Archives par mot-clé : Manu Larcenet

Le retour à la terre T.4

(scénario de Jean-Yves Ferri, dessin de Manu Larcenet, collection Poisson Pilote, éditions Dargaud) Chaque blog a sa marotte (je vous laisse découvrir celui de blog up...). Sur IDDBD, notre marotte (mascotte ?), c'est Manu Larcenet. Dès que cet auteur publie quelquechose, IDDBD se précipite et l'arrache des mains du libraire, des fois en le payant (je sais, j'ai dit la même chose de Jirô Taniguchi il y a quelques jours... et alors ? On a le droit d'avoir plusieurs marottes...). Depuis quelques mois (années ? déjà...), Manu Larcenet nous fait le bonheur de publier régulièrement un tome de sa série Le retour à la terre. Pour ceux qui ne connaissent pas, il dessine les strips imaginés par son comparse Jean-Yves Ferri qui imagine ce que pourrait être l'installation imaginaire de Manu, le banlieusard de Juvisy, dans un petit village tout droit sorti de son imagination. Des gags, des personnages hauts en couleur, de l'amour, de la tendresse, de vrais moments de vraie vie... C'est tout ça Le retour à la terre. Dans ce quatrième opus, alors qu'un véritable déluge s'abat sur les Ravenelles, que Capucine (la fille du Manu du Retour à la terre...) ne s'endort qu'en écoutant Eddy Mitchell et que monsieur Henri (un voisin...) construit un navire, Manu, au bras de son ex (au patronyme imprononçable...), croise de débonnaires Atlantes en villégiature dans la région... Délirant ? Pour sûr mon gars ! C'est ça qu'est bon ! A lire : cinq planches sur le site de la collection Poisson Pilote A (re)lire : la chronique d'IDDBD sur les trois premiers tomes

Superjmyconnaisamort

(de Manu Larcenet, sur le blog de Manu Larcenet, http://tempsperdu.over-blog.org) Bon, vous le savez, IDDBD est ce que l'on peut appeler un fan du travail de Manu Larcenet. On n'a pas dit "fan de Manu Larcenet" vu qu'on ne l'a jamais rencontré, qu'on ne le connait qu'à travers ses BD, ses interviews, son blog et le DVD "Des instants précieux" (remarquable et déjà chroniqué sur IDDBD...) et qu'il serait donc présomptueux (voir idiot) de prétendre être fan de quelqu'un qu'on ne cotoie pas. Bref, tout ça pour vous dire qu'IDDBD va régulièrement visiter le blog de Manu Larcenet, http://tempsperdu.over-blog.org, et que la dernière trouvaille du jour est un nouveau super héros comme il les aime (et nous avec...) : Super "J'm'y connais à mort" (Superjmyconnaisamort pour pouvoir être écrit sur le tee-shirt moulant). Après les Super héros injustement méconnus (chez Fluide Glacial), après Edukator (dans la collection Poisson Pilote des éditions Dargaud, voir la chronique sur Nic Oumouk) voici donc Superjmyconnaisamort ! Superjmyconnaisamort, c'est le type que vous avez rencontré un million de fois, celui qui a toujours un bon conseil à vous donner (souvent après que vous ayez fait la connerie...), celui qui connais tout sur tout, qui a tout vu, tout lu... le vrai puant quoi. Alors, quand un type comme ça s'attaque à Manu Larcenet, je peux vous dire que c'est du lourd ! Personnellement, j'voudrais pas vous dire c'que vous avez à faire mais bon, j'm'y connais à mort en BD et j'vous dis qu'vous devriez aller fissa sur le blog de Manu Larcenet. Enfin bon, c'que j'vous dis moi... A voir et à mater : Superjmyconnaisamort sur le blog de Manu Larcenet

