Archives par mot-clé : Erwann Surcouf

Infos du jour | Salon du livre de Vernon, KBD, Bastien Vivès…

Nous sommes mercredi et c'est d'habitude le jour où je vous livre ma chronique de la semaine. Désolé mais ce ne sera pas pour aujourd'hui, faute d'une belle angine qui a réussi à étonner mon imperturbable médecin de famille et m'a cloué au lit pour un week-end prolongée à l'insu de mon plein gré comme disait Maradona... (ou Pelé je ne sais plus). Bref, les conséquences sur mon état de forme se faisant encore un peu sentir, vous m'excuserez pour mon écrit minimaliste. Pour une fois que je ne fais pas deux pages ! Bref, j'en profite pour vous livrer plusieurs informations intéressantes : Tout d'abord la suite et la fin de notre mois consacré à la BD de science-fiction sur KBD. J'avoue ne pas du tout avoir lu cet album. Alors devant cette insuffisance notoire, je vous laisse découvrir la synthèse parue dimanche dernier et rédigée par Mo'. Ensuite, j'enchaîne avec des informations locales mais qui pourront intéresser les parisiens (car les deux villes sont à 1h de train grand max de la capitale). Tout d'abord, la nouvelle édition du Salon du livre d'aventure de Vernon qui aura lieu du jeudi 29 mars au dimanche 1er avril 2012. Édition placée sous le signe des Terres Nordiques. Tout d'abord, je trouve l'affiche splendide (bon là l'image n'est pas extraordinaire mais en vrai elle est très chouette). Elle est signée Gwen Keraval, illustrateur de livre jeunesse. Si j'attire votre attention sur cette manifestation c'est pour sa dimension humaine et familial. Il est de plus en plus difficile de trouver des salons où l'on peut véritablement prendre le temps de discuter avec les auteurs présents. Auteurs jeunesses ou adultes, il y en a pour tous les goûts (et surtout les bons). Vous trouverez également des conférences tout au long de la journée ainsi que des expos. Mais sur ce blog, qui je crois est spécialisé dans la BD, c'est surtout le plateau 9e art qui nous intéresse. Et là, félicitations car on est loin du grand n'importe quoi ! Jugez plutôt : Erwan Surcouf (dessinateur Du chant du pluvier chez Delcourt), Chloé Cruchaudet (auteur de Groenland Manhattan et de Ida), Pierre-Henri Gromont (Kirkenes), Frédéric Bihel (Exauce-nous) et Pierre Makyo (Un coeur en Islande). Ouais, quand même Pierre Makyo, c'est pas tous les jours ! J'ajouterais bien l'étoile montante de la bande dessinée Agnès Maupré, auteure de l'excellentissime Milady de Winter mais je crois vous avoir déjà convaincu, non ? Pour toutes les informations, en particulier les séances de dédicaces, c'est par ici ! polina-couvPour terminer cette énumération d'infos, retenez la date du 7 avril 2012. BDlib, la librairie spécialisée BD d'Evreux (mon fournisseur principal que je le croise même dans les allées d'Angoulême c'est dire !) reçoit le dernier petit génie de la BD française alias Bastien Vivès. Ceux qui serait passer à côté de Polina devrait peut-être venir y faire un tour histoire d'être conquis. Moi, j'y serais en tout cas ! Faites-moi signe si vous passez par Evreux ! Pour plus d'infos, le site de BDLib ! C'est tout pour la séance "je me rattrape aux branches car je suis trop creuvé pour faire une chronique".

Chronique | Le chant du pluvier

scénario d'Amandine Laprun et Joseph Béhé dessins et couleur d'Erwann Surcouf Editions Delcourt Collection Mirages (2009) Public : Ado-adultes Pour les bibliothécaires : Un joli obe-shot très réussi. Entre la BD classique et le roman graphique.
A la mort de sa mère, Guilhem, jeune scientifique en mission au Groenland, invite à son père de le rejoindre quelques temps. Pour le vieux béarnais, c’est l’occasion de découvrir un autre monde et ce fils avec qui il n’a jamais vraiment discuté. En écho à Kirkenes, nous nous sommes dit qu’une seconde couche de froid en plein mois de juillet devrait convenir aux lecteurs assoiffés que vous êtes. Aujourd’hui encore, IDDBD vous propose une histoire de grand nord et de froid. Que dire de ce Chant du pluvier ? C’est une bonne surprise. A première vue, rien de bien nouveau sous le soleil de la collection Mirages. Hormis le trait plus épais, je ferais les mêmes remarques que pour Kirkenes. Un dessin réaliste sans être académique et un choix de couleur tout à fait judicieux. Au final un bel objet joliment relié, bref, la qualité habituelle de cette collection. Mais sous un aspect BD franco-belge assez classique, Le Chant du Pluvier cache tout de même pas mal d’originalité. Pourtant, il est tout à fait possible de se faire avoir au départ car côté scénario, les trois personnages principaux n’ont rien de bien originaux : Guilhem est un fils en mal d’amour et de dialogues, Bernat est un père béarnais taciturne au béret visé sur la tête, quant à Marilis c’est la fille de ferme brusque qui n’a pas sa langue dans sa poche. Cet univers est posé bien avant les premières planches d’Erwann Surcouf. Puis c’est la rupture avec la mort de la figure maternelle et féminine, celle qui attachait encore les membres de la famille entre eux. Cette rupture que l’on pourrait qualifier de pré-récit est justement ce qui donne toute sa force à l’histoire, ce qui donne envie d’en connaître un peu plus. C’est à la fois l’énergie du lecteur et des personnages. Du coup, nous sommes entrainés dans ce même élan. Un élan confronté rapidement à de nouvelles ruptures scénaristiques. Un travail d’orfèvre pour le coup ! Cette rupture marque donc le début du récit et le point de départ à la fois physiques et moraux des personnages. A partir de cet instant, Le chant du pluvier devient un roman d’apprentissage  du dialogue et de la découverte de l’autre. Les auteurs ont pris un certain plaisir à prendre ce terme de découverte de l’autre dans toutes ses significations et ses symboles. L’autre pouvant prendre des visages multiples selon les instants et les personnages utilisés : Bernat découvre le Groenland, Guilhem découvre son père et Marilis… non je ne dirais pas tout ! Et au final tout est bien plus compliqué... Au bout du compte, au bout de ce scénario très bien écrit, ficelé d’une main de maître, les éléments, au départ bien éloignés, se rejoignent pour créer un tout. Ainsi, Amandine Laprun et Joseph Béhé entraînent leurs lecteurs dans cette histoire un peu surréaliste d’un béarnais au Groenland sans en faire un livre d’aventure mais bien une tranche de vie à la fois drôle et émouvante. On est alors conquis et marqué par ce récit. A voir : le très beau site officiel (avec interview, sons, planches, fonds d’écran) A découvrir : les site d’Erwann Surcouf, d’Amandine Laprun, de Joseph Béhé