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Blog | Angoulême #4 Bilan coup de gueule

dragonballkai-gohan-artbook-toriyama-dbz-03La bande dessinée tourne rond, c’est le monde réel qui est tordu (Liniers, Macanudo T1)

J’ai lu cette phrase de l’inénarrable Liniers hier soir. L’album fait partie de la pile de livres que j’ai ramené d’Angoulême cette année. Je ne pouvais pas passer à côté tant elle représente l’impression laissé par cette fin de festival, seul moment où l’on parle de la bande dessinée hors des sentiers habituels du cercle de ceux qui s’intéressant à son actualité et à son évolution.

Le bilan médiatique : Willem est président du festival d’Angoulême tandis que la Ministre de la Culture ne connaît rien à la bande dessinée. Une surprise pour le premier, une vérité pour la seconde. Vous m’excuserez de ne pas parler de l’interview de notre ministre, question de statut. J’en reviens donc à cette « élection » (les guillemets sont importantes). Ce fameux grand prix qui régulièrement nous plongent un peu plus dans les certitudes d’assister à l’élection de l’Académie Française made in « p’tits Mickey ».

Petit rappel pour ceux qui n’auraient pas suivi l’affaire : cette année, les auteurs pouvaient voter pour une pré-liste de 16 qui aboutissait à une short list de 5 noms soumises au grand conseil des sages des anciens grands prix du festival. Parmi les auteurs choisies : Alan Moore (ai-je besoin de le présenter ?), Chris Ware (ai-je vraiment besoin de le présenter?), Akira Toriyama (arrivé en tête des votes), Katsuhiro Otomo (je ne vous ferais pas l’affront non plus) et… Willem. Visiblement, les érudits ne connaissaient ni les œuvres d’Alan Moore – qui pour rappelle est le seul auteur de BD à avoir eu le prix Hugo, l’équivalent du prix Pulitzer pour les auteurs de SF – ni celles de Chris Ware (prix du meilleur album à Angoulême pour Jimmy Corrigan tout de même !). Le jury n’a pas voulu non plus voter pour les œuvres de deux mangaka (juste auteurs respectivement de Dragon Ball et d’Akira) parce que bon, des mangakas quand même… Et pis les mangas c’est plein de filles en culottes, pis c’est violent, pis c’est mal dessiné…

C’est simplement et purement un scandale ! Surtout quand, pour rattraper le coup, on ose décerner à la dernière minute un prix spécial 40e anniversaire à Toriyama. La sélection, qui a finalement abouti à un palmarès équilibré, était déjà discutable. Mais ce choix laisse un goût amer. J’ai l’impression d’être passé à côté de quelque chose de fort… Un mangaka comme président du festival d’Angoulême prouvant par cette reconnaissance l’apport de la bande dessinée asiatique ! Un scénariste comme Président du festival d’Angoulême, enfin ! Un théoricien de la bande dessinée comme Président du Festival d’Angoulême ! Tout aurait été satisfaisant, tout aurait été génial ! Mais non, les vieilles croutes de la franco-belgie ont parlé. Oui désolé, ce terme est insultant et je l’assume complètement car c’est exactement mon ressenti. Tous les jours, des libraires, des blogueurs, des bibliothécaires font le taf auprès du grand public pour montrer, démontrer tout l’intérêt d’une bande dessinée moderne, affranchie d’un passé de la BD à papa… Et là, on nous pose un gentil papy tout droit sorti d’Hara-kiri comme étendard de la bande dessinée…  Je n’ai rien contre Willem même si je pense qu’illustrateur de presse et auteurs de bande dessinée est un travail légèrement différent. Il a fait de bonnes choses. Mais de là à recevoir le grand prix. Sérieusement, ces gens-là n’ont aucun respect pour notre travail et plus grave, aucun respect pour le travail de l’ensemble de la communauté des auteurs de bande dessinée. Voter pour le grand prix d’Angoulême sans même connaître les œuvres d’Alan Moore et de Chris Ware, de qui se moque-t-on ? Dans quel milieu professionnel, cet état de fait serait-il accepter ? Avec mes 4 romans par an, je n’ai plus honte de postuler au poste de juré du prix Goncourt 2013.

Finalement, à bien y réfléchir le minuscule espace manga et ce Little Asia où il est impossible de pénétrer (même le vendredi) car la jauge est trop basse, montrent toute l’importance que le festival pseudo-international accorde à la BD asiatique. Et la venu du créateur d’Albator ou les expositions Corée ou Taïwan ne cachent rien d’autres que la misère. A peine étonnant.

