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Dans le fond…

Immergés. T1 : Gunther Pulst (scénario et dessins de Nicolas Juncker, Glénat, Label Treize Étrange)

Aujourd’hui BD historique !  Comme je vous l’avais déjà dit, l’histoire en BD, ça ne m’a jamais vraiment enthousiasmé. J’ai certainement eu des traumatismes d’enfance en tombant sur de la pseudo-BD promotionnelles types « L’histoire de la ville/région/grands hommes en BD » aussi pauvre en matière de dessin que de scénario. Et puis le trait ultra-réaliste, autant j’admire le coup de crayon autant ça ne me transporte pas dans des sphères insoupçonnables de l’émotion… Mais arrêtons ici la critique pour nous pencher sur la chronique de cet album de Nicolas Juncker.

Ce premier tome d’Immergés est d’abord le portrait d’un homme : Gunther Pulst dit "Papy", 39 ans, maître diesel, à quelques mois de la retraite. Il est dur à la tâche, râleur impénitent, passant ses nerfs sur le jeunôt incompétent qu’on lui a mis dans les pattes, pas vraiment la star de l’équipage (au contraire). Sur la terre ferme, ce n’est pas l’extase non plus. Il habite seul avec sa vieille mère acariâtre et semble amoureux de la femme de son meilleur ami, mécano dans la marine marchande.


Immergés est également le portrait d’un groupe. Dix-neuf hommes venant d’horizons divers et tous embarqués dans la même galère. Ils n’ont rien d’autre en commun sauf l’angoisse ou la révolte lorsqu’ils apprennent que la SS fait une enquête sur eux. Pourquoi ? Question politique répondent les uns, pour débusquer les communistes répondent les autres.

Et Immergés, c’est surtout une tentative de portrait de la société allemande à l’été 1939 par le biais inattendu d’hommes qui la vivent à la fois de l’intérieur par leurs missions mais aussi de l’extérieur par leur éloignement du quotidien et des réalités de l’Allemagne. Des hommes en manque de repères sur la terre ferme, comme peut l’être Gunther qui semble plus à l’aise entre ces machines qu’à la table du dîner entre Anja et sa mère.

Hormis l’histoire et ses portraits imbriqués, Immergés est aussi une atmosphère graphique surprenante (c’est un peu une marque de fabrique du label). Dans son album, Nicolas Juncker utilise son dessin épais, ses couleurs sombres, ses personnages poussés dans la caricature, comme des éléments de narration supplémentaires. Pas besoin de dialogue pour percevoir l’effet terrifiant du commandant SS sur les marins, pas besoin de démonstration pour sentir la pression sur les épaules des marins sur la terre ferme.

En conclusion, un premier tome vraiment réussi à la fois plaisant et angoissant qui, je l’espère, en appelle d’autre du même acabit.

PS : merci à Aurélie et à son mari pour ce prêt très bien vu.

A lire : je ne suis pas toujours d’accord avec eux en matière de BD mais là... Une critique de Télérama
A écouter : une interview de Nicolas Juncker sur le blog Temps de livre
A découvrir : les livres du très bon label Treize Etrange (racheté par Glénat récemment)

