Archives par mot-clé : La Pastèque

Jane, le renard & moi (Arsenault & Britt)

Hélène est une fille à peine sortie de l’enfance qui subit harcèlement et intimidation de la part de ses « amies d’écoles ». Heureusement, pour l’aider à surmonter sa solitude, elle se réfugie dans le monde de Jane Eyre, dans le réconfort de sa mère et dans son imagination débordante. Continuer la lecture de Jane, le renard & moi (Arsenault & Britt)

Chronique | Machine Gum (John Martz)

machine_gum3 Un petit robot traine au milieu d'une planche, il est seul. Devant lui, il y a un dessinateur un peu fou qui va lui faire vivre un tas d'expériences farfelues. Bref, Machine Gum est un livre à part. Pas tout à fait un comics strip, pas tout à fait un recueil de dessin c'est... Machine Gum quoi ! Quand j'ai reçu par la poste ce petit livre vert avec le tampon La Pastèque, j'ai été intrigué : format poche, pas de textes, bichromie et une sorte d'empilage de formes géométriques pourvu de 4 membres comme personnage principal. Je ne sais plus quand j'ai lu ce livre, ni où, mais je me souviens très bien de mes impressions de lecture. Au début, j'étais vaguement intéressé. Le petit robot marche avec un walkman sur les oreilles et tombent ensuite dans un trou... d'accord... Ok... J'espère que ça va évoluer parce que bon... J'ai autre chose à lire là. Quelques pages plus loin, le robot est juste un point noir, se tranforme en point noir entouré d'un cercle, puis un cercle avec des bras et des jambes, tout cela jusqu'à reprendre sa forme normale. Le robot avait grandi sous mes yeux en 6 petites cases. Je trouvais cela simple mais très juste, sans fausses notes. La magie commençait. Ma lecture continua, je ne vais pas vous en faire un résumé, mais peu à peu j'étais entrainé dans un univers un peu fou où ce petit robot devient un sujet de pure expérience pour son dessinateur. J'étais, pas vraiment conquis, mais fasciné par cette suite de saynètes joyeusement dérangés, drôles et sans véritables fils conducteurs et surtout, par le plaisir visible de l'auteur. Un vrai jeu graphique.
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Je crois qu'on appelle ça déconstruire le personnage

John Martz, auteur de bande dessinée et surtout illustrateur pour le Globe and Mail, un grand journal canadien anglophone de Toronto, propose donc un petit OVNI avec ce Machine Gum sorti dont ne sait où. Du canada encore. Comme le souligne Mitchull dans sa chronique d'Alex de Kalesniko (spéciale dédicace à Mo'), ce pays nous propose depuis plusieurs années des auteurs particulièrement intéressants. Je vous laisse le lire, il écrit beaucoup mieux que moi à ce sujet.
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C'était l'histoire de l'illustrateur fou

Pour en revenir à Machine Gum, John Martz nous propose surtout un exercice de style sympathique et audacieux qui joue avec les codes de la bande dessinée sans se prendre au sérieux. On sent la maîtrise du genre, du style, du dessin mais ici, pas l'ombre d'une Oubapo, juste le plaisir de faire, de jouer comme un gosse avec un personnage de papier. Il n'y a aucune contrainte dans son travail, il peut passer d'une planche à une autre d'une case unique à des strips de 2, 3, 4, 6 cases ou même complètement déborder ces dernières. Ce travail fait juste plaisir à voir même si ce genre de livre a besoin de plusieurs lectures - ou disons parcours de lecture - pour être pleinement apprécié. Mais heureusement, cela se lit très vite et il est facile d'en picorer des petits moments à vos heures perdues. Évidemment, ce titre ne va pas révolutionner la bande dessinée mais il vous permettra de passer un moment qui vous flattera l’œil en même temps que le cerveau sensible, celui qui oublie un peu la raison. Et de nos jours, ça ne peut pas faire de mal.

Pour finir, au même titre que la collection de flip-book des éditions FLBLB, Machine Gum est aussi un livre parfait pour faire découvrir une forme différente de BD aux plus jeunes. Le message est simple, drôle et en plus, le robot est plutôt attachant. En tout cas, mes filles ont adoré.
Un petit ex-libris de Michel Rabagliati pour fêter ça !
Un petit ex-libris de Michel Rabagliati pour fêter les 15 ans de l'édteur
Je profite de cette première chronique de la saison pour souhaiter un très bon anniversaire aux éditions La Pastèque. 15 ans que l'éditeur québecois nous fait découvrir la crême de la BD canadienne ! Je prends toujours un certain plaisir à découvrir leurs livres, non seulement parce qu'ils ont bon goût mais qu'en plus ils ont le souci du travail d'éditeur bien fait. Beau dedans, beau dehors. Chapeau bas à ces messieurs-dames et à dans 15 ans ! A découvrir : la fiche auteur sur le site de La Pastèque (profitez-en pour regarder leur catalogue, je ne dis pas QUE des bétises !) A voir : la partie du site de Johan Martz consacré à Machine Gum machine_gumMachine Gum (one-shot) Scénario et dessins : John Martz (Canada) Editions : La Pastèque, 2013 Public : Tout public Pour les bibliothécaires : Un bon petit livre, pas simple à faire sortir. Moi, je dis oui mais avec un budget correct et un public "ouvert"

