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Infos du jour | En vrac…

On voit que c’est la fin du mois de janvier, période propice aux événements BD, car je reçois plein de chouettes infos du jour à partager avec vous.

Rencontres espagnoles

Tout d’abord, comme à son habitude, la Bibliothèque Publique d’Information (BPI) à Paris (Centre Pompidou). organise une rencontre post-Angoulême intitulée La bande dessinée espagnole : un contexte européen. Tour d’horizon donc de la bd européenne qui heureusement, ne se résume plus à l’aire Franco-Belge. Si j’avoue ne pas connaître Francesc Capdevilla alias Max et Sonia Pulido, je ne vous ferais pas l’outrage de vous présenter Juanjo Guarnido, dessinateur de la très célèbre série Blacksad !

Cette rencontre aura lieu à la BPI, lundi 30 janvier à 19h. Mais, mais, mais, bonne nouvelle, elle sera restransmise sur le net en direct sur cette page !

Concours de critiques

My Boox, un portail dédié aux livres organise un grand concours de critiques BD. A gagner ? Juste une année de BD… De quoi faire rêver les plus bédéphiles fauchés d’entre nous.  Pour participer, il faut s’inscrire sur leur site, puis aux concours. Le principe est simple quoiqu’un peu ouvert au copinage, les 20 participants qui recevront le plus de critiques positives seront finalistes. Puis 5 d’entre eux seront sélectionnés par le jury composé de membre de la rédaction du portail.

Bon courage aux participants !

Plus d’informations ici.

 

Sergio Melia – Part I

Sergio Melia : l’interview !

Première partie

Chose promise, chose due ! Pour vous, l’interview du talentueux et extrêmement sympathique dessinateur d’Apocalypstick : Sergio Melia ! Bon sang, c’est aussi pour des rencontres comme celle-là que l’on est heureux comme des enfants de faire IDDBD !

IDDBD : Bonjour Sergio Melia ! A part le fait que tu as publié Une mansarde à Paris (Glénat), l’album qui t’a révélé au public francophone, que tu as dessiné Apocalypstick, que tu as dessiné pour des comics américains et que tu as été animateur dans le domaine du dessin animé, on sait finalement peu de choses sur toi. Alors, qui est vraiment Sergio Melia ?

Sergio Melia : Premier du tout je m’excuse par mon mauvais français.

Je suis né à l’Espagne, a Castellón en octobre 1964, j’ai toujours vécu a la cité de naissance sauf pour trois mois que avec ma femme on a habité dans un appartment a New York, trop peu de temps, mais très joli experience, hey! au côte de la fênetre ou je dessinais nous avions un escalier metalique comme celle des films :-D, malheuressement trop rouillé pour faire des pique-niques.

Dès enfant j’ai toujours dessiné, j’étais pas trop bon étudiant donc chaque jour je demarrais une page de BD que, à la fin de l’heure, je gardais dans le bouquin correspondant.

Comme la cité était modeste, je n’avais pas la chance des études artistiques, donc j’ai fini par étudier comme dessinateur de plans :( et j’ai continué à dessiner pour moi et avec des copains, on a fait des fanzines.

J’ai toujours aimé lire des BDs et dessiner, mais pour de vrai et serieussement je pouvais jamais imaginer que cela deviendrait mon métier. Ma ville trop petite n’étais non plus d’aide pour arriver a ce point, au-dela de acheter des albums ou magazines chaque mois le tout était trop loin.

IDDBD : Comment es-tu arrivé à faire de la BD ton métier ? Quel est  ton parcours ? Pourquoi avoir choisi le « comics » ? Et la BD érotique ?

Sergio Melia : Comme souvent, ça a été pas un chemin tout droit, des fois on trouve des chances et c’est à toi de les profiter, j’ai fait mon mieux.

Maintenant je faisais des fanzines avec des amis, j’ai eu la chance de sortir un album avec un éditeur amateur, je me suis mis au travail et dans 3 mois j’ai le tout dessiné. Cet album s’appellait MOON GANG, c’etait une histoire en noir/blanc, genre super héros, placé à l’Espagne, je me suis beaucoup amusé, heureusement l’éditeur a reussi a regagner son argent et on s’est pris deux bières avec le reste, cet album “heureusement” c’est quasi introuvable :-D, bon, je dois garder quelq’uns a la maison, mais je les montrerai pas sans conseil de mon avocat.

Pour hazard, j’ai eu la chance de travailler comme encreur a Marvel et j’ai profité l’occasion, j’ai bossé autour de quatre années là.

Après cette periode a Marvel je me suis posé la question de quoi faire, je me suis donné un temps pour trouver un chemin dans le monde de la BD ici à lEurope.

