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Focus : Jade U

En janvier dernier, lors d’un petit festival local en Charente, paraissait l’ultime numéro de la série U des Jade. Débuté en 2006, cette série était une parenthèse dans la longue histoire de la revue éditée par 6 pieds sous terre depuis 1991. 52 numéros à l’image d’un éditeur toujours soucieux de qualité, d’humour et d’intelligence. Bref, aujourd’hui, petit focus sur Jade. Continuer la lecture de Focus : Jade U

Interview | L’atelier En traits libres avec Kristophe Bauer

en_traits_libresLa première chronique de CaseDoc, la nouvelle rubrique d'IDDBD consacrée aux films documentaires sur la BD, avait pour objet le film Mattt Konture : l'ethique du souterrain. Ce billet a suscité des réactions inattendues, notamment l'intervention et un échange avec le réalisateur himself, mais aussi celle de Kristophe Bauer - que vous connaissez déjà par son comics Les Sentinelles de l'Imaginaire. Outre ses activités d'auteur, il est aussi le Président du collectif  En Traits Libres. Comme nous sommes un poil curieux sur IDDBD, nous nous sommes dit qu'il fallait bien que nous en sachions un peu plus sur cette bizarre entreprise. Alors, secte artistique, groupement d'artistes maudits ou belle bande de potes ? Voici un focus sur un collectif sympathique... à l'image de son Président. IDDBD : Salut Kristophe !  Alors, si j'ai bien compris à la lecture de la présentation sur votre site, En traits libres c'est surtout un collectif de dessinateur… J'ai bon ? Kristophe Bauer : Tout à fait. Il y a 11 artistes en tout, principalement des dessinateurs de BD, des illustrateurs, des peintres, des graphistes ainsi que des personnes qui travaillent dans le film d'animation. IDDBD : L'atelier, c'est juste un espace commun de travail ou la possibilité de créer ensemble ? K.B. : Les 2 mon capitaines ! Nous ne sommes pas un collectif au sens strict du terme. Il n'y a pas de charte à signer ou de manifeste artistique à respecter. Chacun vient travailler sur sa production à l'atelier quand bon lui semble. Mais dans le même temps ils nous arrivent de développer des projets à plusieurs, voir avec l'intégralité des membres. Principalement au travers du fanzine de l'atelier EN TRAITS LIBRES où l'on retrouve des boulots de chacun, mais aussi durant des manifestations à l'extérieur. On a notamment été contacté pour réaliser des décors de pièces de théâtre ou de festival, des fresques murales ou des ateliers graphiques ouverts à tout public.
Publication du fanzine En traits libres
Publication du 6e fanzine En traits libres
IDDBD : En traits libres, ça sonne comme un appel à l'échange avec le public. C'est important pour vous ce rapport aux personnes qui découvrent votre travail ? K.B. : Oui c'est très important. Notre atelier est installé dans le vieux centre-ville de Montpellier, dans une zone piétonne. Notre espace de travail donne directement sur la rue, comme une boutique. C'est à la fois notre atelier, notre galerie et notre lieu de vente. Le passage des gens est donc inévitable et souhaité, même si cela peut tomber au moment où l'on finit une case importante ! L'échange avec le public est très enrichissant. C'est ce qui participe aussi au sentiment de se sentir comme un véritable acteur culturel local et international (car nous avons aussi beaucoup de visiteurs étrangers, surtout depuis l'article dans le New York Times !).
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La façade de l'Atelier. Image tirée du blog Lamobile Tour, accueillie par l'atelier en 2010 (http://labomobiletour.blogspot.fr/)
Dans la série des questions qu'on doit te poser 6 fois par jour, tu ne vas pas échapper à celle sur Mattt Konture. Au niveau national – même international - c'est un monument de la bande dessinée, quelle est sa place au sein du collectif ? Un exemple, un "guide spirituel", un artiste de plus… K.B. : Mattt est surtout un être humain d'une énorme gentillesse et d'une grande humilité. Vu sa notoriété et le public qu'il draine, il aurait de quoi se la « jouer » mais pas du tout. Il vient à l'atelier et passe des heures à noircir ses planches avec ses plumes dans un état de concentration intense ! Toujours en train de travailler, toujours un livre en préparation ou une affiche pour un festival ou une association. Un vrai bosseur. En ce sens, il est un exemple pour tout le monde. La clé d'une passion, c'est le travail. Et c'est ce que permet l'atelier. Les activités liées au dessin sont souvent solitaires et parfois compliquées si elles se déroulent dans son chez-soi. En allant à l'atelier, en se déplaçant, on se met dans de bonnes conditions de travail et au moment des pauses on peut discuter avec un collègue qui partage souvent les mêmes problèmes. C'est parfait ! IDDBD : Tiens justement, tu en as pensé quoi toi du film de Francis Vadillo ? (ça t'apprendra à faire des commentaires, tiens !) 😉 Représentative du personnage ?

