Archives par mot-clé : Shonen

City Hunter (Tsukasa Hojo)

Quand vous n’avez plus d’espoir, que la justice ou la police ne peuvent plus vous aider, alors laissez le message XYZ à la gare de Shinjuku. Car dans la jungle du quartier tokyoïte, le duo City Hunter règle les affaires sensibles. Derrière ce pseudonyme se cache le sage Hideyuki Makimura et l’exubérant Ryo Saeba. Un duo de choc dans une ville menacée par les cartels de la drogue sud-américains. Continuer la lecture de City Hunter (Tsukasa Hojo)

Chronique | GTO : Great Teacher Onizuka (Toru Fujisawa)

Eikichi Onizuka, 22 ans, toujours puceau ne sait pas vraiment quoi faire de sa vie. Par un improbable concours de circonstance, il devient enseignant stagiaire dans un collège privée très réputé ? Mais comment lui, issu d'une université de 5e catégorie, ancien chef de gang bosozoku (motards), va-t-il faire face aux élèves, enseignants et parents qui veulent tous sa peau ? Avec fantaisie, humour, inventivité... et pas mal de surprises. Continuer la lecture de Chronique | GTO : Great Teacher Onizuka (Toru Fujisawa)

Chronique | City Hall (Guérin & Lapeyre)

city_hall_une1Dans un Londres uchronique aux allures steampunk, comprenez le genre qui mélange fantasy et révolution industrielle, le ministre des finances est assassiné d’une façon bien étrange. Immédiatement, Carlton Lester, chef de la police, est sur place. Quand il découvre une feuille de papier accroché au cadavre, c’est la panique. En effet, dans ce monde, tout ce qui est écrit sur du papier prend vie… et il semble qu’un malfaiteur ait découvert ce secret. Aussitôt, le maire de Londres fait appel à deux jeunes auteurs de e-books, Jules Verne et Arthur Conan Doyle.

Manga + France

Manfra… mot-valise utilisé depuis 2006 pour évoquer le manga à la française ou, si vous préférez, la bande dessinée européenne à la japonaise. On a parlé également de manga-camembert. Terme un peu moins flatteur. Mais à cette époque, la bande dessinée japonaise était le diable envahisseur incarné, et donc encore assez minoritaire dans la création city-hall-2-ankamaeuropéenne… en tout cas pour le grand public. Évidemment, de nombreux cas démontrent le contraire : Frédéric Boilet pour son travail d’éditeur et de créateur (L’épinard de Yukiko…), Jean-David Morvan dont la série Sillage a clairement des influences japonaises, Vanyda avec son trait « asiatique »  notamment dans L’immeuble d’en face, et bien entendu le monument Moebius qui a joué le jeu de la collaboration avec Taniguchi pour Icare. Progressivement, la nouvelle génération d’auteur a intégré un certain nombre de codes, surtout graphiques, de la bande dessinée japonaise. Il suffit de voir le succès en médiathèque de livres pratiques sur « Comment dessiner un manga » pour s’en persuader. Après tout, à force de lire des bandes dessinées japonaises, et pour certains adolescents presque exclusivement de la bande dessinée japonaise,  il fallait bien que ça arrive. Et dire que les années 2000 ont été le point d’orgue de la vague manga est un doux euphémisme. Nés en 1978 et 1979, Rémi Guérin et Guillaume Lapeyre sont de cette première génération à avoir connu les animes et autres "japoniaiseries" comme disaient leurs (et les nôtres aussi) parents. Pour autant, City Hall est-il un manga ? Oui… presque. Cette série intègre les codes narratifs du shonen manga et plus particulièrement du type Nekketsu. Pour simplifier : amitié, pouvoirs magiques, lutte contre les forces du mal et en filigrane la recherche de l’image du père sont les éléments principaux de cette série.