Premier du tout, j’ai travaillé dans un magazine erotique EROS COMIX, je me suis beaucoup amusé, j’aime beaucoup dessiner des femmes et je pense que le genre a des vraies possibilités, au dela des clichés tipiques que je n’aime pas beaucoup. Je trouve que le genre érotique a un vrai potentiel caché/oublié. On pense toujours à la violence par tel de raconter histoires attirantes, on associe des armes à l’aventure, ok c’est pas mal, mais c’est pas le seul chemin. Petit exemple, je suis amateur de la lecture, un jour je me suis mis à lire un bouquin d’un auteur espagnol, je regrete avoir oublie le titre et l’auteur, bon, il parlait d’une relation de couple que se dechire, la routine s’installe, l’homme aime à sa femme mais sais pas comme le montrer, il sait que elle le trompe, mais veut pas finir de le croire, une fois ils on une fête à son appart avec des amis, apres boire de l’alcool il s’apperçut que sa femme est disparue de la pièce principale, il la cherche, et sans pouvoir l’éviter il finit pour arriver à la porte de sa chambre, elle est fermée, il sent du bruit dedans, il est sûr que sa femme est de l’autre côte, mais il a peur, peur de trouver ce qu’il pense, il place sa main pour ouvrir la porte… hésite… et finalement l’ouvre pas et retourne avec les invités.

Cette scène, je la trouve plus forte émotionellement que une bataille pleine de meurtres, de têtes coupées et tout ça.

C’est ça ce que je veux dire, il y a des choses dedans des relations humaines qu’on pourrait profiter pour raconter des histoires “érotiques”.

Pendant qu’on se limite a ces images de le livreur de pizzas à domicile qui frappe la porte de la belle et chaude femme etc… on va pas sortir de là où on s’est mis. En plus, ces “images typiques” et pas réelles je les trouve assez gênants pour le genre feminin. C’est dommage.

IDDBD : Quand et comment as-tu rencontré Antoine Ozanam. Comment s’est  passée votre collaboration (rencontres régulières, échanges de mails…) sur Apocalypstick ?

Sergio Melia : C’est marrant parce que c’est un mail d’Antoine qui a permis nous rencontrer. Il s’est interessé par mon travail (je sais pas encore pourquoi :-D) On fréquentait le même forum, et il a trouvé mon site web, après ça il m’a offert une collaboration et on a demarré travailler dès ce jour. Je dois ajouter que je me suis trouvé flatté que un scénariste connu m’avait contacté à moi qui rien connaisais, au moins dans le monde de la BD franco-belge. De là on s’est trouvé deux fois à Angoulême, la reste c’est parmi des mails ou le MSN.

(…)

Demain, la suite de l’interview de Sergio Melia ! Il nous parlera de la situation des auteurs espagnols et de ses albums et auteurs préférés !

Peace and love

La Guerre du Professeur Bertenev (scénario et dessins d’Alfonso Zapico, collection Blandice, éditions Paquet)

1855, guerre de Crimée. Léon Bertenev est un simple artilleur russe. Prit entre le feu anglais et la folie de son capitaine, il voit ses compagnons mourir un à un. Fuyant la bataille, il est arrêté par un cavalier anglais, le capitaine Townsend, fine fleur des armées de sa majesté la reine Victoria.

Prisonnier de guerre, Bertenev est condamné à une mort certaine car ses compatriotes ne vont pas tarder à lui faire payer sa désertion. Léon est toutefois bien plus qu’un simple soldat et grâce à la mansuétude du capitaine Townsend, il devient interprète auprès de ses ennemis et confident de son sauveur.

Devenu traitre à sa patrie mais resté un ennemi pour les anglais, le professeur Bertenev est un apatride jetant un regard douloureux mais sans haine sur un monde violent qui ne l’a pourtant pas épargné. La grande sensibilité et l’intelligence de ce personnage égaré au milieu de la guerre irradient l’ensemble de cet album.

Ce n’est pas une BD historique sur une guerre mais plutôt le récit de relations entre des êtres que le hasard a obligé à entrer en contact. Si tout les opposent (langues, principes, visions du monde) ce sont par de

savoureux dialogues et/ou des situations extrêmes qu’ils vont peu à peu se découvrir.

Le jeune auteur espagnol Alfonso Zapico, 25 ans seulement, fait ici preuve d’une remarquable maitrise de son histoire. A l’image de son héros, il ne donne pas de leçon de vie et cherche toujours à montrer les différents points de vue d’une même situation. Au bout du compte vous voilà portés par un récit qui se déroule comme du papier à musique. Vous vous inquièterez pour ses héros et au bout du compte, vous vous attacherez.

