Archives du mot-clé Lewis Trondheim

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Dimanche KBD : Omni-visibilis (Trondheim & Bonhomme)

Voilà, c’est la fin du mois d’août, il y a comme un goût de rentrée dans l’air. Mais rassurez-vous, nous vous avons réservé une dernière synthèse pour notre thème Paranormal Activity.

Mitchul, maitre es-chronique, vous propose Omni-visibilis de Lewis Trondheim et Matthieu Bonhomme. Une œuvre portant la marque de l’ancien grand prix d’Angoulême, à la fois drôle, barré et dérangeante. Bref, un très bon album.

Découvrez ce qu’en pense les membres de l’équipe qui ont participé à cette lecture.

En attendant, bon dimanche à tous !

moinsdunquart-bandeau

Dimanche KBD : Moins d’un quart de seconde pour vivre

Dernière synthèse du mois consacré à l’Ouvroir de Bande dessinée Potentielle (alias OUBAPO) avec Moins d’un quart de seconde pour vivre de Lewis Trondheim et JC Menu. Une oeuvre surprenante qui exploite tout le potentiel de l’itération iconique. La quoi ?

Pour le découvrir, je vous invite à lire la synthèse (rédigé par moi-même) sur le blog de KBD

Et pendant que vous y êtes, lisez également la très ancienne chronique d’IDDBD

Dimanche K.BD : Donjon Zénith

Oui, je sais, cette semaine IDDBD, c’est plutôt glandouille et compagnie. On va se reprendre, promis. Surtout qu’on a plein de promesse à tenir alors…

Mais en attendant, nous sommes dimanche, et comme chaque dimanche, retrouvez la synthèse de KBD !

Toujours sous le signe de l’heroic-fantasy, retrouvez la synthèse d’un premier tome de Donjon Zénith, l’aventure totalement folle de Joann Sfar et Lewis Trondheim. Donjon, depuis plus de 10 ans maintenant, c’est la folie des collectionneurs BD… Pour les bibliothécaires, c’est une horreur également…

Pour nous, c’est un doux souvenir car Donjon est une des premières chroniques d’IDDBD (février 2006 déjà !!!)

Les sorties d’avril (part II) sélectionnées par IDDBD…

Peter et Miriam (scénario et dessin de Rich Tommaso, traduction de Sidonie Van den Dries, lettrage de Anne Beauchard, éditions Ca et Là, sortie le 16 avril 2010, 104 pages n&b, 13 euros)

Miriam Capaldi et Peter Martinelli sont amis depuis le début de l’école primaire et plus précisément depuis le 26 juillet 1977, quand Miriam, sept ans, a rencontré pour la première fois Peter, huit ans. C’est le début d’une amitié sans faille, qui connaîtra néanmoins des hauts et des bas, ainsi que quelques non-dits de taille. De la primaire au collège, puis au lycée et à la fac, Peter et Miriam retrace sur une vingtaine d’années la relation parfois compliquée de ces deux jeunes américain du New Jersey.

Rich Tommaso imbrique subtilement des histoires se déroulant à différentes périodes, de l’enfance jusqu’à l’entrée dans l’âge adulte. Il décrit aussi des personnages secondaires hauts en couleurs comme Roy Franco, ex photographe militaire, ancien caméraman de Russ Meyer, et sujet d’un documentaire réalisé par Peter pour son école de cinéma. Ce premier volume sera suivi d’autres qui auront pour protagonistes les deux même personnages, et également leur entourage familial. Véritable étude de caractère, Peter et Miriam brosse par petites touches le portrait sensible de deux ados et des années 1980.

Mon avis : amitié, nostalgie, trait américain… A priori les ingrédients de BD que j’ai aimées. Peut-être aussi parce que certains détails me rappellent le trait de Seth

A lire : un extrait sur le site des éditions Ca et Là, puis la bio express de Rich Tommaso

A visiter : le site de Rich Tommaso

Quai d’Orsay (scénario d’Abel Lanzac, dessin de Christophe Blain, éditions Dargaud, sortie le 16 avril 2010, 98 pages, 15,50 €)

Le jeune Arthur Vlaminck est embauché en tant que chargé du « langage » par le ministre des Affaires étrangères Alexandre Taillard de Worms. En clair, il doit écrire les discours du ministre ! Mais encore faut-il se faire une place entre le directeur du cabinet et les conseillers qui gravitent dans un Quai d’Orsay où le stress, l’ambition et les coups fourrés ne sont pas rares… Inspiré de l’expérience d’Abel Lanzac qui fut conseiller dans un ministère, cet album restitue une vision de la politique à la fois pleine d’acuité et d’humour.

