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Chronique | Machine Gum (John Martz)

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Un petit robot traine au milieu d’une planche, il est seul. Devant lui, il y a un dessinateur un peu fou qui va lui faire vivre un tas d’expériences farfelues. Bref, Machine Gum est un livre à part. Pas tout à fait un comics strip, pas tout à fait un recueil de dessin c’est… Machine Gum quoi !

Quand j’ai reçu par la poste ce petit livre vert avec le tampon La Pastèque, j’ai été intrigué : format poche, pas de textes, bichromie et une sorte d’empilage de formes géométriques pourvu de 4 membres comme personnage principal. Je ne sais plus quand j’ai lu ce livre, ni où, mais je me souviens très bien de mes impressions de lecture. Au début, j’étais vaguement intéressé. Le petit robot marche avec un walkman sur les oreilles et tombent ensuite dans un trou… d’accord… Ok… J’espère que ça va évoluer parce que bon… J’ai autre chose à lire là. Quelques pages plus loin, le robot est juste un point noir, se tranforme en point noir entouré d’un cercle, puis un cercle avec des bras et des jambes, tout cela jusqu’à reprendre sa forme normale. Le robot avait grandi sous mes yeux en 6 petites cases. Je trouvais cela simple mais très juste, sans fausses notes. La magie commençait. Ma lecture continua, je ne vais pas vous en faire un résumé, mais peu à peu j’étais entrainé dans un univers un peu fou où ce petit robot devient un sujet de pure expérience pour son dessinateur. J’étais, pas vraiment conquis, mais fasciné par cette suite de saynètes joyeusement dérangés, drôles et sans véritables fils conducteurs et surtout, par le plaisir visible de l’auteur. Un vrai jeu graphique.

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Je crois qu’on appelle ça déconstruire le personnage

John Martz, auteur de bande dessinée et surtout illustrateur pour le Globe and Mail, un grand journal canadien anglophone de Toronto, propose donc un petit OVNI avec ce Machine Gum sorti dont ne sait où. Du canada encore. Comme le souligne Mitchull dans sa chronique d’Alex de Kalesniko (spéciale dédicace à Mo’), ce pays nous propose depuis plusieurs années des auteurs particulièrement intéressants. Je vous laisse le lire, il écrit beaucoup mieux que moi à ce sujet.

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C’était l’histoire de l’illustrateur fou

Pour en revenir à Machine Gum, John Martz nous propose surtout un exercice de style sympathique et audacieux qui joue avec les codes de la bande dessinée sans se prendre au sérieux. On sent la maîtrise du genre, du style, du dessin mais ici, pas l’ombre d’une Oubapo, juste le plaisir de faire, de jouer comme un gosse avec un personnage de papier. Il n’y a aucune contrainte dans son travail, il peut passer d’une planche à une autre d’une case unique à des strips de 2, 3, 4, 6 cases ou même complètement déborder ces dernières. Ce travail fait juste plaisir à voir même si ce genre de livre a besoin de plusieurs lectures – ou disons parcours de lecture – pour être pleinement apprécié. Mais heureusement, cela se lit très vite et il est facile d’en picorer des petits moments à vos heures perdues. Évidemment, ce titre ne va pas révolutionner la bande dessinée mais il vous permettra de passer un moment qui vous flattera l’œil en même temps que le cerveau sensible, celui qui oublie un peu la raison. Et de nos jours, ça ne peut pas faire de mal.

Pour finir, au même titre que la collection de flip-book des éditions FLBLB, Machine Gum est aussi un livre parfait pour faire découvrir une forme différente de BD aux plus jeunes. Le message est simple, drôle et en plus, le robot est plutôt attachant. En tout cas, mes filles ont adoré.

Un petit ex-libris de Michel Rabagliati pour fêter ça !
Un petit ex-libris de Michel Rabagliati pour fêter les 15 ans de l’édteur

Je profite de cette première chronique de la saison pour souhaiter un très bon anniversaire aux éditions La Pastèque. 15 ans que l’éditeur québecois nous fait découvrir la crême de la BD canadienne ! Je prends toujours un certain plaisir à découvrir leurs livres, non seulement parce qu’ils ont bon goût mais qu’en plus ils ont le souci du travail d’éditeur bien fait. Beau dedans, beau dehors. Chapeau bas à ces messieurs-dames et à dans 15 ans !

