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Mini-chronique

Mini-chroniques | Saucisse, patrimoine, rail et goodbye…

Quelques jours avant Noël, je vous propose une petite série de mini-chroniques, comme ça, sans prise de tête, juste histoire de se faire une petite synthèse de mes dernières lectures. J’ai lu beaucoup de choses mais pas forcément de quoi en faire une chronique intéressante… positive ou négative. Bref, rien qui me permettent d’argumenter un peu.

Du patrimoine en BD

On commence avec Les mystérieux mystères insolubles de Grégoire Kocjan (scénario) & Julie Ricossé (dessins) chez Les ateliers du Poisson soluble publié en 2014.

Cette série en 6 volumes (j’ai reçu les volumes 5 & 6 en service presse) propose de suivre les aventures des agents de la ZIZEMPC (Zorganisation Internationale et Zecrète des Enfants qui en ont Marre d’être Pris pour des Imbéciles) dans des enquêtes étranges à travers le patrimoine de la région Centre. Oui, ça ressemble bien à une commande. Les deux volumes que j’ai eu entre les mains ont pour cadre la ville de Blois et à la Cathédrale de Chartres.

Je dois avouer que je suis assez mauvais client de ce type d’ouvrage pédagogico-ludique. En général, ils sont assez mal fait. Sous couvert d’aventure, on nous propose des un discours bourré de poncifs et pénible comme la pluie. Dans le cas de cette série, je dois avouer que j’ai été plutôt agréablement surpris par les premières planches. Une histoire dynamique qui ne s’essouffle pas, un humour léger qui devrait plaire au plus jeune, quelques clins d’œil. Bref, ça s’assume.

De plus, l’éditeur a eu la bonne idée de proposer un format oblong assez surprenant avec une partie « histoire/BD » en haut et une bande « pédagogique/exposé photo » en bas. Un choix qui n’alourdit pas l’histoire et qui permet d’intégrer des éléments culturels intéressants. On peut facilement lire la partie BD et revenir plus tard à la partie photo et réciproquement. Côté graphisme, j’ai trouvé le dessin et le découpage plutôt intéressant, même si parfois un peu inégal sur certaines planches.

Cependant, le gros problème de cette série est la chute de chaque histoire. Pour les deux albums, j’ai eu deux fois la même réaction : une frustration devant l’impression de fin bâclée. Grégoire Kocjan arrive à nous emmener avec lui mais terminent son histoire en 2 planches quand il en aurait fallu 5 ou 6 de plus. Pour une fois qu’une série pédagogique pouvait s’avérer pas trop mal réussie, elle est gâchée par un final peu enthousiasmant. Je le répète, c’est vraiment dommage.

Boucherie, cocufiage et bande dessinée

On continue avec Crève saucisse de Simon Hureau au dessins et l’incontournable Pascal Rabaté  au scénario. Je n’oublie pas Claire Champion aux couleurs. Album publié en 2013 chez Futuropolis et qui avait fait un petit peu parler de lui à l’époque.

Si je pouvais résumer cette histoire en une phrase je dirais : il s’agit du récit de la vengeance d’un boucher cocu fan de BD. Et oui, tous les éléments sont importants.

Rabaté est vraiment un maître dans l’art de raconter les drames des gens du commun. Avec lui, pas de milliardaires bondissants ou de super-héros volants, Crève saucisse est le récit simple et déchirant d’un basculement d’un homme. Il met en scène un personnage particulièrement touchant. Un homme normal qui perd pied par trop de souffrance. Sa psychologie est remarquablement mise en place jusqu’au moment où… C’est subtil, simple mais subtil.

Côté graphisme, je ne suis pas un très grand fan du travail de Simon Hureau. C’est peut-être pour cela que je ne suis pas complètement entré dans cet album. En fait, je reste totalement hermétique  à son dessin car j’ai tendance à me perdre dans ses traits très compacts. Toutefois,  la couleur de Claire Champion réussit à rendre l’ensemble plus visible pour moi. Cependant, je trouve que le lien ne se fait pas vraiment avec le scénario.

Au final, un album à découvrir si vous aimez les drames sociaux… mais seulement si le dessin de Simon Hureau vous convient.

Cataclysme documentaire

Santetsu : 11 mars 2011 – Après le cataclysme de Koji Yoshimoto revient sur le drame japonais de l’année 2011.

Tout le monde connaît les conséquences du séisme qui a eu lieu au large du Japon en 2011. Les images du Tsunami qui ont ravagé l’archipel nippon ont fait le tour du monde. Sans parler de Fukushima. Dans ce cadre, la ligne de chemin de fer Sanriku, célèbre au Japon pour son charme, fut complètement ravagé par la catastrophe. Sorte de lien social pour toute la communauté, les ouvriers du rail ont décidé de la remettre en marche le plus rapidement possible. Ce manga-documentaire créé à partir de témoignages récoltés parmi les cheminots et les habitants racontent cette histoire.

