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Dimanche KBD : Le Sommet des dieux

La semaine dernière, nous vous proposions un retour en arrière avec Le Sommet des dieux, l'un des classiques de Jirô Taniguchi. Et bien, dans le cadre de son mois consacré au sport, Oliv' nous a rédigé une petite synthèse histoire d'en remettre une couche. Donc c'est parti pour la redécouverte de cette série majuscule. Pour relire notre chronique c'est ici. Bon dimanche !  

Chronique | Le Sommet des dieux (Taniguchi & Baku)

Dans une petite boutique népalaise, Fukamachi tombe sur un appareil photo qui pourrait bien être celui de George Mallory, le célèbre alpiniste qui fut le premier à essayer de vaincre l'Everest. Mallory disparût avec Andrew Irvine, lors de cette ascension en 1924, sans que l'on puisse savoir s'ils sont parvenus au sommet. Et si c'était seulement lors du chemin du retour qu'ils avaient eu cet accident fatal? (synospis BD Gest’)

Retour aux origines

Séquence nostalgie. Le sommet des dieux fut l’une de mes premières lectures de manga. C’est dire si ça commence un peu à dater ! A l’époque, les bibliothécaires se demandaient encore si ces drôles de BD, écrites à l’envers, avaient leur place dans leurs rayonnages. Où devaient-on poser ces fichus code-barres d’ailleurs ! Nous avions perdu nos repères, c’était terrible ! Oh, ça va, on ne se moque pas, hein ! C’est facile avec le recul. Mais heureusement, Jirô Taniguchi était là pour nous rassurer. Le sommet des dieux avait tout pour apaiser les défenseurs de la BD franco-belge que nous étions. Un trait plus proche de nos habitudes et loin de nos idées reçues : pas de petites culottes volantes ni de violences gratuites, aucuns grands yeux ni personnages stéréotypés... Heureusement avec de la curiosité et du temps, nous avons appris à apprécier la bd asiatique dans toutes ses qualités. Je remercie mes petits camarades de KBD pour cette occasion de me replonger dans cette série. Pour la petite histoire, Le Sommet des dieux est d’abord un plaisir personnel de Jirô Taniguchi. En effet, ce dernier rêvait d’adapter en manga le roman éponyme de Yumemakura Baku, véritable best-seller au Japon. Ce récit à tout pour plaire : quête identitaire du héros, mystères historiques, figure héroïque - voire mystique - en quête d’absolu et enfin, ce rapport, très japonais, entre l’homme et la nature.

Au-delà du sommet

Encore fallait-il que Taniguchi réussisse son adaptation ! A l’époque, avec la morgue du débutant pensant tout connaître parce qu’il a lu 3 mangas (dont le fantastique Quartier Lointain), je doutais de sa capacité à traiter un récit de sport à cause de son graphisme et de sa façon très personnelle de raconter ses histoires. Mais si Le Sommet des dieux parle d’alpinisme, il raconte surtout, à travers les souvenirs de Fukumaru, l’histoire et la quête de Habu, espèce de génie (des alpages) associable et attachant. D’ailleurs, avec le recul, si l’alpinisme avait été l’unique sujet, je n’aurais sans doute pas été au bout des 5 longs tomes. Mais voilà, qui d’autre que Taniguchi pouvait raconter avec une telle maîtrise cette espèce d’aventure intérieure, cette absolue nécessité d’aller plus haut – au sens propre comme au figuré – de se dépasser ? Doué pour décrire les émotions de ses personnages, j’ai découvert avec Le Sommet des dieux un auteur capable de dessiner les grands espaces, les vides profonds et les horizons lointains avec une qualité remarquable. Il se place ainsi dans la lignée des artistes japonais qui ont fait de l’utilisation de l’espace une marque de fabrique. De plus, par un souci extrême du détail, il évite non seulement l’écueil de la lourdeur d’une partie non négligeable des dessinateurs réalistes franco-belges mais surtout nous emmène dans les plus grands massifs du monde tant en montrant l’homme dans toute sa petitesse face à la montagne. Mais ce manga n’est pas uniquement une suite de vastes planches de paysages montagneux, il est aussi un manga d’action. Habu, Fukumura et tous les autres subissent les joies et les peurs de l’alpinisme : chutes, avalanches et j’en passe pour ne rien dévoiler. Le réalisme extrême rend très fort les instants de tension et Le Sommet des dieux promet son lot de rebondissements. Là encore, le dessin s’adapte. Taniguchi change son rythme en rétrécissant les cases ou en ajoutant des gros plans, bref en accélérant la narration. Résultat, l’histoire ne souffre pas de grands ralentissements et les non-initiés (comme moi) trouveront un vrai plaisir à suivre les aventures de ces alpinistes. Pour les pro-montagnes, c’est le plaisir absolu ! Avec Le Sommet des dieux, Jirô Taniguchi a réussi le pari d’adapter un roman à succès japonais. Prouvant sa très grande technique, il offre au public une œuvre à la fois dynamique et profonde, tenant en haleine sur plusieurs centaines de planches. L’une des œuvres majeures de l’un des auteurs « passerelles » entre les sphères asiatiques et européennes. A lire absolument.
Le Sommet des dieux (5 volumes, série terminée) d'après le roman de Yumemakura Baku adaptations et dessins de Jirô Taniguchi Éditions : Kana, 2004 Public : Ado-adulte Pour les bibliothécaires : Incontournable dans la bibliographie de Jirô Taniguchi.

