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Dimanche KBD : Petite Souris, grosse bêtise

Bonjour ami d'IDDBD, Un petit tour en vacances et nous voilà revenus pour un joli dimanche sur KBD. Après le thème de la mort, nous faisons dans un peu plus de légèreté avec un mois consacré à la BD jeunesse. C'est vrai, IDDBD n'est pas vraiment une antre de la bande dessinée consacrée à nos plus jeunes lecteurs et c'est justement l'occasion de rattraper un peu ça. La semaine dernière était consacré à Garance de Séverine Gauthier et Thomas Labourot, cette semaine nous retrouvons Kokor et Loïc Dauvillier avec Petite Souris, grosse bêtise. Découvrez la synthèse enthousiaste de Lunch.

Juste à côté… mais tellement proche

Inès (scénario de Loïc Dauvillier, dessins de Jérôme d'Aviau, Drugstore)

En 2007, je découvrais Les Enfants Rouges, une maison d’édition parisienne de qualité, en même temps que deux jeunes auteurs talentueux, Jérôme d’Aviau et Loïc Dauvillier,  grâce à l’album Ce qu’il en reste. Quelques mois plus tard, Mike chroniquait Nous n’irons plus ensemble au canal St-Martin, un collectif (toujours chez Les Enfants Rouges)  d’une grande qualité.

En 2009, c’est avec un grand plaisir que je le retrouve, chez un autre éditeur certes (Drugstore, un label de Glénat), mais avec toujours cette finesse qui m’avait bien plu lors de ma première lecture. Pourtant avec Inès,
Jérôme d’Aviau et Loïc Dauvillier aborde le thème difficile et passez-moi l’expression casse-gueule de la violence conjugale. On est loin des problèmes des amours désenchantés de leurs précédents albums.

Ils ont fait le choix d'aborder ce thème de front, en montrant les souffrances morales d’une femme maltraitée, dont on ne connaîtra jamais le nom, en mettant en exergue ses pensées à contrecourant de ses actes et de ses « discussions » avec son mari. Mari en tout point impeccable à l’extérieur, en tout point monstrueux à l’intérieur.

Ils montrent également le silence des autres, les voisins qui entendent, frappent à la porte mais n’irons pas plus loin. L’ami du mari qui voit les traces mais ne fera rien. Il y a la lâcheté... et surtout la peur.
Celle étrange mais humaine de fuir même pour sauver une petite fille, unique réconfort de cette femme si anonyme qu’elle en devient universelle. Pourquoi rester alors qu’elle a l’occasion de fuir loin ? Nous n'en saurons pas plus. Cercle infernal forcément dramatique.

Inès fait partie de ces albums dont le but est  de dévoiler les mécanismes d'une réalité avec toute la puissance d’une fiction. Ici, le message est simple, le dessin l’est également, mais il faut beaucoup de maîtrise pour réussir ce genre de projet. Au bout de la lecture, c’est un choc tant cette simplicité montre l’horreur de la  situation, tant chaque page tournée est une claque, tant on se dit "et si moi j’étais à la place de l’un d’eux, voisin, mari ou femme, enfant, ami ???" Et c'est peut-être la réponse qui est la plus gênante.

Inès est un album réussi et j’irai même jusqu’à dire nécessaire.

A lire : la chronique de Krinein
A lire (aussi) : la (toujours) très bonne interview de Loïc Dauvillier sur sceneario.com


« La vengeance est plus douce que le miel » (Homère)

