Archives du mot-clé Frederik Peeters

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Pilules Bleues (TV) | Jean-Philippe Amar

JB est un jeune dessinateur de bande dessinée. Un soir du nouvel an, il rencontre Laura. Ils tombent amoureux. Mais rapidement, elle lui annonce sa séropositivité. Commence alors le début d’une histoire d’amour pas tout à fait comme les autres, une histoire qui débouche des années plus tard sur une bande dessinée… Continue la lecture

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Dimanche KBD : Koma (Peeters & Wazem)

Avant dernier arrêt pour ce mois consacré à la ville avec Koma, la série en 6 volumes de Pierre Wazem et Frederik Peeters.

Koma est un conte moderne, où une petite ramoneuse découvre les secrets de… Non, je ne vous raconte rien. Je vous invite à lire la synthèse rédigée par Yvan.

Et puis, vous savez ce que je pense des travaux de Fred Peeters, pas besoin d’en rajouter !

Si le cœur vous en dit, retrouvez notre (très) vieille chronique. Le temps passe… et heureusement.

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Chronique | Aâma T.1 (Frederik Peeters)

C’est au sommet d’un cratère volcanique sur une terre inconnue que se réveille Verloc. Il ne se souvient de rien, ou presque… Quand un étrange singe androïde prénommé Virgile le rejoint, il répond à ses questions en lui tendant un petit carnet. Un journal de bord écrit de la main même de Verloc… Une aventure qui débute dans un caniveau…

Entamer la lecture d’un nouvel album de Frederik Peeters, c’est toujours un moment d’excitation pour moi. C’est un auteur qui m’accompagne maintenant depuis très longtemps. Un auteur que j’ai découvert quand j’ai commencé à travailler en bibliothèque et que j’ai toujours suivi depuis. Moi, je suis toujours bibliothécaire, lui est toujours explorateur d’horizon nouveau. Mais vous êtes bien placé pour le savoir car vous lisez IDDBD depuis longtemps (si, si !)

Retour vers le futur ?

Avec Aâma, l’auteur suisse revient à la SF, un genre qui lui avait plutôt réussi avec sa série Lupus. Pourtant, les liens entre les deux séries ne se font pas vraiment. Pourquoi ? La couleur déjà. Alors que Lupus était en noir et blanc, avec un trait épais et virevoltant dans des circonvolutions parfois étranges, Aâma est une œuvre au dessin réaliste (pour du Peeters) et composée dans une large gamme de couleur. Ce choix permet à Fred Peeters de donner une profondeur nouvelle à son récit car la couleur tend à créer des univers uniques, parfois saisissant, alors que son dessin s’est épuré depuis Lupus.

On serait toutefois tenté de lier les personnages de Lupus et Verloc. Il est tout à fait possible d’y trouver des points communs : leur utilisation répétée de la drogue pour fuir la réalité (le shia), l’image du père, l’attachement à un côté désuet, le départ… Mais est-ce suffisant ? A trop vouloir de ressemblances ne risque-t-on pas de passer à côté d’Aâma ?

Sciences humaines

Ce premier chapitre ne nous ne donne qu’une partie les clefs d’une intrigue complexe. Débutant comme un pur récit de science fiction, Fred Peeters y ajoute l’ingrédient essentiel de toutes ses œuvres : l’humain. Si l’humanité est au centre du récit, sa frontière est extrêmement floue. En effet, les êtres vivants sont pour la plupart bourrés d’implants leurs permettant de contrôler leurs équipement mais aussi de survivre dans des environnements hostiles ou devenus instables pour leurs survies. Cette humanité est symbolisée par les trois personnages principaux : Verloc qui a décidé de retirer ses gadgets, le singe-robot fumeur de cigares Churchill et Conrad, l’étrange frère de Verloc, qui semble parfois le plus artificiel des trois avec ses vêtements rétro et son attitude froide. Chacun présente un visage bien particulier, un visage d’une humanité évoluée, un visage qui risque bien de changer dans les tomes suivants.

Mais ce changement, on ne peut que le constater dès le début de ce premier volet. Quant à savoir comment ? Le lecteur est comme le personnage principal, il découvre le récit au fur et à mesure par les flasbacks successifs des lectures du journal de bord de Verloc. Un journal écrit sur un vrai carnet en papier dans un monde où les livres papiers sont devenus des pièces d’antiquité. D’ailleurs Verloc est libraire, chacun appréciera le clin d’œil (surtout en ce moment). Mais voilà, ce ne sont que des premières pièces et en refermant ce livre il nous tarde d’en savoir plus. On a la sensation que cette histoire ne sera définitivement close qu’en bas de l’ultime planche de l’ultime volume. Et encore… quand on connaît les albums précédents chargés de questions en suspens… Bref, j’avoue pour une fois ma frustration face à un album de Peeters. Ce n’est pas mauvais mais ce n’est pas fini… Je veux la suite (là vous devez m’imaginer en train de pleurer en trépignant sur mon clavier – j’ai pris des cours avec mes filles).

