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Dimanche K.BD : Torso

Comme chaque dimanche, l'équipe de K.BD vous invite à découvrir sa nouvelle synthèse. Cette semaine, nous terminons notre mois à thème consacré aux serials killers avec Torso de Brian Michael Bendis et Marc Andreyko. Et c'est moi qui m'y colle pour la synthèse (ça m'a permis de me rattraper de la déplorable chronique faite à l'époque, mon dieu j'ai honte !) Bref, si vous aimez l'histoire, voici le récit "presque" véridique du premier tueur en série américain. C'est par ici. Pour retrouver les chroniques d'IDDBD consacré aux oeuvres de Bendis c'est ici !

La Poisse

Jinx (scénario et dessins de Brian Michael Bendis, éditions Delcourt) Vous ne m'en voudrez pas mais je passe un petit message personnel. Cette humble chronique est spécialement dédicacée à mes collègues de Poissy que j'ai quitté cette semaine avec un certain regret. Merci pour.... pffff au moins tout ça ! Et puis en même temps, spécial dédicace aux lecteurs de la médiathèque, des lecteurs d'une incroyable curiosité que j'ai eu la joie de conseiller, avec qui j'ai beaucoup échangé et appris. C'était un privilège. Et puis si le Bib de Poissy, c'est fini, l'histoire continue à la médiathèque de Vernon (dans l'Eure). Je ne quitte pas la BD pour autant. Fin de mon message personnel. Vous pouvez reprendre une lecture de chronique normale.
Dans les bas-fonds de Cleveland, Juliet "Jinx" Alameda est chasseur de prime. Si c’est un boulot typiquement masculin la troublante jeune femme, travaillant en charme et en efficacité, s’est fait un nom parmi ses collègues gros bras/gros flingues. Goldfish et Columbia quant à eux, sont deux escrocs minables se méprisant mutuellement et cherchant sans cesse à se trahir. Le plus grand des hasards leur offre la possibilité d’empocher la somme rondelette de 3 millions de dollars, de quoi passer des vacances tranquilles. Tous les trois n’ont pas le choix pour quitter les quartiers miteux de Cleveland : se lancer à la recherche du magot… Mais dans ces cas-là, il faut s’attendre à prendre des coups, surtout quand l’argent vient des milieux mafieux de la ville.
J’aime le polar noir en BD quand il dépasse la simple histoire de gros flingue et de flics véreux. J’aime le polar noir en BD quand il ne néglige pas ses personnages au profit d’une ambiance glauque. J’aime le polar noir en BD quand un scénariste de la trempe de Brian Michael Bendis s’y atèle avec talent. Nous vous avions déjà parlé de Bendis lors de la chronique de Torso, enquête historique sur le premier serial-killer de l’histoire des Etats-Unis (dans les années 1930). Nous voici donc de retour dans le monde moderne, dans une ville sombre et violente où la vie n'est éclairée que par quelques rayons de soleil.
Jinx est une chronique de trois paumés. L'héroïne éponyme tout d'abord est une belle trentenaire brune et charismatique, malheureuse et sombre, détestant chaque jour un peu plus la vie qu’elle doit mener. Son surnom "Jinx" signifie "la poisse", c'est dire ! Goldfish ensuite est un petit escroc au grand cœur, intelligent, aussi manipulateur que manipulé, rêveur et romantique. Enfin, Columbia est un abruti fini, violent et perdu. A travers ces trois personnages, ces trois anti-héros, Bendis dresse le portrait d’une société désespérée, où justice (uniquement représenté par les chasseurs de primes), morale ou même amour sont perdus et pervertis. Et même, quand l’espoir ou simplement un projet naissent, ils semblent aussi fragiles qu’un souffle et deviennent des rêves bien trop éloignées d’une vie accablante. Comme bien souvent dans le polar noir, bien au-delà de l’argent ou du mystère, c’est en partie eux-mêmes que Jinx, Goldfish et Columbia vont chercher. Au risque de se perdre… ou de se trouver, ce qui ne vaut peut-être pas mieux.
Utilisant un dessin noir et blanc très inspiré de Frank Miller, le maître en la matière (sur Sin City en particulier), Bendis tord et dissèque l’esprit et le crâne de ses personnages. Alternant action pure, flash-back, discussions et suspense, il distille avec talent des petits bouts de mystères et de troubles à chaque page. Autrement dit, plus vous avancerez dans les 400 pages de ce polar, moins vous aurez envie de le lâcher et croyez-moi, j’en parle d’expérience ! Et si vous avez envie de prolonger votre plaisir, lisez également Goldfish, l’œuvre précédant Jinx, où Bendis raconte l’arrivée du héros à Cleveland. A (re)découvrir : le site officiel de BM Bendis (en anglais)
A lire : les chroniques de BD Gest', de sceneario.com et, une fois n'est pas coutume, les littéraires de ZazieWeb parle de comics. Bonus musical : Joy Division - She's lost control...

Un peu de sérieux-killer

Torso (scénario de Marc Andreyko, scénario et dessins de Brian Michael Bendis, Semic Noir) Ah la la, on s’absente un peu et voilà le résultat ! IDDBD, blog sérieux, lieu du bon goût où tous les spécialistes de la BD avant-gardistes se réunissent, s’est transformé en fange de la chronique BD artistiquement douteuse. Non mais franchement, heureusement qu’il y a des gens un peu sérieux et professionnel sur IDDBD pour remonter un peu le niveau des chroniques. 😉 Bon soyons sérieux, aujourd’hui, séances de rattrapage avec Torso, de la BD "neuro-ebulitioniste" comme on l’aime sur IDDBD. Torso est l’histoire (romancée) du premier serial-killer made in USA. En 1935, les Etats-Unis sortent à peine de la grande crise économique. Cleveland est une ville prospère qui est gangrénée par la corruption, le crime et la misère de son bidonville. Eliot Ness (oui le très fameux incorruptible) est engagé par le maire de la ville pour faire le ménage. Mais à peine arrivé, Ness se retrouve face à une série de crimes horribles, des corps sans tête, ni pieds, ni bras sont retrouvés aux quatre coins de Cleveland. Très vite, les journalistes surnomment ce nouveau barbe bleue du doux nom de Torso. Voici, une œuvre sombre comme les affectionne Bendis. Basée sur des faits réels, elle fait froid dans le dos. Des documents d’époque cohabitent avec des dessins noir et blanc. Ces mêmes dessins intègrent parfois des photos ce qui donne au récit une atmosphère sombre et ultra-réaliste. L’histoire nécessitant parfois des interprétations, Andreyko et Bendis la font osciller entre réalité et fiction. Cohérente, l’histoire tourne entre le personnage d’Eliott Ness (bien loin de la légende américaine) et deux flics (les Inconnus) menant l’enquête. Une œuvre réaliste, violente, graphiquement marquante, que l’on rapprochera évidemment de l’étrange From Hell d’Alan Moore. Une référence également. Terrible ! A voir : le site officiel de Bendis A lire : la chronique du toujours excellent Sceneario.com