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Les mystères de l’W.E.S.T.

W.E.S.T. - Tomes 3 et 4 (Cycle 2 - 1902) (scénario de Xavier Dorison et Fabien Nury, dessin de Christian Rossi, éditions DargaudLes troisièmes et quatrièmes tomes de la série W.E.S.T. forment le deuxième cycle (un troisième cycle est attendu très prochainement) des aventures de cette unité d'agents secrets d'un type un peu particulier : la Weird Enforcement Special Team (W.E.S.T.).  Après avoir chassé le diable sur le territoire des Etats-Unis (en 1901, pour vous situer dans le temps), l'équipe de Morton Chapel se retrouve un an plus tard à Cuba pour traquer Islero, un mystérieux révolutionnaire cubain décidé à chasser de son pays désormais indépendant (enfin... officiellement), à la fois l'armée des Etats-Unis et la United Fruit (une très grosse compagnie décidée à piller consciencieusement les richesses naturelles de l'île) . Ses armes : le vaudou cubain (la Santeria), quelques zombies (personnes déclarées mortes mais que l'on revoit quelques jours plus tard dans les rues de la Havanne) et une foule de cubains dévoués corps et âmes...  Mais que viennent faire là nos amis de la W.E.S.T. ? Ils ont été chargés par la Maison-Blanche de veiller au bon déroulement des élections, qu'Islero s'évertue à gâcher par avance en assassinant, par zombies interposés, quelques notables bien en vus. Sauf qu'au bout de quelques jours, Morton Chapel et ses compagnons réalisent que la situation à Cuba est loin d'être celle qu'on leur a décrite à Washington... Et si les méthodes d'Islero ne sont pas justifiables aux yeux de la morale et de la loi, le camps des légalistes n'est certainement pas composé de chevaliers blancs ! Entre les militaires sadiques, les hommes politiques corrompus et les affairistes aveuglés par leurs seuls profits, d'un côté, le peuple maintenu dans la même misère (voire pire) que celle qui prévalait du temps des Espagnols, de l'autre, la W.E.S.T. devra finalement choisir entre sa morale et sa loyauté au gouvernement américain... Des déchirements en perspectives et des rebondissements comme s'il en pleuvait !  Décidément, Xavier Dorison et Fabien Nury confirment à chaque nouvel album, à chaque nouvelle série, leur statut de scénaristes brillants. En se fondant sur une trame historique sans faille, ils réussissent à créer des histoires dignes du grand écran ou des meilleurs auteurs de thrillers contemporains. L'intrigue est suffisamment complexe pour nous tenir en haleine de la première à la dernière page, mais sans nous perdre dans un labyrinthe inextricable... Efficacité, talent : que demander de plus lorsqu'on souhaite passer un excellent moment de BD ?  Quant au dessin de Christian Rossi, c'est une petite merveille graphique qui sert à la perfection le scénario. Réaliste et en même temps très expressif, de nombreuses cases sont de pures chef d'oeuvres que l'on verraient bien encadrés chez soi... Et, répétons-le, sans jamais perdre de son efficacité narrative !  Evidemment, W.E.S.T. bénéficie du label "Recommandé par IDDBD" tant le scénario et le dessin font de cette série un incontournable, un essentiel que tout bédéphile débutant ou confirmé se doit de posséder...  A (re)lire : la première chronique d'IDDBD concernant la série W.E.S.T.  A lire : l'interview de Xavier Dorison et Fabien Nury sur evene.fr  A voir : quatre planches du tome 3 (El Santero 
 
