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Chronique | Le commun des mortels (Kokor)

Petite information : Pour une fois, pas de synthèse KBD ce week-end. Ça me permet de vous proposer une chronique écrite depuis un temps certain mais dont la mise en page a été plus que compliqué. Rassurez-vous, KBD reviendra lundi ou mardi. Alors ce dimanche, c’est un rendez-vous avec Kokor !

La digue du nord est un restaurant abandonné au milieu d’une étendue herbeuse. Rien à l’horizon sinon du vent et une camionnette orange. A l’intérieur, Factotum Ladislas Quint (Qu’un ? Oui, mais le bon) entrepreneur en bâtiment chargé de la rénovation de l’hôtel. A son arrivée, il trouve Gus McKolette, un barman. Tous les deux ont été engagés par téléphone par un mystérieux propriétaire. Ils ont 1 mois pile avant l’inauguration. Ce jour-là, ils découvriront l’identité de leur énigmatique patron.

L’ouverture d’un livre de Kokor est comme une loterie. Parfois, le lecteur se retrouve un peu seul au milieu des pages, abandonné dans un univers impénétrable où rien ne résonne vraiment pour lui. Mais, quand la porte s’ouvre, quand par bonheur l’univers peint par Kokor se dévoile sous vos yeux et que vous y pénétrer sans peine, alors vous trouvez de véritables petits bonheurs de lecture. Ce n’est pas que son travail soit inconstant. Il est surtout d’une originalité propre qui le fait prendre naturellement vers des sentiers parallèles. Un peu en dehors de toutes modes ou tous courants de la BD, Kokor a son propre univers. Il suffit de regarder son graphisme pour le comprendre. A qui fait-il penser ? Personne ou si peu. Aujourd’hui si tant de jeunes auteurs sont parfois influencés par leurs aînées – combien, et même des très bons, sont clairement influencés par le traits de SfarKokor n’a pas de filiations évidentes.

Mais plus que son graphisme, il possède une façon bien particulière de raconter ses histoires, de faire dialoguer ses personnages. A l’image du Commun des mortels, il est capable de se faire côtoyer réalisme et onirisme dans un équilibre subtil. Dans cet hôtel oublié qui n’est pas sans rappeler un peu celui de Bagdad Café se joue un drôle de jeu s’éclairant à la toute fin de l’album… Et encore, la fantaisie déroutante de Kokor n’est jamais très loin. Les dernières images sont un hymne à la liberté avec dans un coin, toujours une mouette au loin dans un ciel bleu d’azur. Là encore, une marque de fabrique. L’esprit s’envole, le voyage commence.

Mais comme je vous le disais plus haut, il est parfois difficile d’entrer dans ce monde très personnel. Et pour cet album, ce fut plus  difficile que prévu. En fait, je l’ai commencé plusieurs fois sans dépasser les 5 ou 6 premières planches. Pour tout vous dire, je l’ai en ma possession depuis 2007… Oui parfois, il faut patienter pour profiter d’un livre. Quand on vous dit qu’il y a des moments pour profiter d’un livre ! Mais voilà, un soir, j’ai passé l’obstacle.

A ma décharge, l’atmosphère du Commun des Mortels est particulièrement oppressante. Pourtant, il n’y a pas d’agressivité, pas de morts, pas même une quelconque terreur. Nous sommes loin de l’ambiance d’un Ben Templesmith. Mais, malgré une introduction purement graphique qui laisse au lecteur de temps d’entrer dans ce monde, les premiers dialogues sonnent comme si un danger imminent allait advenir. Il ne nous reste plus qu’à attendre… Mais quoi ? Toutes ces questions en suspens sont le moteur de ce récit. Des réponses ? Elles sont à chercher dans les détails, dans le jeu subtil entre dialogues, dessins, couleurs et surtout dans la relation réussie entre les deux personnages… et même l’hôtel, ce troisième protagoniste qui semble posséder une vie propre. Mais Gus McKolette et Factotum Ladislas Quint ont tout pour réussir un bon couple de fiction : le petit gros et le grand maigre, l’excité et le flegmatique, le dur et le mou… On a déjà vu ça chez des comiques et des hommes politiques ! Mais, il convient de ne jamais se fier aux apparences avec cet auteur. Mais là, il est inutile d’en dire plus sinon que comme l’indique le titre, l’humain est au milieu de toute cette histoire, au milieu de toutes les œuvres de Kokor d’ailleurs.