Comme souvent après les drames, les créateurs s’approprient les histoires et les réutilisent pour raconter les évènements de leur point de vue d’artiste. Cinéma, littérature, bande dessinée, peinture, etc… Les œuvres sur le drame japonais ne manquent pas depuis 2011.Ici, Koji Yoshimoto, qui se met d’ailleurs lui-même en scène dans son manga, raconte la longue remise en marche d’un petit train. On ne peut qu’admirer cette solidarité et ce courage devant l’adversité. Peu de plainte, beaucoup d’action, de générosité et de patience. Les différents récits sont des exemples pour nous tous.

Côté artistique, je regrette juste le manque de créativité. C’est très classique, trop classique pour éveiller autre chose que de l’intérêt pour les histoires racontées. De plus, même si je ne suis pas d’une exigence folle avec les mangakas j’ai peu apprécié les dessins. Disons que c’est parfois à la limite du rétro, genre manga classique des années 70-80. Je n’ai rien contre ce style, mais en 2014…

Si on n’est pas trop exigeant sur la forme, le fond est vraiment à découvrir

Salut les artistes !

Pour finir, l’ultime volume de Bakuman de Obata et Obha chez Kana.

Ce n’est pas vraiment une chronique, même mini, mais plutôt un hommage à une shonen-manga qui se termine. Un manga sympa qui m’a tenu en haleine jusqu’au bout malgré ces 20 volumes. Beaucoup d’énergie et de qualité chez ces deux auteurs habitués au haut du panier (Death Note notamment…). J’en ai déjà suffisament parler pour ne pas revenir dessus. Vous pouvez retrouver nos chroniques.

Bref, un manga à découvrir pour découvrir d’une manière romancée (et un peu romantique) l’autre facette de la vie des mangakas !

Chroniques BD, Recommandé par IDDBD

Jane, le renard & moi (Arsenault & Britt)

Hélène est une fille à peine sortie de l’enfance qui subit harcèlement et intimidation de la part de ses « amies d’écoles ». Heureusement, pour l’aider à surmonter sa solitude, elle se réfugie dans le monde de Jane Eyre, dans le réconfort de sa mère et dans son imagination débordante. Avant de commencer cette chronique je tiens à remercier mes camarades de KBD qui m’ont poussé à relire Jane, le renard & moi sur lequel je m’étais arrêté distraitement il y a quelques mois. Fatigué, mal luné ou que sais-je ? J’avais lu et n’avais pas trouvé dans ces pages l’œuvre époustouflante dont tout le monde parlait. Je refermais donc l’album et passais à autre chose. A vrai dire, je suis peut-être un sombre blogolecteur de mauvaise foi mais il devait quand même me rester un soupçon de doute quand Mo’ proposa cet album à la lecture pour une future synthèse de KBD. Je m’inscrivais donc sur la liste en me disant qu’il faudrait bien une voix dissonante pour donner un peu de fil à retordre au rédacteur de la synthèse dominicale. Ainsi, installé sur mon canapé, je me replongeais dans la première bande dessinée du duo Isabelle Arsenault et Fanny Britt. Immédiatement, la magie opéra, m’emmenant dans cette école très commune où une enfant très commune se retrouve dans une situation, elle aussi, des plus communes. Retour vers le futur… et les mots de la petite Hélène, unique narratrice de l’histoire, qui résonne dans mon esprit. Ce sentiment de rejet que, vous, moi, elle, avons tous un jour connu avec plus ou moins de force. Et la cruauté des enfants. Et l’envie de trouver une échappatoire à l’ordinaire stupide et méchant. Les textes de Fanny Britt sont d’une justesse incroyable et prennent leurs aises grâce au travail d’illustration remarquable d’Isabelle Arsenault. Avec son utilisation très surprenante d’une couleur capable d’éclater au milieu d’un océan de gris, elle réussit à créer l’atmosphère nécessaire à l’épanouissement des mots. Une véritable osmose se créent naturellement entre les deux auteurs. Quand Hélène parle, le dessin d’Isabelle absorbe les non-dits, les descriptions, tout ce qui pourrait « polluer » ou alourdir le texte de Fanny. Mais quand le texte laisse toute la place, alors c’est une puissance créatrice – celle de l’imagination –  qui se réveille avec des doubles pages fantasmagoriques qui entrainent encore un peu plus le lecteur dans ce monde à la fois fabuleux et réaliste. Cette osmose entre les éléments graphiques et narratifs crée un album particulièrement fort, et surtout très juste. Tour à tour ou ensemble, les deux auteurs savent jouer sur les rythmes, sur la finesse des sentiments, sur les petits riens qui, sans être explicites, font toute la différence entre une simple histoire et un récit qui touche profondément. Et pourtant, si peu d’effets de style ! Beaucoup de simplicité – ou en tout cas d’épure – dans une forme qui définit pour moi toutes les qualités de la bande dessinée québécoise et plus largement nord-américaine. Si on connait depuis longtemps les qualités des auteurs américains, leurs cousins canadiens n’ont rien à leur envier. Avec un vrai souci du récit intime loin d’un nombrilisme de plus en plus pénible dans la BD européenne (dois-je vous reparler de Paul ?), une qualité graphique indéniable (ou de Jocelyn Houde ?), une forme d’autodérision et de fantaisie (au hasard Rémy Simard), on peut admettre qu’il se passe des choses Outre-Atlantique. Pour terminer sur Jane, le Renard & Moi, on ne peut être qu’admiratif devant ce travail d’une réelle justesse et d’un équilibre parfait. Un album qui saura toucher grand, petit, moyen, un travail à montrer aux apprentis auteurs. Ce récit parlera aux jeunes collégiens mal-à-l’aise dans leur peau, à leurs parents qui ont connu cela, à ceux qui l’ont fait subir aussi. Et puis, comme le monde n’est pas si noir, cette fable moderne a sa morale. Là aussi tout en naturel et en simplicité. A lire : les chroniques de Mo’, Lunch, Badelel et Bidib A découvrir : la fiche album sur le site de La Pastèque

