Archives par mot-clé : super-héros

Mini-Chronique | Tétine Man (Long & Nicolas)

Aujourd’hui, j’entame un nouveau type d’article sur IDDBD : les mini-chroniques. Ces billets sont destinés à des albums dont je souhaiterais parler mais qui ne nécessitent cependant pas d’en faire une analyse longue et profonde (hum, hum) comme dans les chroniques habituelles. Je pourrais également les utiliser pour vous signaler la suite de séries déjà présente sur IDDBD. Bref, un peu de tout mais pas du n’importe quoi. Donc c’est parti avec Tétine Man. C’est une BD jeunesse (oui, une BD jeunesse, incroyable ici) que j’ai acheté pour ma fille lors du festival d’Angoulême. Les plus attentifs se souviendront s’en doute de mon article sur le sujet. Tétine Man est un petit garçon de 4 ans qui ne se sépare jamais de sa tétine. Il y puise force, courage, calme. Bref, sans sa tétine, il n’est plus Tétine Man. D’ailleurs ses parents ont abandonné la lutte. Impossible de lui faire enlever. Malgré les quelques quolibets, Tétine Man reste Tétine Man : il est le plus fort. Durant ce premier volume, nous découvrons trois petites histoires qui le mettent aux prises avec les plus furieux adversaires : la petite fille qui voulait passer devant au toboggan, le petit garçon qui voulait lui manger son goûter et sa grand-mère (la plus maline de toute). Mais évidemment… Lecture rapide pour un petit livre mais de très bons moments d’humour intergénérationnel. Ma fille de 4 ans, sa grande sœur, sa maman et moi-même avons beaucoup ri, mais pas pour les mêmes raisons. Les parents y verront une jolie parodie des super-héros, aimeront le côté décalé de l’ensemble. Les enfants se retrouveront dans ce petit personnage malin, stoïque et jamais violent (au contraire). Bref, l'écriture de Christophe Nicolas est efficace et rigolote. Quant au dessin de Guillaume Long, il est aussi très simple. Son petit personnage est, comme souvent avec les enfants, très expressif. Si on ne voit jamais sa bouche, ses yeux et ses attitudes parlent pour lui. Bref, une fois n’est pas coutume, je vous conseille de lire cette BD jeunesse très maline. Et si vous avez des enfants, c’est encore mieux. Une bonne façon de découvrir la bande dessinée pour nos chères têtes blondes. A voir : la fiche album sur Didier Jeunesse
Tétine Man (2 tomes parus) Scénario : Christophe Nicolas Dessins : Guillaume Long Éditions : Didier Jeunesse Public : pour tous, et les parents surtout Pour les bibliothécaires : ah, je ne suis pas spécialiste en BD jeunesse mais je pense que celle-ci vaut le coup !

Chronique | Wanted (Millar & Jones)

Petit employé harcelé par sa patronne, cocufié par son meilleur ami, souffre douleur d'une bande de rue, Wesley Gibson mène une existence qu'il qualifie lui-même de merdique. Mais un jour, Fox débarque dans sa vie et lui apprend la vérité. Il est le fils d'un super-vilain et doit hériter de son père qui vient de se faire assassiner. Mais pour toucher plusieurs millions de dollars, il lui faut devenir à son tour un super-méchant. Pas facile quand on a été militant pacifiste et victime toute sa vie...

Fuck Superman

Ami de la poésie, arrêtez tout de suite de lire cette chronique et ne prenez même pas le temps d'ouvrir ne serait-ce que la page de titre de ce one-shot ! Sachant qu'un joli doigt vous attend dès la premières planches et que put*** est le mot le plus utilisé dans cet album, vous comprendrez que je ne vous le conseille pas. Je ne m'en suis jamais caché. La bande dessinée super-héroïque n'a jamais été ma tasse de thé. Même si on ne peut que reconnaître la grande évolution des super-héros depuis les années 80 avec notamment des auteurs de grands talents comme Alan Moore, BM Bendis, Frank Miller, c'est un genre qui, par son manichéisme un peu trop prononcé et sa bonne morale, ne m'a jamais transporté. J'ai eu beau lire les Strange de mes grands-frères quand j'étais plus jeune, j'en suis resté là, peut-être à tord. Mon intérêt pour la BD américaine n'est venu que plus tard avec des auteurs comme Seth, Harvey Pekar, Crumb et bien sûr Spiegelman. Et c'est sans doute pour ça que j'ai pris un put*** de pied avec cet album ! Wanted est de la même trempe que des séries comme Transmetropolitan ou Preacher. On y retrouve la même irrévérence pour les figures héroïques de la culture populaire américaine. Mark Millar et JG Jones s'attachent à perpétrer la tradition de leurs petits camarades de jeu. Ainsi graphiquement, on retrouve le style plutôt académique du mainstream avec une composition qui met à l'honneur l'action et le rythme. Le scénario quant à lui est ponctué de guerre des gangs et de jeu à celui qui sera le plus pourri. C'est comme souvent dans ce cas, un concours de celui qui aura la plus grosse. No comment.

