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Chronique | Mon ami Dahmer (Derf Backderf)

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recommande-IDDBDDans les années 70, le jeune Derf Backderf est un collégien de la petite ville de Richmond, dans l’Ohio. Progressivement, il se fait des amis tout en fantasmant sur les filles et son avenir, qu’il imagine loin de sa ville. Dans cette vie d’ado américain moyen, il fait la connaissance d’un étrange garçon solitaire au comportement étrange : Jeffrey Dahmer. Très rapidement, il en fait la mascotte un peu trash des folies son groupe d’ami sans savoir que, des années plus tard, Jeff deviendra « le cannibale de Milwaukee », l’un des pires serial-killers de l’histoire des Etats-Unis. Chronique de la naissance d’un monstre.

Du mythe au réel

Dans la droite lignée du très fameux From Hell d’Alan Moore dont il s’inspire, Derf Backderf se jette dans les méandres de la pensée d’un tueur en série. Mais contrairement au grand scénariste anglais, l’auteur américain a partagé une partie de la vie de son sujet. Cette différence est fondamentale dans l’approche des deux auteurs. Jack l’éventreur, au même titre que le Père Fouettard est un mythe sans identité et sans corps apparent. Jeffrey Dahmer était un personnage bien réel, tout en chair, en malaise et en frustration. Quand Alan Moore tente d’expliquer les meurtres, Derf Backderf s’évertue à raconter la préhistoire de ce tueur. Il s’arrête quand tout bascule.

dhamer_1Mon ami Dahmer a connu une première version auto-éditée de 24 planches en 2002. Des années plus tard, frustré par cet album qu’il jugeait très moyen, l’auteur se remet à l’ouvrage, accumule les recherches et les témoignages.Tout y passe : la vie de Dahmer, ses interviews, ses parents, Richmond, le collège, les connaissances, les profs… La somme d’information dont on retrouve une partie en fin d’album sous la forme de notes est considérable. Le travail documentaire effectué, Derf Backderf pouvait se remettre au travail.

Ouvrir les yeux

Il avait enfin les éléments pour tenter de répondre à une question simple mais terrifiante : comment un jeune ado timide et décalé peut-il devenir un violent tueur en série ? Plus de 200 pages comprenant planches et notes tentent d’y répondre dans un graphisme niant toute forme de réalisme et qui, dans des nuances de gris, joue sur l’expressivité – voire la non-expressivité – des personnages. Ainsi, à l’image de la couverture, Jeffrey Dahmer apparaît comme un être déjà coupé du monde. Il est une statue inexpressive, figée pour mieux se déstructurer à la première occasion. En miroir, les autres personnages montrent toute une gamme d’expression, de sourire, de peur ou d’effroi.

dahmer2Quant au déroulement de cette jeunesse… L’auteur choisit d’aborder son récit par le biais de ses souvenirs personnels et, à l’aide de ses recherches, imagine un grand nombre de situations vécues par Jeff. Mais il est difficile d’exprimer toute la complexité de la situation en quelques lignes. Je trouve plus juste d’utiliser des termes comme frustration, divorce, violence, peur, perte, abandon, alcool, moquerie et surtout, le mot-clef de ce récit : aveuglement.

Peut-être est-ce la réponse à la question posée par Derf Backderf dans cet album. En effet, aucun membre de la communauté ne s’est aperçu de la dérive de ce jeune homme. Les adultes n’ont jamais signalé ou agit pour le bien de cet ado qui passait pour les autorités scolaires comme « un garçon sans histoire ». Constat violent et sans équivoque : Jeffrey Dahmer est passé à travers les mailles du filet. Etait-il possible de voir en Dahmer le tueur qu’il allait devenir ? Non. Mais éviter qu’il passe à l’acte, sûrement. A l’image de l’Angleterre industrielle de la fin du 19e siècle décrite par Alan Moore, la société américaine libertaire des années 70 de Derf Backderf a produit son propre monstre. L’auteur lui-même, en choisissant de parler à la première personne et en se dessinant, s’implique dans le récit et ne renie pas son implication.

Dahmer4Et même s’il est difficile de se laisser toucher par le personnage de Jeffrey Dahmer, le lecteur que je suis a été marqué par cette errance profonde, par cette détresse sans secours. Non pas que Derf Backderf cherche à transformer ce futur tueur en un être sympathique mais il en montre toute l’humanité. Sans jamais dessiner la moindre scène sanguinolente, il en fait un être pas si différent de nous, et donc beaucoup plus terrifiant. Difficile de passer à côté de cet album époustouflant sélectionné à juste titre au FIBD d’Angoulême 2014.

A lire : la chronique de Sine Lege et l’incontournable synthèse de KBD rédigée par Choco

dahmer_couvMon ami Dahmer (one-shot)
Scénario et dessins : Derf Backderf (Etats-Unis)
Editions : çà et là, 2013 (20€)
Editions originales : Abrams Comicarts, 2012

Public : adulte
Pour les bibliothécaires : un des albums de l’année. Indispensable !

