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La fille de la plage (Inio Asano)

Dans une petite ville de province japonaise, Koume Satô et Isobe Kosuke, collégiens de dernière année découvrent les joies et les plaisirs de l'amour charnel. Cependant, leur relation n'est pas basée sur l'amour mais plutôt sur le partage d'un mal-être. Inio Asano renoue avec le thème de la jeunesse en quête de repères dans un manga érotique de grande qualité (et pas seulement pour son côté érotique). Continuer la lecture de La fille de la plage (Inio Asano)

Chronique | Palepoli (Usamura Furuya)

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Comme à son habitude, les éditions Imho nous proposent une œuvre décalée. Un beau travail d’éditeur pour un livre paru le 20 septembre dernier. Petit coup d’œil sur Palepoli d’Usamura Furuya

L’art du strip

Palepoli est ce genre de livre dont on se demande comment elle a pu naître de l’imagination d’un être normalement constitué. A vrai dire, après sa lecture, j’en suis toujours à me poser la question de l’essence même de ce que j’ai lu. Surréaliste, n’hésitant jamais à malmener des symboliques occidentales et orientales (Jésus, Bouddha, Eros…), cette œuvre est assurément transgressive, onirique, complétement folle… ou souhaitant le paraître. A vrai dire, on devine même qu’il s’agit de son but ultime : faire pâlir les moralistes, séduire les artistes… et faisant suer les chroniqueurs BD devant leur clavier, cherchant à se défaire des impressions paradoxales de ce type d’ouvrage. Bizarre est assurément le mot qui vient à l’esprit tant Usamura Furuya brouille les pistes, varie ses effets et submerge ses lecteurs par le rythme fou de ses micro-histoires en strips de 4 cases. D’ailleurs, hormis Mes Voisins les Yamada, je n’avais jamais lu ce genre en bande dessinée japonaise. Par rapport à ce format, il faut souligner la grande efficacité de l’auteur. Il joue parfaitement le jeu. Même si ces histoires sont très souvent surréalistes, une chute les termine irrémédiablement. Et si parfois, on reste un peu dubitatif, l’enchainement rapide nous permet de rester dans le livre. D’autant plus, que ces strips sont certes indépendants mais participent chacun à la construction de l’ensemble. Ils sont autonomes mais se répondent. Ainsi, des situations, lieux ou personnages se retrouvent au fil des pages. On passe de l’espèce de flou artistique (au sens propre comme au figuré) à un monde plutôt cohérent. En tout cas, où le lecteur trouve un semblant de repères.

Un univers graphique référencé

En apparence, Palepoli semble être un grand capharnaüm graphique. En jetant un bref coup d’œil, on trouve à peu près toutes les techniques possibles de dessins : de la couleur au simple trait, d’un dessin réaliste à la caricature la plus grotesque, voire au smiley. On retrouve ici le côté « étudiant des beaux arts ». Pourtant, là encore, ce grand mélange permet de donner du rythme à l’ensemble. Avec Palepoli, on parcourt les univers graphiques en même temps que l’espèce de folie transgressive de l’auteur. Et cet univers est particulièrement déroutant, oscillant sans cesse entre le morbide, l’humour noir et/ou décalé. Il m’a fait penser – avec l’humour en plus – à l’univers sombre de Thomas Ott. Cependant, entre les références japonaises (aux comiques locaux, aux séries télévisés…) et celles des œuvres picturales européennes, cet univers n’est pas d’un accès très facile pour celui qui n’a pas la culture nécessaire. Personnellement, je ne suis pas un esthète de la peinture, ni un fin connaisseur de la culture « populaire » japonaise. Je me suis retrouvé parfois un peu seul, me sentant idiot devant une planche, devant des références perceptibles mais inconnues. Difficile de rire et de se sentir concerné dans ces cas-là. Un constat qui pourrait facilement faire sortir le lecteur peu curieux à sortir de cette œuvre. Malgré tout, cette lecture est appréciable. Palepoli est totalement originale, ce qui est de moins en moins le cas dans l’édition manga actuelle. Outre les multiplications graphiques montrant toutes les palettes de l’auteur, clouant le bec à ceux qui hurlent à l’imposture graphique des dessinateurs japonais (même si on les entend un peu moins depuis quelques temps), ses multiples idées farfelues contribuent à l’intérêt pour cet objet non identifiable. Les mises en abyme inventives – la série des planches refusées restent pour moi les plus réussies- les situations récurrentes (ah, le comique de répétition !) et improbables de personnages « sacrées », sans oublier des références nombreuses à des mangas connus sont autant de petites perles de… de… quoi déjà ? Au fait, vous savez comment les trains rentrent dans les tunnels du métro, vous ? A lire : la remarquable chronique de du9.org et celle de 7BD
Palepoli (one-shot) Scénario et dessins : Usamaru Furuya Editions : IMHO, 2012 (14€) Edition originale : Ohta Publishing, 2003 Public : Adulte Pour les bibliothécaires : Une œuvre très originale, sans doute un peu trop pour nos bibliothèques. Assurez-vous d’avoir un lectorat prêt à prendre le risque d'un tel achat.