Sous le crado, le père...

Mais là encore, Mark Millar joue avec les codes pour nous permettre de voir dans cette suite de coup de feu et de mots ordurier quelque chose de bien plus intéressant. Il faut gratter le gras et le visqueux pour découvrir un peu de brillant. Déjà, au premier niveau de lecture, Wanted est un défouloir et sur ce point, c'est une vraie réussite. Qui n'a pas eu envie un jour de mettre des claques au super-héros ? C'est chose faite avec cet album. Ensuite, Wanted n'est pas qu'une suite de bagarre, c'est aussi une jolie parabole sur l'éducation et son héritage. La première partie de l'album correspondant à l'apprentissage de Wesley se révèle être un moment intéressant malgré toute sa violence. Élever par sa mère dans un souci de respect des codes sociaux, le voici rééduquer pour développer ses dons naturels en devenant une machine à tuer. Ainsi, on voit le processus qui lui permet de prendre conscience de ce qu'il est véritablement. Mais est-il un tueur né ou s'agit-il simplement d'un lavage de cerveau digne des plus belles pages de l'histoire de l'endoctrinement ? That is the question comme disait Rambo ! Qui est le plus heureux, celui qui respecte ou celui qui transgresse ? Je vous laisse découvrir la réponse. Wanted porte également un point de vue intéressant et pour le coup à 200 millions d'années lumières d’œuvres comme Little Star, Le fils de son père ou Chaque Chose. Ici, on parle de la paternité d'un super-vilain, du cas de conscience et de l'amour presque impossible que cela suppose. Et comment s'en sort-il ? En lui proposant de devenir comme lui ! Le pire des pères qui impose sa façon d'être ! La paternité d'un méchant est un angle d'attaque qui, à ma connaissance, n'avait jamais été abordé dans une bande dessinée (hormis peut-être le Peter Pan de Loisel). Évidemment, on pense à Darth Vador mais je ne sais pas si le rapprochement est valable pour le coup.

Méchant contre méchant

Si la partie « apprentissage » est bien plus jouissive qu'à l'accoutumée, en général chez les super-héros la découverte des pouvoirs est une période plutôt laborieuse pour tout le monde, ce one-shot souffre malheureusement d'une chute de rythme et retombe un peu trop rapidement dans un schéma « superhéroïque » plus classique. Car après le temps de je-deviens-un-méchant vient celui de l'affrontement. Affrontement un peu spécial entre moins pourri et plus pourri, encore un peu manichéen même si, pour le coup, il n'y a que le côté méchant qui joue. Je regrette un peu cette chute et aurait aimé un scénario moins conventionnel qu'on aurait été en mesure d'attendre au vu du départ même si les rebondissements spectaculaires ne sont jamais très loin dans cet album. Quant à la fin, elle est à la hauteur des espérances de départ, originale quoiqu'un peu démago. Wanted est donc un album qui se situe entre la vague mainstream et la bd d'auteur. A la hauteur de ses petits camarades de jeu comme Preacher ou Transmetropolitan, c'est un album absolument jouissif et défouloir qui permet par le biais de clin d'oeil bien placé de mettre un peu en boîte les héros populaires de la bd américaine. Il souffre toutefois d'un petit essoufflement en cours de récit. Mais c'est un album qui vaut le détour pour son côté transgressif. Pour lecteur averti et si possible non-psychopathe ! A lire : la chronique de Scifi-Universe et du blog La Loutre Masquée A découvrir : une présentation en parralléle du film et du comics sur le Figaro A noter : Cette chronique s'inscrit dans le Reading Comics Challenge de Mister Zombi
scénario de Mark Millar dessins JG Jones et Dick Giordiano couleurs Paul Mounts Edition : Delcourt, Collection Contrebande (2008) Edition originale : Top cow Productions (2005) Public : Adulte, lecteurs avertis Pour les bibliothécaires : Un One-shot à avoir dans une collection BD US de qualité. A éviter pour les petites structures avec des lecteurs un peu "pointilleux"

Ouvrage cultissime !!!

