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Juste à côté… mais tellement proche

Inès (scénario de Loïc Dauvillier, dessins de Jérôme d'Aviau, Drugstore)

En 2007, je découvrais Les Enfants Rouges, une maison d’édition parisienne de qualité, en même temps que deux jeunes auteurs talentueux, Jérôme d’Aviau et Loïc Dauvillier,  grâce à l’album Ce qu’il en reste. Quelques mois plus tard, Mike chroniquait Nous n’irons plus ensemble au canal St-Martin, un collectif (toujours chez Les Enfants Rouges)  d’une grande qualité.

En 2009, c’est avec un grand plaisir que je le retrouve, chez un autre éditeur certes (Drugstore, un label de Glénat), mais avec toujours cette finesse qui m’avait bien plu lors de ma première lecture. Pourtant avec Inès,
Jérôme d’Aviau et Loïc Dauvillier aborde le thème difficile et passez-moi l’expression casse-gueule de la violence conjugale. On est loin des problèmes des amours désenchantés de leurs précédents albums.

Ils ont fait le choix d'aborder ce thème de front, en montrant les souffrances morales d’une femme maltraitée, dont on ne connaîtra jamais le nom, en mettant en exergue ses pensées à contrecourant de ses actes et de ses « discussions » avec son mari. Mari en tout point impeccable à l’extérieur, en tout point monstrueux à l’intérieur.

Ils montrent également le silence des autres, les voisins qui entendent, frappent à la porte mais n’irons pas plus loin. L’ami du mari qui voit les traces mais ne fera rien. Il y a la lâcheté... et surtout la peur.
Celle étrange mais humaine de fuir même pour sauver une petite fille, unique réconfort de cette femme si anonyme qu’elle en devient universelle. Pourquoi rester alors qu’elle a l’occasion de fuir loin ? Nous n'en saurons pas plus. Cercle infernal forcément dramatique.

Inès fait partie de ces albums dont le but est  de dévoiler les mécanismes d'une réalité avec toute la puissance d’une fiction. Ici, le message est simple, le dessin l’est également, mais il faut beaucoup de maîtrise pour réussir ce genre de projet. Au bout de la lecture, c’est un choc tant cette simplicité montre l’horreur de la  situation, tant chaque page tournée est une claque, tant on se dit "et si moi j’étais à la place de l’un d’eux, voisin, mari ou femme, enfant, ami ???" Et c'est peut-être la réponse qui est la plus gênante.

Inès est un album réussi et j’irai même jusqu’à dire nécessaire.

A lire : la chronique de Krinein
A lire (aussi) : la (toujours) très bonne interview de Loïc Dauvillier sur sceneario.com


Canal émotion…

Nous n’irons plus ensemble au canal Saint-Martin (scénario de Sibylline et Loïc Dauvillier, dessins de Capucine, François Ravard et Jérôme d’Aviau, éditions Les Enfants Rouges) Aujourd'hui, sort un album qui fait honneur à ce que la BD a de plus noble, cette capacité d'être tout à la fois un récit romanesque et une oeuvre visuelle, bref une oeuvre d'art à part entière. Avec Nous n’irons plus ensemble au canal Saint-Martin , Loïc Dauvillier et Sibylline ont concocté trois histoires dont le point commun est de toutes se dérouler en une nuit au bord du canal, autour d'un banc et d'un bar... et de parler de la solitude, choisie, subie, violente. Ces trois histoires, qui parfois se téléscopent, sont mises en image par trois superbes dessinateurs. Le résultat de ses confrontations "scénaristes/dessinateurs" et "dessinateurs/dessinateurs", c'est un magnifique album, très émouvant, indispensable. Et pour ceux qui, comme IDDBD, l'auront aimé, l'aventure continue au-delà de l'ouvrage puisque Capucine, François Ravard et Jérôme d’Aviau, le trio de dessinateurs impliqués dans ces histoires, exposeront leurs planches originales au café Valmy à partir de 2 Octobre et jusqu’au 31 novembre. A cette occasion un vernissage est prévu le 2 octobre à partir de 18h en présence de tous les auteurs. Avis aux amateurs d'art ! A lire : une interview de Nathalie Meulemans sur le site bdtheque.com. Pour avoir été en contact avec elle par courriel, IDDBD peut témoigner que Nathalie Meulemans est une grande dame de l'édition et du 9ème art... A lire : une interview passionnante pour un auteur passionnant, Loïc Dauvillier. Et c'est sur l'excellent site sceneario.com, comme souvent ! Et puis, vous visiterez aussi le blog de Loïc Dauvillier, ainsi que son site officiel !

Jolie découverte

Ce qu’il en reste (scénario de Loïc Dauvillier, dessins de Jérôme d'Aviau, Editions Les enfants rouges, février 2007) Au hasard des discussions avec des lecteurs de la bibliothèque, on a parfois de belles surprises. Certains nous parlent de leur blog et on se retrouve à écrire dedans quelques mois plus tard, d’autres nous propose des lectures. Et c’est ainsi que Ce qu’il en reste m’est tombé entre les mains. 1100 exemplaires au premier tirage, une maison d’édition inconnue (pour moi en tout cas), un format à l’italienne (plus large que haut), des cases et des textes en alternance, voilà qui aiguise la curiosité. Ce qu’il en reste raconte une relation tumultueuse ou plutôt une non-relation. Théo est un apprenti écrivain travaillant sur un premier roman. Mais son activité l’empêche de voir le monde autour de lui, et sa copine en particulier. Son incroyable immobilité (dans le fauteuil de son appart’) contraste avec les mouvements incessants de son amie. Rien de bien nouveau me dira-t-on, oui mais… La forme du récit est intéressante car cet album mêle long passage du roman écrit par Théo et pur moment de grâce graphique par l’intermédiaire de Jérôme d'Aviau. Une histoire simple mais bien menée, surprenante en tout cas que je vous conseille de lire si vous le voyez passer sous votre nez. A noter que Ce qu’il en reste est un album introductif au récit Théo prévu en 2008 (lu sur le site des éditeurs). On le suivra avec intérêt ! A découvrir : le site des Enfants rouges