   A voir (aussi) : cinq planches du tome 4 (Le 46ème Etat 

Les Sentinelles

Les Sentinelles (scénario de Xavier Dorison, dessin et couleurs de Enrique Breccia, éditions Robert Laffont BD, 2008) Vous savez tout le bien qu'IDDBD pense de Xavier Dorison, l'un des scénaristes français les plus brillant du moment. Avec Les Sentinelles, Xavier Dorison frappe encore très fort, sachant que cette expression est à prendre aussi bien au sens figuré que littéral. Car son nouveau personnage, Taillefer, frappe aussi fort que les meilleurs des super-héros américains, auquel il n'a rien à envier, si ce n'est leur jeunesse... Taillefer, c'est l'ancêtre de tous les super-héros et autres méga-men, le chaînon manquant entre le golem (cher à Joann Sfar) et Robocop. Il commence sa carrière au Maroc, en 1911, de manière assez cahotique, il faut bien le dire et la poursuivra de manière plus convaincante en 1914, quelques mois après les premiers combats de la Première Guerre Mondiale. Mais qui est ce Taillefer que les américains vont désormais nous envier ? Mi-homme, mi-machine, il est le résultat des expériences "frankensteiniènes" d'un scientifique français et d'un colonel de l'armée française. Une machine à tuer douée d'une force stupéfiante et d'une capacité de résistance hors du commun. Sauf qu'il n'est pas totalement robotisé et que sous sa carapace et son uniforme, un homme vit encore... Le talent de Xavier Dorison - l'auteur de WEST, Je suis Légion, Sanctuaire, Le Troisième Testament, Long John Silver, Les Brigades du Tigre, Prophet (tous des best-sellers !) - c'est non seulement de créer une intrigue palpitante dans un univers à la limite du steam-punk mais également de nous raconter une histoire émotionnellement très forte puisque l'on assiste à la transformation, physique et psychologique, de Taillefer, l'homme-machine... Le tout superbement servi par le dessin somptueux de Enrique Breccia, dessinateur argentin dont le talent éclate dans Les Sentinelles. Son style classique, associé à des couleurs parfois un peu décalées, colle parfaitement à l'ambiance et à l'époque du récit. Pour vous en convaincre, commencez par jeter un coup d'oeil à la somptueuse couverture (et aux deux planches que nous vous proposons...) ! Bref, ce premier tome annonce une série passionnante que nous suivrons de près (comme tout le travail de Xavier Dorison, du reste...). D'autres personnages que Taillefer et son compagnon Djibouti viendront rejoindre les premières Sentinelles et un premier cycle s'achevera avec le deuxième tome (un peu sur le modèle de WEST...). A voir et à écouter : l'interview de Xavier Dorison, à l'occasion de la sortie du premier tome de Les Sentinelles, sur fnaclive.com... Passionnant et absolument indispensable ! A voir : la fiche album de Les Sentinelles sur le site des éditions Robert Laffont où vous pourrez découvrir plusieurs planches ! A lire : le passionnant article de Vincent EJARQUE sur le site du JDD

Long John Silver T.1 Lady Vivian Hastings

Long John Silver  - Tome 1 : Lady Vivian Hastings (scénario de Xavier Dorison , dessin et couleur de Mathieu Lauffray, éditions Dargaud, 2007) Aaaaahhhhh ! C'est le début de l'année 2008 et un vent nouveau souffle sur notre horizon. L'appel du large retentit et IDDBD n'y est pas insensible, lui qui n'a navigué jusqu'à présent qu'à trois cent mètres des côtes (et qui en plus ne sait pas convertir les mètres en miles marins...). Peu importe moussaillons, ce n'est pas sous notre houlette que nous vous proposons de voyager mais sous celle d'un capitaine aguerri qui - même s'il n'a plus qu'une jambe valide - n'en a pas perdu le pied marin pour autant ; j'ai nommé le terrible et terrifiant Long John Silver ! Oui oui, celui de l'Île au Trésor de Stevenson, celui qui vous a déjà fait frissonner lorsque, gamin, vous lisiez ses aventures sous les draps, éclairés par une petite lampe torche... Par la magie du scénario imaginé par Xavier Dorison , vous voilà plongés en 1785 dans l'Angleterre aristocratique qui, loin de ses bonnes manières habituelles, voit Lady Hastings, la volage épouse de Lord Byron Hastings, flirter avec la chasse au trésor et les pirates... Officiellement pour retrouver son mari parti trois ans plus tôt pour l'Amérique du Sud où il recherche Guyanacapac, une fabuleuse cité couverte d'or. Officieusement, pour échapper aux conséquences de ses infidélités répétées et (surtout ?) pour renflouer le patrimoine familial mis à mal par son aventureux époux... Avec ce premier épisode d'une série qui devrait en compter quatre (tome 2 : Neptune ; tome 3 : Le Labyrinthe d'Emeraude ; tome 4 : Guyanacapac), Xavier Dorison nous attrape par le bout du nez de la première à la dernière page. Digne héritier de Stevenson ou des cinéastes américains (de Captain Blood à Pirates des Caraïbes...), le co-scénariste (avec Fabien Nury) de W.E.S.T. et des Brigades du Tigre (et scénariste en titre de Sanctuaire, du Troisième Testament et de Prophet) nous balade en divers lieux aussi pittoresques que les personnages que nous y croisons (de Lady Hastings à Long John Silver en passant par le docteur Livesey ou le barbaresque Samir...), le tout sur un rythme effréné qui fleure bon la grande aventure comme on l'aime par ici ! Quant à Mathieu Lauffray, il maîtrise son sujet à la perfection : le style de son dessin est nerveux, comme le rythme du récit, et les cadrages (ainsi que les plans) sont dignes des meilleures productions hollywoodiennes évoquées plus haut ! Bref, une réussite graphique pour ce magnifique récit de pirates qui annonce une très belle série... En tout cas, un bien bel album (indispensable) à dévorer en ce début d'année ! A visiter : le site dédié à Long John Silver A lire : la fiche album sur le site Dargaud