Horripilant fan service

ameliaGraphiquement, même combat. Malgré des visages plus carrés, un souci du détail sans doute plus abouti (décors, vêtements, visages, combat parfois au détriment d’une certaine visibilité…), nous sommes clairement dans une construction et un découpage manga. D’ailleurs, j’ai même été désorienté par la lecture européenne… de gauche à droite. On retrouvera même le fameux fan service qui permet le soupçon d’érotisme nécessaire pour accrocher les lecteurs à certaines pages. D’ailleurs je souhaiterai faire un petit aparté à ce sujet. Récemment, un débat a fait rage sur le sexisme de la communauté geek.  La bande dessinée est un élément important de cette culture populaire (avec le JDR, les jeux vidéos…). Sexisme ou pas, je me demande quand même en voyant les tenues légères des personnages féminins de City Hall quel est l’intérêt en terme de narration ? Certes, cette série n’arrive pas à la cheville de certaines de ses consœurs  mais peut-on m’expliquer pourquoi une femme d’action comme Amelia (la figure féminine principale du récit) a-t-elle besoin d’avoir un pantalon taille-basse moulant et d'un petit débardeur mettant en valeur des formes généreuses ? Est-ce que ça arrête les balles ? Pourquoi, l’autre personnage féminin (dont je ne dévoilerai pas l’identité ici) est-elle simplement habillée comme une super-héroïne marvel  ? Quand on compare les personnages masculins, habillés tous comme des bourgeois londoniens de la fin du 19e, on se demande vraiment l’intérêt. On me parlera de rupture au côté « pépère » des personnages masculins. Je reste sceptique. Il faudrait peut-être prendre conscience de ce côté un peu malsain (sans jeux de mots) de l’évolution de la bande dessinée grand public. L’industrie du manga, au même titre que le comics ou certaines branches de la bande dessinée européenne (je ne vous ferais pas un dessin), n’est pas forcément un exemple à suivre sur ce sujet.

Spécificité du manga français ?

Tout cela est d’autant plus dommageable que les auteurs de City Hall, tout en s’inscrivant dans le genre manga, ont réussi à proposer un récit particulièrement original. Comme je suis un petit malin, vous avez remarqué mon « presque » tout à l’heure. Oui je suis machiavélique, je sais ! Ce « presque » est la nuance qui donne tout son caractère – et sa réussite – à cette série. Globalement, il me semble difficile pour un européen de faire un vrai manga tant le genre repose sur une histoire du média particulière et complexe. Mais l’inverse est vrai également. Les mangakas faisant évoluer leur récit dans un milieu européen n’arrivent pas forcément à intégrer l’environnement. Je pense par exemple à Monster qui se déroule en Allemagne.

city-hall3En revanche, réussir à intégrer sa propre culture dans un genre différent pour créer une forme hybride est un travail intéressant. Avec City Hall, il me semble que cet objectif commence à être atteint. En prenant pour personnages principaux et secondaires des auteurs classiques de la littérature européenne (Jules Verne, Arthur Conan Doyle, Georges Orwell…), en insérant constamment des références aux grandes œuvres, en intégrant les codes du « polar », en jouant également sur le débat – et la peur inhérente – du développement de la lecture sur support numérique, bref, en prenant en compte leur héritage et leur environnement culturel, ils ont ainsi créé un « vrai » manfra, pas une pâle copie d’une énième série japonaise.

On pourrait développer le côté lecture numérique mais ma chronique est déjà bien trop longue. Comme quoi, il y a beaucoup à dire sur cette série. City Hall est passionnant à plus d’un titre. Tout d’abord par le scénario bien pensé de son premier cycle, ensuite pour ce côté hybride qui en fait une œuvre à part, enfin parce qu’il est peut-être la réponse à une édition manga qui s’essouffle. Je regrette simplement ce côté fan service sexiste qui ne sert jamais vraiment le récit. Mais City Hall est une très bonne série à découvrir ! A découvrir : le blog officiel
City-hall-ankamaCity Hall (3 volumes, série en cours) Scénario : Rémi Guérin Dessins : Guillaume Lapeyre Editions : Ankama, 2012 (7,95€) Public : Ados Pour les bibliothécaires : enfin, un manga français qui tient la route !