Jane, le Renard et Moi (one-shot) Scénario : Fanny Britt Dessins : Isabelle Arsenault Editions : La Pastèque, 2012 Public : Tout public Pour les bibliothécaires : Vous ne l’avez pas encore ? En ados, en adultes, en jeunesse… ou vous voulez mais achetez-le ! Et faites ce qu’il faut pour le faire sortir !

Chroniques Cinéma

Dans leur jeunesse, il y a du passé (Elsa Oliarj-Inès)

Elle a vécu et grandi avec eux avant de choisir de partir pour étudier en ville, découvrir autre chose. Elle était dans les montagnes de La Soule, au milieu du pays Basque. Elsa est partie, ses amis sont restés. Pourquoi ? Pourquoi décide-t-on de rester ? Par choix ou parce que ça va de soi ?

« Il faut avoir un pays, ne serait-ce que pour avoir le plaisir d’en partir. Un pays ça veut dire ne pas être seul et savoir que chez les gens, dans les arbres, dans la terre, il y a quelque chose de nous qui même quand on n’est pas là, nous attend patiemment ». Ces mots empruntés à Cesare Pavese (La lune et les feux) sont les premières paroles prononcées par la réalisatrice elle-même. Véritable fil rouge de ce film, cette voix off nous sert de guide dans ce pays qui semble un peu hors de ce monde contemporain, urbain, où l’on prône mobilité et vitesse.

Pourquoi ses amis sont-ils restés dans leur région natale ? Pour chercher une réponse, elle parcourt les magnifiques paysages basques, filme ses amis entre eux, en famille, dans leurs activités et montre dans le même temps cette fameuse culture basque. Sans jamais tomber dans une démonstration d’un régionalisme exacerbé digne de la balade des gens qui sont nés quelque part de Georges Brassens, la réalisatrice montre tout ce qui unit ces jeunes adultes à une culture bien vivante. Au-delà des traditions, c’est bien un art de vivre qui est transmis de génération en génération. Et si certains, comme elle, s’interroge ou se sont interrogés sur l’opportunité de départ, d’autres ne se posent même pas la question. « Parce que je suis bien » explique l’un d’entre eux. « Parce qu’il n’aurait pas pu faire de rugby à Marseille ou à Lyon » répond le père d’un autre. On sourit devant cette logique évidente.

Mais en contrepartie, Elsa Oliarj-Inès montre aussi le poids de cette société et de cette forme de « contrat social » à remplir pour « être d’ici ». On ressent entre les mots la difficulté de porter cet héritage et le tiraillement entre les univers. Une sociabilité obligatoire symbolisée par ces fêtes du samedi soir, répétitive mais liant les membres d’une même génération.

A seulement 24 ans, Elsa Oliarj-Inès signe un film d’une grande maîtrise. (photo : Gilles Choury)

Au bout du compte, je salue le beau travail de réalisation conclut par une très belle scène finale très révélatrice. Ce film trouve un équilibre entre l’environnement et l’humanité des personnes filmés. Je n’oublierai pas non plus le très bon travail d’écriture avec des textes à la fois sobres et justes. Faire un film de cette qualité à seulement 24 ans promet de belles choses pour l’avenir. J’aime l’idée, malgré l’ethnocentrisme logique vu le sujet, de cet écho qui résonne en chacun d’entre nous. Qu’importe nos origines mais qu’est-ce qui nous attache (ou non) à notre région natale ? S’il ne cherche pas véritablement à cette question, Dans leur jeunesse, il y a du passé donne des pistes à explorer.