Fletcher Hanks - "Je détruirai toutes les planètes civilisées !" (scénarios et dessins originaux de Fletcher Hanks, coordination éditoriale et postface de Paul Karasik, préface de Thierry Groensteen, édition française par Actes Sud-l'An 2, 2007) Mon Dieu ! Je l'ai enfin entre mes mains fébriles ! J'en tremble ! Je l'ouvre, le feuillette rapidement, jette un coup d'oeil aux planches colorées (quatre couleurs criardes, comme le maquillage d'une femme de mauvaise vie...). Je lis en diagonale quelques répliques surréalistes, quelques cartouches aux textes invraissemblables. C'est bien lui, Fletcher Hanks, l'équivalent en comic books du désastreux cinéaste américain des années cinquante, Ed Wood ! Sauf que l'ami Fletcher à dix ans d'avance sur son double cinéaste. Il crée ses histoires ubuesques de 1939 à 1941 puis disparaît de la circulation... Pfffft ! Comme emporté par l'un de ses héros, le super-mage Stardust, la femme mystérieuse de la jungle Fantomah, Big Red Mc Lane roi des forêts du Nord ou Buzz Crandall de la Patrouille Spatiale... Mais pour vraiment goûter toute la quintescence des abracadabrantesques strips de Fletcher Hanks, il vous faut absolument lire la magnifique et intelligente préface de Thierry Groensteen , sans qui la lecture de cet album perdrait beaucoup de son sel. Extrait : "Lire Fletcher Hanks, c’est prendre un bain de jouvence et plonger dans une bande dessinée qui donnait corps aux fantasmes les plus déplorables, un concentré de tout ce que les censeurs et éducateurs ont toujours combattu et dénoncé, un univers jubilatoire à savourer au énième degré. C’est aussi apprécier la beauté d’un art "rude et naïf, laid et magnifique, tonitruant et silencieux comme la tombe", un dessin qui a la beauté de l’art brut." Il vous faut aussi découvrir la BD qui cloture ce magnifique album : celle de Paul Karasik qui décrit sa rencontre avec le fils de Fletcher Hanks. Edifiant autant qu'éclairant sur l'auteur des planches que vous dévorerez bientôt comme seuls les bédéphiles avertis savent les goûter... A lire : la critique de Didier Pasamonik sur l'Agence BD A visiter : le site fletcherhanks.com !