Le temps de chien – Une aventure rocambolesque de Sigmund Freud

(scénario et dessin de Manu Larcenet, collection Poisson Pilote, aux éditions Dargaud) Pour attaquer ce mercredi, rien de mieux qu'un petit Larcenet pour se mettre en jambe, en neurone et en zygomatiques. Avec Le temps de chien, vous aurez assurément de quoi faire ! En jambe pour courir chercher cet album chez votre libraire préféré ou à la médiathèque la plus proche. En neurone pour la finesse et l'intelligence de l'humour de Manu Larcenet, que vous commencez à bien connaître si vous fréquentez régulièrement IDDBD. En zygomatiques parce qu'humour fin et intelligent n'est pas incompatible avec grosse rigolade. Comme le titre l'indique, Le temps de chien est une aventure délirante de Sigmund Freud. Mouais... sauf qu'elle se passe en Amérique, au Far West pour être précis, et qu'elle est imaginée par un Manu Larcenet plus débridé que jamais (tiens, lorsque je dis "débridé", ne ferais-je pas référence à... mais hum, je m'égare...). Autant vous dire que notre Sigmund va tâter de l'Ouest sauvage et se frotter à sa population plus que rustique. C'est sûr que ça le change des divans viennois. Entre les champignons hallucinogènes offerts par un chaman nain, l'accueil viril de villageois chicanos et d'autres rencontres plutôt surprenantes, le voyage va légèrement bousculer le célèbre psychanalyste autrichien... Et en parlant de chien (désolé, il fallait la faire..), sa rencontre avec Spot, un chien errant, évadé du pénitencier local, à la recherche de son âme, sera le pompon d'une aventure effectivement rocambolesque. Bref, un album de Manu Larcenet comme on les aime sur IDDBD... Et pour vous éviter un clic (ouf...), voici l'excellent pitch de l'éditeur (après ça, osez dire qu'on vous mâche pas le travail, feignasses va!) : "Sigmund Freud en a marre des rombières hystériques. Il décide de tester un continent neuf et d’exercer ses talents sur les garçons vachers. Il débarque donc en Amérique avec son fidèle assistant Igor, qui râle : à Vienne, c’était la gloire et la belle vie, et les voilà dans un pays hostile, plein de scorpions et de tueurs mexicains. Sigmund, ce qui l’inquiète, c’est l’absence de divans. Pendant ce temps, le pauvre clébard Spot subit les pires sévices au pénitencier de Pessimistic Lines, spécialisé dans les chiens errants. Tous les dimanches, le curé leur rappelle pourquoi ils sont dans la mouise : ils n’ont pas d’âme. Donc, Spot veut une âme, qu’il va aller chercher auprès du chaman de Tacomo. Pour ce faire, il s’évade du pénitencier. On ne présente plus Sigmund Freud, mais lui, il se présente : "Psychanalyste viennois de renommée mondiale, névroses en tout genre, psychoses en gros et demi-gros." Malgré tout, depuis qu’il questionne les autochtones sur leur enfance et leur maman — généralement violée et assassinée —, le résultat est affligeant. "Nous progressons", dit-il néanmoins chaque fois qu’il s’enfonce. Ce qui cloche, c’est l’aspect un peu brutal du vécu de chacun : ce pays ne compte que des victimes et des bourreaux. Les bourreaux sont infréquentables, et les victimes trop résignées pour que la cure porte ses fruits. Mais pas question de rentrer bredouille à Vienne. Sigmund tient à psychanalyser un Américain — "même un tout petit ferait l’affaire" — et il jure d’essorer à fond le prochain névrosé qu’il croise sur sa route. Le névrosé, c’est Spot, le chien qui veut une âme. Un rêve de psy ! D’après Sigmund, les vieux barbons de l’Académie vont être verts. D’après Igor, ils vont plutôt crever de rire. "M’en fous, j’les nique", répond sobrement Sigmund. Le bon, la brute et le divan. Les cheminements alambiqués (et monomaniaques) du psychanalyste parachuté dans un monde sans foi ni loi, voilà un choc intéressant. Par exemple, si les gardiens du pénitencier (des tueurs nés) s’acharnent sur le chien, c’est qu’ils nous font "un caprice anal probablement d’ordre traumatique", avance Sigmund. "Nous progressons." Pour sa première BD en solitaire chez Dargaud, Larcenet nous offre un western hilarant, une page mal connue (et passablement loufoque) de la vie de Sigmund Freud, et une belle histoire d’amitié entre un homme et un chien." A lire : l'excellentissime critique de Wanax sur Paris Etudiant A voir et à mater : les cinq premières planches de l'album sur le site de la collection Poisson Pilote

