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Interview | L’atelier En traits libres avec Kristophe Bauer

en_traits_libresLa première chronique de CaseDoc, la nouvelle rubrique d’IDDBD consacrée aux films documentaires sur la BD, avait pour objet le film Mattt Konture : l’ethique du souterrain. Ce billet a suscité des réactions inattendues, notamment l’intervention et un échange avec le réalisateur himself, mais aussi celle de Kristophe Bauer – que vous connaissez déjà par son comics Les Sentinelles de l’Imaginaire. Outre ses activités d’auteur, il est aussi le Président du collectif  En Traits Libres. Comme nous sommes un poil curieux sur IDDBD, nous nous sommes dit qu’il fallait bien que nous en sachions un peu plus sur cette bizarre entreprise. Alors, secte artistique, groupement d’artistes maudits ou belle bande de potes ? Voici un focus sur un collectif sympathique… à l’image de son Président.

IDDBD : Salut Kristophe !  Alors, si j’ai bien compris à la lecture de la présentation sur votre site, En traits libres c’est surtout un collectif de dessinateur… J’ai bon ?

Kristophe Bauer : Tout à fait. Il y a 11 artistes en tout, principalement des dessinateurs de BD, des illustrateurs, des peintres, des graphistes ainsi que des personnes qui travaillent dans le film d’animation.

IDDBD : L’atelier, c’est juste un espace commun de travail ou la possibilité de créer ensemble ?

K.B. : Les 2 mon capitaines ! Nous ne sommes pas un collectif au sens strict du terme. Il n’y a pas de charte à signer ou de manifeste artistique à respecter. Chacun vient travailler sur sa production à l’atelier quand bon lui semble. Mais dans le même temps ils nous arrivent de développer des projets à plusieurs, voir avec l’intégralité des membres. Principalement au travers du fanzine de l’atelier EN TRAITS LIBRES où l’on retrouve des boulots de chacun, mais aussi durant des manifestations à l’extérieur. On a notamment été contacté pour réaliser des décors de pièces de théâtre ou de festival, des fresques murales ou des ateliers graphiques ouverts à tout public.

Publication du fanzine En traits libres
Publication du 6e fanzine En traits libres

IDDBD : En traits libres, ça sonne comme un appel à l’échange avec le public. C’est important pour vous ce rapport aux personnes qui découvrent votre travail ?

K.B. : Oui c’est très important. Notre atelier est installé dans le vieux centre-ville de Montpellier, dans une zone piétonne. Notre espace de travail donne directement sur la rue, comme une boutique. C’est à la fois notre atelier, notre galerie et notre lieu de vente. Le passage des gens est donc inévitable et souhaité, même si cela peut tomber au moment où l’on finit une case importante ! L’échange avec le public est très enrichissant. C’est ce qui participe aussi au sentiment de se sentir comme un véritable acteur culturel local et international (car nous avons aussi beaucoup de visiteurs étrangers, surtout depuis l’article dans le New York Times !).

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La façade de l’Atelier. Image tirée du blog Lamobile Tour, accueillie par l’atelier en 2010 (http://labomobiletour.blogspot.fr/)

Dans la série des questions qu’on doit te poser 6 fois par jour, tu ne vas pas échapper à celle sur Mattt Konture. Au niveau national – même international – c’est un monument de la bande dessinée, quelle est sa place au sein du collectif ? Un exemple, un « guide spirituel », un artiste de plus…

K.B. : Mattt est surtout un être humain d’une énorme gentillesse et d’une grande humilité. Vu sa notoriété et le public qu’il draine, il aurait de quoi se la « jouer » mais pas du tout. Il vient à l’atelier et passe des heures à noircir ses planches avec ses plumes dans un état de concentration intense ! Toujours en train de travailler, toujours un livre en préparation ou une affiche pour un festival ou une association. Un vrai bosseur. En ce sens, il est un exemple pour tout le monde. La clé d’une passion, c’est le travail. Et c’est ce que permet l’atelier. Les activités liées au dessin sont souvent solitaires et parfois compliquées si elles se déroulent dans son chez-soi. En allant à l’atelier, en se déplaçant, on se met dans de bonnes conditions de travail et au moment des pauses on peut discuter avec un collègue qui partage souvent les mêmes problèmes. C’est parfait !

IDDBD : Tiens justement, tu en as pensé quoi toi du film de Francis Vadillo ? (ça t’apprendra à faire des commentaires, tiens !) ;-) Représentative du personnage ?

K.B. : Francis est vrai passionné de BD et il passe souvent à l’atelier. Il connait bien son sujet. Je trouve son film vraiment remarquable dans ce qu’il donne enfin à voir un artiste au travail (chose assez rare dans les interviews liées à la BD, on en reste souvent aux critères biographiques) ainsi que son univers avec toutes les ramifications possibles (musicales, critiques…). Francis en profite aussi pour faire un état des lieux de la BD avec l’émergence, il y a 20 ans, de l’Association qu’a créé Mattt avec ses comparses et qui a pas mal changé le paysage éditorial. Au final l’aspect protéiforme du film convient bien au style graphique de Mattt, qui peut apparaître au départ minimaliste, mais que je trouve au contraire très foisonnant. On cite souvent Crumb à propos de Mattt, ce que je trouve un peu paresseux au niveau du travail critique, alors que j’ai toujours pensé qu’il y avait plus d’affinités avec le style de Moebius, notamment dans sa période des modelés faits à la plume. On peut trouver cette comparaison déraisonnable, voir incongrue, mais j’en ai discuté un jour avec lui et il me l’a confirmé.

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extrait du film de Francis Vadillo

IDDBD : La structure « En traits libres » est devenue une association, comment voyez-vous l’évolution de votre action au cours de ces prochaines années ?

K.B. : Notre passage au statut associatif participe de notre volonté de nous présenter de plus en plus comme un acteur culturel important. Nous avons, en février dernier, organisé un festival de la Micro-Edition sur un week-end avec l’éditeur 6 Pieds sous terre et la Mairie de Montpellier. Ce fut un vrai succès, notamment grâce aux nombreux ateliers artistiques que nous avons proposés et qui étaient ouverts à tous les publics. 3 générations différentes se retrouvaient pour mettre la main à la pâte et faire des sérigraphies, des fanzines ou des Clopeints. Nous espérons pouvoir réitérer cet événement l’année prochaine et le pérenniser. Nous sommes aussi invités depuis 2 ans comme reporter BD sur la Comédie du Livre, un grand salon sur la littérature à Montpellier. Voilà le genre d’aventures artistiques que nous espérons multiplier à l’avenir.

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Le « Micro-festival » organisé en collaboration avec 6 pieds sous terre

IDDBD : J’en profite pour te poser quelques questions sur Les Sentinelles de l’Imaginaire… Jan Jouvert avait fait un mauvais rêve cette nuit-là ?