Comix Remix

(scénario et dessin d'Hervé Bourhis, collection Expresso, éditions Dupuis) Comix Remix est aux histoires de super-héros (style Marvel et compagnie) ce que Lincoln est au western et, surtout, ce que les séries polymorphes Donjon (des compères Sfar et Trondheim aux scénarios) sont à l'héroïc-fantasy : une parodie, certes comique, mais aussi intelligente et plus profonde qu'il n'y paraît au départ. Toute capes dehors, nous voilà donc projeté à Towerville (clone de New-York, Gotham City, Metropolis...), gigantesque cité moderne peuplée de grattes-ciel, où les super-héros, réunis au sein de la Corporation, assurent l'ordre et la justice. Enfin, en apparence... car depuis que leur chef, Miss Honolulu (un improbable croisement de Jean-Pierre Coffe - pour la tête et le haut du corps - et de Liza Minelli - pour les jambes), leur a permis d'apparaître dans des publicités pour des shampoings, des pizzas et autres produits de consommation courante (lessives, cola...), rien ne semble plus tourner très rond. Les bons ne paraissent plus aussi bons au fil des pages, et les soi-disant méchants, les super-héros de l'organisation secrète des Clandestins, ne semblent pas animés des intentions démoniaques que leur prête Miss Honolulu. Aussi, lorsque le plus emblématique des super-héros de la Corporation, Mister Mercure, meure, l'équilibre de Towerville bascule et chacun des personnages montre progressivement son vrai visage (un comble pour des super-héros masqués !)... Comix Remix est réjouissant à plus d'un titre. D'abord le dessin d'Hervé Bourhis qui peut rebuter les fidèles lecteurs de Tintin. Les autres (dont les fidèles lecteurs d'IDDBD) auront compris qu'on est là en présence d'un trait expressif, fort, grâce auquel Hervé Bourhis peut exprimer en quelques lignes les sentiments, les émotions, la psychologie de ses personnages, sans rien retirer à l'action. Car de l'action, il y en a ! Le rythme de l'histoire est soutenu tout en laissant de la place à la réflexion sur des questions aussi diverses que profondes (c'est quoi un être humain, devons-nous tous être identiques, sommes-nous manipulés par ceux qui se présentent comme les représentants de l'ordre et de la justice ? etc, etc), le tout avec le sourire et la légèreté de la parodie jouissive. Et, ô joie, le deuxième tome ne démérite pas comparé au premier : il approndit encore l'histoire et les personnages sur le même rythme et la même intelligence que le premier, faisant la part belle à l'héritier de Mister Mercure, le jeune John-John (évidemment), et à la (de plus plus) démente Miss Honolulu... Au fait, les couleurs, qui participent totalement à l'ambiance de la série, sont d'Albertine Ralenti dont IDDBD vous a déjà parlé et vous parlera très prochainement à l'occasion d'une interview exclusive ! A visiter : le mini-site de la collection Expresso consacré aux deux tomes de Comix Remix ("Feu Mister Mercure" et "La république des Monstres") A voir : l'exposition sur Bulledair.com, également consacrée à Comix Remix A farfouiller : le site d'Hervé Bourhis L'info du jour Le deuxième tome de Serge le hamster de l'enfer (tout droit sorti des antres de Carabas) sort prochainement. Surveillez les bacs de vos libraires ! Quoi ? Vous ne savez pas qui est Serge le hamster de l'enfer ? Allez donc faire un tour par (pitch + extraits) en attendant la chronique à venir d'IDDBD...

Top 10. – tomes 1 à 3 (saison 1)

(scénario d’Alan Moore, dessins de Gene Ha, Semic) Robyn Slinger, alias Toy Box, à peine sortie de l’école de police est catapultée au Top 10, l’un des commissariats de Néopolis. Ses équipiers sont tous dotés de super-pouvoirs, normal, toute la ville a des supers-pouvoirs. Robyn s’apprête donc à exercer un métier dangereux et surtout totalement déstabilisant. Entre comics de super-héros et série TV à l’américaine, Top 10 est un comics des plus originaux : galerie de personnages haut en couleur (les policiers comme les bandits sont tous étonnants), multiplications de situations cocasses ou dramatiques, action, tension et surtout beaucoup d’extravagances. Bref, une grande intelligence au service d’un genre qui en manque parfois un peu. Voici le secret d'Alan Moore, il aime jouer avec les super-clichés. Encore une fois, (rappelez-vous des Watchmen),  Alan Moore démembre les codes du comics pour rendre ses super-personnages beaucoup plus proches de nous, moins super-parfaits et super-moralisateurs. Si vous en avez marre des araignées bondissantes, des héros en cape et des super chauves-souris, découvrez Top 10 ! Comics remplit de super-héros de mauvaises humeurs le matin, chambreurs et dragueurs autant que possible, professionnels quand il le faut, droit mais parfois gauche, bref des grands moments de super-humanités ! De quoi vous réconciliez avec les héros. Faudrait-il ajouter que le dessin de Gene Ha est incroyable ! Voilà qui est fait.A noter quand même. Des histoires d'éditions et de rachats de maisons d'éditions font que la dernière édition de Top 10 est assez compliqué à se procurer. Donc, ne laissez pas passer l'occassion si vous le découvrez au hasard d'un rayonnage.

V pour Vendetta – édition intégrale

(scénario d’Alan Moore, dessins de David Lloyd, Delcourt)

Fin du 20e siècle, l’Europe, les Etats-Unis et l’Afrique ont disparu sous les eaux et les bombes nucléaires, le monde est un chaos. L’Angleterre est sous la coupe d’un régime fasciste. Dans ce monde sombre où règne la violence organisée par le pouvoir, Evey est secourue par un être étrange portant un masque de théâtre au visage souriant. Cet homme n’a pas de nom, mais on peut le surnommer V...