Le sens de la vie ? En avant marche…

Le promeneur (scénario de Masayuki Kusumi, dessin de Jirô Taniguchi, éditions Casterman, 2008) Je vous assure que ce n'est pas par flemme que je vous propose le pitch des éditions Casterman pour vous donner envie de lire Le promeneur, le nouvel album du maître Jirô Taniguchi et de son comparse Masayuki Kusumi. Non, ce n'est pas par flemme mais tout simplement parce que tout y est dit : on retrouve dans Le promeneur toute la nostalgie, la mémoire, la nonchalance et la chaleur des histoires de Taniguchi, en réalité tout ce que l'on aime chez cet exceptionnel artiste. Et encore une fois, ce qui pourrait apparaître mièvre chez certains auteurs prend chez Taniguchi une incroyable dimension universelle et humaniste. Chacun de ses lecteurs peut s'identifier à son Promeneur car, comme il le dit lui-même, la marche est l'allure naturelle de l'homme, celle qui lui permet de prendre le temps de la réflexion tout en étant dans l'action... Un jour, un étudiant fera certainement une thèse sur le rôle central de la marche dans l'oeuvre de Taniguchi (de l'évident L’Homme qui marche au Gourmet solitaire, en passant par Le Sauveteur ou Quartier Lointain...). Mais je parle, je parle et le pitch se fait attendre... "À la faveur des petits événements ordinaires de sa vie professionnelle et personnelle (la recherche d’un vélo disparu, une réunion de travail au sommet d’une tour de bureaux, etc.), un quadragénaire se laisse aller à des escapades impromptues au hasard de la géographie urbaine, sur les innombrables chemins de traverse qu’offre la grande ville – pour peu qu’on sache les voir et s’y abandonner… Une balade après l’autre, cette pulsion vagabonde prendra bientôt les allures d’un cheminement sentimental au fil des méandres de la mémoire, ponctuées d’images inopinément ressurgies de l’enfance et de la jeunesse du promeneur. Conçues par Masayuki Kusumi, déjà scénariste des histoires culinaires du Gourmet solitaire, ces déambulations nostalgiques, à la tonalité nonchalante et chaleureuse, ont initialement été publiées au Japon dans un magazine d’art de vivre, Tsuhan Seikatsu. Interprétées dans le registre intimiste dont Jirô Taniguchi a fait son signe distinctif depuis L’Homme qui marche, transfigurées par son humanisme pudique et serein, elles acquièrent une résonance universelle, dans laquelle se retrouveront les nombreux fidèles du maître japonais."