Chronique | Boris : l’intégrale (Rémy Simard)

boris-couv_bandeauBoris est un bébé comme les autres. Enfin... Sa sœur cherche à l’éliminer, il parle avec sa plante carnivore et son bonhomme de neige qui ne fond jamais… Son créateur - non pas son père - est l’une des figures de la bande dessinée québécoise. Dans la grande tradition du comics strips, Rémy Simard nous offre les mini-aventures d’un mini-héros.

Une grande figure de la BD québecoise

Bon j’avoue, je ne connaissais pas Rémy Simard avant d’aller consulter sa biographie sur BD gest’ en préparant cette chronique. Et j’ai été très surpris ! En effet, à la lecture de Boris, je ne pensais pas découvrir un auteur avec autant d’expérience. Son trait est en effet très moderne et j’irais même jusqu'à dire quasi-informatique. J’ai même pensé à un moment à une forme de dessin vectoriel. Noir, gris et bleu, voici les seules couleurs qui ornent les planches des aventures de ce petit garçon.

En fait, Rémy Simard a tout fait en bande dessinée, en littérature jeunesse et en pleins d'autres choses ! Éditeurs, illustrateurs, romanciers, président de l’association des auteurs de bande dessinée québecoise, bref cet auteur est un grand "monsieur" outre-Atlantique. Je suis assez loin du jeune créateur débordant d’énergie et de motivation que j’imaginais.boris-strip2

Strip toujours

Vous qui suivez IDDBD depuis longtemps, savez que le strip est un des genres que j’apprécie le plus. Pour moi, c’est le haïku de la BD, l’optimisation de l’humour en quelques cases. Les grands auteurs sont légions et nombreux sont à mon panthéon personnel. Pêle-mêle on citera Liniers (chez La Pastèque également), Quino (Mafalda, la meilleure BD du monde), Charles M.Schulz (et ses Peanuts, la meilleure BD du monde… oui celle-ci aussi)… Allez, je passe sur la question mais c’est dire si je porte un regard curieux sur les nouveaux albums de cette forme. Rémy Simard nous fait entrer dans cette grande tradition en maniant un humour très particulier basé sans cesse sur le décalage. Entre le comique de situation, Boris s’imaginant sa vie d’adulte avec sa vision d’enfant, et une espèce de folie douce qui fait partir les mini-récits dans l’absurde. Le lecteur se retrouve baladé dans des séries de strips qui se répondent et ajoutent encore un peu plus des situations cocasses à des jeux de mots qui parfois laissent le lecteur non-québecois un peu sur la touche. C’est un peu le problème du genre, il s’inscrit souvent dans la culture populaire de son pays.boris-strip1

Une fleur nommée Paulette

Et Boris est véritablement une œuvre de comics strip. Jamais on ne sort du schéma 2, 3 ou 4 bandes. Ce qui est d’ailleurs un peu la limite de cette œuvre. Cette intégrale compte 204 planches de 3 strips. Je vous laisse faire le calcul. Du coup, parfois, la cadence peut provoquer l’ennui. Oui, malgré la qualité de l’auteur, je n’ai pas réussi à lire l'album d’une seule traite. Pourtant, Rémy Simard, même s’il joue parfois sur le comique de répétition, ajoute pas mal de détails qui transforment peu à peu les aventures de Boris. Pour preuve, l’étonnante galerie de personnages secondaires. On part de la famille proche, les parents et la sœur (la plus mauvaise élève du Québec sans doute), pour aller vers le bonhomme de neige, un orignal qui se prend pour une truite et une plante carnivore prénommée Paulette... Et non, je n'ai absolument pris aucun psychotropes en rédigeant la phrase précédente. Je remercie les éditions La Pastèque pour cette découverte d’un auteur majeur de la bande dessinée québecoise. Avec Boris, vous passerez un bon moment si vous appréciez le genre comic-strip. Toutefois, la lecture doit se faire par touches car l’univers est quand même bien particulier.
boris-couvBoris : l’intégrale (one-shot) Dessins et scénario : Rémy Simard (Canada, Québec) Editions : La Pastèque, 2012 Public : enfants, ados, adultes, ça dépendra des histoires Pour les bibliothécaires : une bonne façon de faire découvrir un auteur québecois important.

Chronique | Paul au parc (Michel Rabagliati)

Dernière étape de nos chroniques de rentrée consacrés aux albums de La Pastèque, voici le dernier opus de la série phare de l’éditeur : Paul au parc de Michel Rabagliati.

