Archives par mot-clé : sport

Chronique | Boxing Gym (Wiseman)

Boxing-Gym_2Une salle de boxe au Texas. Un ancien professionnel entraine des petits jeunes, des pros, mais pas que. Dans ce microcosme se croisent le melting pot à l’américaine, blancs, noirs, hispaniques… Une femme ne veut pas que son enfant épileptique prenne des coups. OK, il travaillera au sac jusqu’à ce qu’il guérisse... car il guérira c’est sûr. Ici, on laisse la violence à l'entrée, on travaille.

Mister

Un jour, dans une chronique sur un album de Will Eisner, j’avais écrit mon émotion devant le talent de cet homme. Ce qui semblait une évidence me sautait à chaque fois aux yeux. Comme une surprise. Ce constat s’applique tout autant à Frederik Wiseman, 80 ans passé, et toujours l’un des plus grands documentaristes actuels. Alors évidement, les grands spécialistes du cinéma, trouveront sans aucun doute des choses à dire sur ce film. OK, je rends les armes. De toute façon, je n’en ai pas assez pour juger correctement. Je prendrais donc l’étendard du ressenti pour vous parler de ce film d’une fausse simplicité.

Car, depuis ses débuts, le travail de Wiseman est le même : poser sa caméra, filmer, filmer encore, filmer tellement qu’on oublie sa présence. C’est alors que son vrai travail commence, chercher l’essence même de son sujet et, sur la table de montage, faire ressortir une forme unique à partir de centaines d’heure de rush.frederik-wiseman

Noble art et sociologie

Pendant un an, il a posé son dispositif dans une ville du Texas. Et que voit-on ? Des boxeurs ? Pas vraiment. Des bagarres ? Pas du tout. Il a tout d’abord filmé des corps qui, sous la forme de coups de poing, de jeux de jambe, de positions, recherchent un équilibre entre défoulement, maitrise de soi et perfection. Il filme le sport, le noble art comme on le surnomme, mais surtout l’effort physique et, alors qu’on ne voit jamais la moindre goutte de sang, une forme de violence indirecte. Boxing-Gym_1 Mais au-delà de l’apparence de l’effort sportif, il montre un lieu de vie où l’Amérique se rencontre. Dans ce monde, il y a des boxeurs professionnels encadrant bien souvent les débutants. Il y a des mères inquiètes, des pères pressés et même des bébés dans des couffins attentifs aux moindres sons, aux bips annonçant la fin d’un round, au balancement fugace de la poire de frappe. Petits, grands, personnes âgées, femmes… Tout ce petit monde se côtoie et on se surprend même à sourire devant des situations cocasses. Car parfois, au milieu de ses sons si particuliers aux salles de boxe, naissent des discussions improbables entre deux beaux gaillards sur des danses sud-américaines et des cours d’accordéon… A l’image de toute son œuvre, Frederik Wiseman nous fait pénétrer dans le monde des autres. Mais avec tout son talent et sa générosité de cinéaste documentaire, il en fait le sien, puis nous le donne. Et tout d’un coup, ça résonne, on s’identifie un peu, parfois beaucoup. Amateur de boxe ou pas, ce film, ce lieu devient un peu le nôtre. A lire : la très bonne chronique du Blog documentaire car, eux, savent parler cinéma avec talent !
boxing-gym-DVDBoxing Gym (documentaire) Réalisateur : Frederik Wiseman (USA) 1h34mn, VOSTFR, 2010
 

Chronique | Kenichi, le disciple ultime (Matsuena)