Encore une fois, la collection Blandice des éditions Paquet offre un petit bijou. Après les albums de Renaud Dillies (Mélodie au crépuscule, Betty Blues) ou le très excellent Big Bill est mort (par Antunes et Taborda) voici une petite merveille sans prétention, intelligente, fine, et ne tombant pas dans un manichéisme facile. C’est excellent de bout en bout.

Tout ça méritait bien un petit label Recommandé.

A lire : linterview d’Alfonso Zapico sur le blog Bulle d’Encre. La transition avec l’info du jour est toute trouvée !

Lis March… ou crève !

Jours gris (scénario et dessins de Guillem March, éditions Paquet)

Vous ne le savez peut-être pas mais j’ai un peu de mal à dormir correctement depuis quelques années. Pourtant, travaillant dans le domaine des chiffres, je dois me concentrer toute la journée, ce qui n’est pas toujours facile quand vous venez de passer une nuit de chien. Dans la vie, j’ai une très belle femme à mes côtés et mon ascendance méditerranéenne fait que je suis un peu jaloux… Aussi, lorsque j’ai commencé à lire Jours gris, je peux vous dire que j’ai vraiment flippé et que je me suis cru la victime d’une machination montée de toute pièce par les éditions Paquet et Guillem March

David, le protagoniste de Jours gris, partage avec moi un certain nombre de caractéristiques : il souffre d’apnées du sommeil qui pourrissent ces nuits et finissent par contaminer ses jours aussi. Il croit voir Maria, sa femme, le tromper dans une voiture inconnue, devant chez lui. Même s’il sait, au début, qu’il s’agit seulement d’hallucinations dues au manque de sommeil, il ne peut s’empêcher de devenir soupçonneux. Et lorsque les signes paraissent se multiplier et que les jours deviennent de plus en plus gris (vous savez, cet état entre la nuit et le jour…), il ne faudrait pas qu’une carabine lui tombe entre les mains…

L’artiste espagnol Guillem March possède non seulement un magnifique coup de crayon (allez voir son blog, c’est plutôt sympa… et encore, c’est un euphémisme ! Pour mémoire, c’est lui qui avait illustré la couverture de l’album collector de la collection Blandice des éditions Paquet), mais il se révèle également un scénariste de talent dans le one-shot Jour gris. Même si l’on se doute qu’un drame finira bien par survenir dans la vie de David et Maria, on n’imagine pas le dénouement jusqu’à la dernière page ! Un artiste complet, du grand art graphique, du supens… Jours gris de Guillem March est en tout cas l’assurance de ne pas fermer l’oeil lorsque le sommeil vous tire pr la manche…

Dans vos bacs le 22 février prochain

A visiter : le blog de Guillem March où vous pourrez admirer ses contributions aux comics Marvel (notamment X-men) et à la revue espagnole Eros Comix

A découvrir : 10 planches en avant premières proposées par les éditions Paquet (à partir du blog de Pierre Paquet)

Quintos

(scénario et dessin d’Andreas, couleurs d’Isabelle Cochet, collection Long Courrier, éditions Dargaud)

Il y a quelques semaines, La Retirada était commémorée dans les Pyrénées-Orientales (France). La Retirada, c’est cette longue retraite des républicains espagnols qui, au cours de l’hiver 1939, ont passé comme ils ont pu la frontière française pour échapper aux massacres perpétrés, de l’autre côté, par les troupes franquistes. Ces réfugiés sont arrivés en France croyant que la démocratie républicaine les accueillerait comme des frères démocrates et républicains qu’ils étaient. Grave erreur puisque la majorité d’entre eux a été internée dans des camps, livrés à eux-mêmes dans un premier temps puis très rapidemment gardés par la soldatesque française… Passons…

L’action de Quintos se situe deux ans avant La Retirada, en 1937, en plein coeur de l’Espagne déchirée. Un groupe de républicains se dirige vers le village de Quimera (« chimère » en français…) pour y appuyer les troupes régulières contre les rebelles nationalistes. En définitive, c’est bien vers leurs chimères que se dirigent ses personnages tous très différents les uns des autres, non seulement du fait de leurs nationalités (des espagnols, un belge, un américain, un allemand, une française…), mais également des motivations qui les ont conduit là.