K.B. : Et bien en fait c’est moi qui avait fait ce mauvais rêve ! Toutes les idées concernant cette société future et son caractère dystopique, le casque neuronal, la lutte entre République Résistance et la C.E.C, les 2 amis d’enfance devenus des créatures fantastiques, sommeillaient en moi depuis une dizaine d’années. Après mon passage à l’hebdomadaire le Patriote en tant que cartooniste, j’avais très envie de retourner à la BD avec une série de science-fiction. J’ai alors demandé à Jan de m’aider au niveau du scénario et surtout de la narration pour démarrer la série. Jan est écrivain, plutôt du genre polar avec une écriture très directe qui donne vraiment envie de tourner les pages (Eau et Gaz, 1999, Déménage, 2012) et on se connait depuis 20 ans (nous avons fait de la musique ensemble pendant très longtemps). C’était donc le partenaire idéal. Dès lors que je crois qu’effectivement il y a aussi quelques cauchemars qui appartiennent à Jan dans toute cette série ! Autant au niveau visuel, je suis plutôt seul responsable de ce que l’on trouve, autant l’histoire s’écrit maintenant à 4 mains en permanence.

IDDBD : Plus sérieusement, vous vouliez faire un comics à la française ou ce genre est tout naturellement votre style de prédilection ?

K.B. : Les sentinelles de l’imaginaire sont certes influencées par les comics au niveau de la pagination, du format et parfois dans une certaine manière de s’adresser directement au lecteur durant l’action. Mais pour moi au niveau du style et des thèmes, je me sens plus proche de tout ce que l’on trouvait dans Métal Hurlant ou carrément Valérian et Laureline, qui reste une référence absolue pour moi en matière de science-fiction. Enfin l’art du feuilleton je l’aime autant chez l’américain Milton Caniff (qui faisait des strips d’aventure) que chez le romancier français Gustave le Rouge avec le Mystérieux Docteur Cornélius. Nous tentons, avec Jan, de faire une synthèse de tout ça tout en parlant des enjeux scientifiques d’aujourd’hui qui annoncent le futur (physique quantique, nanotechnologies…etc). Cette série fait aussi partie d’un ensemble chronologique plus vaste qui s’étend sur 3000 ans d’histoire et qui fera l’objet d’autres livres, nouvelles, romans, enregistrements. Sur le blog dédié aux sentinelles, nous développons une série d’articles qui s’appellent les documents interdits et qui développent tous ces aspects.

IDDBD Alors, moi j’ai lu le tome 4, le volume 5 est prévu pour… ?

K.B. : Dès que j’ai terminé cette interview, je m’y colle ! J’espère que l’épisode 5 sortira début 2014 ! Le découpage est terminé, il n’y a plus qu’a s’y mettre. Certains membres de République Résistance ont été laissés dans une situation critique et vont découvrir un terrible secret dans les entrailles de Townsville, quant à l’infâme Cyprus Edwards, le dictateur casqué, après la destruction du réseau des Distracteurs, il va contre-attaquer avec une invention radicale !

Première page du tome 4 (déjà paru)
Première page du tome 4 (déjà paru)

IDDBD : D’autres projets personnels en cours ?

K.B. : Et bien oui ! Une nouvelle série Hunter & Associés une série contemporaine d’aventures et d’espionnage, très politique, avec un héros à la caractéristique physique très étonnante. Pour la première fois aussi dans les éditions du voyeur, la série sera publiée en couleurs. Les quelques dessins publiés sur le blog et les infos distillées ont suscité beaucoup d’enthousiasme de la part du public. Il me tarde vraiment que le premier épisode sorte. Collectivement, l’atelier En Traits Libres sera à la galerie St Ravy à Montpellier du 29 novembre au 15 décembre pour une exposition work in progress qui promet d’être très proche d’un happening !

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Couv’ du vol.3 de Destruction Kentucky par Gaëtan Lüpcke

IDDBD : Allez la question rituelle de fin, as-tu un petit, voire plusieurs conseils de lecture ?

K.B. : Si tu le permets, je vais en profiter pour faire la promo de mes camarades qui ont quelques pépites dans leur carton. Gaëtan Lüpke vient de sortir l’épisode 4 de sa série comico-délirante Destruction Kentucky (écrire à l’atelier qui fera suivre!) et Guillaume Penchinat sort Ahlam  aux éditions le Potager Moderne fin novembre. Guillaume est mon voisin à l’atelier, j’ai vu toute la BD se réaliser sous mes yeux et ça m’a beaucoup impressionné. Une sorte de récit initiaque entre descente aux enfers et poésie débridée.

IDDBD : Merci pour toutes ces réponses passionnantes !

K.B. : Merci à toi pour tes encouragements et ce blog précieux et indispensable !

Donc vous l’aurez compris, si vous passez un jour dans le centre-ville de Montpellier, entrez dans l’atelier En Traits Libres. Nous, on aime cet esprit d’échange ! Et même si le New York Times est passé avant nous (raaah les chiens !) nous sommes très heureux d’avoir pu proposer ce petit focus et très indirectement soutenir leur action.
Bon vent à tous les membres du collectif !

A voir : le site et la page Facebook d’En Traits Libres

Sergio Melia – Part II

Sergio Melia : l’interview !

Deuxième partie

IDDBD : Pourquoi tant d’artistes espagnols sont-ils obligés d’exporter leur travail ? La bande dessinée n’intéressent-elle pas les Espagnols ?

Sergio Melia : C’est pas manque d’intêret, au contraire, on a beaucoup de BD espagnoles publiées, malheuresement on a pas des gros éditeurs comme a la France ou Belgique, qui pourraient payer assez pour se mettre au travail, donc travailler pour l’exterieur c’est le chemin logique.

Les éditeurs à l’Espagne ont l’habitude de racheter des droits dehors l’Espagne, mieux que de investir dans des travaux des dessinateurs espagnols, ça a été par exemple ma situation, Une mansarde à Paris a été un album que j’ai demarré à dessiner aprés que j’ai fini ma collaboration avec le magazine érotique nommé plus haut, aprés si de mois à dessiner des positions gymnastiques féminines je me suis un peu fatigué et j’ai pensé à démarrer une histoire plus longue, un album, j’ai donc démarre à dessiner, j’ai contacté mon editerur a l’Espagne et je l’ai offert, il s’est interessé parce qu’il sort aussi des albums de tout genre, pas seulement érotiques, bon… j’ai travaillé tout seul, mais pendant le dessin de l’album il m’a recontacté jamais, ça a été à moi de le téléphoner, à la fin je me suis fatigué et je l’ai montré a Angoulême, là j’ai trouvé à Joaquim Regout, l’éditeur de Caravelle ces jours et il a aimé, dans pas plus de quinze jours il m’a envoyé un contrat pour signer.

Peu aprés de ça Joaquim m’a parlé que un editeur espagnol (pas mon editeur du magazine érotique) Ricardo Esteban, éditeur de Dibbuks a l’Espagne avait racheté les droits pour l’Espagne. C’est le monde à l’envers ;)

J’ai pas de problème pour travailler à Belgique ou France, au contraire, je suis honoré, mais je trouve que c’est triste qu’on a pas a l’Espagne des éditeurs prêts à payer le minimun.

IDDBD : Quels sont tes projets en cours ?

Sergio Melia : Pour l’instant j’ai un project aventure/historique avec Jean-Christophe Derrien, et j’ai demarré d’autre nouveau avec Antoine Ozanam un peu genre Steampunk.

J’ai mes propres idées en tête, mais je cherche de tout faire petit à petit.

Je ne ferme pas des portes a plus collaborations, mais je cherche de le faire sans perdre la relation avec Jean-Christophe et Antoine, ils sont les premiers qui m’ont fait confiance, et je n’oublie pas ça.

IDDBD : Question traditionnelle sur IDDBD : quels sont les albums qui t’ont marqué ? Quels sont les dessinateurs et scénaristes dont tu apprécies le plus le travail aujourd’hui (attention : tu vas te faire 
des copains !) ?