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Chronique | Une métamorphose iranienne (Neyestani)

Mana Neyestani raconte sa propre histoire, celui d’un simple illustrateur, auteur de dessin d’humour pour les enfants, qui par un malheureux concours de circonstance se retrouve au milieu d’une révolte ethnique en Iran. Son crime : avoir dessiné un cafard prononçant un mot en azéris, un dialecte turc. En quelques heures, il est confronté à la machine judiciaire iranienne.

Liberté de manipulation

Dire que les régimes autoritaires sont paranoïaques est un doux euphémisme. Si vous en doutiez, je vous conseille de lire ce récit dessiné par son protagoniste principal. Au cours de ces 200 planches, Mana Neyestani évoque ces mois qui auront complètement bouleversé sa vie. Il nous montre d’une manière hallucinante comment alors qu’il n’est un simple dessinateur de presse enfantine, il devient un coupable « facile » et idéal, comment il est le pion de multiples luttes politiques à tous les étages du pouvoir, comment un simple dessin peut être détourné afin de devenir un instrument. Tout ce qu’on lit est proprement inimaginable pour des européens habitués à une liberté d’expression ancrée dans des pratiques, fondement même de tous régimes démocratiques digne de ce nom. Pour nous qui hurlons à l’atteinte aux libertés à la moindre contrariété – justifiée ou non – cette métamorphose kafkaïenne est une petite leçon de réalisme.

Car, c’est avec un certain effroi que l’on constate que des artistes, des intellectuels ou des journalistes dans des pays pas si éloignés du nôtre sont véritablement menacés à cause de leurs œuvres ou de leurs opinions… Bien entendu, à moins d’être véritablement dans une bulle, cette information n’est pas une nouveauté, des ONG nous le rappellent tous les jours. Cependant, il est bon d’être confronté à cette réalité même au travers d’une bande dessinée. Les persécutions, la pression des services de renseignements, la torture, l’enfermement, l’environnement carcéral, la parodie de justice et surtout cette liberté, relative, tant ces événements marquent à jamais l’existence et obligent à des solutions pour le moins radicales comme l’exil.

Aides (in)humanitaires

Chose grave, on constate également l’absence d’aide extérieure. Si aujourd’hui Mana Neyestani est en sécurité à Paris, où il est en résidence d’artiste à la Cité Internationale des Arts dans le cadre d’un programme de soutien à la liberté d’expression, il ne le doit qu’à sa bonne fortune, assez peu à l’aide des pays occidentaux. Là encore, alors que celui-ci est véritablement menacé dans son pays, les portes se ferment devant lui… mais aussi devant beaucoup d’autres. Car le cas Neyestani, intéressant par sa nature, n’est pas isolé. Ainsi, durant son périple, il est accompagné par plusieurs couples, tous en demande d’asile politique, tous confrontés à l’administration et, en dernier recours, aux passeurs. La main tendue, les droits de l’homme sont bafoués, aussi bien par les uns que par les autres. Paradoxalement, alors que les politiciens donnent aux artistes et à leurs œuvres une puissance surdimensionnée, leur statut apparaît bien fragile.

Journaliste ou auteur ?

Je dois éviter d’en dévoiler plus. C’est difficile car ce récit se colle complètement à la réalité du propos. C’est à la fois le principal intérêt de cette œuvre mais aussi sa faiblesse. Pour moi, elle se rapproche beaucoup plus du reportage journalistique. On sent en effet que cet album a été écrit par un illustrateur de presse. Il y a une certaine linéarité, peu de ruptures, c’est presque un travail minutieux d’exposition. Les événements sont relatés minutes par minutes. Malgré de bonnes idées, notamment le parallèle avec la métamorphose de Kafka qui est le « fil rouge » du récit, l’histoire reste essentiellement descriptive et n’est pas le fruit d’une écriture POUR la bande dessinée. D’ailleurs, le découpage n’est pas toujours une grande réussite. Il suffit de voir les petites flèches entre les cases, vestige d’un temps ancien permettant de suivre le fil du récit correctement, pour s’apercevoir que la maîtrise du média BD n’est pas totale. Graphiquement, là encore, on voit la formation de dessinateur de presse derrière les visages, avec des faces incroyables et très expressives. L’aspect « caricature » n’est pas loin. Mais cela n’enlève rien aux qualités esthétiques de l’œuvre. Au contraire, chaque planche est superbe et surtout, son dessin est parfaitement adapté à un tel récit. Les cases possèdent une réelle énergie. Ce dessin entre réalisme froid et caricature est une base solide pour le développement entre réalité et métaphore.