K.B. : Francis est vrai passionné de BD et il passe souvent à l'atelier. Il connait bien son sujet. Je trouve son film vraiment remarquable dans ce qu'il donne enfin à voir un artiste au travail (chose assez rare dans les interviews liées à la BD, on en reste souvent aux critères biographiques) ainsi que son univers avec toutes les ramifications possibles (musicales, critiques...). Francis en profite aussi pour faire un état des lieux de la BD avec l'émergence, il y a 20 ans, de l'Association qu'a créé Mattt avec ses comparses et qui a pas mal changé le paysage éditorial. Au final l'aspect protéiforme du film convient bien au style graphique de Mattt, qui peut apparaître au départ minimaliste, mais que je trouve au contraire très foisonnant. On cite souvent Crumb à propos de Mattt, ce que je trouve un peu paresseux au niveau du travail critique, alors que j'ai toujours pensé qu'il y avait plus d'affinités avec le style de Moebius, notamment dans sa période des modelés faits à la plume. On peut trouver cette comparaison déraisonnable, voir incongrue, mais j'en ai discuté un jour avec lui et il me l'a confirmé.

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extrait du film de Francis Vadillo
IDDBD : La structure "En traits libres" est devenue une association, comment voyez-vous l'évolution de votre action au cours de ces prochaines années ? K.B. : Notre passage au statut associatif participe de notre volonté de nous présenter de plus en plus comme un acteur culturel important. Nous avons, en février dernier, organisé un festival de la Micro-Edition sur un week-end avec l'éditeur 6 Pieds sous terre et la Mairie de Montpellier. Ce fut un vrai succès, notamment grâce aux nombreux ateliers artistiques que nous avons proposés et qui étaient ouverts à tous les publics. 3 générations différentes se retrouvaient pour mettre la main à la pâte et faire des sérigraphies, des fanzines ou des Clopeints. Nous espérons pouvoir réitérer cet événement l'année prochaine et le pérenniser. Nous sommes aussi invités depuis 2 ans comme reporter BD sur la Comédie du Livre, un grand salon sur la littérature à Montpellier. Voilà le genre d'aventures artistiques que nous espérons multiplier à l'avenir.
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Le "Micro-festival" organisé en collaboration avec 6 pieds sous terre
IDDBD : J'en profite pour te poser quelques questions sur Les Sentinelles de l'Imaginaire... Jan Jouvert avait fait un mauvais rêve cette nuit-là ? K.B. : Et bien en fait c'est moi qui avait fait ce mauvais rêve ! Toutes les idées concernant cette société future et son caractère dystopique, le casque neuronal, la lutte entre République Résistance et la C.E.C, les 2 amis d'enfance devenus des créatures fantastiques, sommeillaient en moi depuis une dizaine d'années. Après mon passage à l'hebdomadaire le Patriote en tant que cartooniste, j'avais très envie de retourner à la BD avec une série de science-fiction. J'ai alors demandé à Jan de m'aider au niveau du scénario et surtout de la narration pour démarrer la série. Jan est écrivain, plutôt du genre polar avec une écriture très directe qui donne vraiment envie de tourner les pages (Eau et Gaz, 1999, Déménage, 2012) et on se connait depuis 20 ans (nous avons fait de la musique ensemble pendant très longtemps). C'était donc le partenaire idéal. Dès lors que je crois qu'effectivement il y a aussi quelques cauchemars qui appartiennent à Jan dans toute cette série ! Autant au niveau visuel, je suis plutôt seul responsable de ce que l'on trouve, autant l'histoire s'écrit maintenant à 4 mains en permanence. IDDBD : Plus sérieusement, vous vouliez faire un comics à la française ou ce genre est tout naturellement votre style de prédilection ? K.B. : Les