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Blog | Angoulême in live #1

angouleme-gareÇa commence bien.

C’est parti pour le festival d’Angoulême 2013. Après des hésitations, je me trouve à rempiler pour une nouvelle édition. 40 ans après tout, ça se fête et cette année, il y a encore des choses intéressantes à voir. Je pense notamment aux expositions qui donnent l’eau à la bouche. Impossible de rater Comès et l’expo de 50 planches originales. On ne peut pas rater non plus l’expo Uderzo, l’enfance de 80% des bédéphiles. Sans oublier Donald et Mickey, le président JC Denis ou Andreas. Je suis également curieux de découvrir Brecht Evens, un talent de la BD alternative.

Et comment ne pas rêver devant les noms inscrits au programme des rencontres : Serge Lehman, Didier Comès, Andreas, Zep, JC Denis, Chester Brown, Anders Nielsen, Adam Hines, Matt Madden, Jason Shiga, Brecht Evens, Leiji Matsumoto (Albator !!!).

Voilà après, d’un point de vue professionnel, je suis également intéressé par le focus sur la bande dessinée coréenne. Ça me permettra d’apporter des billes pour la formation manga que je prépare.

Cette année, je suis venu les mains vides, sans album ni objectifs de dédicace. On verra, je laisse le sort faire mon programme. Comptons sur la chance…

OK…

Bon, en attendant je vous écris de la gare Montparnasse à Paris. Il est 13h14, j’ai trois heures de retard sur l’horaire. Merci la SNCF !

Caramba, encore raté !

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Chronique | Kirkenes

scénario de Jonathan Châtel
dessins de Pierre-Henry Gomont
Editions Les Enfants Rouges (2011) – 18€
Public : Ado-adultes
Pour les bibliothécaires : Un album « tranche de vie » efficace mais loin d’être essentiel

A Oslo, Henrik, Mia et Inge forment un trio d’amis inséparables. Si les deux premiers sont en couple, le troisième sait ne pas s’immiscer dans leur relation. Note histoire commence par une sombre nuit où deux individus brûlent une église abandonnée, elle se termine dans un bus, dans un voyage retour des grandes étendues solitaires norvégiennes. Entre ces deux instants, des histoires simples et des relations complexes, bref des vies.

Tout au long de cet album, je me suis demandé ce qui lui manquait. Non pas que Kirkenes soit un mauvais album, c’est l’impression désagréable qu’il sera vite oublié qui m’a gêné. Graphiquement, le dessin est fidèle à la ligne esthétique des Enfants Rouges, à savoir un réalisme non académique, propre et efficace. La couleur est même très réussie. Elle laisse planer une atmosphère « nordique » dont les tons froids laissent une grande place aux sensations. L’idée même de situer le récit en Norvège est intéressante car on imagine bien souvent les pays scandinaves comme des synthèses entre la nature et la modernité. Lieu idéal pour confronter les apparences des sociétés urbaines aux vérités sauvages entre espaces clos et espaces libres, espaces des non-dits et des vérités. Et c’est bien le propos de Kirkenes, se pencher sur le passé, s’illusionner sur l’avenir, laisser parler pour révéler les blessures. C’est bien ce que font ces trois jeunes adultes en partant en voyage. Ce choix aurait pu s’avérer judicieux si…

Globalement, et je parle de l’édition en général, je trouve de plus en plus difficile de réussir des albums « tranches de vie » de nos jours. Très à la mode dans la décennie précédente, il me semble que le potentiel créatif de ce genre s’essouffle un peu. Mais à la rigueur, cela n’empêche pas de réussir un bon album. Non, je trouve surtout que les deux auteurs lancent beaucoup de pistes sans pour autant les suivre. Ne pas répondre aux interrogations est une chose – Peeters le fait très bien dans Lupus par exemple – mais ne pas laisser aux lecteurs assez d’éléments, les abandonnant parfois au milieu en est une autre. De plus, ces pistes ne sont pas toujours d’une folle originalité (pour ce genre là) : le père schizophrène, la jalousie sous-entendue, le cousin photographe… Tout est ici très symbolique sans pour autant apporter une force au contenu. Bref, je trouve la couverture assez représentative :  les personnages passent à la surface de l’eau, sans y plonger vraiment. J’ajouterai à cela la relative inconsistance de Mia et Inge. Comparé à Henrik, héros principal et personnage plutôt complexe, ils apparaissent un peu fade, sans profondeur ni présence. On aurait aimé qu’ils soient plus présents, plus réactifs et surprenants dans leurs réactions. Je ne dirais pas qu’on voit les choses venir mais nous n’en sommes pas loin.