Une métamorphose iranienne est une œuvre assurément forte. Malgré les défauts soulignés, c’est un album dont je vous recommande fortement la lecture. Récit témoignage, il permet de prendre conscience des véritables enjeux des mots « libertés d’expression » et combien cette valeur est importante. Pénétrer dans ce récit se fait assez naturellement, on est entrainé dans cette spirale infernale avec les protagonistes. Une œuvre dont la puissance pédagogique est indéniable.

A lire : la chronique de Jérôme qui a influencé Mo’, qui m’a influencé pour acheter ce livre ! Merci à vous 2 !
A voir : la fiche album sur le site de l’éditeur

Une métamorphose iranienne
Scénario et dessins : Mana Neyestani
Éditions: çà et là / Arte (2012)

Public : Adulte
Pour les bibliothécaires : une oeuvre intéressante, bon complément d’une œuvre comme Persepolis. A avoir si vous avez un budget suffisant.

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Chronique | En Mer (D.Weing)

Dans un endroit que l’on imagine être l’Amérique ou l’Angleterre du 17e siècle, un colosse, poète sans le sous en manque d’inspiration, écume les bars d’un port. Kidnappé pour servir de matelot dans un navire en route pour Hong-Kong, il se frotte à la dure réalité de la vie en mer. (synopsis éditeur)

A la recherche de la poésie

Utiliser le terme poésie à longueur de chroniques afin de montrer toute la capacité d’une œuvre à nous emmener vers des horizons narratifs inattendus, c’est un peu le défaut de nombreux blogueurs (et je m’inclus dedans). Pourtant, parfois son utilisation n’est pas galvaudée quand, au détour d’une librairie, au coin d’une pile de livre aux couleurs fluorescentes ou vaguement marronnasses genre grosses épées et filles dénudées, on la découvre sous les airs insoupçonnés d’un petit livre aux couleurs d’embruns et aux dorures subtiles.

En Mer est l’histoire d’un poète devenu marin. Ou d’un marin devenu poète. Ou d’un homme. Non pas d’un homme comme les autres, d’un colosse haut et large comme deux colosses. Un sur-homme aux mains et pieds gigantesques qu’on s’attendrait à retrouver dans les séries plus grands publics américains mais qui est échoué là, sur l’île de la bande dessinée indépendante. Que fait-il ce personnage sans nom dont l’âme semble prise au piège dans un corps trop grand, dans un corps trop fort ? Il dort, cherche l’inspiration sans la trouver, fait des poèmes mais n’écrit pas de poésie. Personnage perdu graphiquement, personnage perdu tout court.

Et c’est la rupture, le mot qui définit le mieux la démarche de Drew Weing. En effet, En Mer est un œuvre où brutalité, subtilité, intériorité, camaraderie, travail physique et écriture se côtoient, se croisent, s’imbriquent sans jamais s’éclipser totalement. La poésie de cette histoire ne naît pas de jolis mots bien emmenés – le récit est presque muet d’ailleurs – mais par la cohabitation de ces états successifs permettant de découvrir, non pas des trésors enfouies sur des îles perdures, mais une véritable richesse intérieure qu’on n’aurait même pas imaginé à la lecture de la première planche.

Subtile simplicité

En Mer est également –  ce que j’ai qualifié en référence à l’œuvre de Marc-Antoine Matthieu – un « anti-3 secondes ». Si ce dernier multipliait les cases pour montrer une utilisation potentielle de la bande dessinée, Drew Weing fait strictement l’inverse en ne jouant que sur une seule case par planche. Oui, une seule case par planche. Bon, ben ce n’est pas de la BD alors ? Déjà, si dans 3 secondes quelques cases étaient véritablement utiles (le reste étant des intervalles à mon goût d’un intérêt limité), ici chaque dessin est à la fois porteur d’une idée et moteur pour la suite. Du coup, on se laisse entrainer par un séquençage quasi-naturel renforcé par une utilisation de la double page bien pensée. De plus, son choix d’une case par planche permet de gérer la temporalité de l’histoire. Vous le constaterez, Drew Weing joue sans cesse avec le temps de son récit. Il peut lui donner un rythme classique (temps présent, simple), le faire accélérer, le ralentir voire même lui faire faire du surplace. Un procédé qui se relève très astucieux, qui évite l’ennui et surtout, qui sert son récit.

Un récit total

Car, tout est au service du récit : le graphisme des personnages jouant sur les aprioris graphiques de ses lecteurs s’attendant à un récit d’aventure en découvrant des personnages cartoonesques, la composition case par planche qui se révèle être un jeu subtil mais aussi la dimension physique du livre qui est elle-même un aspect important de l’œuvre.

Qu’entends-je par là ? Je suis désolé mais je vais devoir spoiler un peu donc si vous n’avez pas lu En Mer, vous pouvez peut-être passer au paragraphe suivant. Je reprends : le format du livre type XIXe siècle, sa page de titre (avec la gravure et le terme « illustré ») et son titre lui-même ne sont pas sans rappeler le recueil de poésie écrit par notre héros et qui lui vaudra cette paix recherchée. Oui, ce livre est LE livre. Il serait facile d’y voir un parallèle avec le parcours de Drew Weing qui a mis 5 ans à écrire. Et si le but de ce livre n’était pas autre chose qu’une réflexion autour du pourquoi fait-on un livre et la recherche de l’inspiration ?