Chronique | Kenichi, le disciple ultime (Matsuena)

Depuis tout jeune, Kenichi Shirahama est un souffre-douleur. Petit et malingre, il veut changer les choses et s’inscrit dans le club de Karaté du lycée. Mais les ennuis arrivent vite et il est confronté aux velléités agressives de ses petits camarades. Heureusement, peu de temps avant, il a rencontré Myu, une jeune et sexy jolie jeune fille. Cette dernière s’avère être en fait une spécialiste des arts martiaux. Mais d’où tient-elle cette force ? Kenichi va bien vite le découvrir en devenant le disciple du Ryôzampaku… un dojo regroupant les plus grands maîtres d'art martiaux. Certaines œuvres visent les plus hautes sphères du monde de la bande dessinée, certains auteurs ont de grandes prétentions, cherchant par un trait, une phrase, un scénario bien pensé à nous transporter dans des univers fabuleux, merveilleux, différents… Soyons francs, ce n’est absolument pas le cas de cette série. Kenichi assume pleinement son côté divertissant. Voici un manga d’action et d’humour. Rien de plus, rien de moins. Fin de la chronique. … … Bon d’accord, je développe un peu. Sinon, mon ami Pfff risque encore de me dire que je fais dans la chronique défécatoire. Bref, assumer c’est bien mais encore faut-il le faire correctement ! Shun Matsuena réussit plutôt bien son coup et s’inscrivant dans la plus pure tradition du shonen d’arts martiaux, un genre qui se destine principalement aux ados boutonneux à chromosome Y. Je sais d’expérience que les filles rigolent bien aussi. On pense évidemment aux grandes séries qui ont bercé la jeunesse de la génération Club Dorothée type Ranma 1/2 et bien sûr au cultissime Dragon Ball (et ses fameux saignements de nez...). Alors quels sont les éléments qui vous feront aimer ou détester Kenichi ? Tout d’abord, l’idée force, celle qui fait avancer tous bons shonen : le dépassement de soi. Classique ! Notre héros est un jeune homme sans véritable talent pour les arts martiaux mais peu à peu, il devient un vrai combattant à force de travail et d’application. Au passage, KBD a consacré son mois de juillet au dépassement de soi, vous trouverez une bonne liste d’albums sur cette page. Mais bon, le petit Kenichi a son petit truc en plus, le détail qui fait la différence entre un bon élève et un disciple ultime. Mais ça, je ne le dévoilerai pas ici. Viens ensuite la narration. Les ficelles sont grosses mais le lecteur est vite pris dans l’engrenage de cette série (46 volumes au Japon quand même !). Grosso-modo, le premier cycle des aventures correspondant à l’apprentissage et au combat contre le Raghnarok - la bande de voyou locale -  compte 16 volumes. Durant ce temps très longs, le challenge monte en puissance au fur et à mesure. Les adversaires sont de plus en plus fort, de plus en plus résistant, bref de plus en plus tout… Les combats, qui mêlent situations farfelues et précisions dans la description de certains coups (au vu de mes connaissances – limitées – en karaté) sont très bien amenés. Rien n’est jamais gratuit de ce côté-là. De plus, ces combats ne dépassent jamais un ou deux chapitres. On ne ressent pas la lassitude des éternels combats de Saint Seya (Les Chevaliers du Zodiaque en VF). Emportés par le graphisme dynamique, là encore classique pour du manga, on veut en savoir plus : les mystères des bons et des gentils. Au passage, on remarquera les pirouettes scénaristiques qui font passer les personnages d’un camp vers l’autre. Heureusement, nous avons suffisamment de méchants en réserve (quasi inépuisable d'ailleurs). Mais cette série tient surtout sur son auto-dérision potache. Nous sommes presque plus dans le genre « humour » que « combat à la Dragon Ball ». Cette capacité à se moquer de soi-même est incarné par les personnages secondaires. En particulier les six maîtres du Ryôzampaku. Je ne vais pas trop vous révéler leurs caractéristiques, disons qu’ils sont de grands originaux… ou plus simplement de grands malades qui n’hésitent jamais à maltraiter ce pauvre Kenichi. On dit souvent que la richesse d’une série tient beaucoup sur ses personnages secondaires. Dans ce cas, ce manga est une vraie mine de franc éclat de rire. Nous ne sommes pas dans l’intellectuel, loin de là. Mais il y a beaucoup de légèreté et franchement ça fait du bien parfois de poser le cerveau (sous réserve de le retrouver à la sortie) ! Dans le même ordre d’idée, j’ai apprécié le personnage de Myu. Héroïne bien plus complexe que son graphisme ne le laisse penser. Par la grâce du fameux « fan service » (je vous laisse regarder les couvertures, vous comprendrez) qui a si longtemps catalogué le manga au rang de BD pourrie pour obsédés sexuels, cette héroïne repose sur tout un tas de clichés. Heureusement, ils volent vers d’autres cieux au fur et à mesure. Finalement, elle est bien la pierre angulaire qui fait que tout ce petit monde cohabite. Un personnage féminin plutôt bien penser. D'ailleurs les personnages récurrents ont tous un petit background. Cela permet aussi à l'auteur de se ménager des moments de pause en déviant de l'histoire principale pour approfondir un personnage secondaire. Cela donne un peu de profondeur à l'ensemble. Si vous aimez rire, si vous aimez les combattants qui ne prennent pas au sérieux alors Kenichi est pour vous. Pur manga de divertissement, ce shonen vous fera passer de très bons moments. On regrettera juste le « fan service » qui bloquera quelques lecteurs (et surtout leurs parents) à la couverture. Mais ce côté est plutôt bien intégré dans le récit. Bref, Kenichi, c’est divertissant, ça s’assume… et c’est déjà pas mal ! A lire : la fiche technique sur manga-news
Kenichi, le disciple ultime. (27 tomes, série en cours) Titre original : Shijou Saikyou no Deshi Kenichi Scénario et dessins : Shun Matsuena Editions : Kurokawa, 2008 (6,60€) Edition originale : Shogakukan, 2002 Public : à partir de 10 ans Pour les bibliothécaires : un style tout à fait classique pour du shonen. Très prenant. Nombre important de volume cependant (mais pas trop cher). Bref, réfléchir avant de se lancer mais une série qui devrait connaître son petit succès auprès de vos lecteurs.