Total souk pour Nic Oumouk

(scénario et dessin de Manu Larcenet, collection Poisson Pilote des éditions Dargaud) Nic Oumouk est une bande dessinée réjouissante comme sait les faire Manu Larcenet, dans la lignée de la Légende de Robin des Bois (publié dans la même collection). D'ailleurs, si vous avez suivi les suggestions d'IDDBD en la matière (et donc que vous avez lu La légende de Robin des Bois...), vous vous rappelez sans doute de Kader, ce "jeune sarrazin" guidant le déjanté et sénile Robin dans la grande Cité (ah, la scène du frigo !). Et bien, Nic Oumouk est certainement l'un des cousins de Kader. Comme lui, il vit en banlieue, une zone où décidément tout est encore possible : si Robin des Bois n'est plus, Edukator, le super-héros masqué défenseur de l'orthographe, veille sur les graffitis bombés sur les murs, tandis que Yannick Noah, le roi du racket (!), règne en maître ès délinquance sur la cité. Entre les deux, Nic Oumouk traîne ses plans foireux et ses deux potes, Mourad et Jambonneau (alias Jean Bruno), avec un objectif majeur : survivre... et peut-être se tailler (au cuter) une place au soleil... Evidemment, l'humour ravageur de Manu Larcenet est omniprésent et les tentatives de Nic Oumouk de devenir un bon fils (aïe, les râclées de sa mère !), un bon manager de rap (aïe, la recherche d'une salle municipale !), un bon délinquant juvénile (aïe, les tentatives de racket ou de cambriolage !), un bon de l'orthographe (aïe, les punitions d'Edukator !) et un bon multi-millionnaire en dollars (aïe, la chasse au cheick !) nous plient en deux de rire ! Bien entendu aussi, Manu y glisse, comme à son habitude, une petite pointe douce-amère qui finit de nous rendre ses personnages terriblement attachants. Au cas particulier, c'est l'absence du père de Nic, parti il y a cinq ans très loin, construire une très longue autoroute en Finlandalousie... Bref, du pur Manu Larcenet comme on l'aime (aussi) ! "Vazi, elle est pas belle la vie, 'culé ?". A voir et à lire : les quinze premières planches sur readbox.com (allez dans la bibliothèque et faites défiler jusqu'à Nic Oumouk) A  voir : la galerie sur le site de Poisson Pilote

Presque

(histoire et dessin de Manu Larcenet, aux éditions Les rêveurs de runes) Je ne connaissais pas l'album Presque de Manu Larcenet. Je l'ai pris en faisant confiance à l'un des bibliothécaires de Poissy et je ne le regrette vraiment pas... Je regrette seulement d'avoir chroniqué La ligne de front sans avoir lu Presque avant. J'aurai mieux compris les engoulevents, les gradés stupides et les angoisses du caporal Van Gogh... Je regrette aussi d'avoir chroniqué Le combat ordinaire sans connaître le Marco de Presque et la mère de Manu lui annoncer (déjà) "Je t'ai fait du poulet...". Je regrette enfin d'avoir fait mon service militaire sans trop me poser de questions et, surtout, sans colère, puisque c'est de cela dont nous parle Manu Larcenet dans Presque.

Enfin, il nous parle surtout d'enbrigadement, de violence, de perte d'identité et d'humanité, de repères et d'une journée très particulière vécue pendant les manoeuvres de fin de classes sur une base désaffectée de l'Armée de l'Air, en Lorraine, avec son compagnon Marco.