Depuis tout jeune, Kenichi Shirahama est un souffre-douleur. Petit et malingre, il veut changer les choses et s’inscrit dans le club de Karaté du lycée. Mais les ennuis arrivent vite et il est confronté aux velléités agressives de ses petits camarades. Heureusement, peu de temps avant, il a rencontré Myu, une jeune et sexy jolie jeune fille. Cette dernière s’avère être en fait une spécialiste des arts martiaux. Mais d’où tient-elle cette force ? Kenichi va bien vite le découvrir en devenant le disciple du Ryôzampaku… un dojo regroupant les plus grands maîtres d'art martiaux. Certaines œuvres visent les plus hautes sphères du monde de la bande dessinée, certains auteurs ont de grandes prétentions, cherchant par un trait, une phrase, un scénario bien pensé à nous transporter dans des univers fabuleux, merveilleux, différents… Soyons francs, ce n’est absolument pas le cas de cette série. Kenichi assume pleinement son côté divertissant. Voici un manga d’action et d’humour. Rien de plus, rien de moins. Fin de la chronique. … … Bon d’accord, je développe un peu. Sinon, mon ami Pfff risque encore de me dire que je fais dans la chronique défécatoire. Bref, assumer c’est bien mais encore faut-il le faire correctement ! Shun Matsuena réussit plutôt bien son coup et s’inscrivant dans la plus pure tradition du shonen d’arts martiaux, un genre qui se destine principalement aux ados boutonneux à chromosome Y. Je sais d’expérience que les filles rigolent bien aussi. On pense évidemment aux grandes séries qui ont bercé la jeunesse de la génération Club Dorothée type Ranma 1/2 et bien sûr au cultissime Dragon Ball (et ses fameux saignements de nez...). Alors quels sont les éléments qui vous feront aimer ou détester Kenichi ? Tout d’abord, l’idée force, celle qui fait avancer tous bons shonen : le dépassement de soi. Classique ! Notre héros est un jeune homme sans véritable talent pour les arts martiaux mais peu à peu, il devient un vrai combattant à force de travail et d’application. Au passage, KBD a consacré son mois de juillet au dépassement de soi, vous trouverez une bonne liste d’albums sur cette page. Mais bon, le petit Kenichi a son petit truc en plus, le détail qui fait la différence entre un bon élève et un disciple ultime. Mais ça, je ne le dévoilerai pas ici. Viens ensuite la narration. Les ficelles sont grosses mais le lecteur est vite pris dans l’engrenage de cette série (46 volumes au Japon quand même !). Grosso-modo, le premier cycle des aventures correspondant à l’apprentissage et au combat contre le Raghnarok - la bande de voyou locale -  compte 16 volumes. Durant ce temps très longs, le challenge monte en puissance au fur et à mesure. Les adversaires sont de plus en plus fort, de plus en plus résistant, bref de plus en plus tout… Les combats, qui mêlent situations farfelues et précisions dans la description de certains coups (au vu de mes connaissances – limitées – en karaté) sont très bien amenés. Rien n’est jamais gratuit de ce côté-là. De plus, ces combats ne dépassent jamais un ou deux chapitres. On ne ressent pas la lassitude des éternels combats de Saint Seya (Les Chevaliers du Zodiaque en VF). Emportés par le graphisme dynamique, là encore classique pour du manga, on veut en savoir plus : les mystères des bons et des gentils. Au passage, on remarquera les pirouettes scénaristiques qui font passer les personnages d’un camp vers l’autre. Heureusement, nous avons suffisamment de méchants en réserve (quasi inépuisable d'ailleurs). Mais cette série tient surtout sur son auto-dérision potache. Nous sommes presque plus dans le genre « humour » que « combat à la Dragon Ball ». Cette capacité à se moquer de soi-même est incarné par les personnages secondaires. En particulier les six maîtres du Ryôzampaku. Je ne vais pas trop vous révéler leurs caractéristiques, disons qu’ils sont de grands originaux… ou plus simplement de grands malades qui n’hésitent jamais à maltraiter ce pauvre Kenichi. On dit souvent que la richesse d’une série tient beaucoup sur ses personnages secondaires. Dans ce cas, ce manga est une vraie mine de franc éclat de rire. Nous ne sommes pas dans l’intellectuel, loin de là. Mais il y a beaucoup de légèreté et franchement ça fait du bien parfois de poser le cerveau (sous réserve de le retrouver à la sortie) ! Dans le même ordre d’idée, j’ai apprécié le personnage de Myu. Héroïne bien plus complexe que son graphisme ne le laisse penser. Par la grâce du fameux « fan service » (je vous laisse regarder les couvertures, vous comprendrez) qui a si longtemps catalogué le manga au rang de BD pourrie pour obsédés sexuels, cette héroïne repose sur tout un tas de clichés. Heureusement, ils volent vers d’autres cieux au fur et à mesure. Finalement, elle est bien la pierre angulaire qui fait que tout ce petit monde cohabite. Un personnage féminin plutôt bien penser. D'ailleurs les personnages récurrents ont tous un petit background. Cela permet aussi à l'auteur de se ménager des moments de pause en déviant de l'histoire principale pour approfondir un personnage secondaire. Cela donne un peu de profondeur à l'ensemble. Si vous aimez rire, si vous aimez les combattants qui ne prennent pas au sérieux alors Kenichi est pour vous. Pur manga de divertissement, ce shonen vous fera passer de très bons moments. On regrettera juste le « fan service » qui bloquera quelques lecteurs (et surtout leurs parents) à la couverture. Mais ce côté est plutôt bien intégré dans le récit. Bref, Kenichi, c’est divertissant, ça s’assume… et c’est déjà pas mal ! A lire : la fiche technique sur manga-news
Kenichi, le disciple ultime. (27 tomes, série en cours) Titre original : Shijou Saikyou no Deshi Kenichi Scénario et dessins : Shun Matsuena Editions : Kurokawa, 2008 (6,60€) Edition originale : Shogakukan, 2002 Public : à partir de 10 ans Pour les bibliothécaires : un style tout à fait classique pour du shonen. Très prenant. Nombre important de volume cependant (mais pas trop cher). Bref, réfléchir avant de se lancer mais une série qui devrait connaître son petit succès auprès de vos lecteurs.

Dimanche KBD : L’aigle sans orteils

Miracle de la technologie, je ne suis pas là mais IDDBD vous présente tout de même le dernier album du mois consacré au sport. Le Tour de France se termine avec la première victoire d'un britannique (oh my god !) il fallait donc marquer l'évènement avec L'aigle sans orteil de Lax. Un album sur l'histoire de la grande boucle. Allez, je laisse Lunch vous faire la synthèse. Pendant ce temps, je grimpe également des sommets, mais à pied ! Le vélo c'est trop dur pour les gros ! Bonne vacances à tous !

Dimanche KBD : Ping-pong (Matsumoto)

Cet été sera sportif ou  ne sera pas ! Avec les JO, le Tour de France, l'Euro et tout le reste, l'équipe de KBD, avec Yvan comme capitaine, chausse les crampons, prend sa raquettte et court comme le vent ! Bref, ce mois-ci, nous vous proposons un focus sur le sport et le dépassement de soi ! Nous commençons avec un grand classique du genre : Ping-Pong de Taiyou Matsumoto (auteur entre autre d'Amer Béton). Pour découvrir la synthèse et la présentation du mois par Yvan, c'est par ici ! Bonne semaine à tous !