Chronique | Bakuman T.1

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scénario Tsugumi Ohba dessins de Takeshi Obata Editions Kana Série en cours (5/??) Public : Ados et + Pour les bibliothécaires : une bonne série sur l'univers du manga. Question qui tue : section adulte ou jeunesse ? Je n'ai pas tranché 🙂

Mangaka powaaaaa !!!!

Il est surprenant et étonnant de voir des auteurs changer complètement de registre d’une série à une autre. Il faut quand même ne pas avoir peur de la réaction des lecteurs surtout quand vous venez de signer Death Note, le thriller fantastico-gothique qui a fasciné une bonne partie du monde du manga.
Dans Bakuman pas question de tuer en écrivant dans un cahier ni même de dominer le monde (enfin pas le monde entier). Nous suivons les aventures de deux adolescents de 14 ans. Mashiro a un don incontestable pour le dessin mais se laisse porter par le cours du temps et son milieu social. Sans grande illusion sur ses capacités, il s’attend à vivre une vie peinarde de citoyen japonais moyen. Takagi, lui, est tout le contraire. Élève brillant se destinant à Todaï (la plus prestigieuse université public du Japon), il est volontaire et un brin manipulateur. A priori ces deux-là n’ont rien en commun hormis leur école. Mais un dessin griffonné sur un cahier oublié dans une salle de cours va tout changer. Takagi dévoile son rêve à Mashiro : créer des mangas ! bakuman_2Bienvenus dans le petit monde des mangakas ! Chose certaine, les œuvres traitant des créateurs de mangas ne sont pas légions. Il faut croire que l’autobiographie est moins monnaie courante au Japon qu’en Europe. On peut avoir en tête l’excellent Journal d’une disparition de Hideo Azuma, qui ne présentait pas cet univers d’une manière très positive ou encore le très bon Un Zoo en hiver de Taniguchi qui posait un regard plus serein. Il en existe sans aucun doute d’autre mais c’est tout de même la première fois que j’ai l’occasion de lire un shonen sur ce thème ! Les Shonen (manga pour garçons) répondent toujours aux grands principes de : « suis ton rêve et soit prêt à tout pour l’atteindre ! ». Bakuman n’échappe pas à la règle. Cependant, cette logique, toujours primordiale, n’empêche pas une forme de dérision et/ou d’autodérision. Pour ne rien vous cacher, les personnages sont parfois outrageusement caricaturaux. Le romantique et l’exalté, la timide et la figure du maître (l’oncle certes disparu mais omniprésent dans ce premier volume). Et on sent que les deux auteurs se sont beaucoup amusés avec leurs personnages. Du coup, les situations et les réactions sont parfois tellement énormes qu’on ne peut qu’éclater de rire avec franchise. Ça ne m’était pas arrivé souvent avec Death Note. Toutefois, ce shonen ne se veut pas qu’une caricature de l’univers des créateurs de mangas. Les différentes pratiques comme l’utilisation des plumes, les étapes de création graphiques (de la création des personnages à la mise en place des trames), le découpage (avec les fameux Nemu qui surprendront le pauvre Takagi) et même les relations avec les éditeurs, tout cela est présenté avec un grand sens du détail. De là à savoir si c’est la vérité… je ne suis qu’un humble chroniqueur (et même pas professionnel). Si j’ajoute les tonnes de références aux œuvres passées et présentes du manga (Death Note par exemple), on peut y voir un vrai souci didactique.bakuman02 Dernière grande qualité de ce premier volume, qualité déjà présente dans Death Note, c’est le dessin de Takeshi Obata ! Je ne le dis pas souvent à propos des mangas, mais là je trouve son style impressionnant de finesse. D'une manière générale, son desssin (et celui de son studio ^^) est vraiment reconnaissable entre mille. Bref, si vous avez envie d’en connaître un peu plus sur l’univers des mangaka, si vous avez envie de lire une série dynamique et drôle, nous vous conseillons d’entamer la lecture cette oeuvre. Une entrée en matière agréable de bout en bout ! A suivre donc ! Encore une fois, c’est Ginie de Bulles et Onomatopées qui m’a fait découvrir cette série. Encore une fois, cette lecture rentre donc dans le cadre du Challenge Pal Sèches de Mopalseches A voir : un site de fans (ou vous pourrez découvrir des extraits de l'anime) A lire : la critique de krinein