La touche québecoise

Depuis 1999 et Paul à la Campagne, l’auteur québécois raconte les pérégrinations de son alter-ego de papier. Cet anti-héros a presque tous les visages de la vie, passant, d'un album à l'autre, du stade de l’adolescent boutonneux à celui d’adulte accompli. Pas vraiment de transition ni même de logique dans cet exercice mais des petites touches qui peignent l'existence sans détour. Des fâcheries aux grandes rencontres, des moments fondateurs aux drames du quotidien, Paul c’est une vie ordinaire raconté d’une façon… ordinaire. C'est vrai, le dessin de Michel Rabagliati est effectivement très simple mais il n’en demeure pas moins d’une extrême rigueur. Maisons, quartiers, paysages, personnages, tout est graphiquement très cohérent. Un trait souple, des cases aérés, un rythme régulier et une espèce de joie de vivre qui irradie ses pages. Une joie communicative que je trouve assez propre à la bande dessinée québécoise. Comment ? Les québécois auraient-ils une façon particulière de faire de la BD ? Bonne question. A l'aune de mes lectures récentes (et moins récentes), je me hasarderais à répondre par l'affirmative. Je n'ai pas vraiment d'éléments, juste l'impression d'une réelle fraîcheur due peut-être à une absence totale de prétention, une volonté de prendre la vie avec légèreté et surtout,  une capacité d'autodérision rare dans notre vieille Europe. Résultat, sous couvert d'une fausse légèreté, de nombreuses émotions (positives et négatives) passent dans leurs productions. Personnellement, j'adore.

La vie, la voix

Tout est là. Le dessin de Michel Rabagliati, une sorte de réalisme naïf, s’articule très bien avec l’écriture. Les deux éléments se répondent. Les récits de Paul ont une double voix : celle du souvenir symbolisé par le dessin et les dialogue - que l'on observe - et celle du narrateur, que l'on entend. Oui, on perçoit le son d'une voix à la lecture de ces albums. Que voulez-vous, j'entends la voix off de Michel commenter la vie de  Paul. C'est magique. J'ai l'impression de partager un moment d'intimité, comme si ce livre avait été écrit pour moi. Et puis comment imaginer un narrateur plus fiable ? Michel a vécu la vie de Paul puisque il s'agit d'une œuvre autobiographique. Conteur de sa propre vie, ses histoires frappent par leur fluidité. On passe, comme dans Paul en appartement, de la période des souvenirs à celle du temps présent avec grâce, humour et intelligence. Et toujours cette même recherche de simplicité, toujours cette volonté de nous raconter une histoire comme si elle était la plus extraordinaire du monde. Pourtant, si on passe en revue les albums, rien ne semble plus ordinaire que cette vie là. Dans Paul au parc, Michel Rabagliati raconte une courte période de sa jeunesse. Il évoque son passage chez les Scouts loin des clichés habituels. Il nous parle des camps d’été, les copains, les éduc'. Et pourtant, nous ne sommes pas dans Martine chez les Scouts ou Scouts toujours. Michel Rabagliati ne se limite pas qu’à ce simple épisode. Il élargit notre horizon en évoquant non seulement sa vie familiale mais aussi la réalité politique et sociale de la vie d’un jeune québécois moyen dans les années 70 : l’arrivée de la télé couleur, les mouvements indépendantistes… et les premières copines. La grande histoire rejoint la petite... comme dans la vraie vie. Résultat, le lecteur perçoit mieux les nuances... et c'est souvent ces détails qui font les belles histoires. Un seul conseil pour terminer : lisez Paul et soyez heureux ! A relire : la chronique "Les incomparables #1" consacré à Paul et... Atar Gull. A voir : l'interview pour l'exposition Paul à Paris (2010) A parcourir : le site de Michel Rabagliati et la fiche-album sur le site de La Pastèque
Paul au Parc (et tous les autres de la série pendant qu'on y est !) Scénario et dessins : Michel Rabagliati Éditions : La Pastèque, 2011

Public : J'aurais tendance à dire tout public sur certains albums mais... Pour les bibliothécaires : peut-on se prétendre bédéthécaire et ne pas avoir Paul dans ses rayons ? J'en doute. Une série tout simplement indispensable.

Chronique | Evan Evans (Laurent Kling)

Deuxième partie de notre série consacré à l'éditeur La Pastèque avec Evan Evans, premier album solo de Laurent Kling (Les Rois du pétrole). Un livre étrange à la frontière du cinéma burlesque et de l'humour noir.

Avec des amis comme ça...