Presque n'est pas un cri anti-militariste râgeur. C'est un coup de poing visuel en même temps qu'un témoignage intime et bouleversant, calmement sussurré à votre oreille (c'est d'autant plus terrifiant). On y retrouve déjà (l'album date de 1998) tout ce qui a fait le Manu Larcenet que nous connaissons aujourd'hui... Merci au personnel de la Bibliothèque Municipale de Poissy sans qui la rencontre avec cet album essentiel ne serait pas arrivée... A lire (indispensable) : l'interview de Manu Larcenet sur du9.org (1998) A lire : les chroniques de Presque sur du9.org et coinbd.com A lire (aussi) : la bio de Manu Larcenet sur Wikipedia.org

Le combat ordinaire T3 : Ce qui est précieux

(scénario et dessin de Manu Larcenet, couleurs de Patrice Larcenet, éditions Dargaud) Vous le savez si vous êtes déjà venu sur IDDBD (et vous le découvrirez si c'est la première fois...) : on est FAN du travail de Manu Larcenet. La chronique que vous vous apprêtez à lire est donc non seulement totalement subjective (comme toutes les autres d'ailleurs...) mais aussi totalement dithyrambique ! Il n'empêche que tout ce que vous allez lire est totalement fondé (je sais, ça fait beaucoup de totalement mais c'est comme ça...). Ces précautions oratoires posées, le troisième tome du Combat ordinaire, intitulé Ce qui est précieux, est à la hauteur des deux précédents (ça, ce n'est pas une surprise...). Il est même un cran au-dessus en ce sens qu'il constitue une sorte de point d'orgue dans le déroulement de l'histoire de Marco Louis, ce photographe trentenaire qui vient de perdre son père dans des circonstances dramatiques (l'homme, atteint de la maladie d'Alzheimer, s'est suicidé...) et dont la compagne, Emilie, attend de lui qu'il veuille bien lui faire un enfant... Sa nouvelle rencontre avec l'ancien officier parachutiste qui avait connu son père durant la guerre d'Algérie est un autre moment crucial de l'histoire. On y apprend bien des choses sur la nature humaine, celle des autres et la nôtre (nos jugements sur les gens notamment, parfois un peu expéditifs, parfois un peu trop définitifs...). Et puis, il faudrait parler des relations avec la mère de Marco, décrites avec une délicatesse rare, et les moments de rigolades aussi, contrepoids aux planches les plus sombres d'un Manu Larcenet plus qu'inspiré, habité par son sujet. Ce qui est précieux est un peu le combat ordinaire et universel de la vie (l'enfant désiré) contre la mort (du père, des illusions, d'une part d'enfance). C'est aussi toutes ces petites choses, anodines en apparence, qui font que l'on continue à vivre malgré les pertes et les douleurs... Nous disions que Manu Larcenet est un humaniste, un vrai. Il le confirme de manière magistrale dans ce troisième tome... Cerise sur le gâteau : le DVD Des instants précieux qui accompagne l'album. Réalisé par Sam Diallo et Laurent Beaufils, il nous entraîne à la suite d'un Manu Larcenet particulièrement bavard (que c'est bon !) sur son travail, sur la façon qu'il a eu d'aborder cet album... Filmé à la manière de l'émission belge Streap Tease (c'est-à-dire sans commentaires), ce DVD est un pur moment de bonheur (y compris les bonus...) et un complément indispensabe aux fans et aux autres (c'est toujours intéressant de voir un artiste travailler...). Merci à vous messieurs Diallo et Beaufils ! A lire : la chronique d'IDDBD sur les deux premiers tomes A visiter : le blog de Manu Larcenet où l'on apprend, entre autre, que le tome 4 du Retour à la terre est fini ! On l'attend avec impatience !