Sergio Melia : Oui, tu a s raison, pour ce se faire des copains, :-D mais bon, aujourd’hui je n’arrive pas à trouver des travails que je n’aime pas, c’est pas pour chercher d’être correct, non, vraiment je pense que c’est facile à trouver des choses à aimer dans le travail de tout le monde.

Pour des albums que j’ai aime, uff! C’est plein, mais si je cite seul les premiers que m’arrivent en tête j’ai beaucoup aimé Le cahier bleu (Juillard) je l’ai lu et relu, et c’est quelque chose que je ne fais pas souvent, j’ai trop à lire :-D, Le vol du Corbeau (Gibrat), Bone (Jeff Smith), Terry and the Pirates (Milton Caniff), La comete de Cartague (Chaland), Le Marquis D’Anaon (Bonhomme – Velhmann), Jamais deux sans trois (Fromental-Floc’h), Pilules bleues (Peeters), Shandy (Matz-Bertail), Vacances fatales (Giardino), Prince Valiant (Foster), Monsieur Jean (Dupuy et Berberian), L’Epervier (Pellerin), Franka (Henk Kuijpers), Le trio Bonaventure (Corcal-Edith), Le rêve de pierres (Dethan-Collignon), La estrella lejana (Daniel Torres), Les passageurs du vent (Bourgeon), Isaac le pirate (Blain), RG (Dragon-Peeters), etc, etc, etc…

J’aime le tout de ces dessinateurs/trices, j’ai oublie beaucoup d’autres, mais c’est pas mal comme detail.

Pour des scénaristes, bon, j’ai du mal à répondre, pas pour pas me mouiller, sinon parce que j’ai le problème que j’associe très facilement un travail à les deux auteurs donc c’est pas facile.

J’aime Velhmann dans le tout que j’ai lu, j’aime aussi le travail de Matz à Shandy, je le trouve exceptionel, j’aime beaucoup ce mélange d’aventure un peu folletinesque, mystère et surtout le jeu de le personage feminine, chaque fois que je voyage à Angoulême je cherche le dernier album :-D

Il est plein aussi d’histoires que j’aime.

IDDBD : Dis-donc, on a un maximum de goûts communs (et encore, on a pas tout chroniqué encore) ! En tout cas, merci Sergio pour cette interview et les illustrations qui l’accompagnent ! En espérant te voir bientôt du côté de Perpignan !

Sergio Melia : Au contraire, merci par ton intêret, je suis touché. Et je serais enchanté de te faire cou-cou a Perpignan si j’ai la chance ;-)

IDDBD : Hey ! Quand tu veux : j’ai quelques albums à te faire découvrir !

 

Et pour les lecteurs d’IDDBD qui voudraient découvrir quelques images supplémentaires de Sergio Melia, voici une petite sélection de ce que vous pourrez trouver sur le forum du site Artbox.com

 

 

 

 

 

Sans oublier le site personnel de Sergio Melia (en français s’il vous plaît !)

Sergio Melia – Part I

Sergio Melia : l’interview !

Première partie

Chose promise, chose due ! Pour vous, l’interview du talentueux et extrêmement sympathique dessinateur d’Apocalypstick : Sergio Melia ! Bon sang, c’est aussi pour des rencontres comme celle-là que l’on est heureux comme des enfants de faire IDDBD !

IDDBD : Bonjour Sergio Melia ! A part le fait que tu as publié Une mansarde à Paris (Glénat), l’album qui t’a révélé au public francophone, que tu as dessiné Apocalypstick, que tu as dessiné pour des comics américains et que tu as été animateur dans le domaine du dessin animé, on sait finalement peu de choses sur toi. Alors, qui est vraiment Sergio Melia ?

Sergio Melia : Premier du tout je m’excuse par mon mauvais français.

Je suis né à l’Espagne, a Castellón en octobre 1964, j’ai toujours vécu a la cité de naissance sauf pour trois mois que avec ma femme on a habité dans un appartment a New York, trop peu de temps, mais très joli experience, hey! au côte de la fênetre ou je dessinais nous avions un escalier metalique comme celle des films :-D, malheuressement trop rouillé pour faire des pique-niques.

Dès enfant j’ai toujours dessiné, j’étais pas trop bon étudiant donc chaque jour je demarrais une page de BD que, à la fin de l’heure, je gardais dans le bouquin correspondant.

Comme la cité était modeste, je n’avais pas la chance des études artistiques, donc j’ai fini par étudier comme dessinateur de plans :( et j’ai continué à dessiner pour moi et avec des copains, on a fait des fanzines.

J’ai toujours aimé lire des BDs et dessiner, mais pour de vrai et serieussement je pouvais jamais imaginer que cela deviendrait mon métier. Ma ville trop petite n’étais non plus d’aide pour arriver a ce point, au-dela de acheter des albums ou magazines chaque mois le tout était trop loin.

IDDBD : Comment es-tu arrivé à faire de la BD ton métier ? Quel est  ton parcours ? Pourquoi avoir choisi le « comics » ? Et la BD érotique ?

Sergio Melia : Comme souvent, ça a été pas un chemin tout droit, des fois on trouve des chances et c’est à toi de les profiter, j’ai fait mon mieux.

Maintenant je faisais des fanzines avec des amis, j’ai eu la chance de sortir un album avec un éditeur amateur, je me suis mis au travail et dans 3 mois j’ai le tout dessiné. Cet album s’appellait MOON GANG, c’etait une histoire en noir/blanc, genre super héros, placé à l’Espagne, je me suis beaucoup amusé, heureusement l’éditeur a reussi a regagner son argent et on s’est pris deux bières avec le reste, cet album “heureusement” c’est quasi introuvable :-D, bon, je dois garder quelq’uns a la maison, mais je les montrerai pas sans conseil de mon avocat.

Pour hazard, j’ai eu la chance de travailler comme encreur a Marvel et j’ai profité l’occasion, j’ai bossé autour de quatre années là.

Après cette periode a Marvel je me suis posé la question de quoi faire, je me suis donné un temps pour trouver un chemin dans le monde de la BD ici à lEurope.

Premier du tout, j’ai travaillé dans un magazine erotique EROS COMIX, je me suis beaucoup amusé, j’aime beaucoup dessiner des femmes et je pense que le genre a des vraies possibilités, au dela des clichés tipiques que je n’aime pas beaucoup. Je trouve que le genre érotique a un vrai potentiel caché/oublié. On pense toujours à la violence par tel de raconter histoires attirantes, on associe des armes à l’aventure, ok c’est pas mal, mais c’est pas le seul chemin. Petit exemple, je suis amateur de la lecture, un jour je me suis mis à lire un bouquin d’un auteur espagnol, je regrete avoir oublie le titre et l’auteur, bon, il parlait d’une relation de couple que se dechire, la routine s’installe, l’homme aime à sa femme mais sais pas comme le montrer, il sait que elle le trompe, mais veut pas finir de le croire, une fois ils on une fête à son appart avec des amis, apres boire de l’alcool il s’apperçut que sa femme est disparue de la pièce principale, il la cherche, et sans pouvoir l’éviter il finit pour arriver à la porte de sa chambre, elle est fermée, il sent du bruit dedans, il est sûr que sa femme est de l’autre côte, mais il a peur, peur de trouver ce qu’il pense, il place sa main pour ouvrir la porte… hésite… et finalement l’ouvre pas et retourne avec les invités.