A découvrir : la fiche auteur sur le site de La Pastèque (profitez-en pour regarder leur catalogue, je ne dis pas QUE des bétises !)
A voir : la partie du site de Johan Martz consacré à Machine Gum

machine_gumMachine Gum (one-shot)
Scénario et dessins : John Martz (Canada)
Editions : La Pastèque, 2013
Public : Tout public
Pour les bibliothécaires : Un bon petit livre, pas simple à faire sortir. Moi, je dis oui mais avec un budget correct et un public « ouvert »

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Chronique | Boris : l’intégrale (Rémy Simard)

boris-couv_bandeauBoris est un bébé comme les autres. Enfin… Sa sœur cherche à l’éliminer, il parle avec sa plante carnivore et son bonhomme de neige qui ne fond jamais… Son créateur – non pas son père – est l’une des figures de la bande dessinée québécoise. Dans la grande tradition du comics strips, Rémy Simard nous offre les mini-aventures d’un mini-héros.

Une grande figure de la BD québecoise

Bon j’avoue, je ne connaissais pas Rémy Simard avant d’aller consulter sa biographie sur BD gest’ en préparant cette chronique. Et j’ai été très surpris ! En effet, à la lecture de Boris, je ne pensais pas découvrir un auteur avec autant d’expérience. Son trait est en effet très moderne et j’irais même jusqu’à dire quasi-informatique. J’ai même pensé à un moment à une forme de dessin vectoriel. Noir, gris et bleu, voici les seules couleurs qui ornent les planches des aventures de ce petit garçon.

En fait, Rémy Simard a tout fait en bande dessinée, en littérature jeunesse et en pleins d’autres choses ! Éditeurs, illustrateurs, romanciers, président de l’association des auteurs de bande dessinée québecoise, bref cet auteur est un grand « monsieur » outre-Atlantique. Je suis assez loin du jeune créateur débordant d’énergie et de motivation que j’imaginais.boris-strip2

Strip toujours

Vous qui suivez IDDBD depuis longtemps, savez que le strip est un des genres que j’apprécie le plus. Pour moi, c’est le haïku de la BD, l’optimisation de l’humour en quelques cases. Les grands auteurs sont légions et nombreux sont à mon panthéon personnel. Pêle-mêle on citera Liniers (chez La Pastèque également), Quino (Mafalda, la meilleure BD du monde), Charles M.Schulz (et ses Peanuts, la meilleure BD du monde… oui celle-ci aussi)… Allez, je passe sur la question mais c’est dire si je porte un regard curieux sur les nouveaux albums de cette forme.

Rémy Simard nous fait entrer dans cette grande tradition en maniant un humour très particulier basé sans cesse sur le décalage. Entre le comique de situation, Boris s’imaginant sa vie d’adulte avec sa vision d’enfant, et une espèce de folie douce qui fait partir les mini-récits dans l’absurde. Le lecteur se retrouve baladé dans des séries de strips qui se répondent et ajoutent encore un peu plus des situations cocasses à des jeux de mots qui parfois laissent le lecteur non-québecois un peu sur la touche. C’est un peu le problème du genre, il s’inscrit souvent dans la culture populaire de son pays.boris-strip1

Une fleur nommée Paulette

Et Boris est véritablement une œuvre de comics strip. Jamais on ne sort du schéma 2, 3 ou 4 bandes. Ce qui est d’ailleurs un peu la limite de cette œuvre. Cette intégrale compte 204 planches de 3 strips. Je vous laisse faire le calcul. Du coup, parfois, la cadence peut provoquer l’ennui. Oui, malgré la qualité de l’auteur, je n’ai pas réussi à lire l’album d’une seule traite.

Pourtant, Rémy Simard, même s’il joue parfois sur le comique de répétition, ajoute pas mal de détails qui transforment peu à peu les aventures de Boris. Pour preuve, l’étonnante galerie de personnages secondaires. On part de la famille proche, les parents et la sœur (la plus mauvaise élève du Québec sans doute), pour aller vers le bonhomme de neige, un orignal qui se prend pour une truite et une plante carnivore prénommée Paulette

Et non, je n’ai absolument pris aucun psychotropes en rédigeant la phrase précédente.

Je remercie les éditions La Pastèque pour cette découverte d’un auteur majeur de la bande dessinée québecoise. Avec Boris, vous passerez un bon moment si vous appréciez le genre comic-strip. Toutefois, la lecture doit se faire par touches car l’univers est quand même bien particulier.

boris-couvBoris : l’intégrale (one-shot)
Dessins et scénario : Rémy Simard (Canada, Québec)
Editions : La Pastèque, 2012

Public : enfants, ados, adultes, ça dépendra des histoires
Pour les bibliothécaires : une bonne façon de faire découvrir un auteur québecois important.