Evans, le personnage éponyme de cette histoire, est rond. C'est un cercle dans une case de BD. Étonnant, un rond dans un carré ! Il ne semble pas vraiment à sa place, comme perdu au milieu de son histoire. Avec son air de vieux garçon et son silence mutique, Evans laisse le temps filer, le regardant en direct, couché sur son canapé, écoutant les gazouillis de son ami l'oiseau. Mais quand son ami meurt, c'est la déprime qui gagne. Puis son ami revient, oiseau-zombi, la vie reprend... Et les ennuis aussi avec l'arrivée d'un petit personnage, son vieux pote... Quel drôle de livre me suis-je dit en refermant cette histoire ! Sous l'air faussement naïf d'un graphisme enfantin - Laurent Kling illustre beaucoup de livre/magazine pour la jeunesse - Evan Evans cache en fait un trésor de cruauté et d'humour noir. Si le physique d'Evans fait de lui un personnage décalé, il en fait surtout un véritable punching ball prêt à recevoir son comptant. Ce livre ne cesse de monter en puissance, franchissant sans cesse les paliers vers plus d'abus et d'humiliations. A un certain moment, on se dit : "non ce n'est pas possible, il va réagir..." Et bien non ! Et ça monte encore. Incroyable !  Finalement, l'histoire se termine par une chute absurde. Absurde oui, mais tellement dans l'esprit.

Un hommage au cinéma burlesque américain

Car, et ce n'est qu'à la seconde lecture que j'ai pris conscience de la chose, ce livre s'inscrit dans le genre burlesque du cinéma américain de l'avant guerre. On pense bien entendu à Laurel et Hardy - ou l'un des deux est toujours la victime des abus de l'autre - mais aussi à Buster Keaton. Bref, des humoristes toujours prêt à aller plus loin dans l'absurde et le grand n'importe quoi. Finalement, l'univers développé ici prend grâce à nos yeux par ces références. Oui, on voit le rapport ; oui on rit en se rappelant des grands heures noirs et blanches de ce cinéma. D'ailleurs, la bichromie utilisé est tout sauf un hasard. Evan Evans est construit dans cet esprit. L'art constant du rebond. Les personnages s'en sortent toujours, plus ou moins mal, plus ou moins abîmé. Cette construction scénaristique permet à l'album de garder un rythme régulier qui pousse le lecteur à aller toujours de l'avant. On attend la chute grâce aux mécanismes qui font bouger ce duo clown noir / clown blanc. Et quelle chute ! Parfois, en ces temps de retour à la bonne morale, il est bon de rire du malheur d'un héros de papier... tout en gardant à l'esprit le rôle de la caricature. Seulement drôle ? A voir : la fiche auteur sur le site A découvrir : le site de Laurent Kling
Evan Evans (one-shot) Scénario et dessins : Laurent Kling Editions : La Pastèque, 2012 Public : adulte, amateur du cinéma burlesque américain Pour les bibliothécaires : un album surprenant. Pas facile à faire sortir cependant. Dispensable pour les petites collections, très possible pour les grandes.

Chronique | Deux Généraux (Scott Chantler)

Comme promis, voici la première chronique consacrée aux éditions La Pastèque. Nous commençons avec Deux généraux, un album sorti le 22 août dernier. Un récit biographique de Scott Chantler, un auteur canadien à découvrir d’urgence (encore un !)

Hommage aux soldats

Dans deux généraux, Scott Chantler raconte l’histoire de Réginald Law Chantler. Oui vous avez bien lu, Chantler, comme l’auteur. Il s’agit en fait de son grand-père, officier vétéran de la seconde guerre mondiale. A l’image d’un album comme la Guerre d’Alan, l’auteur raconte le débarquement, la bataille de Normandie, la prise de Buron puis de Caen, bref, la grande histoire, à travers les yeux d’un de ses protagonistes. Mais pas seulement, car Deux Généraux est aussi une belle histoire d’amitié entre Law et John Hartwell Chrysler dit « Jack », deux officiers servant dans la même division :  la HLI (Highland Light Infantry of Canada). Les deux hommes sont très différents : l’un est calme, réfléchi, amoureux et pondéré, d’un flegme très britannique pour un canadien ; l’autre est en revanche plus impétueux et séducteur. Et pourtant, l’amitié est là, forte et belle, nécessaire aussi car… la guerre arrive. Et pourtant, Deux généraux n’est pas vraiment un récit de guerre au sens classique du terme. Bien entendu, la seconde guerre mondiale joue un rôle prépondérant dans cette histoire et se serait faire injure à ces soldats de la passer au second plan. Pourtant, elle se situe plus comme un révélateur des âmes de ces hommes. Je ne parle pas que de Law et Jack mais bien de l’ensemble de ces militaires canadiens. Le lecteur voit leur préparation, leurs angoisses avant le jour J, mais aussi des moments plus légers. On y découvre l’insouciance de l’avant-guerre et parfois, une certaine dérision. Si Deux généraux parlent des soldats, il évite l’écueil du guerrier. En ne faisant de ces personnages que des hommes ordinaires, il rend leurs actes, leur vie et leur mort d’autant plus admirables.