Pour en revenir à la couleur – désolé je suis désordonné aujourd’hui – ces dernières sont particulièrement réussies. Elles apportent un réel plus au dessin de Kokor et sont bien plus qu’un élément graphique dans cette histoire. Je n’ai pas dis que je me taisais plus haut ? Bref, il utilise toute la palette offerte par la bande dessinée pour nous raconter son histoire.

Vous vous dites qu’encore une fois, je suis dithyrambique sur cet auteur. Et pourtant, j’en sors moins enthousiasme que d’habitude. Je n’ai pas beaucoup d’explications à vous donner. Cela rejoint un peu ce que j’écrivais en début de chronique. Kokor joue un jeu subtil auquel il faut accrocher. Sur Le Commun des mortels, j’ai trouvé que l’on tombait parfois dans une certaine monotonie, voulue par l’auteur certes, mais qui peut parfois paraître un peu longuette. Cependant, le travail est très fluide et une fois passé les premiers moments, le lecteur peut aisément se laisser porter jusqu’au bout. Avec 62 planches, le livre est également plus court que d’autres productions. Sur 120 ou 140 planches avec aussi peu de ruptures pour relancer la machine, je crois que j’aurais lâché rapidement. Là, ça reste acceptable. Après l’histoire n’a pas non plus la part de folie douce d’une œuvre comme Balade, Balade (qui reste pour moi sa plus grande réussite) ou le côté onirque des Voyages de Gulliver. Je suis moins emmené par ce genre de récit. Toutes mes remarques sont bien personnelles mais il faut vraiment prendre en compte le côté résonnance intime dans la lecture d’un livre de Kokor. Aimer ou pas, c’est toujours notre propos. Mais dans ce cas ce critère est essentiel, bien plus que pour un auteur prêt à prendre moins de risques.

Le Commun des mortels se situe dans la grande tradition des œuvres de Kokor. Toujours en équilibre entre rêve et réalité, on peut tout à fait être désarçonné par ce Bagdad Café de la bande dessinée. Maîtrisé comme souvent avec le travail de cet auteur, ce livre manque parfois un peu de rythme mais si les premières pages sont un peu difficile, la suite s’avère plutôt fluide. Que vous aimiez ou pas, Kokor ne risque pas de vous laisser indifférent. Au milieu de ce café, c’est bien l’humanité la plus importante.

A lire : la chronique de Mo’

Le Commun des mortels (one-shot)
Scénario et dessins : Kokor
Éditions : Vents d’Ouest, 2004 (13€)
Collection : Equinoxe

Public : Adulte
Pour les bibliothécaires : peut-être pas le plus essentiel des livres de Kokor.

Papillon de nuit

Mangecoeur : intégrale (scénario de Mathieu Gallié, dessin de Jean-Baptiste Andrea, éditions Vents d’Ouest)

« Les mangecoeurs sont nés un jour de l’infini tristesse d’un homme abandonné ». Benjamin jeune héros de cette histoire entend cette explication par la gueule d’un chat ailé. Chat ailé qu’il pensait être une simple marionnette, son partenaire de théâtre, son compagnon d’aventures imaginées par son grand-père. Mais ce soir, après la représentation, Benjamin a vu son grand-père s’évanouir. Après le départ de sa mère pour la ville la plus proche, il reste seul avec ses angoisses. Et c’est entre songe et réalité que le chat ailé apparait et rend son verdict : Benjamin doit trouver un Mangecoeur adulte, un papillon qui empêchera un larve de la même espèce d’éclore dans le corps de son grand-père et tout cela avant l’aube. Sinon…