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C’est triste T.1 (Fleury)

Cette nuit, j’ai rêvé que j’étais un vrai héros et que je maitrisais les malfaiteurs avec une facilité déconcertante. Je me suis réveillé, je suis Frédéric Fleury et j’ai rendez-vous à 11h à l’ANPE… (Frédéric Fleury, C’est Triste T.1)

Sur un simple fond gris vert, un petit homme se tient seul, droit au milieu de la couverture. On aperçoit sous les pieds de ce bonhomme abandonnée un nom et un titre : c’est triste. Rien de plus, hormis l’envie inconsidérée de se lancer dans une analyse faussement philosophique, et forcément farfelue, de cette couverture. Rien sinon la sensation qu’en ouvrant cet album, on pourrait par le plus grand des hasards se retrouver en face d’un album original… ou d’un truc sans intérêt.

A l’image de sa couverture, C’est Triste est un album d’une extrême simplicité. Une composition réduite au minimum avec des micro-histoires tenant dans un format de 2, 3 voire 4 cases maximum. Enfin des cases… des phases plutôt. Ne cherchez pas de cases au sens classique du terme, il n’y en a pas. Ainsi, Frédéric Fleury s’inscrit dans la grande tradition – à laquelle je suis sensible – du comic strip. Mais peut-on vraiment parler d’histoires ? Non, plutôt une succession de pensées d’un homme moderne face à sa réalité. Frédéric Fleury n’est pas un poète mais plutôt un doux rêveur possédant une capacité d’autodérision et surtout une vision enfantine des événements qui s’avèrent être un puissant remède contre le désenchantement et une grande force pour écrire ses histoires.

Car, malgré (ou grâce à) son titre, cet album est une succession de bons mots à l’humour décalé, non pas ravageur mais prêtant à sourire et à réfléchir. Il a l’effet d’une bonne citation. Dans un premier temps, elle vous fait rire, puis vous invite à vous pencher sur vos propres petites contradictions. A travers le dessin simplissime de ces strips faisant écho au côté enfantin du propos, Frédéric Fleury mène son petit univers personnel dessiné entre souvenirs, situations et anecdotes sans pour autant le rendre nombriliste. Au contraire, son humour, parfois noir parfois léger, laisse toute part à la liberté de son lecteur. Il n’emprisonne pas. A la fin du premier volume, le second s’offre à vous avec un certain bonheur. En attendant le 3e.

En conclusion, vous avez envie de lire un album léger sans avoir l’impression d’être pris pour un imbécile ? Lisez C’est Triste. C’est intelligemment simple et simplement intelligent… et drôle !

Pour finir, je ne résiste pas à cette phrase : En arrivant au lycée j’étais rappeur. MC Solaar a sorti son premier disque. Je me suis mis au rock indépendant… Oups, je viens de perdre deux lecteurs fans de MC Solaar…

A voir : la fiche auteur sur le site de L’employé du moi
A lire : la chronique de Benzine Magazine

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Dimanche KBD : Pico Bogue

Pendant qu’une bande de kbdiens termine son tour d’horizon au festival d’Angoulême, les autres, petits nouveaux et petites nouvelles ont travaillé d’arrache-pied pour vous proposer une nouvelle synthèse ce dimanche. Pour terminer sur le thème du comic strip, nous vous proposons Pico Bogue, le turbulent mais attachant gamin imaginé par Dominique Roques (en fait c’est un peu son fils) et dessiné par Alexis Dormal. Un fleuron de la BD jeunesse !

Voici donc la synthèse rédigée par Lunch.

Le mois prochain sera consacré à la science-fiction.

Bon dimanche !

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Dimanche KBD : Calvin & Hobbes (Watterson)

Et oui, je vous parle encore de KBD ! En ce moment, ça foisonne sur le collectif. Mais bon, nous sommes dimanche et le dimanche c’est le jour de la synthèse. Nous continuons donc notre exploration du petit monde du comic strip avec un grand classique : Calvin & Hobbes de Bill Watterson.

Héritier légitime des Peanuts de Charles M. Schulz, Calvin & Hoobes raconte les aventures quotidiennes d’un petit garçon espiègle et de son tigre en peluche. Comme dans un bon Mafalda mais sans la dimension socio-politique, ça balance pas mal !

Mais je suis certain que vous connaissez déjà ! Il ne vous reste plus qu’à lire la synthèse rédigée par Zorg.

Bon dimanche !