Sur la forme comme sur le fond, En Mer est un livre réussi. C’est une œuvre dense et subtile, jouant sur les ruptures et les paradoxes afin de désarçonner son lecteur pour l’emmener, loin très loin, non pas au milieu de la mer, mais en lui-même, dans une réflexion intérieure qui lui donnera envie de rouvrir ce livre, comme on parle à un camarade, sans trop de discours inutile. Ici, graphisme, composition et scénario sont en harmonie et offre un panel narratif superbe. Un livre joyeux et d’une humanité rare. Beau.

A noter : Cette chronique s’inscrit dans le Reading Comics Challenge de Mister Zombi (option Mort aux super-héros encore une fois !).

dessin et scénario : Drew Weing
traduction : Fanny Soubiran
éditions : çà et là (2011) 13€
éditions originales : Fantagraphics Books (2011)
public : Ado-adulte
pour les bibliothécaires : A faire découvrir absolument. Une œuvre accessible à tous les publics. Se lit vite, ne s’oublie pas.

 

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Chronique | Elmer

scénario et dessins de Gerry Alanguilan (Philippines)
Editions çà et là (2010)
Public : Adulte
Pour les bibliothécaires : Un one-shot incontournable. Une œuvre très impressionnante.

Et si demain matin, les coqs, les poules et les poulets se mettaient à réfléchir comme vous et moi ? Et si demain matin, ils prenaient conscience de leur place dans notre chaîne alimentaire ? Et si demain matin, la notion d’humanité n’appartenait plus uniquement à l’homme ? Voici une idée bien farfelue point de départ de l’histoire de Jack Gallo et de sa famille… de poulets oui… A la mort d’Elmer, le chef de famille, Jack découvre la véritable histoire des premiers anciens, ceux dont la conscience s’est éveillée.

Sans aucune hésitation, je qualifierai Elmer d’album spécial. Pourquoi ? Tout d’abord pour son idée, tellement étrange qu’on se demande comment personne n’y a pensé avant. Pour sa construction également. Si le début est semblable à de la « BD du quotidien », décrivant les pensées intimes de notre poulet avec une mise en scène très bien pensé (on ne découvre sa véritablement nature qu’après plusieurs planches), très rapidement notre histoire se déplace vers un autre domaine. Ainsi, le récit se transforme en quête où les interrogations succèdent aux découvertes et aux réponses. La trame narrative se densifie peu à peu pour monter les paliers de l’émotion, de l’horreur et surtout de la vérité. Jack cherche et, même d’outre-tombe, son père lui donne des pistes. Reste à trouver les mots, reste à faire parler les gens et Gerry Alanguilan a trouvé son personnage idéal en la personne de Jack, un héros sachant s’effacer pour écouter et comprendre, un écorché vif lui-même en quête d’apaisement, un anti-héros cherchant sa propre vérité entre les douleurs du passé et le confort du présent, pris en tenaille entre les paradoxes de sa société où les anciennes victimes sont devenus les égaux de leurs bourreaux. Impressionnant personnage en vérité qui ouvre les voies par sa quête identitaire au thème principal de cette histoire, à savoir la notion complexe et philosophique d’humanité.

Ce n’est évidement pas la première BD à aborder ce thème souvent porteur d’histoire forte. Récemment, Naoki Urasawa s’est penché sur ce sujet avec Pluto, l’adaptation d’une histoire d’Osamu Tezuka. Un peu plus éloigné de nous : Maus le chef d’œuvre d’Art Spiegelman. Dans ces deux cas, le processus est le même : déshumaniser l’humanité en la faisant porter par des non-humains, des chats et des souris dans Maus, des robots dans Pluto. Cette quête d’humanité devient plus forte quand elle n’est plus portée par une évidence physique et une fois ce prisme déformant créé, les questions se posent. Qu’est-ce qu’être humain ? Qu’est-ce qui différencie l’homme de l’animal ? Je vous laisse seuls juges des réponses de Gerry Alanguilan mais les éléments apportés ont de quoi alimenter 5 ou 6 copies doubles de bac philo.

Je m’aperçois que je n’ai pas parlé du dessin. En fait, par son extrême rigueur et son réalisme, il est le contrepoids parfait à cette espèce de folie douce qui accompagne le début du récit. Peu à peu, malgré un graphisme chargé mais jamais surchargé – on apprend sans grande surprise qu’il a été encreur sur des séries mainstream – la fluidité s’installe et le choix d’un trait descriptif semble judicieux. S’il ne nous laisse jamais oublier l’aspect « poulet » des personnages, il leur donne suffisamment de force dans leurs attitudes et dans les différents détails anthropomorphiques. Etonnement, on ne peine pas à les imaginer sous des traits humains. Bref, le travail de dessinateur est véritablement impressionnant.