Au bout du compte, je suis frustré par cette lecture qui promettait de belles choses. Mais parfois, à trop vouloir effleurer les choses, on ne dit plus rien. Me viens alors pour finir cette chronique la phrase de Bastien Vivés dans Polina : « les gens ne voient pas ce qu’on ne leur montre pas »…

Comme j’aime beaucoup cette maison d’édition, je ne vais pas terminer cette chronique sans vous recommander la lecture de Le Fils de son père des frères Mariotti dont j’avais fait un pitch au mois de novembre (déjà). Faut vraiment que j’en fasse une chronique digne de ce nom.

A lire : la fiche album sur Les Enfants Rouges
A lire : La critique de Bodoi
A découvrir :
le très beau blog de Pierre-Henri Gomont (Peer Lipo)

J’étais perdu…

Voyage en Italie T1 Trieste-Bologne (scénario et dessins David B. , Delcourt, Shampooing)

David B est un grand. Indéniablement. De ces auteurs qui, albums après albums, marquent toute une génération d’auteur. Son œuvre est immense en qualité comme en quantité. L’Ascension du Haut Mal est justement considérée comme l’une des séries les plus importantes de ses 20 dernières années (premier tome en 1996). David B est également l’un des fondateurs de L’Association, c’est dire l’importance du bonhomme dans le renouvellement du médium dans les années 90. Je ne parlerai même pas de Marjane Satrapi (qu’on ne présente pas) ou de Craig Thompson (l’auteur de Blankets) qui se revendiquent directement de son influence graphique.

Mais j’ai un problème avec David B., je suis (enfin j’étais sinon je n’écrirai pas cette chronique) totalement « laissé sur le bas-côtés » de son travail. J’avais beau le lire, je n’arrivais pas à l’apprécier (à part les œuvres qu’il a pu faire en collaboration). Même L’Ascension du Haut Mal a été difficile à lire pour moi. David B portait trop de choses qui me dérangeait, trop de malaise, de souffrances, de conflits. Une œuvre sans doute un peu trop surréaliste également. Mais c’est un grand auteur, je le répète. Et les grands auteurs méritent qu’on y revienne.

Et, bien entendu, c’est le hasard d’un cadeau qui m’a fait lire ce Voyage en Italie… avec appréhension certes, mais avec une pointe de curiosité. Comme à chaque fois d’ailleurs.

Voyage en Italie est un carnet, le carnet de notes d’un homme découvrant un pays des plus étonnants. En fait non, c’est un carnet de pensées plutôt, composé d’histoires formant un tout non pas logique, mais cohérent. Cohérent comme peuvent l’être les associations d’idées. Par exemple : vous me dites « vache », je vous répondrais « asticot ». Rien à voir à première vue, mais cohérent dans ma tête… OK, je suis tordu, je vous l’accorde.

Avec Voyage en Italie, nous sortons de l’espace de sa pensée inconsciente, celle de ses rêves qu’il a longuement décrits (Le Cheval blême, Les Complots nocturnes…), nous sommes dans sa pensée, directe, folle, érudite, formidablement érudite, magnifiquement érudite même, la pensée d’un conteur, d’un observateur du quotidien cherchant dans chaque détail, dans chaque instant la possibilité de raconter. Raconter quoi ? Mais tout ! Ou rien. L’histoire d’un juif vénitien prônant la construction d’une tour de Babel, la description de la grand-mère de son amie, sorte de lutin énergique et fantasque, l’histoire de ces chats errants partageant leur monde avec les chiens, les rats, les cafards et les peurs enfouies dans des caves surnaturelles, les promenades et les discussions au fil des rues. Voyage en Italie est l’histoire d’un conteur qui se nomme David B.. Et au travers de ces histoires, il se livre un peu, évoquant son métier, sa conception du travail d’auteur, de son idée de partage et de respect. Tout cela dans un dessin tranchant avec ses œuvres précédentes qui étaient teintés de couleurs directes, agressives, d’un noir pur, de terribles soldats et de profondes chimères. Ici, le dessin est plus tranquille, plus aérés, les couleurs sont douces, les femmes sont belles et les rues lumineuses.

Étrangement, en lisant Voyage en Italie j’ai pensé à Blast. Je sais c’est comme l’histoire de la vache et de l’asticot, vous ne voyez pas le rapport ! J’explique. En fait, j’ai simplement eu la même sensation d’apaisement des auteurs en lisant ces livres. Mais quand Larcenet se pose, son dessin devient sombre tandis que le dessin de David B devient lui plus calme, plus ouvert, pas moins beau mais beaucoup plus accessible.

David B, en tout cas dans cet album, a changé. Il livre un carnet personnel d’une très grande sobriété, à la fois pleine de trouvailles géniales et d’humanité. Très égoïstement, j’ose croire qu’il m’a laissé une porte ouverte, histoire d’aller et venir dans ses oeuvres. Une lecture que je conseillerai à ceux qui ne connaissent pas encore l’auteur.

A lire : la chronique toujours de qualité sur du9.org
A lire : une biographie/bibliographie
de David B.

Allah est-il le plus grand et Abdallahi est-il son apôtre ?