Voici une BD datant de 1993, certes un peu marqué par son époque mais bénéficiant d’un scénario subtil et poétique. Quête initiatique, cette histoire est un conte de fée classique (le chat ailé incarne magnifiquement la grâce et la sagesse) se déroulant dans un monde violemment baroque. Quand je dis violemment ce n’est pas une image. Benjamin, dans sa recherche, se retrouve dans une foire nocturne, un parc d’attraction glauque, lieu de débauche et de violence gratuite où bien entendu, les enfants, et à travers eux l’esprit de la jeunesse, sont totalement exclus. Mathieu Gallié a construit son récit sur ce fil, entre rêve et réalité. Mais une réalité très décalée. Le chat ailé semblant bien plus réel que les clowns gardiens de la foire.

Comme tous les contes, la morale est là et comme tous les contes, l’histoire n’est qu’une métaphore pour parler d’autre chose, mais cela, je vous laisse le découvrir avec votre âme d’enfant. Car sans aucun doute, le plaisir est de se laisser porter par cette histoire, avec ses rebondissements, ses surprises et ses émerveillements. Comme se réveiller entre deux eaux après un rêve surréaliste mais tellement authentique. Toute la qualité de Mangecoeur est là sur cette frontière.

L’info du jour

Si vous suivez un peu l’actualité des blogs BD, vous avez certainement entendu parler de Mon beau Sapin, le blog BD caritatif créé par l’excellente et talentueuse Pénélope Bagieu (alias Pénélope Jolicoeur). Alors, n’hésitez pas à faire un micro-don. Pour en savoir plus c’est par ici. Et le blog de Pénélope c’est par là !

Les Funérailles de Luce (Benoît Springer, Vents d’Ouest)

Lumière Morte

La petite Luce soulève le voile cachant le visage d’un enfant, à ses pieds une cocotte en papier et sur son visage toute la curiosité et l’inquiétude du monde. Parfois, il suffit d’une couverture sobre et belle à la fois pour donner le ton d’un album.Luce est une petite fille comme toutes les autres, qui passent un peu de ses vacances d’été chez son papi Roger. Un papi dynamique et sympathique, rendant service aux voisins, vendant ses légumes sur le marché, pariant aux courses, discutant avec ses amis bref un papi comme tous les autres. Un jour, cependant, la petite Luce remarque un étrange couple se promenant sur le marché, un homme totalement nu tenant par la main un enfant au visage caché par un grand voile. Cette apparition ne trouble pas l’activité des passants et Luce, malgré sa curiosité, continue son petit bonhomme de chemin.

Malgré son titre, Les Funérailles de Luce est un hymne à la vie. La vie d’une petite fille qui découvre pour la première fois que toute chose a une fin. Posant par petites touches des symboles de vie ou de mort tout au long de son récit, Benoît Springer offre un album sensible et doux. Doux par son rythme régulier imprimé par le choix de 6 cases par planches (avec peu d’exception) et les silences si bien pensés qui laissent toute la place au lecteur pour interpréter les évènements.

Sensible comme Luce, enfant solitaire entourée d’adultes, voyant avec ses yeux d’enfants les événements qui la dépassent et qu’elle ne se résout pas à accepter. Mais finalement, face à la maladie, la détresse, le désir ou de simples questions, les plus âgés semblent également bien seuls. Symbole de cette solitude, les personnages croisent au détour d’un miroir, dans la foule d’un marché ou chez eux le seul véritable couple de l’histoire, les seuls à ne pas être solitaires au milieu des autres : le grand homme nu et l’enfant.