Voilà, cette chronique a été pour moi l’occasion de poser un peu mes réflexions sur une œuvre dont il m’a fallu plusieurs lectures pour prendre la véritable mesure. Il est rare de voir une richesse aussi forte dans un one-shot aussi court. Cette œuvre s’inscrit à la fois dans la tradition anthropomorphique chère à la bande dessinée mais fait preuve d’une très grande originalité par sa structure et surtout par son idée de départ. Une belle réflexion sur ce qui différence l’humain de l’inhumain. A méditer et à faire lire bien entendu.

A découvrir : les 27 premières pages sur Digibidi
A lire : la synthèse de KBD rédigé par le non-moins talentueux Zorg

palsechesA noter : Je remercie Mo‘ et les copains de KBD pour cette chronique qui s’inscrit donc dans le challenge Pal’ Sèches ainsi que dans le Reading Comics Challenge de Mister Zombi (option Mort aux super-héros encore une fois !). Et zou, ça fait 2 !

 

Chronique | Trop n’est pas assez

trop-n-est-pas-assez-lustscénario & dessins :  Ulli Lust (Autriche)
Editeur : çà et là, 2010
Editeur original : Ulli Lust & avant-verlag (Berlin), 2009
Public : Adulte
Pour les bibliothécaires : ses deux prix lui donnent une valeur non négligeable, son contenu un peu moins. Plaira aux amateurs du genre. Prix élevé : 26€

Punk Movie

Eté 1984, Ulli, jeune punk autrichienne de 17 ans, décide de partir sur un coup de tête vers l’Italie avec Edi, une fille déjanté qu’elle vient à peine de rencontrer. Sans argent ni papier, les deux filles se lancent dans un road movie fait de galères, de rencontres, de bonnes et de mauvaises surprises. Ici la seule règle est la liberté…

Pour son second album paru en France, l’autrichienne Ulli Lust signe un autoportrait de plus de 400 pages, un pavé de souvenirs : portrait d’une jeune femme en construction, portrait de l’état d’esprit punk, portrait d’une époque et d’une génération d’inconscient qui allait être rattrapé quelques années plus tard par le SIDA. Il fallait bien 450 pages pour en parler.

Mais étonnement, malgré avec un titre encourageant, tout cela est conçu dans un classicisme absolu voire soporifique. Attention, quand j’écris classicisme, je ne parle pas de lignes claires à la Tintin. Mais avec le temps, les nouveautés d’hier sont les standards d’aujourd’hui et il faut bien avouer que le format proposé ici n’apporte rien ou pas grand-chose ni sur la forme, ni sur le fond. Il faut dire qu’en matière d’autobiographie, les dernières années ont été foisonnantes : Le Journal de Fabrice Neaud, L’Ascension du Haut-Mal ou Persepolis pour ne citer que les séries les plus connues ont tout de même apporté des références au genre. Je suis désolé de dire qu’il faut maintenant faire avec et souffrir de la comparaison.

Et ici pas de surprises. Quelques photos ou lettres manuscrites apporte un sentiment plus fort de réalité. Et après, bien…400 pages peuvent paraître un peu longues quand la structure du récit est aussi linéaire. En comparaison, j’avais beaucoup apprécié Rock N’Roll life de Bruce Paley et Carol Swain (chez ça et là également). Cet album racontait les aventures autobiographiques de Bruce Paley durant les années 70/80, la vie d’un marginal dans les années rock. Les histoires étaient courtes, n’étaient pas classés chronologiquement mais l’ensemble gardait une vraie cohérence. Le thème était le même… mais 20 ans plus tôt.

Mais avec Trop n’est pas assez, sous le couvert de la totale liberté, j’ai plutôt eu l’impression d’assister à un délire d’étudiantes écervelées. L’extrême des situations et surtout leur incapacité à se rendre compte des dangers m’ont plus souvent agacé que dérangé et encore moins passionné. Evidemment, certains thèmes sont intéressants comme le portrait au vitriol de la gente masculine, les états d’âme de l’héroïne ou sa démarche d’apprentissage. Certains moments apportent même un regard neuf quand ils s’encrent dans la grande histoire (je pense à l’évocation des premiers malades du SIDA). D’accord, mais ces instants de grâce disparaissent rapidement laissant la place à des poncifs vieux de 10 ans lus, relus et digérés. Tout cela est bien classique, bien trop pour m’emporter dans le récit.

Honnêtement, il ne faudrait pas que la bande dessinée « indépendante » tombe dans les travers du roman français (pour le coup c’est une autrichienne) à savoir de l’autobiographie finalement un peu bidon qui cache le manque d’inspiration. A mon sens, ce n’est pas parce que l’on fait 400 pages, qu’on parle de culture alternative et qu’on dessine en noir et blanc qu’on est forcement digne d’intérêt… surtout à 26€ l’album ! Si les albums tirés des blogs girly sont insipides à souhait, leur pendant intellectualo-femino-autobiographiques n’en valent pas plus la peine.