Chronique | Doubt

scénario et dessins de Yoshiki Tonogaï éditions Ki-oon (2008) éditions originale Square-Enix (2008) Public : 15-25 ans surtout, les adultes amateurs du genre. Pour les bibliothécaires : A conseiller au public adolescent découvrant les joies des sections BD adultes. Série courte ce qui est un avantage.
"Rabbit Doubt fait fureur au Japon. Dans ce jeu sur téléphone portable, des lapins doivent débusquer le loup qui se cache parmi eux. Quant au loup, il doit utiliser tous les subterfuges possibles pour semer la confusion dans le groupe et éliminer un par une tous ses adversaires. Mais pour ces cinq fans, Rabbit Doubt ne tarde pas à virer au cauchemar. Ils se réveillent dans un bâtiment désaffecté. Tatoué sur la peau des adolescents, un mystérieux code-barres qui leur permet à chacun d’ouvrir une porte différente semble être leur seul espoir de salut. Pas de doute : un loup se cache bien parmi eux et il faudra le démasquer… avant d’être dévorer". (synospis de l’éditeur) C’est dans un salon du livre, très intrigué par la couverture du premier volume (retournez votre écran pour mieux voir) que j’ai commencé à feuilleter cette série. Dès les premières pages le dessin très classique  propre, plutôt aéré, agréable à première vue ne trompe personne, on sent l’espèce d’atmosphère étrange entre ces 6 inconnus liés uniquement par un jeu de dupe. Et très vite, tout bascule, pour eux comme pour nous. Le récit prend enfin sa forme véritable : bienvenus dans un huis-clos angoissant où chaque personnage est un tueur potentiel, bienvenus dans un petit monde où l’innocence a disparu, bienvenu dans Doubt ! Appréciant plutôt ce genre de manga, il m’était difficile alors de lâcher l’affaire et j’ai donc acheter (sans trop me ruiner, merci pour moi) les 4 volumes de la série… La population visée par cette série est clairement un public de d’jeuns, les 15-25 ans se retrouveront dans les codes sociaux des personnages et la narration va dans ce sens (réaction des personnages, côté malsain pas toujours poussé à fond). Avec un peu d’habitude, de perspicacités,  de lectures des grands maîtres du thriller - on pense immédiatement à Agatha Christie et à ses « Dix petits nègres - il n’est pas très difficile de deviner qui est le coupable. Cependant, l’auteur sait jouer avec vos nerfs et poser la petite griffe du doute dans votre esprit…  et je ne vous parle même pas des personnages ! Et même quand les certitudes sont enfin établies, les surprises sont encore de taille… jusqu’à l’ultime page de l’ultime volume. L’histoire est bien bâtie et ne laisse pas de place aux approximations, vous aurez même le droit à un plan détaillé de l’entrepôt. Ici, le jeu  du chat et de la souris atteint son paroxysme. Graphiquement, le dessin est très plaisant et dynamique. Seul reproche, la luminosité surprenante pour une série de ce genre. Heureusement,  les effets de manche sont limités au nécessaire et la constante apparition de ces masques de lapin rapiécés suffit bien souvent à poser une pression sur les épaules de chacun. Ici pas (trop) d’abus mais de vrais scènes macabres qui vous feront avaler votre salive de travers. Si évidemment, Doubt n’atteint pas la qualité d’œuvre proche comme Dragon Head ou Monster, il reste une lecture de très bonne qualité à placer au même niveau que les mangas de Tetsuya Tsuitsui. Un  manga entre le shonen et le seinen à conseiller aux amateurs du genre. Mais attention, âmes sensibles s’abstenir ! A lire : la critique de manga-news A découvrir : les premières pages de la série sur le site des éditions Ki-oon (cliquez sur l'album Doubt)