A voir : la fiche du film sur Zaradoc
A lire : un portrait de la réalisatrice sur EHKZ

Dans leur jeunesse, il y a du passé
Réalisateurs : Elsa Oliarj-Inès
Durée : 52
Production : Zaradoc films / France TV / Aldudarrak bideo
Année de production : 2014

Recommandé par IDDBD

Chronique | Légendes de la Garde : la Hache Noire (David Petersen)

Des décennies avant les évènements de l’année 1152, Celanawe, soldat aguerri de la Garde du royaume des souris, est envoyé à la recherche de la mythique hache noire. Une quête légendaire qui le mène bien au-delà de la mer et de ses propres interrogations.

Mini-chroniques pour grands héros

Si vous avez déjà lu la première chronique d’IDDBD de l’Hiver 1152 (T2 de la série), vous savez déjà tout le bien que je pense de Légendes de la Garde. Alors pourquoi revenir aujourd’hui sur le 3e opus paru en octobre dernier ?

Il s’agit tout d’abord de saluer le geste d’auteur. David Petersen ne tombe pas dans la facilité en se contentant de transposer l’univers de la fantasy classique vers un royaume de souris. Il évite l’écueil « kawaï » (oh les belles p’tites souris qui se battent avec leurs mignonnes p’tites z’épées !). Non, malgré leur taille, les soldats de La Garde sont des héros au sens noble du terme. Haute valeur morale et grand devoir pour petits personnages.

 

Cependant, jusqu’à ce troisième album, il manquait peut-être le détail permettant d’inscrire cette œuvre dans la lignée des grandes sagas de fantasy. Ce détail qui fait la différence entre une simple histoire de guerriers courageux et une légende de héros intrépides, celle qui résonne dans les mémoires. Et c’est avant tout pour cela qu’il convient de revenir sur cet album très particulier, à la fois indépendant et terriblement attaché à l’ensemble.

Entrer dans la légende

Avec 40 ans de recul par rapport aux événements des premiers livres, David Petersen offre à ses lecteurs une profondeur temporelle qui fait toute la différence. Cette dernière donne à l’univers créé une cohérence évidente. Malgré les effets graphiques et narratifs des premiers volumes, en particulier les belles illustrations type enluminures médiévales, le récit ne s’inscrivait pas forcément dans une dimension « historique ». Or, avec La hache noir, titre du 3e volume, l’histoire prend des airs de roman d’apprentissage quasi-mystique. Une dimension incarné par le personnage principal de toute la série : cette fameuse hache noire. Entre mythe et réalité, ce terme de Hache noire qui désigne aussi bien l’arme que son porteur est la base d’une mémoire collective et représente le véritable lien entre les générations de souris. N’est-ce pas le rôle des mythes d’être le ciment d’une société ? Cet album le construit pour nous.

 

Si l’histoire peut se lire indépendamment des autres volumes de la série, on s’aperçoit de tous les détails évidents qui sautent aux yeux. On voit naître des lieux et des personnages que l’on s’amusera à retrouver dans les albums précédents. On comprend alors mieux un certain nombre d’évènement. Bref, on se replonge avec amusement dans le foisonnement graphique et narratifs des premiers volumes. Bref, ce 3e volume permet de repartir dans la découverte de l’univers avec, en plus, ce plus-que-détail qui donne toute sa mesure à cette œuvre si particulière dans le paysage de la bande dessinée.

Pour finir, dernière bonne raison de lire cette série : dans le cadre de nos lectures estivales, nous vous proposerons bientôt une synthèse KBD sur l’intégrale de cette série. Bref, vous n’aurez plus d’excuses si vous passez à côté !

A lire : les chroniques de Yvan et Bulles et Onomatopées

Légendes de la garde : la hache noire (3e volume de la série)
Titre Original : Mouse Guard : the Black Axe
Scénario et dessins : David Petersen
Editions : Gallimard Jeunesse, 2014 (21€)
Edition originale : Archaia Entertainement, 2013

Public : Tout public
Pour les bibliothécaires : une super série qui demande toutefois d’être portée auprès d’un public plus jeune. Un must-have !

Chroniques BD, Recommandé par IDDBD

Chronique | Cœur de Pierre (Gauthier & Almanza)

Il est né avec un cœur de pierre, elle, avec un cœur d’artichaut… (Synopsis éditeur)

Dans ce présent billet, je souhaitais rendre hommage
A l’écriture poétique de Séverine Gauthier
Qu’elle m’excuse par avance pour les futurs dommages
Et l’écrasement naïf de ses si jolis pieds

Bercé par un élan d’enthousiasme certain
cet album-là ma foi, a bien tout pour me plaire
Il surnage au milieu de ces vagues embruns
de BD jeunesses qui souvent m’indiffèrent.