Histoire de l’apprentissage de la mort et par là-même de la vie, fin de l’innocence pour une petite fille, Les Funérailles de Luce (comme le titre est bien trouvé) est un album humaniste véritablement magnifique, intime et profond. Sans doute l’une des plus belles sorties de l’année 2008.

A découvrir : les premières planches sur BD gest’

A
lire :
une chronique sur ActuaBD

Attention chef d’oeuvre !

Lune d’argent sur Providence - Tome 1 : Les enfants de l’abîme (scénario, dessin et couleurs d’Eric Hérenguel, éditions Vents d’Ouest, 2005)

Oui, alors bien sûr, vous allez me dire qu’évidemment, Lune d’argent sur Providence, c’est du western et qu’évidemment, comme vous savez qu’IDDBD est fan de BD western, il fallait absolument que je vous colle cet album dans les pattes… Oui, c’est exact, IDDBD est fan de BD western. Bien sûr, dès qu’un bon album sort dans ce genre, j’ai peu d’hésitation à vous le conseiller (encore faut-il qu’il m’ait plu tout de même…). Mais attention ! Avec Lune d’argent sur Providence, je ne vous parle pas seulement d’un bon, voire d’un excellent album de western. Non, Lune d’argent sur Providence est un pur chef d’oeuvre, de la BD en général et de la bande dessinée de western en particulier. Carrément.

Et dire que je suis passé à côté pendant des années tout simplement… parce que la couverture ne me plaisait pas des masses ! Non mais !  A quoi tiennent les choses parfois ! Et puis, le deuxième tome étant sorti en avril dernier, le pitch des éditions Vents d’Ouest m’ayant convaincu que l’histoire méritait peut-être que je jette un coup d’oeil, me voilà parti dans le New Hampshire, en 1880, en compagnie de Miss Cathy Gatling et du sheriff James Stuart

Dès mon arrivée, je fus ébloui par la beauté des paysages entourant la petite ville de Providence. C’était l’automne et les arbres aux couleurs de feu entouraient d’un cocon protecteur cette petite bourgade tranquille. L’accueil à la pension de famille de Madame Bénédict m’a réchauffé le coeur : je me sentais déjà comme chez moi. D’autant que Simone, l’attachante petite fille de Madame Bénédict, apportait cette pointe de fraîcheur et de candeur qui manquait terriblement à ce chroniqueur blasé que j’étais devenu au fil de mes lectures… J’assistais à l’installation de Miss Gatling et à sa rencontre avec James Stuart, le jeune mais très motivé sheriff de Providence. Je notais, amusé, qu’une idylle paraissait sur le point naître entre ces deux là !

Et brusquement, le cauchemar ! Non pas que les jolies collines entourant Providence se soient tout à coup effondrées ou que ses rues calmes et ordonnées se soient emplies de bétail meuglant et de rustres cow-boys comme j’avais pu en voir dans d’autres albums. Non, le cauchemar en question laissait derrière lui des traces sanglantes et particulièrement horribles : les corps déchiquetés d’honnêtes citoyens… Pour la suite de l’enquête, je ne peux que vous inviter à me rejoindre le plus vite possible à Providence ! Vous ne serez pas déçus du voyage qui risque (c’est le terme !) de vous mener bien plus loin que vous ne l’auriez souhaité…

Eric Hérenguel est un surdoué, un vrai, un de ces rares artistes à posséder le don, ou plutôt les dons : à la fois ceux du scénario, du dessin et de la couleur. Comme je vous le disais plus haut (mais insisterais-je jamais assez...), Lune d’argent sur Providence est tout simplement un chef d’oeuvre dans ces trois domaines. Et, cerise sur le gâteau, le tome 1 s’épaissit de quelques notes de l’auteur qui m’ont définitivement convaincu de son talent… A découvrir donc de toute urgence !

Bien sûr, IDDBD chroniquera très vite le deuxième et dernier tome de Lune d’argent sur Providence. Juste pour le plaisir d’en reparler (pour vous donner l’eau à la bouche, allez donc jeter un coup d’oeil à la preview de bdgest.com !).