Je suis bien embêté car cet album a tout de même reçu deux prix : le prix Artémisia 2011 de la BD féminine et le prix Révélation d’Angoulême 2011. A la lecture des autres blogs, j’ai également l’impression d’être seul au monde. A tord ou à raison, mon conseil est de vous reporter sur des albums comme La Parenthèse d’Elodie Durand, (également prix révélation 2011) d’un intérêt bien plus profond. D’ailleurs j’essayerai d’en parler dès que possible.

Chronique | Peter et Miriam, première partie

peter_et_miriamscénario et dessins de Rich Tommaso (Etats-Unis)
éditions çà et là (2010, 2007 aux USA)
Public : Adulte et nostalgique dans années 80
Pour les bibliothécaires : Pas indispensable dans un premier temps, mais intéressant dans un fonds BD américaine à développer.

C’est un roman d’amitié…

Le 26 juillet 1977, Mme Martinelli rend service à Mme Capaldi en acceptant de garder sa fille Miriam pour quelques heures. Un peu timide, cette dernière s’installe dans un coin du salon familial où la télévision est en marche. Très vite, le jeune Peter Capaldi vient la voir et, très vite, l’insupportable casse-pieds qu’il est ne tarde pas à faire sourire Miriam… Petit récit d’une rencontre et début d’un grande amitié ponctuée de sentiments inavoués, de bêtises assouvies, de sérieux et d’exaltations cinématographiques. Cette amitié est le miroir de deux vies, deux vies d’enfants-ado dans l’amérique des années 80.

Dans un superbe écrin réalisé par les éditions çà et là – on ne soulignera jamais assez la qualité de cet éditeur – on trouve un recueil de mini-histoires (rarement plus de 4/5 planches) qui sont une multiplication de focus sur des événements de la vie des deux protagonistes principaux. Ne respectant à aucun moment un ordre chronologique établi, Rich Tommaso fait une description par touches précises et successives. Adolescents, enfants, jeunes adultes, il dresse le portrait de leurs intériorités, de leurs errances, de leurs insatisfactions mais aussi de leurs bonheurs. L’un et l’autre se soutiennent, l’un et l’autre se poussent.peter_et_miriam_planche

Marqué par l’école américaine du strip sans en être prisonnier, avec un trait qui rappelle par instant Charles M. Schultz, Rich Tommaso multiplie les histoires à un  rythme effréné. Les 104 planches se lisent assez rapidement et  peut-être même un peu trop. En effet, on a parfois l’impression de passer un peu vite sur des situations qui auraient mérité plus d’approfondissement. Cependant, la richesse du livre repose sur une approche très sensible des personnages d’où, à mon avis, le besoin d’une double lecture. Si la première permet de découvrir Peter et Miriam, la seconde offre la possibilité d’apprécier pleinement la partie immergée de l’œuvre et de profiter finalement d’une description très fine et qui se révèle finalement plus posé, entière et passionnante.

Cette première partie est donc un très joli livre sur l’amitié et, même si elle s’avère assez peu sûr de soi, une vision positive de la jeunesse américaine des années 80. Sur IDDBD, on attend déjà la suite avec impatience car la trop courte lecture nous laisse un peu sur notre faim ! Finalement, on s’attache au personnage car chacun rêverait d’une amitié aussi sincère. Une belle leçon d’humanité.

A lire : un extrait sur le site des éditions çà et là (pdf) et la fiche album

A voir : la critique de Krinein

A voir : le site de Rich Tommaso (en anglais, sorry)

A noter : cette chronique s’inscrit dans le challenge BD de Mr Zombi auquel IDDBD participe !

A noter : cette chronique clôt le mois spécial BD américaine sur IDDBD.


Chronique : Rock’n’Roll Life

rock'n'roll_lifeTextes et dialogues de Bruce Paley
Dessins de Carol Swain
Editions çà et là (2008)

Public : Adulte, amateur de romans graphiques anglo-saxon.Pour rockeurs dans l’âme

Pour les bibliothécaires : Un bon album, pas vraiment indispensable cependant. Si un bon public amateur de l’esprit rock.