Un récit intelligent et sobre

deux_generaux_scott_chantlerCette histoire commence par une image assez forte. L’un des deux « géneraux », de dos, fumant une cigarette, est seul au milieu du champ de bataille. C’est terminé, la victoire est acquise. Mais à quel prix ? Un coup d’œil à cette couleur rouge, qui n’est utilisé que pour les batailles, et aucun doute. Le combat a été sanglant. Où sommes-nous ? Qui est-il ? Flashback. Naissance de Réginald et le récit d’une vie commence : jeunesse, adolecence, enrôlement, mariage, amitié… Deux généraux est construit comme un récit qui porte inexorablement vers cette première planche pourpre. Qu’est-ce qui pousse un homme normal à la guerre. Comme peut-il la vivre ? Des questions qui alimentent le récit. Une façon intelligente de donner envie au lecteur d’aller au bout de l’histoire. Sans cette pirouette scénaristique, Deux généraux aurait pu se révéler comme un simple récit descriptif… chose que certains critiques ont reproché à tort à La Guerre d’Alan. Oui, mais cet effet est bien présent et tout change. Scott Chantler se pose alors en auteur-narrateur, sa voix explique les événements, contextualise si besoin, aime à jouer parfois sur un côté décalé. Je pense par exemple à la comparaison des situations entre Canada et Allemagne durant la crise économique des années 30. Bref, il montre ses recherches et la maîtrisent de son sujet (son histoire est basée sur les carnets de son grand-père et ceux de la HLI). Résultat, cela apporte encore de la profondeur à l’ensemble. On ne s’ennuie pas, on est touché jusqu’au bout, jusqu’à la dernière planche. Cette écriture et cette structure pouvant s’avérer complexes, il fait le choix d’un graphisme sobre dans son trait et dans la constitution de ses planches basées sur un gaufrier 3x3 cases. Toutefois, il n’hésite pas à placer de grandes cases pleines pages renforçant l’impact de ces dernières. Petit bémol sur les personnages qui ont des faux-airs de Francis Blake et qui du coup, se ressemble un peu trop parfois. Globalement, on retrouve l’esprit des auteurs de romans graphiques canadiens – je pense à Seth surtout – avec un style qui mélange le figuratif dans les personnages et la grande précision dans des éléments de décors. Il suffit de voir cette abbaye anglaise pour en être persuadée. J’ai déjà parlé de la couleur mais l’utilisation du rouge dans les moments de tension et une idée simple mais qui produit un effet très efficace. Pour conclure, Deux Généraux est un bel hommage. D’un petit-fils à son grand-père, d’un homme du XXIe siècle à ceux du XXe. On ne peut qu’admirer la qualité de cet album. Bien pensé, bien construit, bien raconté. Le côté descriptif est vite gommé par un effet scénaristique simple. La qualité graphique et l’écriture font le reste. Il s’agit ici d’une belle histoire d’amitié, une belle histoire d’homme. Encore une fois, et après Les Derniers Corsaires, les éditions La Pastèque nous offre un bien bel ouvrage. Recommandé par IDDBD évidemment ! A lire : la chronique de BDGest' A voir : la fiche album sur le site de La Pastèque
Deux Généraux (one-shot) Dessins et scénario : Scott Chantler Editions : La Pastèque, 2012 Public : adulte, amateur de récit historique Pour les bibliothécaires : en plus d'être un témoignage fort, c'est aussi un très bon livre. Une porte ouverte pour le public traditionnel de la BD vers le roman graphique canadien.  