Mon avis : pour les passionnés des coulisses de la politique et les amoureux du dessin de Christophe Blain (Isaac le Pirate, Gus…)

Panique en Atlantique (scénario deLewis Trondheim, dessin de Parme, éditions Dupuis, sortie le 16 avril 2010, 64 pages, 13,50 €)

Suite à une restructuration économique, Spirou quitte le Moustic Hôtel pour devenir groom sur un transatlantique. Son premier (et dernier voyage) sera perturbé par la présence d’un écureuil désobéissant, d’un journaliste-photographe en mal de scoops et d’un vieux scientifique farfelu enquêtant sur un autre navire disparu corps et biens. Mais il n’y a pas que Spip, Fantasio et le comte de Champignac sur ce magnifique paquebot et notre héros aura fort à faire pour calmer une clientèle de milliardaires prompts à paniquer au moindre naufrage.

« Panique en Atlantique« , c’est les Marx Brothers qui prennent le Titanic dans une ambiance sixties ! Fabrice Parme et Lewis Trondheim, auteurs, par ailleurs, du « Roi catastrophe« , nous emmènent dans une croisière délirante qui sombre très vite dans du pur burlesque comme on n’en avait pas encore vu dans cette collection de « one-shot » de Spirou.

A lire : quelques extraits sur le site des éditions Dupuis

Les Quatre de Baker Street - Tome 2 : Le dossier Raboukine (scénario de Djian et Olivier Legrand, dessin de David Etien, éditions Vents d’Ouest, sortie le 21 avril 2010, 56 pages, 13 €)

Londres, 1890. Billy, l’apprenti détective, Charlie, la petite fille grimée en garçon, et Black Tom le monte-en-l’air sont trois gamins des rues unis par une solide amitié. Accompagnés du matou Watson, ils arpentent les bas-fonds de l’East End, menant enquêtes, filatures et autres missions de confiance pour le compte d’un certain… Sherlock Holmes. Ce nouvel opus voit nos héros se mêler d’une ténébreuse affaire impliquant des révolutionnaires russes exilés à Londres et la police secrète du Tsar… Nos protagonistes vont avoir fort à faire pour déjouer machinations, trahisons et mauvais coups…

Le premier tome de cette série avait fait l’unanimité, grâce au dessin dynamique et étonnant de maîtrise de David Etien et au scénario mené tambour battant de Djian et Legrand. On se replonge avec délectation dans ce second tome, qui nous entraîne dans une nouvelle enquête passionnante et nous fait découvrir un peu plus ces gamins gouailleurs et attachants.

Mon avis : IDDBD avait repéré le premier tome de cette sympathique série…

A voir : quelques planches sur le site des éditions Vents d’Ouest

Le Cercle de Minsk - Tome 5 (scénario de Franck Giroud, dessin de Jean-Marc Stalner, collection Grafica, éditions Glénat, 48 pages, 13 €)

Le cercle va bientôt se refermer…

La conclusion en apothéose d’un thriller philosophique et politique, bourré d’action et d’érudition, et mené par l’auteur du Décalogue
Que faire lorsque l’on est coincé dans une pièce totalement hermétique et se remplissant d’eau à une vitesse inquiétante ? C’est la question à laquelle Iannis va devoir vite répondre s’il veut pouvoir mener à son terme son enquête sur le Cercle de Minsk, projet utopiste mené par cinq soldats qui avaient décidé de changer la face du monde grâce à une fortune colossale obtenue par un coup du sort…
Orchestrée par Franck Giroud et Jean-Marc Stalner, une ultime plongée au coeur du secret pour la conclusion étonnante de cette saga.

A voir : quelques planches sur le site Glénat

Un Jour sans (scénario de Rémy Benjamin, dessin de Pero, éditions Ankama, sortie le 22 avril 2010, 80 pages, 13,90 €)

A la veille du départ de Roland pour la Terre Sainte, une énième dispute conjugale vient gâcher la nuit de ce sinistre seigneur, salace et brutal. Au petit matin, Roland, accompagné de ses hommes, se met en route pour une croisade qu’il espère riche en réjouissances. Son périple s’avère toutefois plus tourmenté que prévu : une succession de mésaventures et de malheurs s’abat sur notre seigneur et son expédition tourne au cauchemar. Au prix d’un difficile retour, il découvrira les raisons de son infortune, à des lieues de ce qu’il pouvait imaginer…

Agenda

Salon du Livre de Paris

Du 26 au 31 mars, aura lieu la 30e édition du Salon du Livre de Paris à la Porte de Versailles. Allez, à la chasse aux dédicaces sur les stands de vos éditeurs préférés !