American « No Way » of life

« Bruce Paley a 18 ans en 1967, l’année du Summer of Love. De la fin des années 60 à l’aube des eighties, il traverse l’Amérique de la contre-culture, de New York à Los Angeles et du hasch à l’héro... » (synospis éditeur)

Rock’n’roll life nous plonge dans les souvenirs de Bruce Paley, américain né à New York, immigré en Angleterre où il vit actuellement avec Carol Swain, illustratrice de cet album. Par un trait simple et un noir charbonneux, dans un fouillis ordonné qu’ils dressent ensemble un portrait de cette autre Amérique. Celle des rockeurs sous acide, des hallucinations, des voyages en auto-stop, des concerts ratés, du vagabondage, des petits trafics foireux entre dépression et moment de grâce. Bref, l’anti-conformisme des américains refusant la voie de la consommation de masse (hormis celle de drogues). Rock’n’roll life, donne une impression de fuite en avant, de points de non-retour constamment franchis. Pourtant, il n’y a rien de romantique là-dedans car Bruce Paley dresse un portrait sans aucune compromission. Il ne s’illusionne pas sur son passé et décrit les travers de sa propre voie. Les mots de sa dédicace donne immédiatement le ton : To Gordon and Harvey who survived, and Bob, Daphne et Howie, who diddn’t. Ces personnes seront tous de passage dans les pages qui suivront.

Malgré tout, on reste comme attaché aux folies et aux dérives dangereuses (voire suicidaires) de ce peuple d’insouciant qui em…. le monde. Ces hommes et ces femmes ne pensaient à rien, encore moins à l’avenir. Un présent pour brûler la vie, quitte à la finir trop vite. On peut ne pas être d’accord, c’est tout de même une forme de liberté. Si je l’admire ? Non pas vraiment car les résultats ne sont pas très probants, la liberté a son prix. Pourtant, je reconnais leur courage devant la résignation. Une époque où l’utopie avait sa place. Les périodes se suivent et ne ressemblent visiblement guère.

Rock n’ roll life est un témoignage sur une époque politiquement révolue. Un album qui casse les mythes et les légendes du sexe, drogue, amour et rock’n’roll. Malgré tout, même l’auteur rangé, on sent une petite pointe de nostalgie au fil de pages. Des regrets ? Non, mais des souvenirs !

A lire : la fiche album sur le site des éditions çà et là. Télécharger un extrait (pdf)
A découvrir : toujours sur le site de çà et là, l’alléchant Foodboy

Y’a pas de raison…

Points de Vue (scénario et dessins de Peter Kuper, éditions ça et là)

Bon d’accord, je n’ai pas résisté. Les vacances approchent, le rythme se ralentit, je sors de ma grotte d’ours et surtout, je me rends compte qu’écrire des chroniques sur IDDBD me démange très souvent. Alors, pour faire d’une pierre deux coups, j’en profite pour souhaiter un bon anniversaire aux éditions ça et là qui ont fêté leurs 4 ans le 25 mai dernier.

On vous en a parlé régulièrement au cours de nos chroniques : Château l’attente, Bottomless Belly Button, Little Star (Andi Watson), Pictures of you et bien d’autre encore. Et à chaque fois, nous avons souligné la qualité exemplaire de leur travail d’édition et surtout de leurs talents pour dénicher de vraies perles (pardon des petits bijoux). Récemment, je suis tombé sur leur première publication, un petit livre intitulé Points de Vue (Eye of the Beholder) de Peter Kuper, une référence de la bd indépendante américaine. Initialement, les strips de 5 cases de ce recueil ont été publiés dans le New York Times.

En fait, le livre se divise en deux parties. La première est consacrée aux vues subjectives. On ne voit l’action que du point de vue de l’observateur. Ce dernier n’étant révélé qu’à la dernière case (après avoir tourné la page sinon c’est moins drôle). La seconde « regroupe les histoires d’un point de vue extérieur«  (dixit la présentation).
Si je suis moins fan de la seconde partie, la première est vraiment très déroutante. On s’amuse à réflechir aux possibilités offertes par les 4 premières cases et souvent on se retrouve surpris par le résultat.

Ce livre montre surtout la grande vitalité de la bd indépendante américaine jouant sur les codes et les effets de style. C’est sympa, ça se lit avec le sourire au lèvres et ça prouve bien la grande qualité de l’éditeur !
Bon, entre nous, cette chronique a été écrite en moins de 25 minutes, ce qui est un record pour moi. Comme quoi, vous me manquiez !
A bientôt peut-être les IDDBDiens !
PS : je viens de découvrir qu’il existait un tome 2, que je n’ai évidemment pas lu. Donc si quelqu’un…

A (re)découvrir : le blog de ça et là avec les dernières infos sur Virginia de Dash Shaw.
A voir : le site officiel de Peter Kuper

Trois temps

Bottomless Belly Button (nombril sans fond) (scénario et dessins de Dash Shaw, traduction de Sidonie Van Den Dries, Editions Ça et là)

« Notre histoire, Le nombril sans fond, commence par une légère altération du graphique familiale lorsque – après 40 ans de mariage – la mère et le père Loony annoncent leur divorce. »

Voici le pitch de ce pavé (720 pages) réduit à l’extrême. La problématique du récit est aussi simple : quelles seront les réactions de la famille face à ce chamboulement ? Partant de ce principe, le jeune auteur (seulement 25 ans !) de cette œuvre singulière nous convie à une semaine de vacances dans la maison familiale des Loony, sur une plage des États-Unis. Un endroit paradisiaque ? Oui… et non.