Après la destruction du camion, et alors qu’ils se retrouvent sans chef pour les guider, chacun d’entre eux va peu à peu révéler ses ressorts intimes : des slogans rassurants pour l’un, une foi inébranlable pour l’autre, un désir de rachat personnel pour le troisième… Sur les sept personnages survivants, ce sont en réalité sept archétypes différents que nous propose Andreas. Cette situation scénaristique un peu caricaturale a au moins le mérite de la véracité historique puisque, en effet, le camp de républicains espagnols comptait de nombreux étrangers venus défendre la démocratie, chacun pour des raisons parfois très personnelles à défaut d’idéologie…

En définitive, Quintos est un bel album, non seulement pour le sujet qu’il traite, mais aussi par son dessin et le traitement du découpage des vignettes, très cinématographique. On regrettera de ne pas assez cotoyer les personnages pour mieux comprendre encore ce qui les a conduit au coeur de la guerre civile espagnole. Ceci dit, les albums sur ce sujet sont relativement rares en France pour que l’on se permette de les critiquer…

Pour compléter Quintos, je rappelle également à votre souvenir Montserrat, de Julio Ribéra, qui vous donnera un autre aperçu de la guerre d’Espagne.

Cette modeste chronique est dédiée à la mémoire de Francisco Mulero, jeune carabinier de la République espagnole qui, trimballé de Madrid à Barcelone et jusqu’en France, est resté fidèle aux lois démocratiques de son pays, à ses engagements, à son éducation et à son sens de l’honneur…

A lire : la très complète chronique de Krinein

Mortadelo y Filemon

(scénario et dessin de Francisco Ibanez)

Prenez deux agents secrets gaffeurs (Mortadelo et Filemon), un super-intendant moustachu, un professeur-inventeur-biologiste barbu et raté, une blonde secrétaire carrénée comme un haltérophile soviétique. Secouez le tout au moyen de scénarios tous plus délirants les uns que les autres (Francisco Ibanez considère que le scénario représente 70 % de l’intérêt d’une BD…) :  Mortadelo et Filemon (comme tous les autres personnages d’ailleurs…) s’en prennent plein la tête au moins toutes les cinq cases, à l’occasion de missions secrètes stupides et inutiles, tout en se moquant allègrement de toutes les icônes espagnoles (religieuses, politiques – y compris Franco ! – sportives et autres…). Ajoutez une bonne dose d’humour « à l’espagnol » (à base de diminutifs et de blagues bien connues des lecteurs) et un dessin explosif (même sans comprendre l’espagnol, il faut voir ce que les personnages se ramassent !). Vous obtenez, non pas une paella, mais une série de BD espagnole de plus de 150 albums dont le succès ne diminue pas depuis 1958 : Mortadelo y Filemon ! Un record de longévité et de qualité humoristique (contrairement à certaines séries gauloises bien de chez nous...).

Certes, il y a de fortes chances que vous ne connaissiez pas ces deux agents de la T.I.A. (l’équivalent de la C.I.A. dans la série… mais d’après Ibanez, l’auteur, ce serait la C.I.A. qui l’aurait copié…). Seules quelques rares aventures ont été traduites en français, et encore, la bonne grosse d’humour « à l’espagnol » avait disparu. Du coup, Mortadelo et Filemon n’avaient pas tout à fait la même saveur… quoi que vous ne risquez rien à essayer…

Aussi, pourquoi parler d’une BD que peu d’entre vous auront l’occasion de déguster en V.O. ? Tout simplement pour saluer Francisco Ibanez, un auteur majeur du monde de la BD, qui ne se limite pas à notre petit hexagone, et aussi parce Mortadelo y Filemon sont de vieux compagnons d’IDDBD qui a, grâce à eux, perfectionné son espagnol (à défaut de son humour…) et passé d’inoubliables moments pendant ses vacances ibériques…

Merci à Tata Marie-Jeanne et Pépé Fernandez pour les deux superbes albums que j’ai, hélas !, dévorés trop vite…

A visiter : le site de Mortadelo y Filemon (en espagnol)

A lire : l’article de Wikipédia (en français !) pour en apprendre plus

Montserrat

(scénario, dessin et couleurs de Julio Ribéra, collection Angle de vue, éditions Bamboo)

C’est avec une vraie bonne surprise que j’ai découvert que cet album était publié par les éditions Bamboo. Sur la couverture, seul le nom de la collection Angle de vue apparaît. C’est vrai que Bamboo est plus connu pour ses séries d’humour (mouais…) que pour des albums de la trempe de Montserrat. A la limite, peu importe…

Dans cet album, Julio Ribéra nous raconte ses souvenirs de la guerre civile espagnole (1936-1939), à Barcelone, en compagnie de ses parents et de sa petite soeur Montserrat. L’angle de vue (clin d’oeil au nom de la collection pour ceux qui ont déjà décroché) est intéressant puisqu’il n’est pas celui d’un historien mais celui d’un enfant d’une dizaine d’année confronté quotidiennement aux privations, aux bombardements de l’aviation germano-franquiste puis à la dictature naissante.
On mesure mieux, au travers des yeux d’un enfant, à quel point cette guerre a été une déchirure, non seulement d’une nation mais des êtres. Montserrat est un témoignage émouvant sur cette période sombre de l’histoire espagnole qui annonçait la tragédie mondiale à venir.