Plus d’infos sur le site du Salon

Festival Ch’tite Bulle de Lille

Le salon de la BD, du comics et du manga se tiendra les 27 et 28 Mars 2010, rue Norbert Ségard à Lille (de 10h à 19h le 27/03 et de 10h à 18h le 28/03). Entrée gratuite et de nombreux artistes sur place !

Site du Festival

Rencontre privée avec Trondheim et Parme !

Rencontre privée avec Lewis Trondheim et Fabrice Parme pour la sortie de « Panique en Atlantique » le vendredi 16 avril 2010 à 20h à la Fnac Montparnasse.

Sur invitation uniquement : à retirer à l’accueil du magasin à partir du 1er avril.

Attention : ceci n’est pas un poisson !

Les Petits Riens T.2 Le Syndrome du prisonnier

Le syndrome du prisonnier (tome 2 de Les petits riens) (scénario et dessin de Lewis Trondheim, collection Shampooing, éditions Delcourt, 2007)

Voici donc la suite de la Malédiction du parapluie, le premier tome de la série Les petits riens, initialement publiée par Lewis Trondheim sur son blog. De quoi s’agit-il ? De son quotidien, ses angoisses, ses contrariétés, ses doutes, sa mauvaise foi mais aussi ses petits moments de bonheur, de plaisir, ses espoirs… et ses voyages ! Car pour lutter contre Le syndrome du prisonnier, qui veut que moins vous en faites et moins vous voulez en faire, Lewis Trondheim se jette à corps perdu dans les festivals, les séances de dédicace, les invitations à travers le monde, d’Angoulême (dont il fut président du festival en 2006) à l’Afrique du Sud en passant par la Roumanie !

De ces voyages, il nous ramène mieux que des souvenirs : des impressions et des états d’âme qui nous aident à mieux le comprendre, mieux saisir Laurent Chabosy derrière Lewis Trondheim.

On en ressort non seulement amusé, puisque l’humour est bien entendu omniprésent, mais aussi plus proche de l’auteur dont on reconnaît pour soi quelques travers (non, vous ne saurez pas lesquels !)…

Avant de conclure, j’aime bien aussi le petit texte inclus dans l’album : « Lewis Trondheim est né durant le millénaire précédent. Aussi, bien qu’aimant les nouveaux gadgets high-tech comme les clés de voiture qui ouvrent à distance, il continue d’apprécier plus particulièrement les petites choses simples qui donnent à la vie tout son sel. Il s’est très vite rendu compte qu’il n’aurait aucune prise sur les guerres à travers le monde, le terrorisme de masse et l’utilisation des armes bactériologiques. Par contre, un oreiller, une boulette de papier ou une valise sont des outils qu’il maîtrise à la perfection. Surtout les valises quand il s’agit d’échapper au syndrome du prisonnier. »

Il y a des Petits riens, des pas grand choses qui sont de vraies pépites. Mais avec Lewis Trondheim, on commence à y être habitué !

A lire : l’article de du9.org dont l’avis est diamétralement opposé à celui d’IDDBD. Et aussi celui de evene.fr qui est diamétralement opposé à celui de du9.org. Vous suivez ?

A voir : l’interview filmée de Lewis Trodheim sur le site de France 5

Monument !

