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Duval & Pécau Space Oddity…

Jour J - Tome 1 : Les Russes sur la Lune ! (scénario de Fred Duval et Jean-Pierre Pécau assistés de Fred Blanchard, dessin de Philippe Buchet, couleurs de Walter, couverture de Manchu et Fred Blanchard, collection Série B, éditions Delcourt)

Décidément, j'ai parfois l'impression d'avoir un peu la poisse. Non, je vous assure, c'est vrai ! Rappelez-vous ma chronique sur Jason Brice. Le dessin ne m'avait pas toujours emballé, enfin insuffisamment pour que je vous en parle (ce qui n'est pas le genre de la la maison où l'on préfère ne pas chroniquer les albums qui ne nous ont pas plu à 100 %).

Et là, rebelote avec ce premier tome de Jour J (Les Russes sur la Lune !). J'avais repéré cet album sur le site de Delcourt il y a quelques semaines déjà et je vous l'ai même signalé parmi les sorties du mois d'avril.

Les sujets abordés (l'uchronie, la conquête spatiale, l'histoire contemporaine) me passionnent et je pensais trouver là le cocktail parfait qui me scotcherait au fauteuil le temps de dévorer ces 56 pages.

Or, si je n'ai pas pris la grande claque graphique et narrative attendue (avec impatience) avec Les russes sur la Lune ! , j'ai tout de même passé un bon moment de BD dès lors que j'ai réalisé que Duval et Pécau m'entraînaient, certes dans l'uchronie, mais - surtout - dans la série B et qu'il fallait prendre toute cette histoire au second degré ou tout au moins avec l'esprit léger et décalé propre à la série B...

"Léger", parce qu'il faut bien reconnaître que le dessin de Buchet ne brigue pas le premier prix artistique. Ne voyez là aucune perfidie : dans le contexte de l'histoire, le trait de Buchet est efficace et colle parfaitement au caractère un peu barré du scénario de Duval et Duval.

"Décalé", parce que précisément ce scénario repose sur le (désormais) fameux principe uchronique du "Et si..." mais sans se prendre vraiment au sérieux ! Certes, ce n'est pas l'impression que l'on a au début (les cinq ou six premières planches que j'avais lues sur le site de Jour J). En fait l'histoire démarre comme un vrai roman d'uchronie : la mission Apollo 11 connaît un petit souci avant l'alunissage ! Oh, rien de grave, je vous rassure : une micro-météorite percute le LEM, déchiquette la gueule de Neil Armstrong, et réduit en poussière le module américain... Un peu moins de deux mois après, le 19 septembre 1969 pour être précis, les russes réussissent - eux - à se poser sur la Lune ! Quelques années plus tard, après que les américains aient - enfin ! - réussi à atteindre le satellite terrestre, deux bases lunaires cohabitent...

Et c'est là que Duval et Pécau se lâchent vraiment ! Sur une trame absolument plausible, voire historique (la paranoïa des blocs américains et soviétiques pendant la Guerre Froide), les scénaristes imaginent des situations de plus en plus rocambolesques et délirantes (yes man, y-a de la beu sur la Lune...), jusqu'à un final pour le moins inatendu (ce qui est, entre autres, le critère d'un bon scénario, non ?).

Alors c'est vrai qu'il faut prendre cette histoire au second degré. On n'est pas dans l'uchronie "dure" à la William Gibson (La Machine à différences) ou Philip K. Dick (Le Maître du Haut Château). On est dans la Série B. La bonne vieille série B où l'on prend du plaisir aux situations les plus improbables, aux rebondissements les plus abracadabrants. En tout cas de quoi passer un bon moment d'évasion, simplement, sans se prendre la tête.

Attention toutefois : selon les infos collectées de ci de là, il semblerait que les prochains tomes de Jour J (Paris, secteur soviétique ; Septembre rouge ; Octobre noir ; Qui a tué le président) renoue avec une approche plus "sérieuse" de l'uchronie (tant en ce qui concerne le dessin que les scénario). A suivre donc...

A visiter : le site de Jour J

Attention : cette chronique s'inscrit dans le Challenge BD lancé par Mr ZOMBI et auquel participe IDDBD !