Car dans cette famille assez classique où les parents ne sont pas plus maladroits que les autres, je demande les enfants (de l’aîné au benjamin): Dennis, journaliste au chômage, émotionnellement fragile, marié à Aki et père d’Alex ; Claire, fraichement divorcée et mère de Jill, une ado assez classique dans le genre, et enfin Peter, le benjamin de la famille (la vingtaine tout de même), mal dans sa peau, puceau, cinéaste raté, représenté sous la forme d’une grenouille durant tout le récit. Voici planté le tableau et le récit démarre sur ces 700 pages pouvant en décourager plus d’un.

Peu à peu elles défilent et la qualité de l’album semble évidente. Malgré son jeune âge, Dash Shaw maitrise complètement les codes de la bande dessinée, jouant sur le rythme, travaillant sur de subtiles mises en abyme ou sur des flash-back d’un passé envahissant, variant les plans et les points de vue, taillant au cordeau les histoires de chaque personnage et leurs psychologies. L’auteur laisse aux choses, aux évènements et aux personnages le temps de se répondre. C’est fascinant de voir les héros se confronter sous nos yeux. Le rythme se prend, comme une semaine au bord de la mer, alternant moments de folies douces et contemplations. On ne s’ennuie jamais ce qui, sur de genre de pavé, est assez rare pour être souligné. Bien sûr, il y a quelque écueils liés à la jeunesse de l’auteur (dessins, abus de certains effets) mais dans l’ensemble le récit est parfaitement mené.

Encore une fois (c’est un peu comme Frederik Peeters, ça revient souvent), les éditions çà et là on fait un travail d’adaptation remarquable sur le contenu comme sur le contenant. Un papier magnifique, couvertures et dos splendides ! Un bien bel écrin pour le meilleur roman graphique de l’année selon le New York Times. En France, ce statut se confirme, car on retrouve cet album dans presque toutes les sélections de prix de ce début d’année : Angoulême, Association des critiques de BD, Prix Libération… Bon, je sais ces prix sont parfois (souvent) relatif, mais avec Bottomless Belly Button, Dash Shaw apparaît déjà comme un grand auteur. A suivre évidemment.

A voir : la page dédié à Bottomless Belly Button sur le site des éditions çà et là (avec un extrait à télécharger)

A découvrir : le site de Dash Shaw (in english)

A lire : la chronique (avec pleins de mots compliqués) sur Chronic’art

A lire : la chronique (plus modérée) de du9.org

A faire : voter pour Jibé et Sans Emploi pour la révélation Blog

Il était une fois… un merveilleux album.

Château l’Attente (scénario et dessin de Linda Medley, traduit de l’anglais par Fanny Soubiran, lettrage de Anne Beauchard et Aymeric Lalevée, éditions ça et là)

Vous vous souvenez des paroles de la chanson Cendrillon ? Mais non, pas celle de Walt Disney ! Celle de Téléphone, ce mythique groupe de rock français qui a fait toute notre jeunesse dans les années 80 ! Ca y est ? Vous y êtes ? Et bien cette chanson pourrait servir de bande originale à Château l’Attente, une BD totalement atypique dans le monde de la fantasy.

A commencer par le propos. Linda Medley s’intéresse aux personnages des contes de fées après la dernière page de leur histoire officielle, celle où nous nous endormons en rêvant du « Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants... ».

Son Château l’Attente n’est pas peuplé de Princes Charmants et de Princesses allanguies… En réalité, ce château est un refuge pour tous les parias, les exclus, les victimes d’un monde qui n’est pas forcément un conte de fées pour tous. Son personnage principal, Dame Jaine, est de celles-là : Château l’Attente est son seul refuge après les coups reçus de son mari. Mais il y a aussi tous les autres, Rackham, l’intendant du château, Sir Chess, un chevalier étonnant, ou Soeur Paix, une nonne à barbe… Tous ces personnages que l’on pourrait croire secondaires intéressent au plus haut point Linda Medley qui s’attarde longuement sur leurs histoires respectives. Elle nous fait ainsi découvrir l’envers du décor, l’après « Il était une fois… », avec un point de vue personnel très féminin, très fin, très bien vu et, en définitive, très attachant…

Cela vous étonnera-t-il de savoir que Linda Medley a fait ses études d’art à San Francisco ? Moi non. On sent dans son Château l’Attente toute la sensibilité humaine dont sont capables les artistes qui viennent de ce coin-là des Etats-Unis. En tout cas, son œuvre est absolument originale, pleine de vie, d’amour et de talent.

Il était une fois… une reine du 9ème art en son Château l’Attente. Son nom était Dame Linda Medley

A découvrir : quatre planches sur le site des éditions ça et là

A visiter : le site officiel de Château l’Attente (en français !) et celui (indipensable à voir !) de Linda Medley (en anglais…)