sentinelles de l'imaginaire sont certes influencées par les comics au niveau de la pagination, du format et parfois dans une certaine manière de s'adresser directement au lecteur durant l'action. Mais pour moi au niveau du style et des thèmes, je me sens plus proche de tout ce que l'on trouvait dans Métal Hurlant ou carrément Valérian et Laureline, qui reste une référence absolue pour moi en matière de science-fiction. Enfin l'art du feuilleton je l'aime autant chez l'américain Milton Caniff (qui faisait des strips d'aventure) que chez le romancier français Gustave le Rouge avec le Mystérieux Docteur Cornélius. Nous tentons, avec Jan, de faire une synthèse de tout ça tout en parlant des enjeux scientifiques d'aujourd'hui qui annoncent le futur (physique quantique, nanotechnologies...etc). Cette série fait aussi partie d'un ensemble chronologique plus vaste qui s'étend sur 3000 ans d'histoire et qui fera l'objet d'autres livres, nouvelles, romans, enregistrements. Sur le blog dédié aux sentinelles, nous développons une série d'articles qui s'appellent les documents interdits et qui développent tous ces aspects. IDDBD Alors, moi j'ai lu le tome 4, le volume 5 est prévu pour… ? K.B. : Dès que j'ai terminé cette interview, je m'y colle ! J'espère que l'épisode 5 sortira début 2014 ! Le découpage est terminé, il n'y a plus qu'a s'y mettre. Certains membres de République Résistance ont été laissés dans une situation critique et vont découvrir un terrible secret dans les entrailles de Townsville, quant à l'infâme Cyprus Edwards, le dictateur casqué, après la destruction du réseau des Distracteurs, il va contre-attaquer avec une invention radicale !
Première page du tome 4 (déjà paru)
Première page du tome 4 (déjà paru)
IDDBD : D'autres projets personnels en cours ? K.B. : Et bien oui ! Une nouvelle série Hunter & Associés une série contemporaine d'aventures et d'espionnage, très politique, avec un héros à la caractéristique physique très étonnante. Pour la première fois aussi dans les éditions du voyeur, la série sera publiée en couleurs. Les quelques dessins publiés sur le blog et les infos distillées ont suscité beaucoup d'enthousiasme de la part du public. Il me tarde vraiment que le premier épisode sorte. Collectivement, l'atelier En Traits Libres sera à la galerie St Ravy à Montpellier du 29 novembre au 15 décembre pour une exposition work in progress qui promet d'être très proche d'un happening !
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Couv' du vol.3 de Destruction Kentucky par Gaëtan Lüpcke
IDDBD : Allez la question rituelle de fin, as-tu un petit, voire plusieurs conseils de lecture ? K.B. : Si tu le permets, je vais en profiter pour faire la promo de mes camarades qui ont quelques pépites dans leur carton. Gaëtan Lüpke vient de sortir l'épisode 4 de sa série comico-délirante Destruction Kentucky (écrire à l'atelier qui fera suivre!) et Guillaume Penchinat sort Ahlam  aux éditions le Potager Moderne fin novembre. Guillaume est mon voisin à l'atelier, j'ai vu toute la BD se réaliser sous mes yeux et ça m'a beaucoup impressionné. Une sorte de récit initiaque entre descente aux enfers et poésie débridée. IDDBD : Merci pour toutes ces réponses passionnantes ! K.B. : Merci à toi pour tes encouragements et ce blog précieux et indispensable ! Donc vous l'aurez compris, si vous passez un jour dans le centre-ville de Montpellier, entrez dans l'atelier En Traits Libres. Nous, on aime cet esprit d'échange ! Et même si le New York Times est passé avant nous (raaah les chiens !) nous sommes très heureux d'avoir pu proposer ce petit focus et très indirectement soutenir leur action. Bon vent à tous les membres du collectif ! A voir : le site et la page Facebook d'En Traits Libres