Que vous dire de plus ? Si vous avez aimé Lupus, lisez Aâma. Nous sommes ici dans un registre à la fois identique et fort éloigné. Un livre qui s’inscrit dans la tradition de l’œuvre de Frederik Peeters mais aussi dans celle de la pure SF où la part philosophique n’est pas exclue. Mais c’est un livre frustrant car il constitue la première (et pour l’instant unique) pièce d’un puzzle ambitieux et passionnant, une aventure extra-terrestre qui nous entrainera loin dans les profondeurs de l’âme humaine. Œuvre majeure ou pas ? Patience…

A voir : l’interview réalisée par BD Maniac à Saint Malo
A lire : l’interview réalisé par Angles de vue
A lire : l’analyse des planches par Fred Peeters sur Télérama

A découvrir : le projet Aâma, blog tenu par Frederik Peeters

 

scénario et dessins : Frederik Peeters
Éditions : Gallimard (2011)

Public : Adulte, amateurs de SF.
Pour les bibliothécaires : sauf mauvaise surprise un futur must. A acheter si vos lecteurs apprécient cet auteur, sinon vous pouvez attendre la suite.

Chronique | Château de Sable

château de sable - Frederik PeetersScénario de Pierre Oscar Lévy
Scénario et dessins de Frederik Peeters
Editions Atrabile (2010)
Public : Adultes
Pour les bibliothécaires : comme à chaque album, tout simplement essentiel.

Une journée à la mer

Un jour  j’aimerai pouvoir vous écrire  : « Désolé mais pour une fois, le Frederik Peeters, ben… c’est vraiment pas terrible ! ». Depuis que j’écris sur IDDBD,  je vous rabâche sans cesse la même litanie : « Fred Peeters c’est génial, Fred Peeters c’est la classe, Fred Peeters c’est le haut du panier, Fred Peeters et gnagnagna… » Et bien devinez ? Château de Sable est encore une réussite.

Désolé…  je n’y peux rien.

Je ne m’attarderai pas à vous faire un résumé de l’histoire car il est bien plus intéressant de pénétrer dans cet album en se laissant juste guider par l’impression dérangeante de la couverture. On ouvre le livre et dès les premières planches nous voici projetés dans un univers où l’atmosphère surnaturelle  se dégage de la banalité. Quelques détails seulement pourraient trahir mais les dialogues de Pierre Oscar Lévy sont ceux du commun. Graphiquement, on ne retrouve pas les volutes et les cases folles de Lupus mais juste des visages d’enfants, de parents, de vieillards et un décor naturel. Non, ici rien ne laisse présager… Mais j’ai dis que je ne trahirais pas le secret de cet album.

Encore une fois, et cette fois-ci en duo avec Pierre Oscar Lévy, Frederik Peeters est là où on ne l’attend pas… Enfin pas vraiment car cet album va de surprise en surprise, de moment de grâce en moment de grâce. Après l’aventure intérieure (Lupus), l’autobiographie (Pilules Bleues), le conte fantastique jeunesse (Koma avec Wazem), le recueil de nouvelles, le polar (RG avec Pierre Dragon) ou le fantastique (Pachyderme), Peeters chateau_de_sable_peeters2aborde encore un nouveau rivage dans ses thèmes et ses genres. Cependant, sur la forme, Château de Sable s’inscrit dans une certaine continuité car on y retrouve la patte caractéristique de l’auteur suisse : le rythme du récit prenant le temps de dresser le portrait de chaque individu ;  le goût prononcé pour un forme d’humour pince-sans-rire décalé et surtout, cette volonté farouche, quasi marque de fabrique de mettre l’humain au centre du récit.

Car Château de Sable est avant tout une chronique humaniste. Un huis-clos étourdissant et dérangeant où réflexions sur la vie, la mort, le temps qui passe, les rapports aux autres et les angoisses qui en résultent se mêlent et constituent l’essence même du livre. Château de Sable est une auberge espagnole où chacun apporte un peu de soi : personnages, auteurs et lecteurs. Face aux événements et en refermant l’album on se pose inévitablement la question… et moi ?

Comment ne pas encore vous inviter à vous plonger, si ce n’est pas encore fait, dans l’œuvre magique de cet auteur ? Comment ne pas vous inviter à lire un album, qui encore une fois, vous donnera l’impression d’avoir abordé quelque chose d’essentiel qui pourrait, dans une certaine mesure, changer votre propre regard sur la vie ? Un album tout a fait important, dans la lignée des publications de Peeters chez Atrabile. Sans doute, un des plus bel album de cette année 2010… on en reparlera à la fin du mois de janvier 2011…

Message Post-chronique : mon refus de dévoiler le contenu de l’album étant assez frustrant, je vous invite à réagir dans les commentaires. Je serais ravi de discuter de votre point de vue. :-)

A découvrir : le site consacré à Frederik Peeters
A relire (rappel d’une chronique de vacances) : l’interview de Pierre Oscar Lévy consacré à Château de Sable