Les Incomparables #1 | Paul VS Atar Gull

Voici quelques temps déjà que cette idée me trotte dans la tête. Oh, rien de bien révolutionnaire : parler d’une BD non pas à partir de son histoire mais d’un de ses personnages. Chose étrange, la semaine dernière j’ai été incapable de rédiger un billet digne de ce nom sur l’excellentissime série des Paul du québécois Michel Rabagliati. Cette semaine, suite à des discussions intéressantes sur le blog de Mo’, je voulais parler d’Atar Gull, album qui ne m’a pas du tout enthousiasmé. Pareil ! Impossible de rédiger quelques choses de cohérents. Après avoir écrit deux pages sans queue ni tête, j’ai laissé tomber, un peu intrigué par ces deux échecs similaires sur des albums pourtant très différents. Justement, ils sont différents, aucun points communs… Et si c’était  ça la clef ? Et si, pour rire, nous convoquions ces deux personnages de fiction pour une confrontation ? Qu’est-ce que ça donnerai comme chronique au final ? Alors juste pour s'amuser, je vous présente le premier (et peut-être l’unique) duel de cette nouvelle catégorie d’IDDBD : les incomparables ! A ma gauche : Paul. Québécois de Montréal né dans les années 60. Alter-ego de papier de son créateur, le très sympathique Michel Rabbagliatti. Paul, c’est 6 albums qui racontent une vie : la sienne. Paul est un genre de M. Jean  sans le côté parisien énervant. Son travail : graphiste, maquettiste, illustrateur. Il vit avec Lucie, sa très intelligente compagne et sa fille, Rose. Paul a de la famille, des amis, des emmerdes aussi. Bien entendu ce héros a de nombreux défauts mais aussi de grandes qualités dont les principales sont l’ouverture d’esprit et la dose d’autodérision qui manque à la plupart d’entre nous. Qualités qui lui permettent de prendre la vie comme elle vient, avec ses bons et ses mauvais côtés, sans s’illusionner sur ce qu’il est… ou n’est pas. Il a quelques regrets mais finalement, Paul est un humaniste qui s’ignore. J’exagère, c’est une personne simple qui sait faire attention aux autres. A ma droite : Atar Gull. Prince d’une tribu africaine devenu esclave, donné comme cadeau à la fille d’un planteur. A la mort de son père, il n’a qu’un but… La vengeance ! Atar est né de la plume d’Eugène Sue au 19e siècle mais c’est Fabien Nury, nouveau scénariste hype de la BD franco-belge, qui l’a fait revivre sous le dessin de Bruno (Biotope, Michel Swing). Sous ses airs de statues, il est presque impossible de comprendre ce que ressent ce personnage singulier. Est-il simplement mué par la haine ou ressent-il véritablement les choses ? Qui est ce personnage, un fou dangereux, un tueur psychopathe incapable d’empathie ? Personnage dérangeant, impénétrable comme cette armure graphique qui l’entoure constamment. Seul son némesis, un dénommé Brulart, pirate et assassin de son état, semble percer à jour cet étrange personnage. A la fois terrifiant et froid, un robot avant l’heure. A ma description, ces deux personnages sont différents autant sur le fond que la forme. Pourtant, en y réfléchissant un peu… Bon côté graphisme, pas de doute. Celui de Paul est influencé par la BD ligne claire des années 70-80, avec des traits caricaturaux pour les personnages mais plus de détails dans les décors. Globalement ça reste quand même très simple. Atar Gull en revanche dispose d’influences artistiques variées et fortement marquées par l’art africain. Ce personnage de golem sombre au trait si particulier rappelle les œuvres d’art premier. Cependant, le choix des couleurs l'entourant me semble si saugrenue qu'à la lecture je pensais sans cesse : « mais pourquoi diable a-t-il colorisé cet album ? ». Au-delà de l’aspect graphique, ces personnages semblent toutefois partager quelque chose d’indéfinissable. Déjà, étant tous les deux les héros éponymes de leurs aventures, leurs histoires respectives reposent sur la réussite ou non de leur personnalité, de leur présence et leur charisme de "héros" de bande dessinée. Bien entendu, il est plus facile pour moi de se retrouver dans le personnage du québécois. Après tout, j’ai plus de chance d’être Paul qu’un prince esclave. Cependant, comme pour les univers imaginaires qui ne sont que des terreaux pour raconter des histoires, ça n'empêche pas l'ennui. Ce qui est intéressant dans le personnage de Michel Rabagliati, c’est sa faculté à se livrer sans ambages, sans se cacher ni prendre des chemins de traverse. Il montre, donne et reçoit avec la même intensité, n’élude aucun thème (même la mort comme dans Paul à Québec). L’auteur québécois se situe à la fois dans la ligne d’un Harvey Pekar par rapport au côté autobiographique de son œuvre mais aussi en rupture par son approche très positive. L’un est américain l’autre québécois, je ne sais pas si ça joue. En tout cas, Paul donne vraiment envie de traverser l’Atlantique à la nage, la rame et autres moyens plus ou moins rapides histoire de balancer quelque « hostie de calices » et autres « Tabernac ». Bref, lisez Paul et soyez heureux. A l’inverse, alors qu’on cherche à me faire ressentir avec force la violence, le dégoût ou la compassion, on me livre un personnage déshumanisé comme Atar Gull. Comment puis-je adhérer au propos ? C’est pour moi un véritable frein qui me fait préférer – et de très loin – le personnage du pirate bien plus poétique et romantique que le héros principal. Hormis le fait que l’histoire soit plutôt bâclée sur la fin, il me semble quand même important dans un récit de ce genre qu’il puisse y avoir une accroche avec le héros. Rappelez-vous le Comte de Monte-Christo, l’un des plus grands récits de vengeance jamais écrit ! Atar Gull subit, puis agit comme un golem. Jamais il ne semble ressentir quoique ce soit. Il m’est donc impossible d’entrer confortablement dans cette histoire et d’être dérangé par quoique ce soit. Voici donc le résultat de cette comparaison d’incomparable. Pourquoi j’aime Paul ? Parce qu’il est humain. Pourquoi je n’aime pas Atar Gull ? Parce qu’il ne l’est pas du tout. Pourtant ces deux personnages, par leur style de récit, sont des porteurs de vie, de sens, de ressenti. Si l’un m’entraîne, l’autre me laisse à quai. Merci à vous d’avoir subi ce test dont l’intérêt est sans aucun doute discutable. Tiens et bien discutons-en justement !
Paul (7 volumes) scénario et dessins : Michel Rabagliati Éditions : La Pastèque Public : Pour tous Pour les bibliothécaires : indispensables, surtout Paul en appartement, Paul à la pêche & Paul à Québec. Atar Gull (one-shot) scénario : Fabien Nury d'après le roman d'Eugène Sue dessins : Bruno Editions : Dargaud Public : Adulte Pour les bibliothécaires : Gros buzz cette année (sélectionné à Angoulême, comme Paul d'ailleurs) mais je demande à voir sur la durée. Pas certains que cet album vieillisse très bien.

