Archives du mot-clé thriller

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Wet moon T1 (Atsushi Kaneko)

Dans le Japon des années 60, le jeune inspecteur Sata revient d’une longue période d’absence. Qu’est-il arrivé ? Il ne le sait plus très bien. Il se rappelle de cette femme, accusé du meurtre d’un ingénieur fabriquant des modules pour un étrange programme spatial. Mais avec ce bout de métal dans son cerveau, il n’est plus sûr de rien. Une enquête entre hallucination et réalité. Continue la lecture

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Prophecy (Tetsuya Tsutsui)

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Au Japon, la jeune et séduisante lieutenant Yoshino est à la tête d’une brigade de police spécialisée dans la cybercriminalité. Un jour, son équipe remarque une vidéo postée sur Youtube par dénommé Paperboy. Il y annonce des punitions à l’encontre de personnes amorales, toutes ont un point commun, leur histoire a fait le buzz sur internet. Après avoir pris les menaces de Paperboy avec légèreté, le lieutenant Yoshino comprend qu’il n’est pas qu’un simple excentrique derrière son écran.

Freeters mon héros

Freeters. Drôle de terme, non ? Ce mot venant de l’anglais « free time » (temps libre) et de l’allemand « frei arbeiter » (travailleur libre) désigne les jeunes travailleurs japonais cumulant les petits boulots et les situations précaires. Apparu à la fin des années 80, il évoque plus largement cette frange de la population japonaise qui, volontairement ou involontairement, s’est retrouvé exclue du fameux modèle nippon. Je vous invite à découvrir le très bon documentaire Tokyo Freeters de Marc Petitjean sur ce sujet. Dans ce film, nous découvrons les conditions de vie de ces jeunes. Exploités dans des petits boulots journaliers, souvent considérés comme des parasites, parfois sans domicile, ils hantent ces cybercafés où l’on peut, pour quelques heures, dormir, manger voire prendre une douche… Des endroits qui sont au cœur de l’intrigue des 3 volumes de Prophecy.

Extrait de Tokyo Freeters de Marc Petitjean
Extrait de Tokyo Freeters de Marc Petitjean

Car, au-delà des questions habituelles des thrillers sur l’identité ou le mobile du criminel, c’est surtout l’approche sociétale de Tetsuya Tsutsui qui présente ici un véritable intérêt. Un peu comme d’habitude serions-nous tentés de dire avec cet auteur. Outre les freeters – véritable objet de débats  au Japon – on retrouve dans cette œuvre ses thèmes habituels comme Internet, les technologies de la communication, la violence du système. Si ses personnages restent toujours des exclus prenant la place d’une société incapable de réparer ses erreurs, Tetsuya Tsutsui va cette fois-ci plus loin en dénonçant les dérives de ce monde de la communication. Grosso-modo, il met l’internaute, et souvent ses propres lecteurs car il est lui-même issu du monde du web, face à ses propres contradictions. Vous savez, le fameux web 2.0 qui, derrière les écrans et l’anonymat qu’ils procurent, balance en pâture les plus faibles, les plus maladroits et transforme les moutons en loups. Ainsi, Paperboy, son héros qui porte à la fois le titre de livreur de journaux (boulot de freeter par excellence) et du célèbre héros d’un jeu vidéo éponyme, joue avec eux, avec la rapidité de leur réaction et en profite aussi pour mettre en place un plan qui dépasse l’imagination des policiers qui le poursuivent.

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Cependant, même si le scénario est plutôt bien construit, distillant peu à peu des informations, il n’en reste pas moins des plus classiques avec des forces de l’ordre qui ont toujours un coup ou deux de retard. Et c’est là que l’auteur déçoit le plus. Lui qui fut loué pour son indépendance et ses productions souvent décalées et sans concessions (cf Reset ou Duds Hunt), propose ici une histoire certes efficace mais intégrée dans un schéma trop bien établi. Il choque tout en restant politiquement correct, jouant parfois sur des clichés bien éculés (ah le fameux politicard gras et profiteur). Bref, malgré un sujet des plus pertinents, la prise de risque est minimum. Est-ce lié à l’entrée de l’auteur dans le sérail des grandes maisons d’éditions japonaises ? Je suis bien incapable de vous répondre. Cependant, au vu de l’historique de l’auteur, on pouvait s’attendre à mieux. Ici, on a juste une œuvre intéressante mais pas vraiment inoubliable.

Prophecy-couv1Prophecy (3 volumes, série terminée)
Dessins et scénario : Tetsuya Tsutsui
Editions : Ki-oon, 2013

Public : ados, adultes
Pour les bibliothécaires : Pas génial mais l’avantage d’être une série courte et efficace

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Chronique | Soil (Kaneko)

Dans la petite ville de Soil Newtown, la famille Suzushiro a mystérieusement disparu. Le capitaine Yokoï et le lieutenant Onoda du commissariat de Kamikawa sont appelés sur les lieux. Mais ce qui pourrait être une enquête classique se transforme, devant l’accumulation de preuves et de pistes étranges, en un case-tête menant dans les secrets de la ville.

Chronique d’un jeu pour les grands

Parfois, je trouve qu’il y a des instants privilégiés pour rédiger des chroniques. Dans la foulée d’une lecture lorsque nous sommes encore dans l’enthousiasme ou quelques jours après quand il s’agit de trouver des arguments… Et puis ces heures qui correspondent à l’atmosphère spécifique d’un livre. Je commence cette chronique au moment où la plupart des gens se couchent. Au début de la nuit, l’heure des loups comme on dit, quand chacun retrouve son petit univers, au moment où les songes se confondent encore un peu avec la réalité.