La légende de Robin des Bois

(scénario et dessin de Manu Larcenet, collection Poisson Pilote des éditions Dargaud) L'hiver vous semble long ? Le moral est aussi bas et glacé que le ciel ? Oulala ! Il faut vite réagir, et vite ! Heureusement, le bon docteur IDDBD a le remède qu'il vous faut : La légende de Robin des Bois de Manu Larcenet ! Quoi ? Encore des histoires de petits moustachus au bouc taillé en pointe, moulés dans des justaucorps en acrylique vert, virevoltants de lustre en lustre dans la salle de banquet d'un chateau médiéval ou de branche en branche dans une sombre forêt saxonne ? Alors là, je crois que vous faites fausse route ! Le Robin des Bois de Manu Larcenet n'a rien à voir avec Errol Flynn... Mais alors là, rien du tout ! D'abord l'action se déroule dans la forêt magique de... Rambouillet (France, région parisienne, et non England, région of London...). Ensuite le héros, messire Robin, est atteint de "l'affection du sieur Alzheimer" ce qui donne lieu à de surprenantes aventures et à des interprétations tout aussi surprenantes des tubes de notre enfance ("Tata yoyo" d'Annie Cordy, "Tireli pinpon sur le chihuaha" et "Big bisou" de Carlos ou encore "Vanina" de Dave...). S'il vole toujours les riches pour donner aux pauvres, avec son compagnon Petit-Jean, les rencontres qu'il va faire dans la forêt magique sont toutes plus délirantes les unes que les autres (il y a même Tarzan et un lointain cousin de Nic Oumouk, que nous chroniquerons bientôt...). Et puis l'histoire ne ne serait pas complète sans Marianne (chanteuse pour rats) et le shériff de Nottingham, qui a ici de vieux airs de John Wayne  ! Cet album de Manu Larcenet est un véritable antitode à la morosité et au coup de déprime hivernal ! On y retrouve tout le délire que l'on aime chez Manu Larcenet. Et là, il donne le meilleur ! Mais toujours avec intelligence et sensibilité comme en témoigne l'épilogue de l'album... A lire et à voir : les six premières planches et une superbe galerie à visiter sur le site de Poisson Pilote A lire : les excellents avis sur Bulle d'Air, et le dossier sur Art9.com

Chronique | La ligne de front – Une aventure rocambolesque de Vincent Van Gogh

(scénario et dessin de Manu Larcenet, couleur de Patrice Larcenet, aux éditions Dargaud, collection Poisson Pilote) Lorsqu'il décide de décrire l'horreur de la guerre, et le cynisme, l'imbécilité, et la cruauté des élites qui la provoque, Manu Larcenet manie avec virtuosité deux armes de dénonciation massive : l'humour et le surréalisme ! Effet dévastateur garanti ! Dans La ligne de front, Vincent Van Gogh (qui bien entendu n'est pas mort en 1890 comme vous pourriez le lire dans n'importe quel livre d'histoire de l'art...) est invité par le président du conseil et l'Etat-Major à capter et peindre l'esprit de la guerre (nous sommes entre 1914 et 1918) pour leur expliquer pourquoi les poilus rechignent tant à monter au front ! De cette situation de départ totalement surréaliste, Manu Larcenet tire une salve de réflexions sur la guerre (et un peu sur l'art), tour à tour hilarantes ou graves mais toujours justes et profondes. De ses rencontres avec des déserteurs, des généraux, des hommes de troupes... et de la mère des obus, Vincent Van Gogh rapporte des témoignages très touchants, sous une apparente simplicité de ton et de propos. Le dessin de Manu Larcenet sert encore une fois merveilleusement son propos (ah ! les dessins d'engoulevents !). La ligne de front est certainement l'un des témoignages les plus poignants qu'il m'ait été donné de lire (et de voir) sur la stupidité de la guerre. Un album indispensable, comme tous ceux de Manu Larcenet... A visiter : le site de Poisson Pilote, la collection de Dargaud où est édité La ligne de front