Chroniques Masse Critique | Macanudo & Mulatier

Aujourd'hui chronique un peu spéciale. Lors du dernier Masse Critique de Babelio, j'ai eu le privilège (encore une fois) de recevoir deux titres. Pour ceux qui ne connaissent pas le fonctionnement des Masses Critiques, je vous invite à vous renseigner ici. Malheureusement, ces deux titres ne m'ont pas beaucoup inspiré et j'ai préféré faire une grosse chronique "combo" avec deux petites à l'intérieur plutôt que deux de trois lignes. Alors commençons par le meilleur : c'est avec un certain délice que j'ai retrouvé sur ma route Liniers et son Macanudo (volume 3) publié chez La Pastèque. Pour information, pour ceux qui n'aurait pas lu mon avis sur le tome 2 (ici), Liniers est un auteur de strips argentin digne héritier du maître Quino. La lecture du tome précédent fut un véritable coup de coeur, une découverte extraordinaire. Le tome 3 est du même acabit même si la disparition de la surprise rend le plaisir moins fort. Cependant gros bémol, je l'ai lu en numérique, et pour le coup, je constate que Macanudo est une oeuvre faite pour le papier qui se déguste en tournant les pages. Je l'ai déjà dit, je ne suis pas un anti-numérique. Mais je pense que certaines oeuvres s'y prêtent mieux. Et là, avouons-le, les multiples effets que Liniers développe dans son oeuvre tombe un peu à plat sur un écran. Je sais c'est subjectif mais je trouve qu'on y perd. Bon le débat reste ouvert ! Ensuite, un album... enfin plutôt un recueil, un sketchbook même, puisque c'est le nom de cette collection petit format édité chez Comix Buro. Un recueil de caricature signé Mulatier, grand nom de la caricature des années 70/80. Bon, ce n'est pas mon genre du tout. Un technicien du dessin appréciera. Pour ma part, j'ai besoin qu'on me raconte une histoire, que le dessin ne soit pas qu'un portrait. En bref, j'aime la BD, j'entrevois la caricature. Oui c'est beau, c'est impressionnant même ! Mais bon, passer le moment où j'ai compris qui je voyais, je me lasse... Je ne suis pas assez esthète pour apprécier ce travail d'illustration à sa juste valeur. C'est un peu comme les auteurs réalistes en BD, beau travail mais après, est-ce que ça apporte plus ou moins de force au récit ? Concernant la collection Sketchbook en elle-même, je suis plutôt dubitatif car je ne trouve pas beaucoup d'intérêt à feuilleter ce genre de recueils/catalogues de dessins avec très peu d'explications et de commentaires... J'aurais aimé en savoir un peu plus (sur les personnes caricaturés par exemple). Bref, sur ce coup-là, je passe plutôt mon chemin. Donc, je suis un peu déçu (cette fois-ci) par la masse critique. Pas de chance, mais c'est le jeu !

Chronique | Macanudo T.2

macanudo2_LiniersScénario et dessins de Liniers Editions La Pastèque (2010) Public : Tous publics Pour les bibliothécaires : un peu de magie dans votre fonds ? C’est par ici.