Chronique | Les autres gens

Tout commence dans un café, Mathilde achète des cigarettes quant un inconnu lui demande 3 numéros pour jouer au loto. Le 1, le 2, le 3 et une promesse un peu folle… C’est un début, l’histoire d’une jeune étudiante parisienne, de ses amis, de sa famille, de ses préoccupations et de tout un tas de chose qui n’arrive pas qu’aux autres…

L’aventure d’une génération

Avant d'être un livre, Les Autres Gens est une aventure artistique commencée en mars 2010 sur Internet. Idée un peu farfelue de créer une télénovelas version bande dessinée directement sur le web. Thomas Cadène, instigateur et scénariste de cette aventure, propose ainsi le récit de la petite vie de parisiens chaque jour sur le site Les Autres gens.  Et chaque jour, un nouveau dessinateur prend le relais. Du coup, cette aventure éditoriale est devenue un peu le fer de lance d'une génération d'auteurs. Ici, pas de grand manitou de la BD, pas d'auteurs historiques de l'Association, ni de la Nouvelle BD. Ici, on retrouve les auteurs nés dans la bulle Internet, ceux que l’on retrouve régulièrement au festiblog de septembre. Comme un symbole, c’est Boulet qui ouvre le bal du premier volume avec un magnifique prologue tandis que Bastien Vivès signe la couverture et les premières illustrations. Mais il ne faudrait pas limiter Les Autres Gens aux simples noms de Cadène, Boulet ou Vivès. En effet, chacun apporte sa pierre à l'édifice, donnant un élan supplémentaire à l'ensemble. Il est même étonnant de voir la grande continuité générale malgré la multiplication des graphismes. De Tanxxx avec son style « rock » noir et blanc à Vincent Sorel au trait naïf et coloré, on découvre une large palette picturale. Vraiment très amusant et surtout très surprenant !

L’art de la saga

Il faut le reconnaître, cette cohérence est avant tout liée au grand talent de scénariste de Thomas Cadène. Ce dernier maîtrise l'art du Cliffhanger en laissant des situations en suspend sans pour autant frustrer le lecteur. Tout commence simplement pour peu à peu s’étoffer avec l’entrée en jeu de nouveaux personnages. Tout comme la multiplication des graphismes, les protagonistes ne sont pas là pour compliquer le récit mais bien pour l'enrichir. Si l'histoire et les héros tournent principalement autour de Mathilde, le personnage principal, ils auront tous à un moment donné une petite part de lumière... Andy Warhol appliqué à la BD ! Là encore, c’est une caractéristique du format saga. Il est en effet relativement simple de pénétrer dans l’histoire et ce, à n’importe quel moment. A la base, c’est une publication destinée au web et, contrairement aux obligations du format album, Thomas Cadène n’a pas de contrainte physique, il bénéficie d’un temps illimité pour développer son récit et il sait l’utiliser. Du coup, le rythme est posé et les intrigues se déroulent petit à petit mais en évitant l'ennui. Les choses simples (et parfois difficile) de la vie qui ne pourraient par forcement apparaître dans un récit classique ont ici le temps de prendre tout leur sens et donnent une profondeur réaliste à l'écriture.