En 1982 (1989 en France), Alan Moore signe sans doute l’une de ses plus grandes bandes dessinées avec V pour Vendetta. Comme je n’aime dire de gros mots, je ne vais pas évoquer le truc commis par les frères Matrix l’an passé, ça m’évitera de me faire enguirlander par Mike 😉 .

Bref, V pour Vendetta est un chef d’œuvre de la BD, sans doute l’un des comics les plus importants de ces 25 dernières années (avec Mauss de d’Art Spiegelman et Watchmen... d'Alan Moore). Comme son nom l’indique, V pour  Vendetta est une histoire de vengeance... Mais très vite, elle dépasse ce postulat de départ et deviens une bande dessinée politique, engagée, au message prenant une importance considérable quand on sait qu’elle a été écrite au milieu de la période Thatcher (du coup on lit la première partie avec un autre œil).

Et puis, il y a ces personnages : V au masque de théâtre, au sourire figé, un étrange pantin manipulateur de ficelles armé d'une volonté extraordinaire, prêt à tout pour ouvrir les yeux d'un peuple engourdi par la peur. Est-il un fou ? Un terroriste ? Peut-on tuer pour l’idéal de liberté ? Doit-on tout accepter pour pouvoir être libre ? Malgré le temps cette question est toujours au centre des préoccupations contemporaines. Décidemment, le temps n'a pas d'emprise sur les chefs d’œuvre. Mais n'oublions pas Evey, cette jeune femme condamnée à se prostituer pour survivre, est le petit mouton perdu. Plus qu'une faire-valoir, elle est à elle seule, le symbole d'une liberté bafoué, puis retrouvé au contact du héros.

Ne vous arrêtez pas au dessin difficile de David Lloyd, au bout du compte on s’aperçoit qu’il correspond totalement à l’ambiance du scénario.

Qu’ajouter de plus, sinon qu’Alan Moore étale un nombre impressionnant de références, que la multitude de thèmes rend toutes nouvelles lectures encore surprenantes, que nous avons là une BD subversive à souhait, d’une rare puissance, bref, que nous atteignons ici les plus hautes sphères du panthéon bédéphilique (du mien en tout cas...).

Ah oui, j’oubliais, les dirigeants d’Easy-jet devrait également en lire quelques passages.

Autre chose : faites-moi plaisir : oubliez le film !

A lire : le dossier Le Comic Book face au film sur le site écran large (vous apprendrez ainsi pourquoi le nom d’Alan Moore n’est pas cité au générique) A lire : la critique sur Krinein.com A lire : la critique sur sceneario.com (Oui je sais , ce site revient régulièrement mais que voulez-vous, on a les mêmes goûts !) A lire : les avis des internautes sur Bulledair.com A voir : un fansite consacré à Alan Moore

Plageman : l’homme-plage

(2 tomes, scénario et dessin de Bouzard, 6 pieds sous terre, 1997-2000)

Tremblez vacanciers ! La plage n'est plus ce lieu de débauche où les beaufs en maillot peuvent se répandre ! Tremblez car voici PLAGEMAN, l'homme plage ! Avec son fidèle Pennak et Kingfish (l'homme-poisson), vêtu d’une cape/couverture de plage, d’un masque/ballon de beach volley et d’un slip de bain, Plageman tente (et échoue très régulièrement) de faire régner la paix et la justice !

Bouzard est égal à lui-même dans ces deux albums: humour décalé, absurde voire franchement déjanté. Il s’approprie et assassine les superhéros et les codes du genre. A l’origine publié dans la revue Jade entre 1997 et 2000 (revue de 6 pieds sous terre) ces deux albums regroupent des petites histoires (les origines, la rencontre avec Pennak, avec KingFish...). On peut donc faire des pauses dans la lecture ce qui, parfois, n'est pas de trop !

Mais, comme dans Le club des quatre, The Autobiography of me too ou Coin-Coin, l'homme manchot empereur, Bouzard fait preuve (encore) d'un formidable talent d'humoriste-décalé (un peu à la Gotlib à son époque) ! A lire, la petite histoire à la fin du second album où il se met lui-même en scène (Bouzard ou Je veux être un artiste !).