Absurdité comique

Quand un pingouin parle à la dernière feuille d’un arbre en la suppliant de ne pas sauter, quand un écrivain cherche l’inspiration et que celle-ci est partie en vacances, quand une vache met le doigt sur les invraisemblances du 7e art, quand la petite Enriqueta fait des paris idiots sur sa balançoire avec son chat...  Bienvenue dans l’univers de Macanudo. Par où commencer ? Par mon inscription au masse critique de septembre chez Babelio ? Par la réception du mail m’indiquant que je recevrais le 2e volume de Macanudo alors que je ne savais rien du tome 1 ? Par mon impression favorable lorsque j’ai constaté le très beau travail des éditions La Pastèque au moment de l’ouverture du colis ? Non. Ma chronique démarre à la lecture du premier strip. Un choc. Non pas un choc violent mais un plaisir immédiat, une vague de bonheur  avec une touche juste ce qu’il faut de poésie pour, non pas éclater d’un rire gras, mais sourire du coin de la bouche accompagné d’un plissement du bord des paupières. Sourire d’un humour qui fait oublier Bigard et les soirées foot sur TF1, un humour sans prétention mais avec suffisamment d'humanité et d'intelligence pour se dire qu’on est heureux d’être assis à cet endroit à cet instant. Pourtant à première vue, le dessin est naïf, la couleur est belle mais rien ne laisse transparaître une telle qualité. Cependant, on voit vite la grande valeur du découpage et l’utilisation des cases comme des éléments narratifs en eux-mêmes. Avec Liniers, le classique bande de 4 cases en prend un sacré coup. Il découpe dans tous les sens, parfois en diagonale, multiplie les cases et les disposent en profondeur. Et pourtant, ô miracle,  les effets ne prennent jamais le pas sur la lisibilité. C’est à ce moment là qu’on comprend la présence de la citation de Chris Ware en début d’album « Le vocabulaire que l’on peut employer dans les bandes dessinées est par définition illimitée… ».  Une formule qui apparaît alors comme une évidence. Bien entendu cette seule explication technique ne suffit pas. Peut-être faut-il aller voir dans les racines même de l’œuvre ? Pour la petite histoire, Macanudo a été originellement publié dans le quotidien argentin La Nacion entre 2003 et 2004. Et là, ça résonne dans nos petites têtes : comics-strips, argentine… Evidence encore une fois. On le sentait  sans s’en rendre compte. La comparaison avec Quino vient tout de suite à l’esprit. L’influence est évidente mais pas limitative. Après tout, est-ce vraiment possible de faire du dessin de presse humoristique en Argentine sans s’affranchir de Mafalda ?  Il a conservé de son aîné le même amour pour la bonne chute, et surtout, même s’il n’y a pas de véritables héros dans l’univers de Liniers,  cette même tendresse pour ses personnages. Mais,  le travail de Liniers n’est pas un ersatz de celui de Quino. Au contraire, il apporte une dimension complètement fantaisiste qu’on ne retrouve pas dans les aventures de la plus célèbre héroïne de la BD argentine. Et c’est là encore l’un des grandes forces de cet auteur, il prend constamment le contrepied de la vérité, de la logique abrutissante pour l’imagination. L’absurdité, la démesure, le rêve, la fantaisie, l’innocence et parfois même la pointe de cynisme nécessaire pour prendre le contrepied du contrepied, sont autant d’ingrédients qui font de Macanudo cette œuvre originale inscrite dans la tradition des grandes œuvres du comic-strip. Je remercie Babelio pour leur initiative et les éditions La Pastèque pour leur travail d'édition, tous les deux m’ont permis de découvrir un auteur magnifique qui peut sans rougir être comparer à des créateurs de la trempe des Charles M. Schultz ou autre Quino. Un très grand merci ! A lire : la chronique du tome 1 chez du9.org A écouter : l'émission Dans Ta Bulle n°97 A lire : les 20 premières pages de l'album sur le site de La Pastèque A découvrir : la page du site des éditions La Pastèque consacré à Macanudo
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Chronique de vacances #26 : La Pastèque

L'info du jour Aujourd'hui, IDDBD vous envoie carrément de l'autre côté de l'Atlantique (enfin pour nous, maudits français...), au Québec précisément, pour découvrir les éditions de la Pastèque. Késako la Pastèque ? Y a pas de pépins, ils se présentent eux-mêmes comme des grands. En voici une belle tranche :

"La Pastèque a reçu ses lettres patentes en juillet 1998 et sa première publication, Spoutnik 1, a été disponible en décembre de la même année. Mise sur pied par Frédéric Gauthier et Martin Brault, la maison d’édition soufflera en décembre 2008 ses dix premières bougies. Plus de 45 titres ont été publiés à ce jour.

C’est en écoutant une table ronde sur la bande dessinée québécoise au Salon du livre de Montréal en novembre 1997 que l’idée de fonder une maison d’édition nous est venue. Ce jour-là, nous avions eu droit au sempiternel constat pessimiste sur la BDQ. Nous avons eu alors envie de brasser la cage et d’insuffler un peu d’optimisme à cette morosité ambiante.

Nous voulions prendre le pari que les Québécois, comme les francophones d’Europe apprécieraient une bande dessinée plus personnelle, plus intimiste à l’instar de ce que L’Association par exemple, avait fait en France.

Nous voulions aussi réaliser le pari de rendre viable une structure d’édition spécialisée en bande dessinée au Québec. Neuf ans plus tard, nous pensons avoir fait la preuve de notre réussite.

La Pastèque s‘est donné comme objectif la production de livres d’une qualité graphique et d’un professionnalisme irréprochables.  Elle a pour but de proposer un support d'expression à des illustrateurs et scénaristes québécois qui désirent se lancer dans la bande dessinée, regrouper des travaux d'auteurs issus de plusieurs pays et de différents horizons et promouvoir la bande dessinée québécoise.

Depuis sa création, La Pastèque maintient une expertise éditoriale de qualité.  Par nos lectures, nos rencontres et nos découvertes, nous sommes parvenus à établir une ligne directrice qui guide chacune de nos actions.

Fondateurs et comité de rédaction: Frédéric Gauthier et Martin Brault"

Les éditions La Pastèque : à dévorer sans modération (elle était facile, mais tellement vraie...)