Au milieu d’une biblio de mon quartier,
je l’ai vue exposé dans sa belle couverture.
Je m’en saisi aussitôt et d’un pas assuré
M’en allait tout gaiement vers sa saine lecture

J’avais entrevu un dessin en rondeur
Qui dès les premières planches se confirma.
Admirant tout autant ses belles couleurs,
j’aimais le travail de Monsieur Almanza

Contant les amours naissants de trois petits cœurs
Le texte était fort simple et touchant à la fois.
D’inspiration rappelant une Mécanique du cœur,
il faisait battre un rythme en tout point délicat

Pas d’excès de paroles dans des phylactères
mais une vraie osmose entre forme et histoire.
Qui malgré des thèmes parfaitement sévères
Saisit le sentiment et notamment l’espoir.

Balancé entre des cœurs d’or et de pierre
On s’identifie, on pleure et on s’inquiète.
Dans cet univers où ombre et lumière
aime à jouer ensemble jusqu’à perdre la tête.

Voici donc mon conseil à toi, ami lecteur :
Oublie donc ce billet qui vaut bien qu’on l’enterre
mais garde les noms de ces très bons auteurs
Gauthier, Almanza et leur Cœur de Pierre.

 

A découvrir : le blog de Séverine Gauthier

Cœur de pierre (one-shot)
Scénario : Séverine Gauthier

Dessins : Jérémie Almanza
Edtions : Delcourt (Jeunesse), 2013

Public : Tout public
Pour les bibliothécaires : Indispensable !

Chroniques BD, Recommandé par IDDBD

Chronique | Boule à Zéro T.1 (Serge Ernst & Zidrou)

Comment aborder des sujets difficiles comme la mort ou la maladie quand ils touchent les enfants ? Avec gravité à la manière d’un Cyril Pedrosa ou avec légèreté ou humour comme dans Boule à Zéro. Pari risqué pour le duo Ernst et Zidrou.

Je vous parle d’un temps…

Je crois que je vieillis. Au temps de ma splendeur, jamais au grand jamais je n’aurais enchaîné deux véritables chroniques sur des albums jeunesses. Ou alors c’est la faute de ma douce, bibliothécaire jeunesse de son état, qui m’influence un peu trop dans mes lectures ces derniers temps. Non, j’aime à croire que c’est un hasard qui m’a poussé à ouvrir cet album. Pourtant, graphiquement il baigne dans l’esprit « BD-à-papa » des années 80-début 90. Genre qui m’attire de moins en moins. Même les pseudos de ses auteurs ont un petit goût de madeleine de Proust rappelant l’époque où je lisais les albums Dupuis avec la liste des séries classées par héros à la fin des albums. Entre Tif et Tondu, Poussy, Yoko Tsuno… à l’époque les Tuniques bleues n’avaient qu’une petite dizaine de tomes. Je vieillis, vous dis-je !

Et pourtant, nous sommes pas chez Dupuis mais chez Bamboo. Là encore, vous m’auriez dit il y a quelques années que je ferais des éloges à un album de cette maison d’édition… Mais là, il faut reconnaître le très bon choix de cet éditeur. Soyons honnête et reconnaissons notre mauvaise foi légendaire.

Mais revenons au dessin car Ernst s’inscrit directement dans la mouvance graphique de cette époque plus ancienne par son classicisme absolu dans l’imaginaire humoristique de la BD franco-belge. Même si au premier abord je ne suis plus vraiment amateur de ce genre de dessin, je dois reconnaître son efficacité et surtout la stabilité qu’il apporte dans une histoire tout à fait particulière par son thème et la manière de l’aborder.

Urgences (sans George mais le cœur y est…)

Durant le premier volume de cette série, nous rencontrons une petite héroïne bien particulière. Elle s’appelle Zita, dite « Boule à Zéro ». Cette fille de 13 ans vit à l’hôpital La Gaufre depuis plusieurs années car elle est atteinte d’une leucémie. Ouah ! Mais dans les bandes dessinées de ma jeunesse, les héroïnes étaient toujours fraîches et en forme ! Elles gambadaient dans des petites robes (ou en scaphandre spatial), elle attrapait un méchant, rarement un rhume et au grand jamais une maladie grave.

Quand je vous disais que le scénariste prenait des risques.