Une aventure des Brigades du Tigre

"Ni Dieu, ni Maître" (scénario de Fabien Nury et Xavier Dorison, dessin de Jean-Yves Delitte, couleurs de Patricia Faucon, éditions Glénat) En voyant le titre "Les Brigades du Tigres", je suis sûr que le générique du feuilleton français des années 70 commence à vous trotter dans la tête et que vous vous remémorez les images de quelques gars en costumes flannelle serrés les uns contre les autres au volant d'automobiles pétaradantes... Je me trompe ? Peut-être, en tout cas, si de telles images vous reviennent en mémoire, oubliez-les ! Si ce premier opus des Brigades du Tigre en bande dessinée est directement inspiré du film de Jérôme Cornuau (et non pas de la série TV de Victor Vicas), il n'en est pas un sous-produit ou un produit de merchandising (comme trop souvent dans de tels cas..). Non, cet album est plein de rythme et de dialogues savoureux. Le scénario tient la route... Et le dessin n'est pas en reste : il nous plonge efficacement dans l'ambiance du Paris des débuts du XXème siècle. Que demander de plus ? Bref, ne boudons pas notre plaisir et partons sans hésiter aux côtés des "mobilards" Valentin, Pujol et Terrasson. Vivement la suite ! A voir et à mater : quelques pages de l'album sur le site de la FNAC A voir : le (mini-)site consacré aux Brigades du Tigre sur le (gros) site des éditions Glénat

Chronique | W.E.S.T

scénario de Xavier Dorisson et Fabien Nury, dessin et couleur de Christian Rossi, aux éditions Dargaud, 2 tomes Quel peut bien être le lien entre des personnages aussi différents que William Burns, gouverneur adjoint de l'Etat de New-York retrouvé pendu dans son salon alors qu'il portait sur lui les vêtements de sa nièce, Edward Goldsmith, un district attorney qui s'est défoncé la tête contre les murs de sa cellule de Sing Sing où il était incarcéré pour détournement de fonds publics, George Coolidge, professeur de philo à Harvard qui se défoulait sur les clochards de Boston à coup de barre de fer jusqu'à ce qu'il s'immole par le feu lorsque la police est venu l'arrêter, Harvey Dawson, magnat de l'armement qui s'est tiré une balle dans la tête avec son fusil de collection préféré après avoir trucidé sa femme et sa domestique, et, enfin, l'évêque O'Connoly, vidé de son sang au cours d'un antique rituel de messe noire organisé dans sa cathédrale ? Vous ne voyez pas ? Pourtant des points communs, il n'en manque pas. Jugez plutôt : jusqu'à se qu'ils se suicident (car il s'agit bien à chaque fois de suicides), ces personnages vivaient tous aux Etats-Unis, à New-York ou à proximité, au début du XXème siècle. Ah, j'oubliais, ils faisait tous les cinq partie du Club Century. Un club assez particulier, ma foi... C'est d'ailleurs à cette conclusion que parviendront (à la fin du premier tome) les membres de la Weird Enforcement Special Team (W.E.S.T.), une équipe secrète de quelques hommes triés sur volet par Richard Clayton, un haut fonctionnaire de Washington, et dirigés par Morton Chapel, le vrai patron, une pointure... Entouré du Coursier (unmystérieux homme à tout faire), d'Angel Salvaje (un indien catholique porté sur l'exorcisme), et de Joey Bishop et Bart (tueurs à gages patentés), Morton Chapel se lance à la poursuite d'une entité plus que maléfique (c'est peu de le dire !). Plusieurs pistes s'offrent à eux : un journaliste du Morning Sun, quotidien miteux de New-York, semble posséder des informations de première main sur les suicides, tandis que le fils de l'ambitieux sénateur Lennox paraît lui aussi en savoir plus qu'il ne veut bien le dire à sa soeur Kathryn, docteur en psychiatrie qui finira bien entendu par croiser la route de la W.E.S.T. Cette histoire en deux tomes (les BD en peu de tomes sont aussi très agréables...) est un mélange des Mystères de l'Ouest (sans le docteur Loveless, les petits costumes très ajustés de James West, et les  déguisements bidons d'Artemus Gordon !) et des Incorruptibles (sauf que Morton Chapel est un peu plus péchu qu'Elliot Ness et que le patron du Club Century ferait passer Al Capone pour un enfant de coeur), sans oublier la dimension radicalement fantastique de ce dyptique qui lui donne un souffle épique particulièrement puissant. Une excellente BD, halletante, dynamique, efficace, à lire d'une traite sans s'ennuyer une seule seconde. Foi d'IDDBD, à l'WEST, rien que du nouveau ! Vous aimerez W.E.S.T. si vous aimez : les Mystères de l'Ouest (lorsque vous étiez jeunes...), les Incorruptibles (pour la bande de copains super professionnels...), les complots (surtout ceux qui visent à prendre le contrôle des Etats-Unis...), les sociétés secrètes (méchantes...), le fantastique (teinté d'occultisme). A voir encore (si ces planches vous ont accroché) : les premières planches du tome 1 (La Chute de Babylone) et du tome 2 (Century Club) sur amazon.fr A lire : la fiche de WEST et l'interview des auteurs sur le site des éditions Dargaud. A visiter : le (superbe, magnifique, grandiose) site dédié à WEST