800ème chronique d’IDDBD !

Neuro - Tome 1 : La faim encéphalique (scénario et dessin de Yusei Matsui, collection Shônen, éditions Glénat, 2008) Pour cette 800ème chronique (déjà !), IDDBD vous propose de revenir sur un manga annoncé jeudi dernier : Neuro. Si je vous parle de démons venus des Enfers pour entrer en contact avec de jeunes lycéens, de criminels punis, de policiers un peu débordés... vous pensez certainement à Death Note, l'un des manga culte chaudement recommandé par IDDBD (initialement découvert pour nous par David). Vous n'avez pas tort mais les caractéristiques énoncées plus haut se retrouvent également chez Neuro, la nouvelle série publiée depuis quelques jours par la collection Shônen de Glénat. Mais attention ! Ne vous méprenez pas ! Neuro n'est pas un Death Note bis ! Neuro, ce démon venus d'une autre dimension, se nourrit de mystères (contrairement aux dieux de la mort qui se nourrissent de pommes, c'est bien connu...). Après avoir épuisé son monde, il a décidé d'investir le nôtre et de s'attacher au destin d'une jeune lycéenne, Yako Katsuragi, dont le père est mort quelques mois plus tôt, dans d'étranges circonstances... Cette jeune lycéenne n'est pas vraiment le clone de Light, le héros de Death Note, également lycéen. Yako Katsuragi aime surtout manger et ne cherche pas spécialement à se tranformer en la détective privée que Neuro va la pousser à devenir (parfois en usant de moyens pour le moins convaincants...). Car contrairement à l'autre série, ici, c'est Neuro qui mène la danse en faisant de Yako sa marionnette au service de son insatiable appétit de mystères à résoudre. Du moins au début... Mais l'univers de Neuro n'est pas aussi sombre que celui de son aîné. L'humour est omniprésent, qu'il s'agisse des situations ou de l'apparence des personnages. Le ton est également plus ludique, y compris pour les enquêtes dont se nourrit Neuro : vous pourrez toujours tenter de les résoudre avant Yako et son diable de compagnon (bonne chance quand même !). Et pourtant, à la lecture de ce premier tome, j'ai comme l'intuition que ce manga n'est pas aussi léger que ce qu'il donne à voir, comme si l'auteur nous attirait avec un petit cocktail sucré et coloré qui pourrait bien se transformer en tout autre chose au fil des tomes... Hum ! Serais-je déjà contaminé par Neuro en voyant des mystères partout ? En tout cas, ce qui ne l'est pas (un mystère), c'est qu'IDDBD s'est régalé à la lecture de ce premier tome et qu'il attend avec impatience le 27 août prochain pour dévorer le deuxième et troisième tome ! A lire : les premières planches sur le site de Glénat A voir (après avoir lu le tome 1, c'est mieux...) : le premier épisode de l'anime tiré du manga Neuro (en deux parties sous-titrées en français). Partie 1 et partie 2 (un vrai régal)