Chronique | Le retour à la terre

(scénario de Jean-Yves Ferri, dessin de Manu Larcenet, couleurs de Brigitte Findakly, trois tomes aux éditions Dargaud, collection Poisson Pilote) Avant le Combat Ordinaire (lire la chronique du 2 février sur IDDBD), comédie dramatique quasi-autobiographique magistralement interprêtée par un Manu Larcenet plus qu'inspiré, il y avait le retour à la terre (trois tomes : "La vraie vie", "Les projets" et "Le vaste monde"). Dans cette comédie d'humour et d'humains (elle aussi quasi-autobiographique), le même Manu  et son complice Jean-Yves Ferri nous racontent la mise au vert d'un dessinateur de BD et de sa compagne, qui quittent Juvisy en région parisienne pour une campagne non identifiée dénommée Les Ravenelles... Vont alors s'enchaîner une série de gags nés de la confrontation du p'tit gars de banlieue avec le p'tit monde rural. Et c'est une vraie galerie de portraits qui défilent sous nos yeux hillares ! De la vieille Mortemont (et ses fameux proverbes) à Monsieur le Maire (et son festival du cochon), en passant par l'Ermite (et sa sagesse millénaire), le Chasseur (le tireur fou du coin),  Monsieur Henri (et sa bibine d'enfer), la vie de Manu Larssinet (le double BD de Larcenet) n'est pas toujours de tout repos aux Ravenelles ! Surtout quand son frère Tip Top (Patrice ?), ses beaux-parents, son ancien groupe de punk rock ou ses amis dessinateurs (Lewis et sa petite famille entre autre...) débarquent. Ou, surtout, quand Mariette, sa compagne, commence à parler d'un bébé... Le retour à la terre est un triptyque réjouissant et tendre à la foi, plein d'humour et de cette humanité dont IDDBD parlait déjà pour le Combat Ordinaire. Le trait et la mise en case est limpide : entrecoupés parfois d'une "case-tableau", les strips de 2 x 3 cases se suivent en toute simplicité. C'est aussi ça Le retour à la terre : pas d'esbrouffe, mais comme le dit le titre du premier tome, "La vraie vie". En tout cas,  Le retour à la terre est une de ces BD dont l'ami Manu a le secret : on s'y attache dès la première lecture et elles restent toujours dans un p'tit coin du coeur... A découvrir absolument ! A lire : la biographie de Manu Larcenet et celle de Jean-Yves Ferri (poilant !) A voir : la présentation de la série sur le site de Dargaud, et des planches du tome 1, du tome 2 et du tome 3 !  

Chronique | Donjon Parade

scénario de Joann Sfar et Lewis Trondheim, dessin de Manu Larcenet, aux éditions Delcourt Nous poursuivons ce samedi notre exploration du Donjon, cette tentaculaire et mégalomaniaque entreprise de BD divisée en séries parallèles et complémentaires (5 en tout). Pour vous remettre dans le bain, jetez un coup d'oeil à la première chronique d'IDDBD sur le sujet et à celle concernant Donjon Zenith. Justement, les aventures de Donjon Parade se situent chronologiquement entre les tomes 1 et 2 de Donjon Zenith... Nous retrouvons Herbert de Vaucansson et Marvin le dragon (ainsi que tous les excellents seconds rôles) dans des aventures plus délirantes les unes que les autres : un donjon concurrent ouvre ses portes (tome 1 : Un donjon de trop), une lampe à souhait mal utilisée conduit nos deux héros à recueillir l'avis d'un sage (tome 2 : Le sage du Ghetto), des vampires mal intentionnés montent un plan abracadabrantesque pour dépouiller le Gardien de son bien le plus précieux (tome 3 : Le jour des crapauds), et enfin les Laurel et Hardy de l'heroïc fantasy enmènent les gosses du Donjon visiter une fosse sceptique de dragon (tome 4 : Des fleurs et des marmots) ! Vous l'aurez compris, Donjon Parade, c'est l'espace détente de la série Donjon, la pause café du paladin héroïque, le quart d'heure de franche rigolade du barbare teigneux ! On sent que Sfar, Trondheim et Larcenet se lâchent complétement dans cette série, partagent une même jubilation cartoonesque à fabriquer ces histoires et à les mettre en images. Avec tout de même parfois, quelques réflexions sur le monde et sa marche déglinguée : Sfar et Trondheim ne peuvent pas s'en empêcher même si dans Donjon Parade, cet aspect des choses est beaucoup plus allégé que dans les autres séries (par exemple, ils égratignent au passage les parcs d'attraction made in USA...). Quoi qu'il en soit, nous, on se laisse évidemment embarquer sans résister ! Bref, prenez n'importe lequel de ces albums (quatre à ce jour) : ils sont tous excellents ! Foi d'IDDBD, vous ne le regretterez pas. A lire : les résumés et avis de Tito sur sceneario.com A voir : les fiches du site des éditions Delcourt consacrées à Donjon Parade. A z'yeuter (pour se faire une idée) : une planche du deuxième tome.