Cette scène, je la trouve plus forte émotionellement que une bataille pleine de meurtres, de têtes coupées et tout ça.

C’est ça ce que je veux dire, il y a des choses dedans des relations humaines qu’on pourrait profiter pour raconter des histoires “érotiques”.

Pendant qu’on se limite a ces images de le livreur de pizzas à domicile qui frappe la porte de la belle et chaude femme etc… on va pas sortir de là où on s’est mis. En plus, ces “images typiques” et pas réelles je les trouve assez gênants pour le genre feminin. C’est dommage.

IDDBD : Quand et comment as-tu rencontré Antoine Ozanam. Comment s’est  passée votre collaboration (rencontres régulières, échanges de mails…) sur Apocalypstick ?

Sergio Melia : C’est marrant parce que c’est un mail d’Antoine qui a permis nous rencontrer. Il s’est interessé par mon travail (je sais pas encore pourquoi :-D) On fréquentait le même forum, et il a trouvé mon site web, après ça il m’a offert une collaboration et on a demarré travailler dès ce jour. Je dois ajouter que je me suis trouvé flatté que un scénariste connu m’avait contacté à moi qui rien connaisais, au moins dans le monde de la BD franco-belge. De là on s’est trouvé deux fois à Angoulême, la reste c’est parmi des mails ou le MSN.

(…)

Demain, la suite de l’interview de Sergio Melia ! Il nous parlera de la situation des auteurs espagnols et de ses albums et auteurs préférés !

Talentueux oisif ! – Part 2

Sans emploi : Jibé, l’interview !

Hier, nous vous présentions Sans Emploi, le webcomic de Jibé et comme promis à la fin de la chronique, nous vous proposons aujourd’hui son interview ! Rien que ça et rien que pour nous. Merci encore à Jibé !

IDDBD : Bonjour Jibé, tu es l’auteur du blog Sans emploi que nous avons présenté hier. Peux-tu nous parler un peu de toi et de l’historique de ton blog ?

Jibé : Bonjour IDDBD ! Je vais essayer de me présenter au mieux, même si je ne trouve cet exercice très évident… je m’appelle donc pas vraiment Jibé mais presque, j’ai entre la vingtaine et la trentaine d’année et j’habite en France… Ma bédé Sans emploi a commencé en août 2005, et depuis je m’efforce de tenir mon blog bédé à jour.


IDDBD : Je cite la phrase de présentation du blog : «Quand on a pas de boulot, pas la motivation, que tout

parait inerte autour de soi, mais qu’on garde le sens de l’humour, il reste la bédé.» Avoue que c’est assez terrible comme constat ! En même temps c’est très représentatif de l’esprit de Sans emploi. Alors, dis-nous tout : Sans emploi c’est autobiographique, c’est une thérapie moins chère que 20 ans de séances chez le psy ou simplement une façon déguisée de se moquer de cette belle société qui est la nôtre ?

Jibé : Le constat est terrible, certes, mais il colle assez bien à l’état d’esprit dans lequel j’ai commencé cette histoire. Comme vous vous en doutez, Sans emploi part d’une expérience personnelle : une assez grande période de chômage a eu raison de mes illusions d’étudiant devenu jeune chercheur d’emploi. Comme pour exorciser cela, j’ai redigéré tout ça sur papier, sous la forme d’un personnage encore plus minable, faible et lâche que moi à l’époque (fallait le faire). J’avais besoin de cet alter-égo qui réussissait encore moins bien que moi, afin que je ne me dévalorise pas trop. Mieux vaut en rire que de s’en foutre, comme le dit si bien le grand Didier Super.
Alors oui, au départ c’était une sorte de thérapie, puis ça a évolué vers une légère critique du monde et des gens en général. Mais je me garde bien de faire la morale à qui que ce soit. Pour en revenir à la petite phrase d’intro du blog, elle va bientôt être légèrement modifiée pour mieux coller au développement de la bédé…


IDDBD :
La question récurrente : Quels sont tes grands « maîtres » ?

Jibé : Plutôt que de faire une liste d’auteurs longue comme le bras, et qui n’aurait pas beaucoup de sens, je

vais me contenter de n’en citer que quelques uns. En ce qui concerne directement Sans emploi, il y a deux influences majeures : Franquin et Matt Groening. Le premier pour l’illustre et inégalable Gaston, le premier vrai anti-héros, le grand frère rêvé de Constantin en quelque sorte (enfin, j’aimerais bien…), et le second pour les non-moins célèbres Simpson et Futurama, où j’aime l’humour souvent absurde et le rythme général de l’histoire. Ces influences revêtent moins une influence graphique pure qu’une façon d’écrire une histoire, de mettre en place un univers et des personnages bien campés. J’aimerais avoir ne serait-ce que le centième de leur talent. Je les respecte énormément.
Pour les influences plus graphiques, je citerai Trantkat, alias Kévin Hérault, le dessinateur de la série HK, et Yukito Kishiro, mangaka de Gunnm. Ça n’a certes pas grand chose à voir avec Sans emploi, et leur influence ne s’y retrouve presque pas, mais j’aime leur façon de concevoir leur dessin. Je rêve de dessiner un jour un récit à la hauteur de ces deux auteurs.
De façon plus diffuse, j’aime bien d’autres auteurs, comme le tandem Larcenet/Ferri (même prit séparément), Naoki Urasawa et son génial 20th Century Boys, Edika pour l’absurde (et toute la bande à Fluide Glacial des années 90), ou encore Masamune Shirow.

IDDBD : Sur IDDBD, on essaye de tenir le rythme d’une chronique par jour et ce n’est pas toujours simple. Tu en es à ta 4e saison de « Sans emploi ». Peux tu nous expliquer quelle est ta recette ?

Jibé :

L’alcool et le crack. Mais surtout les pauses ménagées entre les saisons, qui peuvent s’étendre jusqu’à 6 mois. Au début, j’ai écrit au jour le jour, jusqu’à ce que je me rende compte que ce n’était pas viable à long terme d’écrire une bédé comme cela.
Sans emploi n’est pas à proprement parler un blog bédé, mais plutôt un webcomic… même si dans mon cas, la frontière est floue, surtout dans les débuts. Quoi qu’il en soit, Sans emploi me demandait tout de même un effort d’imagination et de scénarisation sur le moyen terme, chose que je n’aurais probablement pas eu à faire si je m’étais contenté de raconter que j’avais mangé une pomme (75% des blogs bédé).
Du coup, pour les saisons suivantes, j’ai pris une grande feuille et écrit les grandes étapes de la saison à venir. Et plus ça va, plus j’écris à l’avance. Au début de la saison 4, j’avais jusqu’à deux semaines d’avance sur la parution… avance qui a fondu comme neige au soleil, mais j’essaie de garder le rythme, ce qui n’est pas évident. Cela se voit quand j’ai moins d’inspiration, mais c’est la règle du jeu.

IDDBD :

Toi qui viens de la « blogosphère », penses-tu que pour les jeunes auteurs les blogs BD soient une (voire l’unique) solution pour sortir du flot ?