Trois jours en Europe

(scénario d'Anthony Johnston, dessin de Mike Hawthorne, collection 13 Etrange, éditions Milan) Allez fidèles lecteurs d'IDDBD, vous le savez : la kryptonite, le talon d'Achille, le péché mignon de votre serviteur, ce sont les comédies sentimentales (aaahhhh, ça faisait longtemps qu'on en avait pas parlé !). Et si elles sont américaines, c'est un pur bonheur ! Et si elles datent des années 50, c'est un must ! Sachant cela, IDDBD ne pouvait pas passer à côté de Trois jours en Europe ! Imaginez un couple new-yorkais qui, pour reprendre un peu de poil à la bête, organise chacun de son côté un week-end en amoureux pour faire plaisir à son (sa) fiancé(e). Imaginez que ces week-end secrets tombent au même moment et que l'un (Jack Pentura) et l'autre (Jill Boscombe) se retrouve respectivement à Paris et Londres. Vous avez là la trame d'une comédie sentimentale avec juste ce qu'il faut d'humour, de chassés-croisés, de quiproquos qui vous assurent de passer un bon moment. Certes, c'est un peu téléphoné et (parfois) un peuconvenu. Mais n'est-ce pas là la loi du genre ? Alors, quand on aime, on ne compte pas les 138 pages de ce petit bijou dont on ne se lasse pas... En plus, cerise sur le gâteau, le graphisme de Mike Hawthorne est un délice de style années 50 (ça, c'est l'autre péché mignon d'IDDBD)... Allez, on ne boude pas son plaisir et on se laisse glisser avec volupté dans cette petite histoire distrayante. Un bon moment en perspective, douillettement installé dans son canapé. Un petit bonheur simple comme Trois jours en Europe...

Le cirque aléatoire : Eleuthère Sombre

(scénario de Sylvain Ricard et Christophe Gaultier, dessin de Christophe Gaultier, couleurs de Marie-O. Galopin, collection Treize étrange, éditions Milan) Vous vous rappelez de la chronique de WEST ? Non ? En deux mots : une équipe d'agents très spéciaux, recrutés dans tous les milieux (surtout les moins honnêtes...), oeuvrent pour le compte du président des Etats-Unis, à la fin du XIXème siècle, pour éradiquer le mal... Les références aux Mystères de l'Ouest, cette mythique série américaine des années 60, étaient légion, bien qu'implicites. Au moins avec Le cirque aléatoire , ces références sont explicites : l'action se déroule à la fin du XIXème siècle, aux USA où un jeune imigré clandestin de 10 ans rencontre le célèbre Artemus Gordon puis le non moins célèbre James West, les duettistes du Secret Service aux ordres du président Ulysse Grant. Du premier, Eleuthère Sombre (c'est le nom du jeune...) apprend l'art du transformisme (rappelez-vous d'Artemus en demoiselle, en chef indien, en dandy, en vieux loup de mer...). Du second, il apprend l'art de la castagne (rappelez-vous du générique de la série...). Et côté rencontres, ce n'est pas tout : il y aura aussi les Silencios, accrobates et hommes canons, M. Zou, dompteur, et Hyphigénia, écuyère et femme à barbe ! Tout ce petit monde va constituer Le cirque aléatoire et vivre des aventures ébouriffantes, à la limite du possible ! Et tout cela, Mesdames et Messieurs, sous vos yeux éberlués ! Alors retenez votre souffle, ouvrez grand vos mirettes et entrez, oui entrez Mesdames et Messieurs, dans l'inénarable, le mystérieux, l'inquiétant, le formidable Cirque Aléatoire ! Une série de superbes petites BD racontées et dessinées avec un grand, très grand talent : ce soir dans votre ville, tout de suite sur IDDBD... A savoir : Le cirque aléatoire est d'abord une série de BD grand format racontant les aventures de la bande à Eleuthère Sombre à travers le monde (en France, en Sibérie...). Mais c'est aussi une série de petites BD qui reviennent sur chacun des personnages, un peu à la manière des Comix américains. La chronique d'aujourd'hui concerne plus particulièrement Eleuthère Sombre . Découvrez-vite les autres ! L'info du jour IDDBD se prend quelques semaines de vacances ! Et oui ! On est humain aussi ! Nous nous retrouverons donc avec plaisir le 4 septembre pour nos chroniques quotidiennes ! Dans l'intervalle, IDDBD publiera des chroniques "light" et peut-être pas tous les jours... En attendant, bon été, bonnes vacances à tous et au 4 septembre ! Moi aussi je reviendrai le 4 septembre et peut-être même dans l'intervalle aussi ! Professeur Sintes