La douce (scénario de Loïc Dauvillier d'après une nouvelle de Dostoïevski, dessin de Mickaël Allouche, éditions Carabas, 2007) IDDBD vous avait présenté, le 24 octobre dernier, une adaptation en BD de la nouvelle de Nicolas Gogol : Le Portrait. Les éditions Carabas remettent (brillamment) ça avec La douce, une adaptation d'une nouvelle d'un autre auteur russe : Dostoïevski. Si vous êtes un peu attentif, voire intuitif, vous aurez déjà repéré au moins un point commun entre ces deux productions : il s'agit d'adaptations tirées de la littérature russe. Mais la parenté ne s'arrête pas là. Dans les deux cas, ce sont les éditions Carabas qui s'engagent dans ce périlleux exercice de style. Comme je vous le disais déjà pour Le Portrait, il n'est jamais simple de se lancer dans le condensé, en 48 ou 96 pages, d'oeuvres telles que celles-ci. Dans les deux cas, Carabas a brillamment relevé le challenge. Leur secret ? Certainement de faire appel, à chaque fois, à des artistes confirmés. Au cas particulier, Loïc Dauvillier se retrouve au coeur des deux aventures : une fois au dessin (pour Le Portrait), une fois au scénario (pour La douce). Et le résultat est véritablement à la hauteur de ce que peuvent attendre les amoureux des belles lettres et du dessin. L'adaptation de La douce n'y échappe pas : le texte bref, incisif de Loïc Dauvillier (déjà repéré à ce titre pour les superbes albums Nous n'irons plus au Canal Saint-Martin et Ce qu'il en reste, aux Enfants Rouges, ou Comme je me suis fait suicider aux éditions 6 pieds sous terre...) restitue non seulement le sens mais également le style de l'oeuvre de Dostoïevski. Quant au dessin de Mickaël Allouche, il est tout simplement sublime d'expressionnisme (comme on dit ici). Et je ne parle même pas des couleurs... En définitive, La douce est un album comme on les aime pariculièrement chez IDDBD : intelligent et beau. Tout simplement... A lire : la fiche album de La douce sur le site des éditions Carabas où vous pourrez découvrir le pitch A lire (aussi) : la très belle critique de Sbuoro sur sceneario.com

Le portrait

Le portrait (adaptation de François Ravard d’après une nouvelle de Nicolas Gogol, dessin de Loïc Dauvillier, couleurs de Myriam, éditions Carabas)

Il y a quelques semaines, IDDBD vous présentait l’adaptation en bande dessinée d’un roman d’Edgar Allan Poe, Double meurtre dans la rue Morgue (par Céka et Clod aux éditions Akileos), et celle du film de Robert Wiene, Caligari (adaptation et dessin de Cédric Perez aux mêmes éditions Akileos).

Aujourd’hui, c’est une autre adaptation qui vous est proposée : celle de la nouvelle Le portrait de Nicolas Gogol, par François Ravard et Loïc Dauvillier (sans oublier la superbe mise en couleur de Myriam…).

"Oui, alors bon…" me direz-vous, "une adaptation reste une adaptation…où est la créativité, l’inventivité, l’art dans tout ça ?". Votre remarque mérite d’autant plus d’intérêt qu’elle aurait pu être formulée par Tchartkov, le héros de la nouvelle de Nicolas Gogol. Du moins au début de sa carrière de jeune peintre idéaliste, avant qu’il ne fasse cette surprenante rencontre avec Le portrait qui le mènera – temporairement - à la gloire et la fortune.

Pour en revenir à l’adaptation de François Ravard et Loïc Dauvillier, il faut tout d’abord reconnaître aux auteurs le talent de réduire en moins de cent pages cette nouvelle tirée du recueil Nouvelles de Petersbourg. L’exercice est moins évident qu’il n’y paraît, surtout lorsqu’on réussit à garder le souffle et l’âme de l’œuvre initiale.