600ème chronique d’IDDBD : Le Sauveteur

Le sauveteur (scénario et dessin de Jirô Taniguchi, éditions Sakka, 2007) Pour la 600ème chronique d'IDDBD, il nous fallait du lourd, un album qui vaille vraiment la peine d'être conseillé, comme ces bons tuyaux qu'on se refile entre initiés... Le sauveteur, du maître mangaka Jirô Taniguchi, est de cette trempe d'album. Je passe rapidement sur le fait qu'il s'agit d'un manga. Si vous lisez régulièrement les chroniques d'IDDBD, vous savez que l'on a dépassé depuis bien longtemps le débat stérile et idiot de savoir si le manga est ou non de la BD digne d'intérêt pour l'homo occidentalus que nous sommes. Dans Le sauveteur, Jirô Taniguchi nous donne une fois de plus une magistrale leçon de son humanité et de son talent. En 330 pages, il réussit tout à la fois à nous tenir en haleine, à nous émouvoir et à nous faire réfléchir. Son héro, Shiga, est un montagnard pur et dur, un homme habitué à surmonter les difficultés qui ne manquent pas de survenir dès lors que l'on se confronte à la nature en général, et à la montagne en particulier. Mais cette force de caractère est aussi emprunte d'humilité. Shiga, Le sauveteur, n'est pas un conquérant. C'est un homme qui a compris quelle était sa place dans ce monde, vis à vis des autres humains qui l'entourent et vis à vis du monde lui-même. Quelqu'un qui a compris le sens des liens qui nous relient aux autres et au monde. Qui connaît la valeur des promesses prononcées... Aussi, lorsque Megumi Sakamoto, la fille de son meilleur ami décédé en montagne, disparaît dans l'un des quartiers interlopes de Tokyo, Shiga n'hésite pas à quitter ses Alpes méridionnales japonaises pour se lancer à sa recherche et tout mettre en oeuvre pour la retrouver. Mais à sa manière. Avec détermination, calme et humilité... même s'il lui arrive de se défendre contre certains specimens de la faune nocturne de Tokyo (mais sans jamais ressembler à un Charles Bronson nippon tout de même...). Comme la plupart des oeuvres de Jirô Taniguchi, cet album one-shot est donc un mélange subtil d'aventure, d'émotion et de réflexion sur de nombreux sujets qui concernent nos sociétés modernes et notre "civilisation". Bien qu'il s'agisse d'un manga, les thèmes abordés dans Le sauveteur sont absolument universels. La marque des grandes oeuvres, non ? Et indéniablement celle des grands auteurs...

Taniguchi (encore) au sommet…

La Montagne Magique (scénario et dessin de Jirô Taniguchi, éditions Casterman) Aaahhh ! Les auteurs japonnais ne sauraient donc dessiner que du manga (ouais bon, "de la manga" si vous y tenez... puristes !) et se désintéresseraient totalement de notre bonne vieille BD franco-belge, obnibulés qu'ils seraient pas la conquête mondiale de l'édition graphique ? Le plus grand d'entre eux, Jirô Taniguchi, démontre avec son dernier album publié en France qu'il n'en est rien... voire qu'il en est précisément le contraire ! Dans son introduction, le Maître mangaka explique comment il a découvert notre BD, il y presque 35 ans, et comment cette découverte l'a profondément marqué, à tel point qu'il rêvait lui aussi de dessiner un album de BD. C'est chose faite chez son éditeur français, Casterman, avec La Montagne Magique (sans rapport avec le roman de Tomas Mann) ! Le héros, Ken’ichi, est un jeune garçon de 11 ans, orphelin de père, qui passe ses vacances dans une petite ville du Japon, celle-là même qui a vu grandir Jirô Taniguchi. L'action, qui débute et se déroule essentiellement en 1967, va conduire le jeune Ken’ichi jusqu'à la montagne qui domine Tottori où une étrange salamandre lui proposera un étrange marché... Bien entendu, vous retrouverez dans cette histoire tous les ingrédients qui nous font tant aimer les récits de Jirô Taniguchi, petites merveilles de nostalgies (mais sans pathos excessif), de souvenirs d'enfance teintés de magie, ou de contes d'adultes émerveillés par les beautés simples (parfois banales) du monde, simples en apparence mais d'une telle profondeur d'âme... Sans oublier le rapport au père (présent mais distant, absent, disparu, ou évanoui dans la nature), omniprésent... Quant au dessin, il répond effectivement, comme le souhaitait Jirô Taniguchi, aux codes de la BD (plus en ce qui concerne la "mise en case" que le trait d'ailleurs...) et non plus du manga (pardon, "de la manga")... Mais il faut bien reconnaître qu'en définitive, cette distinction n'a que peu d'intérêt lorsque l'on a à faire à un tel raconteur d'histoires. Et en définitive, raconter des histoires, quelles qu'en soit la forme, n'est-ce pas là - tout simplement - l'objet même du 9ème art ? A lire : la fiche de l'album sur le site des éditions Casterman A lire : l'interview de Jirô Taniguchi par Muriel & Stéphane Barbery