Jibé : Avant même la blogosphère, je viens du fanzinat. J’ai participé à tout un tas de publications, il y a quelques années de ça, lorsque j’étais encore jeune et chevelu. Le système fanzinat a, sinon vécu, au moins prit un sérieux coup dans l’aile, avec l’apparition des blogs bédé. C’était encore un système plus ou moins efficace pour se faire un nom dans le cercle fermé des initiés, et peut-être prétendre à une place d’auteur chez un éditeur. Le blog bédé a un peu remplacé ce système, en facilitant la parution de jeunes auteurs. Finis les coûts de production, plus de factures de reprographe hallucinantes, plus de distribution confidentielle par correspondance ou en convention : le web a libéré le fanzinat de ses plus lourds travers. Le blog bédé est une vitrine parfaite, et en ce sens, ça peut permettre à certains de sortir du lot. D’ailleurs, à lire certains sites, c’est même le but premier.

D’une manière générale, ce que je trouve génial, c’est que le gus de 16 ans qui pond des mangasses sera logé à la même enseigne que Maester, par exemple. La république des blogs à cela de formidable qu’elle met tous les auteurs sur un pied d’égalité, qui plus est directement en face de leur public. Pas de tête de gondole, pas de tirage collector, pas de réseau de distribution inégaux, juste une URL. Au final, les plus populaires sont presque ceux qui le méritent le plus, parce qu’ils combinent tout un tas de paramètres comme un graphisme

alléchant, une bonne cadence de parution, une constance dans la qualité de la production et un minimum de contact avec son public. C’est vraiment pas évident de mener tout cela de front, l’exercice est probablement plus difficile de faire un excellent blog bédé qu’une bédé tout court.

IDDBD :

Quelle est l’actualité et le futur de Sans Emploi ?

Jibé :

L’actualité de Sans emploi, c’est la saison 4 encore en cours. Ça représente pas mal de boulot, mine de rien, parce que j’ai décidé de ne plus trop dessiner Sans emploi à l’arrache. Suffit de comparer les premières saisons à l’actuelle. Je prends plus de temps pour soigner l’aspect graphique de la chose, j’espère ne pas trop dénaturer ni renier l’esprit des débuts.
Pour le futur, la saison 5 est déjà écrite. Elle reprendra la même forme que la saison 3, à savoir un récit complet, plus conventionnel qu’une série de strip. Elle est censé boucler un cycle. Et encore plus loin, il y aurait une éventuelle saison 6 à laquelle j’ai commencé à réfléchir sérieusement. Il y aura probablement pas mal de changements à cette occasion, sur le fond et dans la forme.
Je viens de me rendre compte que ça fait très sérieux et planifié tout ça. Le plus dur est de garder l’aspect spontané, je suppose…

IDDBD :

Et pour toi ? Du boulot ? (bon je sais elle est facile). Bref, des souhaits ou des projets secrets à dévoiler ?

Jibé : Du boulot oui, j’en ai. D’ailleurs, ça n’arrête pas d’étonner les gens qui me posent la question. Certains n’ont pas fait le distingo entre l’auteur et la bédé, mais c’est le lot des blogs bédé, j’imagine. Comme je l’ai dit plus haut, Sans emploi est plus un webcomic, et même si certaines situations ou personnages sont véridiques, cela reste romancé et scénarisé…
Des souhaits et des projets, j’en ai plein, mais j’ai l’impression qu’à force d’en parler, rien ne se passe. Motus, donc. Et je ne suis pas superstitieux. Ca porte malheur.

IDDBD : Pour finir, et comme on aime bien donner notre avis, quel(s) album(s) nous conseilles-tu en ce

moment ?

Jibé :

Le masque tombe : je ne lis pas beaucoup de bédé. On pourra reprendre les séries des auteurs que j’ai cité, dont leurs nouveautés, mais je n’ai pas de vision sur l’actualité… reste que je lis un bon paquet de blog bédé, par le truchement de blogsbd.fr, que ces derniers mois j’ai bien aimé Catsby, le dernier Combat Ordinaire de Larcenet, les vieux Sattouf dont le Retour au Collège, les rééditions de HK (même si le dernier date un peu… tu fous quoi Trantkat ?), les premiers Monsieur Jean et De Gaulle à la plage de Ferri (un des rares génie du strip français).

IDDBD :

Merci  pour tes réponses

Jibé :

Merci pour tes questions !

Bon, un gars qui prend comme références Matt Groening, Franquin et qui considère Jean-Yves Ferri comme un génie (on est bien d’accord) ne peut pas être foncièrement mauvais, non ? En tout cas, merci encore pour cette interview et bon courage pour les saisons 5, 6 etc…

Bonus musical : un petit Didier Super ?

 

Kokor in live !

Spéciale Kokor : l’interview !!!
Souvenez-vous, le samedi 6 octobre, je recevais à Poissy l’un des chouchous d’IDDBD (entre autres): le très talentueux Kokor.

 

Après maintes batailles avec mes collègues pour récupérer les images mais aussi avec mon PC (je ne comprends rien à la vidéo), j’ai réussi à mettre cette rencontre en ligne. Elle est en trois parties.

Je m’excuse d’avance pour la qualité moyenne due essentiellement à la compression (ça ne vient pas de notre caméraman) et pour l’interviewer qui faisait ça pour la première fois. Il faut bien une première !

 

 
Chapitre 1 : Où  l’instant du départ s’ébauche dans une une première phrase…

 

 
Kokor-Poissy-Partie1

  

Chapitre 2 : Où Gulliver est un rocker célèbre (avec Anne-Laure Bondoux, auteur de roman jeunesse : La Vie comme elle vient, Pépites )

 

 
Kokor-Poissy-Partie2 

Chapitre 3 : Où l’on découvre des planches originales et le travail de dessinateur… (Merci à Jean-Louis Crimon pour le micro, auteur d’Oublie pas 36)  

 


Kokor-POISSY-Partie3

 

 

 

 

Chronique de vacances #18 : Eisner vs Miller

L’info du jour

L’été est aussi une saison propice à la navigation… non seulement sur les eaux bleues et chaudes de la Méditerranée (encore !) mais aussi sur le web. Et là, patatras, j’échoue sur le site des éditions Rackham pour y découvrir (tardivement : honte à moi !) qu’était sorti, le 25 juin dernier (ça va, je n’ai qu’un mois de retard…) un monument documentaire : le compte-rendu, par le journaliste Charles Brownstein, d’un entretien informel entre deux papes de la BD américaine, j’ai nommé Will Eisner et Frank Miller ! Je ne l’ai pas encore lu mais évidemment je cours le chercher…

A lire : le pitch de l’ouvrage, tiré du site des éditions Rackham

« Mai 2002, dans la chaleur étouffante de Floride, Frank Miller rend visite à Will Eisner dans sa maison de Tamarac.  Sirotant un verre au bord de la piscine, ils parlent boutique, comme les deux vieux amis qu’ils sont. La soirée s’avance et les langues de nos deux compères se délient, et fort  heureusement,  le journaliste Charles Brownstein qui est présent enregistre cette longue conversation faite de coups de gueule, d’éclats de rire, de constats, d’échange. De ces bandes est né Eisner/Miller, chassé-croisé de questions et de réponses autour du neuvième art, et ce de la part de deux géants de la bande dessinée internationale. Tour à tour, les deux auteurs abordent les problèmes formels et conceptuels, l’impact de la bande dessinée sur la société, les problèmes éditoriaux, la censure. Ils nous donnent à voir avec un oeil neuf, non seulement leur propre œuvre mais aussi tout le panorama créatif mondial. En traitant tous ces thèmes, Will Eisner analyse sans ambages son expérience passée, ses succès comme ses désillusions, l’évolution de l’art séquentiel et le développement du roman graphique dont il a été un des protagonistes majeur tandis que Frank Miller se retourne sur les influences les plus marquantes que les grands anciens de la bande dessinée ont pu avoir sur lui et son travail , et se penche sur les dernières évolutions du medium et notamment les étroites relations qu’il entretient avec des industries comme celle du cinéma.