A mon grand désespoir (tant j’aimerais ne dire que du bien de Montserrat…), je regrette tout de même deux choses :

– le format de l’album qui aurait mérité plus que le format européen de 48 pages (sans aller peut-être jusqu’à la démesure de Gen d’Hiroshima, témoignage de la guerre sur plus de 2700 pages réparties en 10 volumes…). Du coup, certains épisodes paraissent trop rapidement traités et auraient mérité plus de développements.

– le trait et la mise en couleur ne m’ont pas convaincu : ils me paraissent un peu datés. Peut-être l’intention de l’auteur était-elle de donner une forme un peu « chromo » à ses vignettes… Peut-être. En tout cas, j’aurais préféré un dessin plus « expressionniste » qui aurait mieux collé au propos…

Malgré ces deux réserves, Montserrat reste l’un des témoignages les plus émouvants sur la guerre civile espagnole. Et à ce titre, il prend une place toute particulière dans la bédéthèque d’IDDBD

L’info du jour : plus que 8 jours pour faire rigoler les auteurs de Lincoln !

Regardez bien le dessin de ces fous furieux de Jouvray… Oui, regardez-le bien… et imaginez un dialogue poilant entre les deux personnages que vous pouvez « customiser » (accessoires, déguisements, strings, soutien-gorges, enfin bref tout ce qui vous passe par la tête…). Vous pouvez même rajouter d’autres personnages, c’est dire ! Une fois que vous êtes prêts, vous envoyez le tout à l’adresse suivante : concours@bd-lincoln.com En plus, y a plein de prix à gagner ! Vous me croyez pas ? Allez donc voir là !
Vous avez jusqu’au 12 juin à14h30 (ça ne s’invente pas !).

Le rêve mexicain

(scénario de Ramon de Espana, dessin de Bartolomé Segui, aux éditions Paquet, collection Ink)

Voilà un album à lire par un temps pluvieux, bien lové dans un canapé. Un peu comme lorsqu’on s’apprête à regarder un bon DVD à la télé. Car Le rêve mexicain ressemble furieusement à un road-movie à l’américaine, mais avec une petite spanish touch qui fait toute la différence (vous savez, ce politiquement incorrect que l’on retrouve dans les films de la movida). Remarquez, c’est plutôt normal pour un album scénarisé par un écrivain et cinéaste espagnol, Ramon de Espana (prononcez « espagna »), et dessiné par un artiste au trait nerveux et inspiré, Bartolomé Segui

Mais Le rêve mexicain n’est pas seulement un road-movie, c’est aussi une histoire de retour et de retrouvailles, puis de pertes, définitives pour certaines. Mais n’anticipons pas et commençons par le commencement…

Oscar a disparu depuis huit ans. Nul ne sait où il est parti. Un beau jour, il débarque d’un bateau à Barcelone, pique une bagnole américaine (forcément !), retrouve son vieil ami Carlos, publicitaire à la dérive, et l’entraîne dans une ballade rocambolesque qui les conduira tous deux de leur ancienne école communale à l’île de Minorque, poursuivis par deux malfrats énervés. Arrivé à Minorque, Oscar retrouve sa femme et son fils… ainsi qu’une toile de grande valeur qu’il échange contre une mallette de plusieurs millions d’euros. Mallette de billets + malfrats énervés = gros pépins pour Oscar… sa femme, son fils et son ami Carlos. L’équation est imparable, tout comme le dénouement est implacable. Et Le rêve mexicain tourne rapidement au cauchemard espagnol…

Le récit de Ramon de Espana est tendu comme une corde et le dénouement claque comme un fouet, de même que le très beau et très efficace dessin en noir et blanc de Bartolomé Segui.

A lire : la fiche-album sur le site des éditions Paquet

A lire : la bio express de Ramon de Espana et celle de Bartolomé Segui sur le site Claire de bulle.

A visiter : le site de Bartolomé Segui, et plus particulièrement les fiches consacrées à l’album Le rêve mexicain (El sueno de Mexico, en espagnol)

A lire (en espagnol) : l’interview de Bartolomé Segui par Extranino (bientôt traduite en français).