Abdallahi - Tomes 1 & 2 (scénario de Christophe Dabitch, dessin de Jean-Denis Pendanx, éditions Futuropolis,  2006)

Futuropolis, maison d’édition culte parisienne ayant participé largement au renouveau de la bande dessinée à la fin des années 70 s’est réveillée transformée après des années de sommeil. Sa nouvelle politique éditoriale depuis septembre 2005 ne pouvant reproduire ce qui a déjà été fait prouve néanmoins que son nom prestigieux n’est pas usurpé; ceci à l’aide d’une certaine exigence de qualité sur les titres proposés. C’est le cas de ce superbe dyptique, haut en couleurs dans tous les sens du terme.

Je ne connaissais pas ces deux auteurs, apparemment plus tournés vers l’illustration jeunesse pour Pendax, mais cette adaptation du récit de voyage de René Caillé, premier homme blanc a avoir pu visiter la ville mythique de Tombouctou et en être ressorti vivant en 1828 est une belle réussite.

René Caillé, fils de bagnard charentais part en 1824 à l’âge de 24 ans afin de traverser l’Afrique. Il feint de se convertir à l’islam en apprenant le Coran et en se donnant  un nouveau nom : « Abdallahi« , puis pendant un an au départ de St Louis du Sénégal sur la côte ouest intègre tout d’abord la tribu Maure des Braknas en Mauritanie afin de s’immerger. Il revient en 1827 et part cette fois de Kakondy en Guinée pour traverser à pied l’Afrique centrale, passant par le Niger, le désert saharien avant d’arriver enfin à Tanger dix huit mois plus tard. Un périple proche de l’enfer, le scorbut ayant failli l’emporter.

Le style graphique de Pendax cède souvent le pas à l’imagination, avec des peintures parfois floues remplies de couleurs magnifiques, tandis que le scénario et les dialogues de Dabitch parsemés de citations du livre de Caillé nous immergent au coeur du personnage central… nous faisant nous identifier parfaitement à celui-ci.

Rappelant certains Corto Maltese (Les Ethiopiques par exemple) de part sa poésie, son aspect contemplatif, ses dialogues et sa documentation, ou parfois  Les Tours de Bois Maury lorsqu’il aborde l’aspect islamique sous son angle le plus familier … , cette adaptation sent bon le vécu, et on imagine sans mal que de grands auteurs comme Hugo Pratt ou bien Hermann ont tous deux été aussi inspirés par ce récit initiatique.

Abdallahi fascine par la magie qui exulte de ses tableaux somptueux et de son souffle épique, et par là même se présente comme une oasis pour tout amateur de bande dessinée et de récits d’aventures.
Chef d’oeuvre !!
(photos du livre de Caillé tirées de : http://www.sahariens.info)

A visiter : le site de Futuropolis

A lire : la page consacrée à Pendanx sur BDGest

A dévorer : le périple de René Caillé sur Herodote.net

ps : Audrey, merci pour cette belle découverte !


Bienvenue à Jobourg / L’info du jour

(scénario et dessins de Pascal Rabaté, Seuil, 2003)

Aujourd’hui, IDDBD vous emmène en Afrique du Sud, à Johannesburg précisément, grâce à M. Rabaté.

Patrick est un jeune français partit travailler chez un vieil ami de son père installé en Afrique du Sud. Il découvre Johannesburg, la ville à la criminalité galopante, aux peurs et aux délires sécuritaires constants. Mais au-delà des apparences, il y fait des rencontres (Doudou, Maria, Petra et bien d’autres…) et trouve une ville multiculturelle, vivante et, à l’image de la société Sud-Africaine, en construction permanente.

Voyage initiatique à la découverte d’un autre univers et de soi-même, la première BD en couleur de Rabaté est une réussite (comme souvent avec Rabaté). Vivante, positive, elle prône l’ouverture et la tolérance. Bref, une très belle leçon de vie et de bande dessinée.

Pour finir, j’oserai la rapprocher de Clichés : Beyrouth 1990 (déjà chroniquée ici).

A lire :
la chronique du BDparadisio


L’info du jour – Miss pas touche

Dans les magazines, le courrier des lecteurs est bien souvent d’un intêret très limité. Sauf dans le dernier Bodoï, où Sébastien Cosset, alias une partie des Kerascoët, annonce qu’Hubert, le scénariste de Miss pas Touche, travaille sur une suite au premier dyptique ! Mes vœux sont excaucés ! Bon, en revanche, pour d’obscures raisons ils ne travailleront plus sur Donjon Crépuscule, dommage !

L’info du jour – Kokor

Souvenez-vous de Kokor, un autre de nos chouchous, il est l’invité d’honneur des 5e rencontres BD de Longvic près de Dijon du 30 mars au 1er avril. Allez découvrir les programmes des rencontres !

A voir : la page des rencontres
A relire :
les chroniques IDDBD de Balade, balade et des Voyages du docteur Gulliver