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Chronique | Clumsy (Jeffrey Brown)

Clumsy (scénario et dessins de Jeffrey Brown, Ego Comme X) "Les histoires d'amour n'ont rien d'exceptionnelles". C'est bizarre, cette phrase m'est venue immédiatement après ma première lecture de Clumsy. D'ailleurs il me semble l'avoir lue quelque part mais je ne sais plus où (si quelqu'un a un flash). Clumsy est un récit autobiographique. Jeffrey Brown y raconte sa relation avec Theresa, relation qui dura presque un an (de juillet 2000 à juin 2001). Chose troublante, il a commencé à dessiner Clumsy quelques mois avant leur séparation. Sans doute une psychanalyse prémonitoire. Alors là vous vous dites : "ola, voyeurisme, règlements de comptes etc...". Et pourtant, même si il ne s'impose aucun tabou, Jeffrey Brown réussit à éviter cet écueil. Au contraire, avec un talent certain, il dresse avec finesse un (auto)portrait de sa relation amoureuse. Tout cela par l'intermédiaire de courtes saynètes (au maximum 4/5 planches de 6 cases) aux noms aussi évocateurs que "Dans la voiture" ou "Bonne année". Car leur histoire, malgré ses spécificités et leurs maladresses, n'est au bout du compte pas très différentes des autres. Elle est faite de quotidiens, de rencontres, d'éloignements, de coups de téléphone, de projets, de sexe, d'engueulade (et oui il en faut aussi) et encore de sexe (il faut savoir en abuser). Comme souvent (mais pas toujours) elle se termine. Malgré son côté autobiographie et "journal de bord", Jeffrey Brown n'a pas choisi de suivre le cours des évènements, qu'ils soient chronologiques ou géographiques (car Jeff et Theresa se baladent pas mal le long de la côte Est). Ce semblant de désordre, car malgré les apparences il y a une très grande maitrise du récit dans Clumsy, vient servir le propos car il renforce cette impression de puzzle. Cette volonté de montrer que derrière des événements simples (symbolisés par un dessin très "jeté" parfois esthériquement discutable) se cachent des situations et des évènements complexes dont on ne voit que les conséquences. Malheureusement pour lui, Jeffrey Brown ne semble pas détenir la solution de ce casse-tête universel qu'est l'amour. Bon, pour tout vous avouer, j'ai du mal à conclure cette chronique. Je vais laisser la dédicace du livre parler d'elle-même : "Pour tous ceux et celles qui ont aimé et perdu". Pessimiste ? Oui, mais c'est ainsi...   Bonus musical : petite dédicace spéciale avec The Moldy Peaches (Anyone else but you)

A lire : page 39 à 47 sur le site d'Ego Comme X (format PDF)