Ici, Zita est chez elle. Elle connaît tout le monde et tout le monde la connaît. Ses amis, tous malades également, portent tous des surnoms amusants (Supermalade qui a une maladie rare, Wilfrite le grand brûlé, Puzzle…). Cette année, Zita fête ses 13 ans et parcourt l’hôpîtal entier pour distribuer ses invitations pour sa fête d’anniversaire. Prétexte entendu pour nous faire découvrir le petit monde de l’hôpital, véritable ville dans la ville, et surtout pour enchainer gags et bons mots à la vitesse de l’éclair. Il y a du rythme, on se laisse porter car cette bande dessinée destinée à un jeune public est une vraie réussite. Comme vous avez pu le constater son histoire est très simple et tiens surtout sur le personnage de cette petite fille malade à la fois joyeuse et tourmentée, vivante et pourtant proche de la mort (d’ailleurs la lettre d’introduction à Madame la mort est magnifique). Cette petite Zita, on l’aime pour son caractère et son inventivité. Elle représente bien cette communauté.

Car, ce qui frappe dans Boule à Zéro, c’est cette énergie et cet espoir qui en émanent. Il y a une forme d’attitude positive en même temps qu’une vigilance de tous les instants. Non, ce n’est pas rose mais il y a de la joie quand même. Le message est positif car au-delà de la maladie et de la mort, c’est l’amitié, l’amour, le rire, bref la vie qui ressortent. Zidrou, connut surtout pour son élève Ducobu (et les Crannibales) montrent toute l’étendue de son talent de scénariste dans ce premier volume.

Sélectionné dans les albums de l’été par l’ACBD en 2012, on devrait retrouver Boule à Zéro dans la sélection jeunesse d’Angoulême. Pour moi, un album jeunesse incontournable. Un vrai coup de cœur !

Boule à Zéro, T.1 Petit coeur chômeur (série en cours)
Scénario : Zidrou
Dessins : Serge Ernst
Éditions : Bamboo, 2012

Public : Jeunesse… et adultes
Pour les bibliothécaires : Incontournable. Un album qui dérangera certainement plus les parents que les enfants. A lire et faire lire.

Chroniques BD, Recommandé par IDDBD

Chronique | Paul au parc (Michel Rabagliati)

Dernière étape de nos chroniques de rentrée consacrés aux albums de La Pastèque, voici le dernier opus de la série phare de l’éditeur : Paul au parc de Michel Rabagliati.

La touche québecoise

Depuis 1999 et Paul à la Campagne, l’auteur québécois raconte les pérégrinations de son alter-ego de papier. Cet anti-héros a presque tous les visages de la vie, passant, d’un album à l’autre, du stade de l’adolescent boutonneux à celui d’adulte accompli. Pas vraiment de transition ni même de logique dans cet exercice mais des petites touches qui peignent l’existence sans détour. Des fâcheries aux grandes rencontres, des moments fondateurs aux drames du quotidien, Paul c’est une vie ordinaire raconté d’une façon… ordinaire.

C’est vrai, le dessin de Michel Rabagliati est effectivement très simple mais il n’en demeure pas moins d’une extrême rigueur. Maisons, quartiers, paysages, personnages, tout est graphiquement très cohérent. Un trait souple, des cases aérés, un rythme régulier et une espèce de joie de vivre qui irradie ses pages. Une joie communicative que je trouve assez propre à la bande dessinée québécoise.

Comment ? Les québécois auraient-ils une façon particulière de faire de la BD ? Bonne question. A l’aune de mes lectures récentes (et moins récentes), je me hasarderais à répondre par l’affirmative. Je n’ai pas vraiment d’éléments, juste l’impression d’une réelle fraîcheur due peut-être à une absence totale de prétention, une volonté de prendre la vie avec légèreté et surtout,  une capacité d’autodérision rare dans notre vieille Europe. Résultat, sous couvert d’une fausse légèreté, de nombreuses émotions (positives et négatives) passent dans leurs productions. Personnellement, j’adore.

La vie, la voix

Tout est là. Le dessin de Michel Rabagliati, une sorte de réalisme naïf, s’articule très bien avec l’écriture. Les deux éléments se répondent. Les récits de Paul ont une double voix : celle du souvenir symbolisé par le dessin et les dialogue – que l’on observe – et celle du narrateur, que l’on entend. Oui, on perçoit le son d’une voix à la lecture de ces albums. Que voulez-vous, j’entends la voix off de Michel commenter la vie de  Paul. C’est magique. J’ai l’impression de partager un moment d’intimité, comme si ce livre avait été écrit pour moi. Et puis comment imaginer un narrateur plus fiable ? Michel a vécu la vie de Paul puisque il s’agit d’une œuvre autobiographique. Conteur de sa propre vie, ses histoires frappent par leur fluidité. On passe, comme dans Paul en appartement, de la période des souvenirs à celle du temps présent avec grâce, humour et intelligence. Et toujours cette même recherche de simplicité, toujours cette volonté de nous raconter une histoire comme si elle était la plus extraordinaire du monde.