Le gourmet solitaire

(scénario de Masayuki Kusumi, dessin de Jirô Taniguchi, collection Sakka, éditions Casterman) Allez, ne faites pas d'histoires, IDDBD vous emmène au restaurant aujourd'hui... ou plutôt aux restaurants devrais-je dire. Et en bonne compagnie qui plus est : celle de Jirô Taniguchi ! Et celle de cet homme, le personnage central du Gourmet solitaire, dont on ne sait presque rien mais dont on partage quelques moments d'intimité. Car partager un repas avec quelqu'un n'est jamais anodin. Qu'on le veuille ou non, des liens se créent, même s'ils sont fugaces, le temps que les plats arrivent et qu'on les déguste... Cet homme là, celui de Jirô Taniguchi (qui n'est pas sans rappeler celui de L'homme qui marche), nous entraîne dans les restaurants, le gargottes, les boui-boui japonais au gré des ses déambulations professionnelles (l'homme est dans le commerce). Et à chaque fois, c'est à plusieurs découvertes auxquelles il nous convie : celle de l'établissement (généralement modeste), celle des patrons, des clients et celle de ses pensées personnelles. Et peu à peu, on se rend compte que la nourriture n'est finalement qu'un prétexte (aléchant certes) à l'une de ces balades philosophiques qui, sous couvert d'évènement banals de la vie (ici, se substanter), sont plus profondes qu'il n'y paraît. Les leçons de ces balades, c'est à chacun de les trouver. Il n'y a aucune contrainte. Un peu comme le choix qui nous est offert d'entrer ou non dans un restaurant, de prendre un risque (limité) ou de retourner au conformisme ou à ce que nous connaissons déjà. Le gourmet solitaire de Taniguchi n'est pas le banquet de Platon mais il invite à un dialogue personnel, intérieur, qui peut être finalement aussi salutaire que celui du grec... A découvrir : quelques planches, des infos sur Taniguchi et des bonus sur le site de la collection Sakka A lire : la chronique de Sbuoro sur sceneario.com A lire (aussi) : l'excellente (et toujours intelligente) chronique sur du9.org L'info du jour Repéré (et apprécié) sur le site des éditions Septième choc : Winter Joke. "Un petit village perdu dans la montagne, un groupe d’habitants composé d’enfants, d’adultes et d’un vieillard... Une maison qui disparaît...Puis une autre... Une psychose qui s’installe parmi les gens du groupe qui s’accusent mutuellement...Avant de voir arriver des machines qui ont pour but de les détruire ! L’auteur installe dans cette histoire une ambiance de pleine montagne, de suspense, avant de nous plonger dans de l’action pure." Parution prévue entre octobre et novembre 2007 selon Kristijan des éditions Septième choc. Patience donc...

Un ciel radieux

(scénario et dessin de Jirô Taniguchi, collection Ecritures, éditions Casterman) Vous savez l'amour inconditionnel d'IDDBD pour l'oeuvre de Jirô Taniguchi (si vous ne le saviez pas, voilà qui est fait...). Aussi, lorsque le maître japonnais publie en France un nouvel ouvrage, IDDBD se précipite chez son libraire préféré (en l'occurrence, "BD en Bulles" à Perpignan) et lui arrache un exemplaire de Un ciel radieux. Et lorsque cette nouveauté appartient à la collection Ecritures de Casterman, IDDBD n'hésite pas : il paye l'exemplaire de Un ciel radieux tellement il est content ! Une fois de plus (mais on ne s'en lasse pas...), Jirô Taniguchi flirte avec le fantastique mais en privilégiant toujours les sentiments humains qu'il sait nous dépeindre avec un talent magistral. Mais à quoi bon vous faire l'article : vous l'aurez compris, un nouvel album du maître japonnais est un évènement qu'il ne faut pas rater, du moins si vous aimez le style de BD dont nous aimons vous parler sur ce blog... A lire : le pitch sur bedetheque.com A lire (sur IDDBD) : les chroniques sur L'orme du Caucase, Quartier Lointain, L'homme qui marche, et Le journal de mon père

