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Le vol du corbeau

(scénario et dessin de Jean-Pierre Gibrat, collection Aire Libre, éditions Dupuis) Samedi dernier, IDDBD vous conseillait la lecture du magnifique diptyque Le sursis de Jean-Pierre Gibrat, une chronique rurale pendant l'Occupation, et vous encourageait à lire l'autre diptyque du même Gibrat, Le vol du corbeau, qui constitue une sorte de continuité du premier sans en être véritablement la suite. Dans l'intervalle, IDDBD a relu Le vol du corbeau. Verdict ? Continuer la lecture de Le vol du corbeau

Le sursis

(scénario et dessin de Jean-Pierre Gibrat, collection Aire Libre, éditions Dupuis) Attention, pur chef d'oeuvre en vue ! Pour ceux qui connaissent cette BD en deux tomes sortie en 1997, il n'y a pas de surprise mais le souvenir d'une histoire particulièrement bien menée par un Gibrat plus qu'inspiré... Pour les autres, il y a urgence à lire ce diptyque magistral sous peine de grave manquement culturel et artistique ! Car Le sursis est l'illustration (!) même de ce que peut donner de meilleur un auteur complet. Le scénario est d'une intelligence rare et non diluée (deux tomes denses mais faciles à lire, palpitants mais sans effets de manches inutiles...). Quant au dessin, il est tout simplement somptueux. Vous connaissez peut-être la propension d'IDDBD à vouloir absolument classer les albums en fonction de leur style : académique ou expressionniste (voir la chronique d'Isaac le Pirate). Au cas particulier, cette distinction n'a pas lieu d'être : le trait et la mise en couleur sont académiques (quel talent mes aïeux !) mais expriment toute la palette des sentiments humains avec un réalisme et une émotion tangibles. Du grand art ! L'histoire du Sursis, c'est celle de Julien, un jeune homme qui échappe au STO pendant la Seconde Guerre Mondiale après avoir sauté du train qui l'emmenait vers l'Allemagne. De retour dans son village natal de l'Aveyron, il se planque, avec l'aide de sa tante età l'insue de la population, au deuxième étage de l'école communale. De là, il assiste à son propre enterrement (le train qu'il a quitté ayant été bombardé, tout le monde le croit mort...) et à la vie quotidienne des habitants du village. Il observe aussi son amie Cécile, d'abord de loin puis de plus près... Le sursis dresse un tableau particulièrement réaliste de la période d'Occupation, avec ses miliciens, ses collabos actifs et passifs, ses résistants de la première heure, et tous les autres, la masse des indécis, des indifférents... Le talent de dessinateur de Gibrat renforce la crédibilité des personnages, des situations et des ambiances : on se trouve plongé, le temps de deux albums, entre 1943 et 1944, jusqu'au dénouement final, imprévisible, étonnant... Vous l'aurez compris (mais bon, je me répète), Le sursis est une oeuvre incontournable qu'il est essentiel d'avoir lu... Et lorsque vous aurez lu Le Sursis, comme je sais que vous en voudrez encore, foncez donc dévorer le Vol du Corbeau (également en deux tomes) du même auteur, qu'IDDBD chroniquera prochainement... A visiter : le mini-site consacré au diptyque Le sursis A voir (pour le plaisir) : les planches originales de Jean-Pierre Gibrat sur le site de la galerie Daniel Maghen