sur le site des éditions L'An 2

A visiter : le site de Gary Northfield

 

Bonjour tristesse…

Adieu, Maman (scénario et dessin de Paul Hornschemeier, éditions Actes Sud BD, 2005) Pour une reprise de nos chroniques, Adieu, Maman n'est certainement pas la BD la plus approprié en cette période festive de Noël, toute consacrée aux valeurs familiales et aux agapes joyeuses. Adieu, Maman, c'est le récit de l'absence, de la mort, celui de la mère de Thomas, l'épouse de David... dont les chemins s'éloignent peu à peu l'un de l'autre après la disparition de la femme de leurs vies respectives, chacun s'enfermant dans un monde de silence peuplé de douleurs. Thomas réagit avec ses armes de jeune garçon de 7 ans : il tente d'entretenir les lieux que sa mère a aimé, un jardin, une chambre... Et lorsque la réalité devient trop pesante, un masque de lion l'aide à s'en protéger. David quant à lui, s'enfonce dans ses souvenirs et sa douleur qui le détachent de son fils et l'entraînent dans la dépression. Thomas tente de renouer le lien avec ce père devenu plus qu'absent... Vous comprenez maintenant pourquoi je vous disais qu'Adieu, Maman n'est pas spécialement le bon album à lire en ce moment. Réservez-le pour plus tard mais surtout ne passez pas à côté de ce monument d'émotion, écrit avec une apparente simplicité, tant dans le trait que la narration, mais une simplicité touchante et vraie... A lire : la critique de ToutenBD.com A savoir : Actes Sud BD a également publié Le retour de l'éléphant et Trois paradoxes de Paul Hornschemeier