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Anti-héros, anti-chronique

Flaschko (dessins et dialogues de Nicolas Malher, collection Eperluette, éditions L'Association)
Si vous cherchiez un anti-héros, la chronique d'aujourd'hui devrait résoudre vos problèmes. Les fidèles lecteurs d'IDDBD se souviennent peut-être de L'art selon Madame Goldgruber Nicolas Malher (unique auteur autrichien publié en France à ma connaissance) exposait avec une certaine acidité (le sous-titre était "Insulte") sa vision du rapport entre art et bande dessinée. Dans ce petit album, il y évoquait Flaschko, son personnage fétiche : l'homme dans la couverture chauffante ! Non mais revenez ! Je sais, on vous a déjà fait le coup avec Plageman : l'homme-plage de Guillaume Bouzard. Vous pensiez vous en sortir : fatal error, il y a pire ! Pour vous rassurer, cette fois-ci point de super-héros ! L'histoire se résume assez vite.
Flaschko est un jeune autrichien (il aurait pu être français, suisse, islandais...) passant sa vie assis devant sa télé dans une couverture chauffante. Sa seule compagnie est une mère castratrice, crédule, alcoolique et très préoccupé par l'avenir de son garçon. En même temps, elle n'a pas tout à fait tord.
L'album est composé de séries de strips de 3 cases regroupés par thèmes. Dans chaque thèmes, le fil conducteur est prétexte à des dialogues où bons mots, réflexions hautement philosophiques et situations improbables vous arracheront quelques bons gros sourires. Humour au décalage certain, les non-aventures de Flaschko poussent le lecteur dans les derniers retranchements de la bêtise, de l'étrange et du franchement particulier. Et le dessin très épuré de Nicolas Mahler ne viendra pas vous sauver. Alors, à cet instant vous vous dites que je viens de faire une non-chronique en descendant sans le vouloir cet album. Pourtant, à moins d'être totalement hermétique à ce genre d'humour, il se lit d'une traite. Le choix de Mahler de jouer sur des strips court est judicieux car il donne du rythme à l'ensemble. Les situations cocasses se multiplient et au bout du compte on s'aperçoit que Flaschko est l'illustration parfaite du fameux "temps de cerveau disponible" (sous réserve d'une existence validée du cerveau du dit homme-couverture). Non, Flaschko n'est pas attendrissant, il n'est pas sympathique ou quoi que ce soit d'autre, il est simplement bête comme un Bidochon. Comme ces derniers, il nous renvoie en pleine face une image pas très glorieuse de nos mauvais côtés... Une caricature doucement méchante ! Finalement, le pire dans tout ça, c'est que le second tome des aventures de l'homme dans sa couverture chauffante est sorti en février dernier ! Ah, saint PAF, priez pour nous ! A découvrir : le webzine Le Zata : curieux web-zine avec la chronique de second tome. A découvrir : la Gazette du Comptoir, le site du diffuseur de la BD indépendante avec sa présentation du second tome. A découvrir : le Mahler Museum (en allemand) A lire : la biographie de Mahler sur le site Clair de Bulle

Les pauvres aventures de Jérémie T1 Les jolis pieds de Florence

(scénario et dessin de Riad Sattouf, couleurs d'Audré Jardel, collection Poisson Pilote, éditions Dargaud) Quoi ? Encore du poisson ? Oui mes amis, mais du Poisson Pilote ! Et ça, ça change tout, non ? Comment ? Ce n'est pas suffisant ? Et si je vous dis qu'en plus, ce poisson, c'est du Sattouf, ça n'est pas suffisant non plus ? Ingrats ! Vous avez déjà oublié comment vous vous êtes marrés avec No sex in New York ! Dites que c'est pas vrai pour voir ! Bon, et bien avec Les jolis pieds de Florence, croyez-moi ce sera pareil... Jérémie est aussi pathétique de Riad lui-même lorsqu'il s'agit de brancher les filles. Et alors pour conclure, je vous dis pas ! Ses pauvres aventures se transforment en cauchemard. Pourtant Jérémie n'est pas exigent comme garçon. Non, il veut juste sucer Les jolis pieds de Florence, la standardiste de la boîte de jeux vidéo pour laquelle il travaille. C'est pas grand chose ça, surtout lorsqu'on apprend que la Florence en question n'est finalement pas si farouche qu'il n'y paraît... Alors ? Ben alors Jérémie est de cette race de mecs qui ont une poisse terrible et un manque flagrand d'intelligence sexuelle. Attention, je n'ai pas dis que Jérémie était bête ! Non, il a même des idées intéressantes, comme celle d'aller voir un marabout... Mouais... C'est peut-être à ce moment que ça dérape vraiment... Riad Sattouf frappe très fort avec ce premier album de la série des Jérémie : on s'attache à ses personnages et les situations sont vraiment bien vues. Il mérite absolument sa place dans cette collection grandiose qu'est Poisson Pilote. Bon ben alors, vous en reprendrez bien un peu... A lire : les premières planches de l'album sur le site dela collection Poisson Pilote A savoir : les pauvres aventures de Jérémie comptent deux autres albums après lLes jolis pieds de Florence : le pays de la soif et Le rêve de Jérémie... Gourmands, va !