Quartier lointain

(scénario et dessin de Jirô Taniguchi, collection Ecritures, aux éditions Casterman) Les semaines précédentes, IDDBD vous a fait découvrir L'orme du Caucase, Le journal de mon père et L'homme qui marche de ce grand auteur, cet artiste majeur qu'est Jirô Taniguchi. Pour conclure cette mini série (nous aurons l'occasion de revenir à Taniguchi plus tard), IDDBD vous propose Quartier Lointain qui une sorte de synthèse des précédents albums. On y retrouve les thèmes chers à Jirô Taniguchi (l'enfance, le passé, la séparation, l'abandon, les relations filiales...) dans le cadre d'une histoire plus fantastique qu'autobiographique. De retour vers son foyer où l'attendent sa femme et ses deux filles, Hiroshi, un homme d'affaires de 48 ans, se trompe de destination et se retrouve dans un train qui file vers sa ville natale. Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, il décide de profiter de cette escapade involontaire pour aller visiter les lieux de son enfance, comptant bien revenir chez lui avant la fin de la journée. Pris d'une fatigue aussi soudaine qu'inexplicable, il s'endort dans les jardins du temple où est enterré sa mère... et se réveille tel qu'il était à 14 ans ! Et le monde autour de lui aussi a changé : c'est le monde de son enfance, tel qu'il était en 1962 ! Que faire ? Abasourdi, Hiroshi retrouve la maison de son enfance, ses parents, sa soeur Kyôko, son ami Kaidsuké, et la belle Mokoto, qui ne tarde pas à tomber amoureuse de ce camarade de classe tout à coup plus mûr... Le choc de la surprise passé, la vie pourrait s'écouler doucement en définitive pour Hiroshi. Malheureusement, ce retour dans le passé fait remonter un souvenir qu'il avait totalement occulté jusqu'alors : le départ inexpliqué de son père, le 31 août 1962, pour une destination inconnue... Hiroshi va alors tenter de modifier le cours de l'histoire familiale et empêcher cet acte d'abandon. Mais peut-on toucher au passé sans modifier l'avenir ? Vous vous doutez bien que Jirô Taniguchi ne traite pas du voyage dans le passé comme aurait pu le faire un auteur de fantastique classique. Ce retour dans le temps est plutôt l'occasion d'explorer encore les thèmes qu'il affectionne, avec toujours la même sensibilité, la même émotion simple et sincère. Encore une oeuvre majeure à ne rater sous aucun prétexte ! A lire : les six premières planches du tome 1 et du tome 2 sur le site Casterman

L’homme qui marche

(scénario et dessin de Jirô Taniguchi, aux éditions Casterman) Samedi dernier, IDDBD vous invitait à découvrir Le journal de mon père de Jirô Taniguchi, que nous considérons comme un pur chef d'oeuvre. Cette semaine, ne passez pas à côté de L'homme qui marche. Ou plutôt, suivez-le sans hésiter... Il vous embarquera pour une ballade très poétique que vous n'êtes pas prêt d'oublier. En quelques chapitres, sans pratiquement aucun dialogue, cet homme qui marche vous éblouira par sa capacité à regarder le monde qui l'entoure pour y déceler les petites choses qui procurent de belles émotions et un bonheur serein... Une cassette vidéo oubliée près d'un cerisier en fleur, une pluie qui le surprend sur le chemin qui le ramène chez lui, un coquillage déterré par son chien et un millier d'autres situations en apparence anodines l'embarque au pays du rêve éveillé. Et pour lui, comme pour nous, c'est l'illumination de l'âme. Comme à son habitude, Jirô Taniguchi nous livre un album sensible et intelligent, au rythme lent et au trait toujours aussi sublime.  Encore un moment de grâce à déguster avec sérénité au milieu de l'agitation du monde... A lire : le pitch sur le site Casterman "Qui prend encore le temps, aujourd’hui, de grimper à un arbre, en pleine ville ? D’observer les oiseaux, ou de jouer dans les flaques d’eau après la pluie ? D’aller jusqu’à la mer pour lui rendre un coquillage dont on ne sait comment il est arrivé chez soi ? L’homme qui marche, que l’on apprend à connaître à travers ses balades, souvent muettes et solitaires, rencontre parfois un autre promeneur avec qui partager, en silence, le bonheur de déambuler au hasard." A lire : la belle chronique de BD Sélection (signée Audrey)