Pourtant, si on passe en revue les albums, rien ne semble plus ordinaire que cette vie là. Dans Paul au parc, Michel Rabagliati raconte une courte période de sa jeunesse. Il évoque son passage chez les Scouts loin des clichés habituels. Il nous parle des camps d’été, les copains, les éduc’. Et pourtant, nous ne sommes pas dans Martine chez les Scouts ou Scouts toujours. Michel Rabagliati ne se limite pas qu’à ce simple épisode. Il élargit notre horizon en évoquant non seulement sa vie familiale mais aussi la réalité politique et sociale de la vie d’un jeune québécois moyen dans les années 70 : l’arrivée de la télé couleur, les mouvements indépendantistes… et les premières copines. La grande histoire rejoint la petite… comme dans la vraie vie. Résultat, le lecteur perçoit mieux les nuances… et c’est souvent ces détails qui font les belles histoires.

Un seul conseil pour terminer : lisez Paul et soyez heureux !

A relire : la chronique « Les incomparables #1″ consacré à Paul et… Atar Gull.
A voir : l’interview pour l’exposition Paul à Paris (2010)
A parcourir : le site de Michel Rabagliati et la fiche-album sur le site de La Pastèque

Paul au Parc (et tous les autres de la série pendant qu’on y est !)
Scénario et dessins : Michel Rabagliati
Éditions : La Pastèque, 2011

Public : J’aurais tendance à dire tout public sur certains albums mais...
Pour les bibliothécaires : peut-on se prétendre bédéthécaire et ne pas avoir Paul dans ses rayons ? J’en doute. Une série tout simplement indispensable.

Chroniques BD

Chronique | La Dynastie Donald Duck T1 (Carl Barks)

Dernière chronique de l’année pour IDDBD ! Dans mon sac de voyage, j’emporte quelques bonnes lectures qui vous retrouverez certainement durant le mois de janvier 2012. J’avais quelques albums sous la main ces derniers jours mais ils ne m’ont pas beaucoup inspiré. Pas du tout même. C’est pourquoi je me suis repenché avec nostalgie sur l’intégrale Carl Barks dont j’avais acheté le premier volume cette année. Pourquoi nostalgie ? C’est tout simplement l’un des premiers héros à avoir bercé mon enfance de lecteur de BD. Si vous lisez cette chronique, c’est grâce (ou à cause) de lui !

Qui ne connaît pas le plus célèbre des canards créé par Dick Lundy pour les studios Disney en 1934 ? Hystérique, colérique, malchanceux mais aussi courageux et espiègle, Donald Duck c’est un peu un monsieur tout-le-monde. De petits boulots en multiplication de dettes, il est comme vous et moi, bien souvent en galère. Mais chose incroyable, il se débrouille toujours pour se retrouver dans des aventures extraordinaires capables de lui faire oublier les multiples soucis de son quotidien. Faut dire qu’avec sa famille… Car Donald n’est pas seul à Donaldville la bien nommée. Il est accompagné par ses neveux (les fameux Castor Junior Riri, Fifi, Loulou), ses cousin Gontran Bonheur et Gus, sa jolie cousine Daisy, Grand-mère Donald, et surtout le non-moins célèbre Scrooge Mc Duck alias Onc’Picsou, le canard le plus riche du monde. N’oublions pas non plus Géo Trouvetou, les Rapetou ou Miss Tick

Mais tout ça, vous le connaissez aussi bien que moi. Sauf si vos parents communistes vous interdisaient de lire cette « littérature capitaliste », vous avez sans doute parcouru les multiples chasses au trésor ou les improbables aventures du quotidien dans l’univers Duck. Le titre de ce premier recueil, La Dynastie Donald Duck, n’est pas qu’un simple titre, c’est la réalité d’un univers riche développé presque exclusivement par un seul homme : Carl Barks. Celui que l’on surnommait affectueusement l’homme des canards a consacré 40 ans de carrière au palmipède à vareuse, a écrit plus de 700 histoires. Comme tous les grands auteurs, il a lui-même des héritiers. Citons l’américain Don Rosa et sa Jeunesse de Picsou.

Paradoxalement, les amateurs de bandes dessinées européennes voient plutôt d’un mauvais œil les publications Disney. Ersatz de sous-BD uniquement bonnes à figurer dans des magazines pour enfants vite lu et vite oublier ? On ne peut pas toujours leur donner tord, il y a beaucoup de choses inintéressantes. Cependant, les œuvres de Carl Barks sont marqués d’une griffe particulière qui les font immerger. Je crois qu’on appelle ça le talent.

En 60 ans (1950-1951 pour ce volume) certaines histoires sont devenues un peu désuètes. Cependant la plupart ont gardé beaucoup de dynamisme et d’intérêt. Si dans les formats courts (entre 10 et 15 planches pour la plupart) l’auteur n’a pas eu le temps de tergiverser, allant droit au but dans sa narration, les histoires aux formats plus longs (entre 30 et 40 planches) sont des véritables exemples de construction de scénarios. Il alterne péripéties et temps morts, suspense et révélations. Pas de doute, Carl Barks était un conteur. D’ailleurs 60 après, les enfants – je sais j’ai testé avec mes filles– accrochent très facilement à ses histoires (faussement) simples.