L’admirable travail d’édition réalisé par Brownstein, l’organisation de  l’ouvrage par chapitres thématiques, en rend la lecture encore plus passionnante. Eisner/Miller capture dès les premières pages l’attention du lecteur et ne manque pas d’intéresser non seulement les admirateurs de ces deux géants de la bande dessinée mais aussi tous ceux qui s’intéressent de près à la vie et l’évolution du medium. Ce livre a remporté un franc succès de public aux Etats-Unis ainsi qu’en Italie.

L’édition française, illustrée par de nombreux dessins et photographies (dont certaines inédites) a été enrichie des notes donnant au lecteur européen quelques éclaircissements sur les aspects moins connus du panorama créatif américain. »

Albertine Ralenti : l’interview en couleur !

Il y a quelques semaines, le 23 février 2007 précisément, IDDBD vous avait conseillé de faire un petit tour sur le site d’Albertine Ralenti, une talentueuse coloriste qui avait notamment participé aux albums Koma, Polly et les Pirates et Comix Remix… Aujourd’hui, IDDBD vous propose l’interview qu’elle a eu la gentillesse de nous accorder, malgré un emploi du temps surchargé… N’ayons pas peur des mots, Albertine Ralenti est une artiste épatante !

IDDBD : Bonjour Albertine. Avant d’entrer dans le vif du sujet (et pour copier les émissions
TV…
), qu’elle est ton actualité ?

Albertine Ralenti : Bonjour IDDBD ! Je viens de terminer le sixième et dernier tome de la série « Polly et les Pirates » ainsi que le tome 1 d’une nouvelle série « Chess« .

IDDBD : Deux séries que nous vous recommandons et que nous chroniquerons prochainement… Sinon, pourquoi et comment devient-on coloriste ? Pour les jeunes intéressés par ce métier artistique, existe-t-il des formations privilégiées ou les choses se font-elle un peu au hasard (des cursus, des expériences, des rencontres…) ?

Albertine Ralenti : C’est au cours de mes études que je me suis rendue compte de cette affinité avec la
couleur. J’ai commencé à rencontrer des éditeurs sur des festivals à cette époque. J’aime créer des univers colorés et de nouvelles ambiances et j’aime la bande dessinée, c’est ce qui m’a conduit à mettre en couleur des planches.
A ma connaissance, il n’existe pas (encore!) de formation spécifique au métier de coloriste en France. Le mieux qu’on puisse faire est une école d’arts où on pourra dessiner, peindre, expérimenter différentes techniques et se forger une culture de l’image. Rencontrer des auteurs et des éditeurs, échanger avec des dessinateurs est aussi important.

IDDBD : Conseils judicieux que peuvent suivre les apprentis coloristes… Mais, être coloriste, n’est-ce pas parfois un peu frustrant par rapport aux dessinateurs et aux scénaristes, plus souvent sous les feux de la rampe ? Ne regrettes-tu pas qu’il n’y ait pas de récompenses spécifiques pour les coloristes lors des festivals BD (en tout cas, à IDDBD, on le regrette vivement)?

Albertine Ralenti : Non, personnellement je voulais devenir coloriste et cela me convient parfaitement ! Je
pense que les coloristes sont de plus en plus reconnus, certains sont même sollicités pour leur style. Nous sommes devenus « visibles » par rapport à 20 ans en arrière.
Une récompense spécifique pour la couleur? Pourquoi pas ! Ca viendra peut-être. Dans certaines albums, il est vrai que ce sont les couleurs qui donnent réellement le ton et l’ambiance et aident à la démarcation d’un titre par rapport à d’autres. Mais au lieu de tout systématiquement fragmenter (scénario, dessin, encrage, couleurs, lettrage…), peut-être vaudrait-il mieux associer tous les acteurs aux prix en général, car la bande
dessinée peut vraiment être un travail d’équipe.

IDDBD : Exact. Et à ce propos, comment travailles-tu (techniques, environnement, habitudes, rituels, etc…) ?

Albertine Ralenti : Comme beaucoup, je travaille à domicile. Je commence par lire en entier le scénario pour découvrir les personnages, les relations entre eux, les lieux et l’atmosphère générale de l’histoire. La plupart du temps, je propose des couleurs sur des planches de scènes différentes aux auteurs pour que nous ayons une matière sur laquelle discuter et puissions orienter la suite. Parfois les dessinateurs me font un petit topo en amont  sur ce qu’ils aimeraient, ce qu’ils aiment, leurs références d’ambiances (BD, films, romans,
illustrations, animations
…). J’ai moins de contacts avec les scénaristes qui généralement (à quelques exceptions près) laissent le soin au dessinateur et au coloriste de produire les planches finales. Une fois qu’on a callé l’axe global que va suivre la couleur, on attaque! En phase de production, je correspond beaucoup par mail avec le dessinateur pour qu’il suive la progression régulièrement.

IDDBD : As-tu évolué dans ta façon de travailler depuis que tu exerces de manière professionnelle ?

Albertine Ralenti : Oui, j’ai notamment évolué dans la méthode d’un point de vue technique afin de gagner du temps. Des procédés automatisés, des façons de faire définies préalablement… permettent de démarrer mieux. Plus de communication avec les services fabrications des éditeurs aussi. La recherche de documentations a aussi bien augmenté au fil du temps.

IDDBD : Les relations avec les éditeurs relèvent-elles du parcours du combattant ? Comment cela se passe-t-il ?

Albertine Ralenti : Pour ma part, tout se passe bien ! Un point délicat est le délais de rendu : quand on est
en bout de chaîne, on se retrouve parfois à travailler dans l’urgence pour tenter des rattraper les retards accumulés. Les délais de paiement aussi peuvent être un point délicat!
La plupart du temps, ce sont les auteurs qui sollicitent le coloriste pour des essais. L’éditeur vient moins vous chercher, ce qui fait qu’on les connait peu parfois.

IDDBD : Pour en revenir à ta manière de travailler, l’idée de travailler dans un studio de coloriste te tente-t-elle ou préféres-tu le travail en solitaire ?

Albertine Ralenti : Je me le suis souvent demandé… C’est vrai qu’on a parfois des problèmes de recul sur son boulot quand on travaille seul. Et puis, l’isolement peut peser aussi ainsi que l’auto-discipline : il faut se pousser soi-même à avancer. Se regrouper en atelier est un projet dont j’ai discuté avec des copains dessinateurs, mais il faut trouver un local et avoir une organisation pratique très souple qui puisse coller avec le rythme de vie de chacun, ce qui n’est pas simple.

IDDBD : Quels sont tes projets éditoriaux à court et moyen terme ?

Albertine Ralenti : Je continue Koma et Comix remix et j’ai aussi 3 nouveaux titres en cours qui sortiront entre mai et octobre 2007.

IDDBD : Excellent ! Sinon, une dernière question : quelles sont les BD que tu as lues récemment ou celles qui t’ont le plus marquées ?