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Dimanche KBD : Le retour à la terre

Une nouvelle année pour KBD commence avec un mois consacré à la « BD en strip« . La semaine dernière Badelel vous proposait sa chronique sur Sha et Salomé. Aujourd’hui, il s’agit du Retour à la terre, la bien connue série de Jean-Yves Ferri et Manu Larcenet.

Quelques mots sur le « strip« . A la base, c’est une bande de plusieurs cases racontant un mini-récit souvent humoristique. Ce genre  est apparu dans les journaux  et constitue l’une des premières formes de bande dessinée. Mais ne vous laissez pas abuser par son format court, le strip est une forme particulièrement exigeante qui nécessite une grande qualité d’écriture et parfois même de composition. Bref, le « comic-strip » est le haïku de la poésie.

Des grands noms du strip ? Charles M. Schulz  et ses Peanuts, Quino et Mafalda, Liniers et ses Macanudo, Bill Watterson et Calvin & Hobbes, Ferri évidemment… J’en passe mais KBD vous invite à en découvrir d’autres tout au long du mois de janvier.

La synthèse de la semaine signée Champi

La chronique de Mike sur le retour à la terre.

Chronique | Macanudo T.2

macanudo2_LiniersScénario et dessins de Liniers
Editions La Pastèque (2010)
Public : Tous publics
Pour les bibliothécaires : un peu de magie dans votre fonds ? C’est par ici.

Absurdité comique

Quand un pingouin parle à la dernière feuille d’un arbre en la suppliant de ne pas sauter, quand un écrivain cherche l’inspiration et que celle-ci est partie en vacances, quand une vache met le doigt sur les invraisemblances du 7e art, quand la petite Enriqueta fait des paris idiots sur sa balançoire avec son chat…  Bienvenue dans l’univers de Macanudo.

Par où commencer ? Par mon inscription au masse critique de septembre chez Babelio ? Par la réception du mail m’indiquant que je recevrais le 2e volume de Macanudo alors que je ne savais rien du tome 1 ? Par mon impression favorable lorsque j’ai constaté le très beau travail des éditions La Pastèque au moment de l’ouverture du colis ? Non. Ma chronique démarre à la lecture du premier strip.

Un choc. Non pas un choc violent mais un plaisir immédiat, une vague de bonheur  avec une touche juste ce qu’il faut de poésie pour, non pas éclater d’un rire gras, mais sourire du coin de la bouche accompagné d’un plissement du bord des paupières. Sourire d’un humour qui fait oublier Bigard et les soirées foot sur TF1, un humour sans prétention mais avec suffisamment d’humanité et d’intelligence pour se dire qu’on est heureux d’être assis à cet endroit à cet instant.

Pourtant à première vue, le dessin est naïf, la couleur est belle mais rien ne laisse transparaître une telle qualité. Cependant, on voit vite la grande valeur du découpage et l’utilisation des cases comme des éléments narratifs en eux-mêmes. Avec Liniers, le classique bande de 4 cases en prend un sacré coup. Il découpe dans tous les sens, parfois en diagonale, multiplie les cases et les disposent en profondeur. Et pourtant, ô miracle,  les effets ne prennent jamais le pas sur la lisibilité. C’est à ce moment là qu’on comprend la présence de la citation de Chris Ware en début d’album « Le vocabulaire que l’on peut employer dans les bandes dessinées est par définition illimitée… ».  Une formule qui apparaît alors comme une évidence.

Bien entendu cette seule explication technique ne suffit pas. Peut-être faut-il aller voir dans les racines même de l’œuvre ? Pour la petite histoire, Macanudo a été originellement publié dans le quotidien argentin La Nacion entre 2003 et 2004. Et là, ça résonne dans nos petites têtes : comics-strips, argentine… Evidence encore une fois. On le sentait  sans s’en rendre compte. La comparaison avec Quino vient tout de suite à l’esprit. L’influence est évidente mais pas limitative. Après tout, est-ce vraiment possible de faire du dessin de presse humoristique en Argentine sans s’affranchir de Mafalda ?  Il a conservé de son aîné le même amour pour la bonne chute, et surtout, même s’il n’y a pas de véritables héros dans l’univers de Liniers,  cette même tendresse pour ses personnages.

Mais,  le travail de Liniers n’est pas un ersatz de celui de Quino. Au contraire, il apporte une dimension complètement fantaisiste qu’on ne retrouve pas dans les aventures de la plus célèbre héroïne de la BD argentine. Et c’est là encore l’un des grandes forces de cet auteur, il prend constamment le contrepied de la vérité, de la logique abrutissante pour l’imagination. L’absurdité, la démesure, le rêve, la fantaisie, l’innocence et parfois même la pointe de cynisme nécessaire pour prendre le contrepied du contrepied, sont autant d’ingrédients qui font de Macanudo cette œuvre originale inscrite dans la tradition des grandes œuvres du comic-strip.