Il n’y a pas de meilleurs moments pour apprécier Soil. Cette ville de province, une ville nouvelle, pure création d’entrepreneurs qui l’ont depuis abandonnée, est un terrain de jeu idéal créé par l’imagination d’Atsushi Kaneko. Sorte de « monde idéal » où on n’est pas surpris de croiser la famille Ricoré de la publicité entourée de leurs gentils voisins prévenant et sympathiques. Chacun est gentil, respecte les lois et les règles de la communauté sous la houlette du délégué des habitants. Oui, ce Japon est idéal.

Et c’est justement pour cette raison que Soil est un plateau parfait pour développer cette histoire. Tenez-vous prêt à jouer car un souffle suffit et l’équilibre se brise. Pour le lecteur, tourner un page sera déjà bien suffisant pour déclencher les catastrophes dans les méandres de rues rectilignes de cette ville-décor où les secrets anciens et les rancunes cachées sont un terreau d’indices et de soupçons en tous genres. Dans Soil, tous les personnages sont des suspects, tous ont leur part de mystères.

Un monde multi-face

Dans l’univers des mangas barrés, Soil n’est pas un simple faire valoir. Cette histoire pourrait être un pur polar, un récit fantastique ou d’horreur, une chronique sociologique du japon, un roman noir, un thriller terrifiant voire une bluette pour ados… Elle est tout ça à la fois sans incarner un style en particulier. Astushi Kaneko prend divers éléments de ces catégories et en fait un grand plat non pas indigeste mais déroutant. Il explore toutes les pistes pour rendre une œuvre d’une richesse rare pour ce genre de récit. On se perd dans les méandres d’une imagination qui utilise toutes les possibilités offertes. La ville de Soil est un phénomène, un monde parfait qu’Atsushi Kaneko va prendre un malin plaisir à démonter pièce par pièce… comme un enfant qui rit aux larmes en cassant ses jouets.

Et dans le rôle de Ken et Barbie : deux policiers tout à fait opposés. Le capitaine Yokoï (dit Moumoute) est un vieux policier cynique, crade, passant la plupart de son temps à poser des questions sur la vie sexuelle de sa partenaire en se grattant tout ce qu’il est possible de se gratter sur un corps humain. Être pas forcément très sympathique au premier abord. Barbie c’est le lieutenant Onoda (dite La mocheté) : jeune policière timide en mal de reconnaissance, sa vie civile est un désastre complet. Elle est tenace et prête à tout pour résoudre l’énigme de Soil.

Ces deux personnages sont à l’image de cette histoire, tout à fait prêt à s’en prendre plein la figure. Ce qui ne va évidemment pas tarder. Ils vont être tour à tour perdus, nous aussi, exaltés, nous aussi, en danger, nous aussi. Parfois, ils vont même disparaître sans prévenir avant de nous faire signe quelques chapitres plus loin. Nous n’avions rien vu. Bienvenus dans le jeu ! La construction à multi-facettes de cette histoire se révèle diabolique et elle ne vous permettra jamais de prendre toute la mesure des événements. Bien entendu, je ne vais pas trahir le mystère de cette enquête. De toute manière, les 6 premiers volumes n’apportent que des éléments bien obscurs. Des réponses, certes, mais aucunes qui vous permettraient de résoudre cette affaire… ou alors vous êtes dans la tête de l’auteur… Et franchement, dommage pour vous !

Côté graphisme, le dessin d’Atsushi Kaneko est très plaisant. Il s’éloigne très légèrement des canons habituels du manga en adoptant un trait plutôt réaliste et épais qui correspond parfaitement à l’univers particulièrement pesant de cette série.

Vous l’aurez compris à la tombée de la nuit, je ne peux que vous conseiller cette lecture qui vous entrainera dans une enquête et un monde particulier, renfermé sur lui-même, où la ville est un gigantesque terrain de jeu, voire un personnage particulier, pour la folie créatrice de l’auteur. Une vraie bonne claque à la hauteur d’un Monster ou d’un Dragon Head. A lire… mais âmes sensibles s’abstenir !

A lire : la chronique du tome 1 sur Imaginelf et la critique de du9
A voir : la présentation vidéo sur le site d’Ankama, l’éditeur français de Soil

Soil (7/11 tomes parus)
Scénario et dessins : Atsushi Kaneko
Edition : Ankama, 2011 (8,55€)
Collection : Kuri-Seinen
Edition originale : Enterbrain

Public : Ados-adultes
Pour les bibliothécaires : une série relativement courte (11 tomes) et prenante. Une bonne série pour les adultes.

 

 

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Dimanche K.BD : Torso

Comme chaque dimanche, l’équipe de K.BD vous invite à découvrir sa nouvelle synthèse. Cette semaine, nous terminons notre mois à thème consacré aux serials killers avec Torso de Brian Michael Bendis et Marc Andreyko. Et c’est moi qui m’y colle pour la synthèse (ça m’a permis de me rattraper de la déplorable chronique faite à l’époque, mon dieu j’ai honte !)

Bref, si vous aimez l’histoire, voici le récit « presque » véridique du premier tueur en série américain. C’est par ici.

Pour retrouver les chroniques d’IDDBD consacré aux oeuvres de Bendis c’est ici !

Dimanche KBD : Monster

Encore un beau dimanche et comme chaque dimanche le collectif KBD vous propose une nouvelle synthèse.

Aujourd’hui c’est le docteur Tenma qui vous donne rendez-vous pour LE thriller manga : le très fameux Monster de Naoki Urasawa, une histoire de serial-killer comme on les aime !

>>>Pour retrouver les chroniques des oeuvres de cet auteur génial sur IDDBD c’est par ici<<<

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