Albertine Ralenti : J’ai lu récemment Marzi et Ingmar (Expresso), Ile Bourbon 1730 (Shampoing), Le peuple des endormis (Aire libre), Gen d’Hiroshima (Vertige Graphic) et Miss Pas Touche (Poisson Pilote). Je viens d’acheter Robinson Crusoe (Ex-libris) et NonNonBâ (Cornélius) que j’ai hâte de commencer!

IDDBD : Merci Albertine pour ta gentillesse et ta disponibilité. Nous suivrons ici avec intérêts tes projets et tes réalisations !

A visiter : le site d’Albertine Ralenti

Interview | Bartolomé Segui ? C’est lui… (deuxième partie)

La suite de l’interview (entamée hier) du dessinateur espagnol de l’album Le rêve mexicain

Xastrino  : Quel est ton auteur de BD préféré et pourquoi ?

Bartolomé Segui : A part Baru, le toujours renversant Moebius/Giraud (que je confesse ne pas trop suivre pour ne pas me décourager). Je reconnais que j’ai des goûts et des influences très variées. Peut-être par rapport à ce que je disais à propos du style… Il y a des fois où la précision du dessin paraît primer et donc tu te rapproches d’auteurs comme Boucq, Giraud, Torres, Prado… et d’autres fois, c’est la simplicité graphique qui prime absolument pour se soumettre totalement à la narration et alors mes yeux s’attachent à Igort, Duran…

Xastrino  : Quelle opinion as-tu du panorama de la BD actuelle en Espagne ? Que crois-tu qu’il nous manque pour nous soyons à la hauteur de la France ou des USA ?

Bartolomé Segui : Je t’ai répondu un peu à ce sujet. Par exemple… aujourd’hui même, en voyant la sélection des oeuvres choisies par les deux principaux quotidiens espagnols pour les ventes de BD… il y a de quoi pleurer… Il faut comprendre que pour la majorité des gens, la BD c’est toujours Mortadelo y Filemon, Tintin et Astérix. A partir de là, c’est l’ignorance et par conséquent le désintérêt le plus absolu. Nous n’existons pas. Je crois que nous sommes un collectif qui se nourrit soi-même. Un ghetto. En France, il y a un public de lecteurs qui lisent de la BD tout à fait normalement.

Xastrino  : Ce qui est certain, c’est que le panorama de la BD mallorquine est assez mal connu du grand public. Que peux-tu nous dire à propos de la BD qui se fait là-bas ?

Bartolomé Segui : Je ne crois pas que l’on puisse à proprement parler d’une école « baléare ». Ceux d’entre nous qui sont là ont des styles très différents, c’est simplement une coincidence géographique, très stimulante, d’auteurs et de trois éditeurs : Inreves, Dolmen et Edita. Nous sommes nombreux et bien ensembles.

Xastrino  : Peux-tu nous parler un peu de ton passage au sein de la défunte revue El Vibora avec ta série Lola et Ernesto ? Verrons-nous un jour ou l’autre une compilation de tes travaux publiés dans cette revue ?

Bartolomé Segui : Je me rappelle avec beaucoup de tendresse de cette époque. Je ressentais une fascination toute particulière pour la ville et bien sûr, cela se reflétait dasn mes scénarios et dans les dessins qui cherchaient à retranscrire ces rues que je découvrais. Ce fut une chance que El Vibora se trouve là et que Berenguer aime mon travail. La première série de Lola et Ernesto fut publiée par La Cupula. Le deuxième partie, enfin en couleur, est arrivée trop tard. La crise des ventes réduisit la publication de livres en couleur et Hector et Rita sont restés dehors. Je tiens l’album prêt en attendant de rencontrer un éditeur qui veuille le publier.

Xastrino  : Le rêve mexicain est considéré à ce jour comme l’un de tes meilleurs travaux. Parles nous un peu de ton travail avec Ramon de Espana.

Bartolomé Segui : C’est arrivé juste avant que je reparte à Mallorque. J’étais dans le bureau de Joan Navarro. Ramon de Espana avait ce scénario achevé et ils m’ont proposé de le dessiner. Je suis un dessinateur relativement rapide… et je leur est dit que je pouvais faire une page par jour. Nous avons convenu de nous revoir au prochain salon. C’était il y a 7 ans ! Comme je l’ai dit, pendant ce temps, je me suis lancé dans l’édition  de deux revues et l’illustration de livres pour enfants, travailler dans la pub, tenter de mener à bien trois projets avec Zentner pour accéder au marché français. Trois projets qui n’ont pas vu le jour pour la même raison que les pages du Rêve mexicain n’avançaient pas. C’est que dessiner cette BD est devenu une chose très personnelle. Et l’histoire de Ramon a cessé de lui appartenir en propre pour devenir mienne. Ainsi, les 45 pages initiales ont enflé jusqu’à 104 et ont achevé la patience de mon scénariste.  Pour ce qui est des scènes, j’ai réduit le nombre de vignettes par page et profiter pour dessiner. Je crois que cela se voit dans le résultat final.

Xastrino  : Dans tes illustrations, on observe le passage de la mise en couleur traditionnelle à celle informatique. En définitive, qu’utilises-tu ?

Bartolomé Segui : Si l’on surmonte l’appréhension que cause chaque changement d’habitude de travail, l’ordinateur est un outil comme les autres. J’essaie de faire en sorte que l’automatisation du trait se remarque le moins possible, comme je le ferais avec un pinceau. Avoir la possibilité de faire un control+Z pour rectifier proprement, ça n’a pas de prix… en revanche, je n’ai plus d’originaux !

Merci à Xastrino de nous avoir autorisé à traduire et publier sur IDDBD l’interview de Bartolomé Segui !

A lire : pour les hispanophones, l’interview originale sur xastrino.blogspot.com

A visiter : le site de Bartolomé Segui

Interview | Bartolomé Segui ? C’est lui… (première partie)

Aujourd’hui et demain, IDDBD vous propose la traduction d’une interview passionnante de Bartolomé Segui que vous pouvez lire dans sa version originale, en espagnol, sur le blog d’Xastrino (que je remercie très sincèrement). Vous avez oublié Bartolomé Segui ? Mais si, rappelez-vous Le rêve mexicain qu’IDDBD vous a présenté le 6 avril dernier ! Ingrats va !

Xastrino  : Bon, Bartolomé, la question avec laquelle je commence toutes mes interviews : te rappelles-tu quand et comment tu es devenu accro aux bandes dessinées ?

Bartolomé Segui : D’aussi loin que je me souvienne, je passais mon temps dans ma chambre à dessiner et lire des BD. Je copiais tout, Lucky Luke, Astérix, Anacleto… Ma première bande dessinée, quelques pages de cahier agraffées avec une couverture et une quatrième de couv’ annonçant le numéro suivant, était une satire de Spiderman que j’ai faite, je crois, à l’âge de 10 ans. A partir de là, j’ai continué les lectures et mes dessins… qui se sont seulement adaptés aux auteurs que j’ai découverts tout au long des années 80. Vous savez… Moebius, Breccia, Hugo Pratt…

Xastrino  : Quand et comment as-tu commencé à travailler dans la BD ?