Une œuvre majeure ?

Cependant, si Les Autres Gens est une œuvre collective d’une nouvelle génération d’auteur, si elle se veut réaliste, elle n’en reste pas moins une œuvre « légère ». Alors oui, c'est le format, il est rare de voir du "lourd" dans une télénovelas. Mais, avouons-le, le tout semble très "parisien", le milieu décrit est surtout celui d’un petit cercle de privilégiés, pas vraiment proches des préoccupations véritables. C’est un univers peuplé d’étudiants, d’intellectuels, de cadres sup’, d’élites aux problèmes existentiels certains… Certes, chacun en prendra pour son grade mais finalement quoi de neuf sous le soleil ? Nous ne sommes clairement pas dans l'univers prolo-engagé d'un Rabaté, Baru ou Davodeau par exemple. Ce qui est presque dommage tant on se dit que cette aventure pourrait forger l’œuvre collective majeure d’une génération. Vous savez ces œuvres intemporelles auxquelles les lecteurs s’identifient comme l’on pu l’être les grands magazines de publication des années 80 (Metal Hurlant, Fluide Glacial…) ou l’aventure de L’Association au début des années 90, des oeuvres qui donneraient presque leurs noms à des périodes. Mais on semble un peu loin de ces préoccupations. Qui sait ? C’est peut-être cette attitude qui marquera cette époque finalement ! Malgré tout, si on passe peut-être à côté d'une œuvre majeure, on en ressort pas moins avec un grand plaisir de lecture. Une série originale et fraîche qui apporte un peu d'originalité dans une édition classique ronronnante. Une jolie surprise et une aventure que je vous invite à découvrir en papier ou sur le web !
Scénario : Thomas Cadène Dessins : Collectif Edtions : Dupuis Public : Ado-adultes Pour les bibliothècaires : Un collecitf intéressant, indispensable
A découvrir : le site Les Autres Gens A lire : la critique sur Sceneario.com A lire : la chronique du tome 2 d'Yvan sur son blog

Birmanie la peur est une habitude (Collectif, Carabas, 2008)

Birmanie, la peur est une habitude (couverture originale de José Muñoz, bande-dessinées de José Muñoz et Frédéric Debomy, Sylvain Victor, Sera, Markus Huber et Frédéric Debomy, Olivier Marboeuf, Olivier Bramanti, témoignages de Bo Kyi, Irma, Jamila, Ka Hsaw Wa, Maung Hla, Zaw Myint, éditions Carabas, 2008) Actualité oblige (mais pas seulement...), IDDBD se devait de parler de cet album atypique (par la forme) et d'une importance essentielle (sur le fond). Parce qu'on ne peut plus dire, à l'heure de l'information omniprésente, "je ne savais pas". Mais parce qu'il faut aussi dépasser le temps de l'actualité et prendre le temps de la réflexion et de "l'émotion raisonnée", vous aurez à coeur de découvrir le magnifique et émouvant ouvrage de Markus Huber et Frédéric Debomy. Essentiel. A lire : la présentation par les éditions Carabas "Comment être solidaire du peuple birman, baillonné, bafoué, torturé par la junte militaire qui s’est accaparé le pouvoir depuis 1988 ? Depuis sa résidence surveillée à Rangoun, la chef de file de l’opposition Aung San Suu Kyi n'a cessé de lancer un appel pour mobiliser la communauté internationale : "Usez de vos libertés pour promouvoir les nôtres". Birmanie, la peur est une habitude, démontre un étonnant paradoxe : tandis que des bobos en chemises hawaïennes se repaissent du calme de ce pays, la femme de chambre de leur hôtel se fait piétiner par les soldats, sitôt son travail terminé... D’une grande rigueur journalistique doublée d’une qualité artistique exceptionnelle, ce livre alterne témoignages intenses (d’humanitaires, de soldats, de travailleurs forcés) et croquis glaçants sur l’un des pays les plus liberticides de la planète. Avec un but noble, engagé, parfaitement atteint : "Ne pas représenter la douleur de l’Autre (tâche risquée), mais représenter ce que nous comprenons de cette douleur". Le projet Birmanie, la peur est une habitude s'articule autour de trois axes en interaction constante : - Porter à la connaissance d'un public élargi les différents aspects de la situation politique de la Birmanie contemporaine. - Ouvrir et faire partager une réflexion sur ceux-ci. - Participer à l'évolution vers la démocratie de ce pays. Ce projet prétent relayer et appuyer la voix de ceux qui se battent pour qu'advienne une Birmanie démocratique. Loin de se substituer aux organisations de terrain, il s'appuie sur une mise en réseau des compétences et expérences de ces dernières." A découvrir : un extrait de Birmanie, la peur est une habitude