Je remercie Babelio pour leur initiative et les éditions La Pastèque pour leur travail d’édition, tous les deux m’ont permis de découvrir un auteur magnifique qui peut sans rougir être comparer à des créateurs de la trempe des Charles M. Schultz ou autre Quino. Un très grand merci !

A lire : la chronique du tome 1 chez du9.org
A écouter : l’émission Dans Ta Bulle n°97
A lire : les 20 premières pages de l’album sur le site de La Pastèque
A découvrir : la page du site des éditions La Pastèque consacré à Macanudo

Critiques et infos sur Babelio.com

Talentueux oisif ! – Part 1

Sans emploi : la bédé nihiliste de Jibé (www.sansemploi.com)

Je ne me souviens plus très bien quand et comment je suis arrivé sur le site de Jibé. Sans doute au détour de quelques flux RSS de BlogsBD.fr ou par je ne sais quel lien d’un quelconque forum. Ceci étant, les bonnes surprises arrivant quand on s’y attend le moins, c’est avec bonheur que j’ai commencé à lire Sans Emploi. Déjà la forme, gags en strips de 4 cases, a tendance à m’attirer, mais en plus, ce qui n’est pas toujours le cas dans les blogs BD, le contenu valait bien la peine de s’y arrêter.

Car, Sans Emploi est une chronique sociale de la solitude de l’homme moderne face à son errance dans le monde socioprofessionnel… Euh… En fait, Constantin galère pour trouver un job et forcément pour le reste aussi. En même temps, le dit héros, ou plutôt anti-héros, a sa dose de paresse, de lâcheté, de mauvaise foi mais aussi d’humour.

Un humour faisant immédiatement mouche. Car Jibé, au travers de ces petits gags quotidiens de 4 cases, (avec parfois des choses plus longues) sait souligner les petits travers de chacun, en particulier celui de son personnage, et surtout rit des grands maux de notre époque. Aidé par une galerie de personnages tous plus représentatifs les uns que les autres, Constantin est un anti-héros à la fois attachant et énervant. Au bout du compte, le talent de Jibé nous rappelle que l’on peut (et doit) rire de tout et surtout de ses problèmes. Comme dit l’adage : « Béni celui qui sait se moquer de lui-même car il aura souvent l’occasion de rire« . Ça s’applique plutôt bien à Sans emploi.

Bref, si comme moi vous aimez le format strip allié à un humour cynique et décalé, courez voir Sans emploi. Et demain, vous pourrez lire les réponses de Jibé à nos petites questions

auxquelles il a eu la gentillesse de répondre.

A voir : le site Sans emploi

Dilbert

(de Scott Adams, publié en France aux éditions Albin Michel)

Bien que les tâches qui lui sont confiées soient parfois très très floues, Dilbert est (apparemment) un employé de bureau (vraisemblablement informaticien) perdu au sein d’une grande entreprise, aux prises avec des chefs stupides, des DRH inhumains, des investisseurs-prédateurs (et surtout prêts à tout) et des collègues dont l’état d’esprit s’achelonne de la catégorie « amorphe » à « hyper stressé »…

Dilbert, c’est la vie d’entreprise vue au travers de l’humour féroce de Scott Adams, ou plutôt de sa lucidité face à ce qui se passe réellement dans les « boîtes »… C’est terrible, parfois désespéré, toujours très drôle. D’autant que des personnages animaliers particulièrement cyniques et cruels mettent du piquant dans tout ça : Dogbert, Catbert, Ratbert… sont d’immondes démons d’entreprises, prêts à appliquer les pires méthodes managériales pour laminer leurs collaborateurs et empocher encore plus de bénéfices ! Et c’est ce qui est terrible dans Dilbert : tout est si vrai !

En matière de « strip à l’américaine« , la série des Dilbert est certainement l’une des meilleurs qui ait été jamais publiée. A recommander impérativement à tous les employés qui ne se sentent pas à leur place ou appréciés à leur juste valeur, à ceux qui se sentent bafoués, inutiles, incompris, exploités, bref tous les employés ! Les patrons, quant à eux, trouveront quelques bonnes idées bien efficaces en matière de management…

A lire : le blog (en anglais) de Dilbert !

A lire : un excellent gag (cliquezsur l’image pour l’agrandir)…

A voir : les couvertures de quelques albums publiés en français…