Bartolomé Segui : A 20 ans, je suis parti à Barcelone sous prétexte d’apprendre la peinture, mais ma véritable intention était de présenter mes dessins aux éditeurs de BD. Par hasard, je suis entré en contact avec Leo Sanchez et je lui ai montré quelques planches. Un nouveau magazine, Metropol, venait de sortir et j’imagine qu’il leur manquait de la matière. Aussi m’ont-ils passer un scénario de Mariano Hispano. Le mois suivant, j’ai continué avec une histoire de 4 pages et le mois suivant avec une autre de 6 pages.
Malheureusement, le magazine a cessé de paraître avant que je puisse leur présenter une histoire de 32 pages ! Malgré tout, et pendant que je faisais un type de BD « en costumes », les études de peinture m’ont permis de découvrir la liberté des avant-gardistes des années 80, et la « movida » qui nous venait de Madrid au travers de la revue Madriz ma permis de développer une facette plus picturale à la manière des grands Javier de Juan, Ana Juan, Keko… Et ainsi, je me suis vu dédoubler mon travail : vers Madrid, les pirouettes et les découvertes formelles, et dans les pages d’El Vibora y Cairo les BD quotidiennes sur ma vie dans la grande cité.

Xastrino  : Tu as une autre personnalité cachée à part celle d’auteur de BD ?

Bartolomé Segui : Ces dernières années à Barcelone, je me suis surtout consacré à l’illustration. J’ai illustré divers contes pour enfants et couvertures pour El Pequeno Pais (Le petit pays). Une fois à Mallorque, j’ai commencé à travailler dans une agence de pub où j’ai découvert les ordinateurs et le graphisme. Tout ceci, en plus de la « colonie » de dessinateurs qu’il y a à Mallorque, m’a pousser – avec Sonia Delgado – à proposer  un supplément jeunesse au quotidien Ultima hora (dernière heure), puis à éditer ensemble (avec Sonia Delgado) notre propre revue Esquitx.
C’est une revue trimestrielle en catalan – nous arrivons déjà au numéro 20 (en septembre 2005, ndt) – dans laquelle nous avons publié des pages de Max, Pere Joan, Alex Fito, Sonia Pulido, Vaquer, Linhart, Gabi Beltran… y le Titeuf de Zep ! Parallèlement à tout cela, et malgré le fait que je vive dans un petit village à l’écart (miracle de la toile globale !), les propositions pour illustrer les livres n’ont pas cessé d’affluer, de sorte qu’actuellement, je réparti mon temps entre l’illustration, quelques travaux plus concrets de graphisme et, parce que notre amour est un amour fou (en français dans le texte), ma chérie m’a demandé d’e dessiner quelques vignettes pour quelques causes perdues.

Xastrino  : Avec quelle bande dessinée as-tu débuté ?

Bartolomé Segui : Si tu te réfères à la BD, la première a été cette BD de deux pages pour le magazine Metropol. S’il s’agit d’album, le premier a été A salto de mata (Le saut de la mort), une compilation d’jistoires inédites du détective Simon Feijoo qu’a publiée la défunte maison d’édition Complot.

Xastrino  : De toutes tes oeuvres, desquelles es-tu le plus fier et pourquoi ?

Bartolomé Segui : C’est toujours une question à laquelle il est difficile de répondre. Je suis très critique sur mon travail. Je voudrais dire qu’habituellement, il ne me plaît pas plus une fois que je le vois imprimé. J’ai beaucoup de tendresse pour les séries que j’ai faites pour El Vibora et pour Simon Feijoo, récemment compilées par les Editions du Ponent, mais je crois que ce dernier travail, Le rêve mexicain, est le meilleur sur plusieurs points.

Xastrino  : Quels projets as-tu maintenant ?

Bartolomé Segui : Je ne veux pas être pessimiste, mais le monde de la BD espagnole est au niveau le plus bas. Oui, il y a beaucoup d’éditeurs « indépendants », beaucoup de revues et beaucoup d’auteurs qui ont un bel avenir devant eux, mais quel futur lorsque le prix payé par page représente la moitié de celui qui se payait dans les années 80 ? Ainsi, en Espagne, je crois que ceux qui dessinent des BD le font par plaisir, plus pour eux-mêmes que pour l’argent… ce que je veux dire c’est que je ne m’embarquerais que dans des projets qui m’apporteront aussi une satisfaction personnelle… ça oui… avec une vue sur le marché français, à des années lumières du nôtre.

Xastrino  : S’il te plaît, conseille-nous une BD en nous expliquant ton choix.

Bartolomé Segui : De mes récentes découvertes me reste Baru et son Autoroute du Soleil (El camino de América en espagnol, ndt). L’apparente facilité de son style et le rythme de ses histoires, très cinématographique, m’impressionnent. En peu de mots, son efficacité de narrateur. C’est qu’avec l’âge, je lis des choses qui me racontent des histoires.

Demain, la suite…

Alexandre Clérisse : l’interview (2ème partie)

La suite de l’interview entamée hier…

IDDBD : Tu résides à la Maison des Auteurs à Angoulême. Peux-tu nous en dire quelques mots (ambiance, contacts, moyens mis à ta disposition…) ?

Alexandre Clérisse : La MDA est un bon outil de travail, on a un bon atelier (table à dessin avec
table lumineuse, ordinateur, photocopieur couleur, bibliothèque, bar, salle d’expo…) et des contacts pour faire des boulots de graphisme ou d’illustration. Je partage mon atelier avec Jean Pierre Mourey qui adapte « l’invention de Morel » chez Casterman, et on s’entend très bien. Il est plus difficile de voir les autres auteurs car tout le monde travaille beaucoup à des horaires très différents, c’est dommage. Heureusement, il y a des interventions (sur les droits d’auteurs, avec des éditeurs, des débats…) où l’on croise du monde. Les critères d’entrée sont un peu flous et beaucoup de gens qui ont du talent n’y entrent pas forcément, du coup le batiment est à moitié vide. Ca pourrait être plus vivant, mais je ne me plaint pas, j’y suis vraiment très bien.

IDDBD : Tu travailles sur quoi en ce moment et quels sont tes projets ?

Alexandre Clérisse : Actuellement je termine Jazz Club, j’ai illustré un recueuil de nouvelles de Powys « Le fruit défendu » pour les éditions de l’Arbre Vengeur qui sort bientôt, ensuite j’ai un projet court toujours à l’ordinateur avec les éditions Charette, et puis quelques autres en réserve pour plus tard, à la main car j’aime bien ça aussi.

IDDBD : Questions traditionnelles sur IDDBD : y a-t-il des BD qui t’ont marqué ? Que lis-tu en ce moment ou récemment ?

Alexandre Clérisse : C’est toujours délicat, il ya plein de choses. Les plus marquantes par rapport à ce que je fais en ce momment c’est Jimmy Corrigan de Chris Ware, mais aussi L’oisiveraie de Prudhomme ( et je dis pas ça parce que j’ai bossé avec lui ! ), Mazan un peu, Martin Tom Dieck avec Salut Deleuze, Woultch, Olivier Dozou. Récement j’ai lu le bouquin d’Anne Simon, Le Mirtyl Fauvette de Riff, la BD de Christophe Gaultier chez Dupuis, du Charles Bukowski et du Borges pour la littérature, et  je dois en oublier plein.

IDDBD : Merci Alexandre d’avoir eu la gentillesse de répondre à nos questions. Nous espérons reparler très vite de toi sur IDDBD !

Alexandre Clérisse : Merci à toi, à bientot !

A (re)lire : la chronique de Jazz Club sur IDDBD

A lire : pour en savoir plus sur la Maison des Auteurs (fichier pdf)