Lapinot et les carottes de Patagonie (500 planches d’improvisation par Lewis Trondheim. L’Association. Collection Ciboulette. 1992)

Cher IDDBD,
la trondheimite me reprend. Je viens de (re-re-re)terminer le fabuleux, l’extraordinaire, que dis-je, le titanesque Lapinot et les carottes de Patagonie ! La 500e planche terminée, un doute m’assaille. Avons-nous chroniqué cet extraordinaire, ce fabuleux, ce titanesque album ? Et bien non ! Nous dont le but avoué est de faire découvrir la bande dessinée et de nous faire plaisir, comment avions-nous pu passer à côté ? Donc cher IDDBD, malgré les oreilles de lapin qui me poussent et mon éruption de Donjon, je prends mon clavier à deux mains et entreprend cette chronique titanesque.
Commençons par le début :
« Tout commence à une réunion de l’association en 1990 où je vois les premières planches du Galérien de Stanislas. Leur gabarit simple et constant de trois cases sur quatre ainsi que leur côté feuilletonesque et improvisé me donne envie de faire pareil. Seulement, je ne sais pas dessiner. Alors je me suis dit qu’on n’allait pas s’embêter pour si peu ». (Trondheim dans l’avant-propos du livre).
Trondheim résume tout seul les maîtres mots de son livre : simplicité, régularité, improvisation, approximation du dessin.
Simple et régulier dans la forme : un gaufrier de 12 cases par planches. Aucune exception, aucune mise en page. La simplicité même.
Le dessin en apprentissage. Pour vous convaincre d’une relative approximation, quand vous aurez le livre dans la main (librairie ou bibliothèque) vous tenterez une expérience. Vous prendrez le livre dans une main, puis vous le feuilleterez très rapidement du début vers la fin (ou inversement, je ne suis pas pénible). Et vous verrez le dessin de Trondheim se transformer peu à peu. D’un dessin au trait bien gras (« pour cacher mes défauts », dit-il) on passe à un trait de plus en plus fin et détaillé. Bien sûr, nous n’en sommes pas à la qualité du dessin d’Ile Bourbon 1730 mais pour un pur scénariste…
L’improvisation. Il serait très difficile de vous résumer l’histoire, en fait les rebondissements et le nombre de personnages étant tellement important qu’il est presque impossible de s’y retrouver. En fait, les personnages semblent totalement échapper à Trondheim. En lisant Lapinot et les carottes de Patagonie vous êtes en face d’un réel premier jet. Pas de retouche au dessin, pas de retouche au scénario.
Et cette totale improvisation est bien la grande force de cet album. Tout en gardant une certaine cohérence au scénario, Trondheim fait varier les rythmes de son histoire. Histoires dans l’histoire, tous les personnages ont une existence avant, pendant et après la BD. Ils sont réunis, puis séparés, puis à nouveau réunis. On jongle et on s’amuse de voir les méandres des pensées de Lewis Trondheim. Et puis, 500 planches c’est un temps exceptionnel pour prendre le temps de raconter une histoire.
Car, rendons à l’Assoc’ ce qui est à L’Association, faire un album de 500 planches en 1992 (date de la 1ere édition), époque où l’ultra-standard est le 48cc (48 planches couleurs cartonnées) est un pied de nez des petits aux grands éditeurs ! Raconter une histoire aussi délirante, d’une manière totalement improvisé dans ce format, montre le caractère radical de la démarche de L’Association (copié et repris depuis). La BD indépendante existe.
Alors Lapinot et les carottes de Patagonie est-il un des premiers albums que les cercles intellos de la hype – qui n’ont jamais ouvert un Thorgal – qualifieraient de roman graphique ? Moi je dis non, juste une façon différente de faire de la bande dessinée. A plus d’un titre, Lapinot est un album marquant dans l’histoire du 9e art. C’est un mélange d’Oubapo, d’underground et de p’tits mickey ; une pierre, peut-être pas porteuse, mais importante, d’une nouvelle génération d’auteurs.
Pour finir, cher IDDBD, je tiens juste à dire que le Lapinot des carottes de Patagonie, n’est pas tout à fait celui que l’on retrouvera plus tard dans les Formidables aventures… Mais il en constitue déjà les prémisses.
Merci IDDBD, j’ai calmé ma Trondheimite. Je peux désormais sortir m’acheter des nouvelles chaussures (taille 74) avant de passer à l’ambassade de Patagonie. A bientôt.

L’info du jour

Avant-hier, l’adaptation de Persepolis par Marjane Satrapi et José Parrondo était présentée au festival de Cannes. Outre les très bonnes critiques, L’Association a édité une intégrale de cette magnifique série. A redécouvrir donc !