Car tout, du découpage des cases, aux dessins des rues et des bâtisses de la capitale russe, ainsi que des personnages (qui rendent si bien compte de leurs états intérieurs), tout contribue à immerger le lecteur dans l’ambiance inquiétante de cette histoire en forme de conte philosophique. Cette BD n’est donc pas une pâle copie d’une œuvre littéraire de qualité : elle possède en soi la créativité, l’inventivité et l’art d’une véritable œuvre originale. Et outre ses qualités artistiques propres, l’adaptation en bande dessinée de François Ravard et Loïc Dauvillier a aussi pour mérite, si vous n’avez jamais lu la nouvelle de Nicolas Gogol, de vous donner l’envie de la découvrir d’urgence…

A lire : la fiche album des tomes 1 et 2 sur le site des éditions Carabas

Canal émotion…

Nous n’irons plus ensemble au canal Saint-Martin (scénario de Sibylline et Loïc Dauvillier, dessins de Capucine, François Ravard et Jérôme d’Aviau, éditions Les Enfants Rouges) Aujourd'hui, sort un album qui fait honneur à ce que la BD a de plus noble, cette capacité d'être tout à la fois un récit romanesque et une oeuvre visuelle, bref une oeuvre d'art à part entière. Avec Nous n’irons plus ensemble au canal Saint-Martin , Loïc Dauvillier et Sibylline ont concocté trois histoires dont le point commun est de toutes se dérouler en une nuit au bord du canal, autour d'un banc et d'un bar... et de parler de la solitude, choisie, subie, violente. Ces trois histoires, qui parfois se téléscopent, sont mises en image par trois superbes dessinateurs. Le résultat de ses confrontations "scénaristes/dessinateurs" et "dessinateurs/dessinateurs", c'est un magnifique album, très émouvant, indispensable. Et pour ceux qui, comme IDDBD, l'auront aimé, l'aventure continue au-delà de l'ouvrage puisque Capucine, François Ravard et Jérôme d’Aviau, le trio de dessinateurs impliqués dans ces histoires, exposeront leurs planches originales au café Valmy à partir de 2 Octobre et jusqu’au 31 novembre. A cette occasion un vernissage est prévu le 2 octobre à partir de 18h en présence de tous les auteurs. Avis aux amateurs d'art ! A lire : une interview de Nathalie Meulemans sur le site bdtheque.com. Pour avoir été en contact avec elle par courriel, IDDBD peut témoigner que Nathalie Meulemans est une grande dame de l'édition et du 9ème art... A lire : une interview passionnante pour un auteur passionnant, Loïc Dauvillier. Et c'est sur l'excellent site sceneario.com, comme souvent ! Et puis, vous visiterez aussi le blog de Loïc Dauvillier, ainsi que son site officiel !

Jolie découverte

Ce qu’il en reste (scénario de Loïc Dauvillier, dessins de Jérôme d'Aviau, Editions Les enfants rouges, février 2007) Au hasard des discussions avec des lecteurs de la bibliothèque, on a parfois de belles surprises. Certains nous parlent de leur blog et on se retrouve à écrire dedans quelques mois plus tard, d’autres nous propose des lectures. Et c’est ainsi que Ce qu’il en reste m’est tombé entre les mains. 1100 exemplaires au premier tirage, une maison d’édition inconnue (pour moi en tout cas), un format à l’italienne (plus large que haut), des cases et des textes en alternance, voilà qui aiguise la curiosité. Ce qu’il en reste raconte une relation tumultueuse ou plutôt une non-relation. Théo est un apprenti écrivain travaillant sur un premier roman. Mais son activité l’empêche de voir le monde autour de lui, et sa copine en particulier. Son incroyable immobilité (dans le fauteuil de son appart’) contraste avec les mouvements incessants de son amie. Rien de bien nouveau me dira-t-on, oui mais… La forme du récit est intéressante car cet album mêle long passage du roman écrit par Théo et pur moment de grâce graphique par l’intermédiaire de Jérôme d'Aviau. Une histoire simple mais bien menée, surprenante en tout cas que je vous conseille de lire si vous le voyez passer sous votre nez. A noter que Ce qu’il en reste est un album introductif au récit Théo prévu en 2008 (lu sur le site des éditeurs). On le suivra avec intérêt ! A découvrir : le site des Enfants rouges