A visiter : le blog d’Eric Hérenguel

A lire : le pitch des éditions Vents d’Ouest et les premières planches de l’album

« 1880, Providence. Etat du New Hampshire.
Un village dans l’Est des Etats-Unis, si joli que l’on souhaiterait s’y reposer à l’ombre des sycomores, si les habitants n’avaient pas cette fâcheuse particularité d’y mourir violemment ! Pourtant il y a bien longtemps que cette riche campagne ne vit plus sous la menace des armes. Alors qui ? Et pourquoi ? Voilà la question obsédante que chacun se pose. Le shériff James Stuart a donc pour mission de trouver si un homme ou bien une bête serait à l’origine de ces crimes…
Pauvre shériff, si peu habitué à de tels excès de violence sur son territoire ! Et puis, que doit-il faire du chien d’une des victimes, et de cette jeune femme, Miss Gatling, trop belle et qui pose mille questions… et le maire, si pressé d’avoir un coupable avant les élections. « Franchement, je pensais avoir tout vu » se dit James, mais ce qu’il ignore encore, c’est que les nuits à venir lui réservent de terribles cauchemars, aussi glaçants qu’un morceau de viande froide
! »

A lire : l’interview d’Eric Hérenguel sur actuabd.com

La tranchée

La tranchée (scénario de Eric Adam et Virginie Cady, dessin et couleurs de Christophe Marchetti, éditions Vents d’Ouest, 2006)

Les bandes dessinées sur la Première Guerre Mondiale sont relativement peu nombreuses si on les compare à d’autres périodes historiques (à commencer par la Seconde Guerre Mondiale…). Ceci dit, celles qui abordent ce sujet sont généralement excellentes (voir celles de Jacques Tardi… de Larcenet et sa Ligne de front ou Une après-midi d’été de l’excellent Bruno Le Floc’h…). La tranchée en fait partie.

Scénarisée par une désormais écrivaine (mais aussi comédienne, chorégraphe… bref une artiste !), Virginie Cady, La tranchée réussit à restituer l’ambiance putride, glaciale, inhumaine du front tout en distillant le suspens propre au thriller.

Car derrière le témoignage sur l’ignominie de la boucherie que fut cette première guerre mondiale, Virginie Cady a glissé une intrigue policière digne des meilleurs spécialistes anglo-saxons du genre. Jugez par vous-même : alors qu’il doit porter un message à l’Etat-Major, le lieutenant Sauveur est contraint de se réfugier dans l’abri d’une tranchée. Lorsqu’il y entre, il tombe sur un groupe de soldats français réunis autour du cadavre de l’un des leurs, un poignard réglementaire de l’armée française planté dans le dos ! Comment peut réagir Sauveur, ce policier dans le civil ? Il mêne l’enquête, pardi ! Pour se raccrocher à quelque chose qui lui rappelle son ancienne vie, celle d’avant l’horreur du front. Sauf que, justement, le contexte de La tranchée n’est pas celui de son Paname habituel…

Le récit est de Virginie Cady est captivant et servi par le dessin nerveux et expressif de Christophe Marchetti (qui fait parfois penser à celui de Matthieu Bonhomme, ce qui – de la part d’IDDBD – est un énorme compliment tellement on aime ici l’art du dessinateur du Marquis d’Anaon…). Quant à la mise en couleur, elle traduit parfaitement les ambiances et les sentiments qu’éprouvent les personnages… C’est tout simplement réussi !

La tranchée est un bien beau premier album d’une série dont on attend maintenant la suite avec une légère impatience (ça fait juste deux ans que le premier tome a été publié…).

A savoir : La tranchée a reçu le prix Décoincer la Bulle au Festival d’Angoulême 2007 (« sublime », « magnifique », « flamboyant » sont les adjectifs que l’on a pu entendre pendant la délibération du jury…) – Info France 3