Déjanté et très drôle !

A lire : la présentation sur pastis.org (le site de 6 pieds sous terre)

A lire : si vous l'avez raté, la coupe du monde de football vu par Bouzard !

A lire : sa bio sur Wikipedia

Wolverine : Saudade

C'est ici qu'on écrit les chroniques ?

Euh... Bonjour (voilà, donc pour un début ce n'est pas trop mal). Comme Mike vous l'a annoncé, j'assure pour un temps l'intérim d'IDDBD, j'espère que ça conviendra aux (nombreux) fidèles du blog. En tout cas, je remercie Mike de me faire confiance. Même si je sais qu'il n'est pas loin, ça fait tout drôle d'être aux manettes. Je tenterais de faire des mises à jour le plus régulièrement possible (au moins 3 fois par semaine), si certains d'entre vous veulent participer qu'ils n'hésitent pas ! C'est toujours plus sympathique, et c'est intéressant de varier les points de vue. Je revendique un manque d'objectivité dans mes chroniques. Voilà pour ma profession de foi (Saint Lewis priez pour moi), j'espère que vous serez toujours aussi fidèle et présent quand Mike reviendra avec son super festival tout beau tout neuf ! En attendant, voici une nouvelle chronique...

(scénario de Jean-David MORVAN , dessin de Phillipe Buchet. Panini Comics (Collection Transatlantique). 2006)

 

Quand les auteurs de Sillage rencontrent le plus charismatique des super-héros, alias Wolverine, l’homme au squelette d’adamantium, cela provoque des étincelles.

Morvan est un habitué de la « transversalité », un « passeur » entre les cultures BD. Déjà l’an passé, il avait travaillé avec un dessinateur de manga (Toru Terrada) pour Le Petit monde une adaptation (réussie) de Peter Pan dans un monde futuriste. Aujourd’hui il s’attaque aux X-men et à l’une de ses figures emblématiques.

Ce passage vers la bd franco-belge est assez réussi. Il faut quand même s’habituer à voir Logan dans un style très européen. A certains instants, on croit apercevoir le grand frère de Nävis, l’héroïne de Sillage. Mais une fois passée cette surprise, on entre parfaitement dans cette histoire, où Wolverine en vacances au Brésil va se retrouver confronté à la violence des favelas et des escadrons de la mort. Bien entendu quelques mutants traînent dans le coin.

Tout en restant fidèle à l’esprit du super-héros, on retrouve la griffe (si j’ose dire) des deux auteurs, de l’action oui, mais avec une pointe de finesse.

Un bon album, divertissant et superbement conclu.

 

A voir : le site de la série Sillage.

A lire : Wolverine sa vie, son oeuvre sur Wikipédia

Dragoñe

(scénario de Rod et dessin d'Eco, aux éditions Carabas) 2042, la terre vit tranquillement au rythme des catastrophe naturelles, des émeutes et autres petites guerres, le tout organisé par quelques multinationales extrêmement riches et avides. Quelques super-héros, solidement épaulés par une communication en béton armé, suffisent à conforter les habitants de notre bonne vieille planète, qui en a vu d'autres, que tout va bien dans le meilleur de mondes... Sauf que Dragoñe, le chef de l'Elite, le super-groupe le plus à la mode, a disparu. Dans une ruelle sombre, un homme barbu et patibulaire, a perdu la mémoire. Dans un bar non loin, une fille paumée, Marie, tente de se débarrasser de trois mecs un peu lourds. Et notre barbu, bien malgré lui, va se retrouver emporter dans une histoire qui le dépasse... et, qui sait, retrouver la mémoire. Dragoñe est une histoire d'anticipation qui mélange super-héros et manipulations médiatiques. C'est aussi le destin d'un homme amnésique qui redécouvre ce qu'il a fait de sa vie, les erreurs, les impasses. Saura-t-il profiter de cette nouvelle chance qui s'ouvre à lui ? Dragoñe est une bonne BD de science-fiction (sans prise de tête) des éditions Carabas (dont on ne parle pas assez, à tort !). Le scénario de Rod et le dessin d'Eco sont impeccables ! Nous, à IDDBD, on a aimé ! Pourquoi pas vous ? A voir et à mater : deux planches de Dragoñe pour vous donner l'eau à la bouche...