Île Bourbon 1730

(scénario d’Appolo, dessins de Lewis Trondheim, Delcourt, Collection Shampooing, 2007)

Le chevalier Despentes, ornithologue de la société des sciences de Paris, et son assistant Raphaël Pommery, débarque en 1730 sur l’île Bourbon (la future île de La Réunion) avec pour ambition, pour le premier de découvrir le dernier des dodos, pour le second devenir un pirate. Mais comme l’animal, les légendaires pirates sont sur le point de disparaître. En effet,  La Buse, le dernier grand capitaine pirate vient d’être capturé et est sur le point d’être pendu. Sur cette île, Raphaël va découvrir des vieux pirates sans épée devenu esclavagistes ou guide, des esclaves révoltés et qui sait… peut-être le trésor de La Buse ou le dernier dodo vivant.

Si vous ouvrez ce livre pour des histoires de pirates, refermez-le, vous n’y trouverez pas Jack Sparrow. En 1730, il est mort depuis longtemps où est devenu guide pour ornithologue. Les loups ont perdu leurs dents et l’ultra-réalisme prend le pas sur les idéaux ou les rêves de liberté. Esclavage, politique et argent remplacent mythes et épopées.

Tout au long de cette histoire passionnante, on cherche les pirates comme le chevalier Despentes cherche le dodo. Si ils peinent à se montrer, on découvre en revanche la vie d’une société insulaire qui n’a, à part des liens économiques, rien à voir avec la métropole. Appolo, ancien prof de lettres, réunionnais d’adoption, scénariste du déjà très remarqué La Grippe coloniale (s’il vous plaît, la suite de cette œuvre géniale), a vraiment réunit une documentation digne d’un historien pour bâtir ce récit. Pour preuve les notes à la fin de ce petit pavé de 300 pages. Il signe ainsi, pour notre plus grand plaisir (en tout cas le mien) un album passionnant de bout en bout, riches de personnages drôles, émouvants, méchants, cyniques, qui éclate comme une déclaration d’amour à son île. Rien de spectaculaire mais une histoire bien racontée, cohérente, sensible. Et puis, n’oublions pas que la légende et le rêve n’est jamais tout à fait mort même dans ce royaume.


J’allais presque oublier le dessin de Lewis Trondheim. Un peu de zoomorphologie, quelques paysages splendides, du noir par ici, du blanc par là et voici 270 planches superbes qui suffisent à donner un corps à ce récit. Comme quoi le dessin c’est facile ! Bref, pour moi, l’un des albums incontournables du début d’année ! A ne pas manquer !

A lire : la critique de sceneario.com
A lire :
la critique de planeteBD.com qui n’est pas d’accord
avec moi sur la qualité du dessin.


A vous de vous faire une idée : (je veux bien votre avis)
Les premières planches sur le site de Delcourt et des planches sur BDgest’


Moins d’un quart de seconde pour vivre

(8 cases de Jean-Christophe Menu, 100 strips de Lewis Trondheim, L’association, collection Eperluette,1990, 1996 (réédition) ).

En 1990, JC Menu dessine quatre cases pour Lewis Trondheim. Ce dernier réalise alors 20 strips de 4 cases en réorganisant l’ordre de ces dernières et en ajoutant du texte. Puis trouvant le nombre de combinaisons trop faible, Trondheim demande à Menu de réaliser 4 cases supplémentaires. Avec 8 cases, il réalise 100 strips et l’une des toutes premières BD à contrainte volontaire artistique. Moins d’un quart de seconde pour vivre fut plus tard qualifié d’Oubapienne par anticipation. Oubapienne ? Kézaco ?

Et bien ceux qui n’ont pas dormi en cours de lettres, connaissent sans doute l’OULIPO, l’ouvroir de littérature potentielle, fondé (entre autres) par Raymond Queneau (Exercices de style, Zazie dans le métro). Le principe étant de se donner des contraintes pour réaliser une œuvre. En 1992, l’OUBAPO est créé sur le même principe : expérimenter de nouvelles façons de lire et de faire de la BD.

Toujours visionnaires et curieux, Trondheim et Menu offrent une œuvre déroutante et forcément brillante à leurs lecteurs, un pur exercice de style ! Si la répétition des cases peut gêner au départ, on entre rapidement dans cette multitude de petites histoires qui finissent par former un ensemble cohérent ! C’est terrible le talent. En tout cas, Moins d’un quart de seconde pour vivre est à lire pour au moins deux raisons : la première étant que c’est un bon album, la seconde pour son importance dans l’histoire de la BD contemporaine.


A lire : quelques explications sur l’Oubapo sur wikipedia
A découvrir : la page dédiée à l’Oubapo sur le site du CNBDI (avec pleins de liens intéressants ! )