Attention, mine de talents !

Escapo (fanzine édité par la Skull Team) Comme promis, voici donc une chronique en bonne et due forme pour le formidable fanzine Escapo, publié par la Skull Team, une bande d'auteurs professionnels et amateurs de talent. Mais au fait, pourquoi parler d'un fanzine sur IDDBD ? Ouulllààà ! Les raisons de manquent pas chers lecteurs ! Tout d'abord, lorsque vous tiendrez votre n° 2 d'Escapo (celui qui vient de sortir), vous comprendrez que vous n'avez pas à faire à un magazine underground bricolé au fond du garage (ou alors si tel est le cas, ça ne se voit pas !) : 48 pages au format A4 toutes en couleur sur papier glacé, çà, ça pose un fanzine ! On fait pas dans la photocopie brouillonne du côté de Marseille ! On a le sens du classieux ! Et puis surtout, il y a le fond : Escapo, c'est certes 48 pages mais 48 pages de BD non-stop, 48 pages de vraies histoires dont la qualité n'a rien à envier aux magazines commerciaux et leurs pré-publications. Vous voulez lire de la BD ? Et bien vous allez en lire, et de la bonne en plus ! De l'émouvant Teddy Bear de Camille Dusserre (à la fin du n°1 d'Escapo)  aux deux planches bouleversantes de Yann Valeani (dans le n° 2) en passant par l'intelligent Crapaud dans la mare de X. Safe ou la déjantée Deuxième chance de Carlos, vous allez en prendre plein les yeux et la cervelle ! Et s'il n'y avait que çà ! Car, Escapo vous permet de découvrir avant tout le monde des auteurs qui, à n'en pas douter, compteront très vite dans le petit monde du 9ème art. Et surtout, vous allez pouvoir vous la péter, tel Skippy le Chien Fabuleux (l'un des personnages récurents d'Escapo), en hurlant urbi et orbi que "peuhhh... Verguet ? Mais mon pauvre je le connais depuis le n° 1 d'Escapo ! Lude, Ung, Rum, Bouli, Freddysweet, Vataux, TNT, Yo!, Allart, Amdouni ? Pareil, mec ! Jzef, Lizano, Mikkymix, Paku, Paoli, Russel, Tony, Williezecat ? Raaahhhh, mais pfffff, y z'étaient tous dans le n° 2 d'Escapo !". Et çà, se la pêter comme çà, ça n'a pas de prix pour les amoureux de BD (enfin, si, c'est 3€ par numéro trimestriel, soit 1 € par mois pour lire enfin un vrai magazine BD qui ne soit pas un long publi-reportage pour les dernières sorties commerciales... oups, mais je m'égare...). Bref, le seul risque que vous prendrez en lisant Escapo, c'est de passer un moment de BD inoubliable en compagnie d'une bande d'auteurs aussi sympas que talentueux... En tout cas, à IDDBD, on est définitivement accro à l'Escapo (p....n, je n'arrive pas à me remettre des deux planches de Yann Valeani...) A connaître : les points de vente pour trouver Escapo (les commandes sont aussi possibles par mèl) A découvrir : le blog d'Escapo