Mais à quoi reconnaît-on une bonne BD ? Allez, je suis certain que vous avez la réponse ! Je l’ai déjà dit en plus ! Bon ce sont les vacances alors je passe pour cette fois. Une bonne BD c’est une adéquation parfaite entre scénario et dessin. Est-ce le cas ici ? Oui, assurément car tout le travail narrative se retrouve également dans le dessin. Contrairement à plusieurs bande dessinée jeunesse européenne des années 60, le graphisme de Carl Barks n’est pas vraiment marqué par le temps. Si les décors simples mais réalistes sont ceux du monde des années 50 (comme les décors de Tintin par exemple), les caricatures cartoonesques n’ont pas pris une ride. Donald et ses camarades sont toujours en mouvement. Rien n’est statique même si le découpage est très classique. Comme ses histoires, Carl Barks signe un dessin d’une efficacité d’orfèvre, un travail d’artisan et d’artiste.

Pour ces fêtes, je vous conseille donc de vous repencher sur ce grand ancêtre de la bande dessinée américaine disparu en 2000. Cela vous permettra de jeter un autre regard sur des productions souvent mal connues par le public européen. Mais c’est vrai que Disney n’a autorisé la publication au format album que très récemment en Europe. Alors n’hésitez pas, jetez vous sur ces petits trésors d’inventivités. Il ne me reste plus qu’à vous souhaitez de joyeuses fêtes ! Et j’espère que le père Noël vous aura apporter quelques bonnes BD… Si il lit IDDBD, ça devrait le faire !

A voir : la fiche album chez Glénat
A lire : la biographie de Carl Barks sur wikipedia

Titre : La dynastie Donald Duck : sur les traces de la licorne et autres histoires (5 volumes parus)
Collection : Intégrale Carl Barks
Editions : Glénat, 2010, 29€
Editions originales : Disney

Public : Jeunesse
Pour les bibliothécaires : un grand classique de la bande dessinée mondiale. Un maître tout simplement.

Infos du jour

Dimanche KBD : Dr Slump

Suite et fin du mois consacré à la bande dessinée jeunesse avec Docteur Slump d’Akira Toriyama.

Un « gag-manga » complètement farfelu à l’humour pas forcement léger mais une série qui préfigure graphiquement (et même en matière d’humour) Dragon Ball, l’oeuvre planétaire de Toriyama.

Donc, cette semaine c’est Zorg qui s’y colle.

A la semaine prochaine pour un nouveau thème : une sélection du meilleur des meilleurs albums d’Angoulême, un mois consacré aux fauves d’or !

Chroniques BD

Avril la guigne…

Avril – Tome 1 : Football, sortilèges et puberté (scénario d’Antoine Dode, dessin d’Abdel Bouzbiba, couleurs de Drac, collection IGLOO, éditions Carabas, 2007)

Est-ce parce que je suis en train de dévorer le septième tome des aventures d’Harry Potter que j’en vois partout des petits Harry et des petits Voldemort ? En tout cas, c’est l’impression que j’ai eue en dévorant le premier tome de la nouvelle série Avril des éditions Carabas.  Cette impression est d’autant plus justifiée que le héros, qui se prénomme Avril (comme la chanteuse canadienne…), est un jeune garçon brun, binoclard, un peu magicien (mais il ne le sait pas au début…) et un peu poursuivi à la fois par des camarades de collège carrément brutaux et par un homme qui paraît la plupart du temps possédé par des forces pas spécialement très gentilles. Mais ne vous méprenez pas ! Avril n’est pas un remake BD, ni une ressucée d’Harry Potter !

L’histoire que nous raconte Antoine Dode – superbement mis en valeur par le dessin expressif d’Abdel Bouzbiba – est d’abord celle de la solitude que peut ressentir un adolescent différent, confronté à la violence du monde qui l’entoure. Bien sûr, il y a de l’action, de l’aventure et de la magie. Mais la plus grande magie que l’on devine dans ce premier tome, c’est tout simplement l’amour : celui qu’éprouvent la mère et la tante d’Avril, avec lesquelles il vit, protégé du monde et d’une grand-mère apparemment pas très saine, et celui que ressent Avril pour Charlotte, la camarade de collège très différente de lui et dont il est amoureux.

Ah ! Il y a aussi l’amour, que dis-je ? la passion d’Avril pour le foot ! Bref, un cocktail de situations et de sentiments qui nous rend très attachant le personnage d’Avril… A IDDBD, on attend la suite de pied ferme !

A lire : la fiche album d’Avril sur le site des éditions Carabas (avec 10 page d’extraits !)

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