Voilà, comment conclure ce billet de mauvaise humeur ? Un petit show must go on peut-être ?IMG_2338

Et puis, je n’oublie pas de remercier les amis de KBD (Mo’, Badelel et Lunch) ainsi que Mr Golgoth (alias la pièce rapportée) ainsi que Pierrot à qui je souhaite bon courage pour la suite (merci aussi pour la file d’attente), les auteurs croisés çà et là, les éditeurs, les stagiaires et les créateurs de la Pizza au mètre… Petite dédicace aussi pour Philippe, mon voisin belge (de Bruxelles !) du train de retour avec qui j’ai discuté trois heures d’Angoulême à Paris. Deux visages de la bande dessinée mais une même passion. Un concept à retenir Messieurs les sages.

Merci à tous !

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Blog | Angoulême #3 Rencontres avec…

sous_la_bulleAngoulême est la plus grande librairie BD de France. Ceux qui en doutent devraient venir y jeter un œil. C’est impressionnant à tel point qu’on se demande parfois si nous ne sommes là que pour ça : acheter des livres, chasser la dédicace. Je suis mauvais langue car c’est la plupart du temps une rencontre agréable. Moins personnelles, les rencontres internationales sont aussi des moments importants. Mais cette année, le hasard m’a plus poussé à la dédicace. Je ne suis pas un chasseur mais j’aime en profiter quand l’occasion se présente (en gros moins de 3 personnes dans la file devant moi). Donc, sur le chemin j’ai rencontré…

Jason, Bast, Anthony, James, Ted, Gyll et les autres

bookhunter-dedi2013Évidemment, mon choix se porte plus naturellement vers Le Nouveau Monde, la bulle des éditeurs indépendants (les gros requins ne fricotent pas avec les petits poissons, c’est bien connu). Chez Cambourakis, dès le jeudi soir de mon arrivée, c’est une double dédicace de Jason Shiga qui m’attend. Aussi francophone que je suis anglophone, nous n’avons pas pu échanger, quelques mots grâce à la stagiaire de Cambourakis (merci !) seulement. Mais Jason Shiga est un personnage attachant aussi haut en couleur que ses albums (Bookhunter et Vanille ou Chocolat). Au passage, je remercie les gens de Cambourakis pour les échanges durant mon temps d’attente. J’ai pu feuilleter leur stand avec un plaisir de gourmet. Je peux vous le dire, ils font du très bon boulot !

bast_2_dedi2013Plus tard chez la Boite à Bulles, je rencontre Bast pour En chienneté en compagnie de Mo’ (voir sa chronique sur cet album). En Chienneté raconte son expérience comme intervenant dans une maison d’arrêt. Travaillant moi-même sur ce sujet, nous avons pu échanger quelques impressions. Une discussion passionnante ! Merci à Bast pour sa gentillesse et sa dédicace. Je n’avais pas encore pu lire le livre, maintenant c’est fait et je ne peux que soulever la justesse du propos. Je pense que nous en reparlerons un de ces jours.

james-dedi2013Pas très loin, 6 pieds sous terre avec James. Je connais James depuis longtemps avec Comme un lundi. J’avais eu des contacts professionnels (avortés malheureusement) avec lui et j’étais très heureux de le rencontrer . Double dédicace pour 365 fois 77,8 et L’épi. (avec la Tête X) Il m’incite à aller voir son projet de revue électronique Mauvais esprit. A mon tour, je vous conseille d’aller y faire un tour, vu le nom des participants, c’est du bon ! En plus les premiers numéros sont en consultation gratuite, histoire de se faire une idée.

Enfin, je critiquais Le Monde des bulles tout à l’heure, mais j’ai quand même récupérer deux dédicaces (merci Pierrot pour l’aide) de Gyll Dillon pour le Nao de Brown (prix révélation) et surtout de Ted Naifeh, le papa de Courtney Crumrin. Très impressionné par ce dernier, ma rencontre a été quelque peu malhabile. Dommage mais c’est comme ça quand on est une groupie !ted-naifeh-angouleme2013

Pour terminer mon petit tour d’horizon des dédicaces, une belle dédicace d’Anthony Pastor pour Castilla Drive, prix du polar, svp ! Dédicace éclair un samedi en pleine cohue… Compliqué !pastor-dedi2013

Projection sur la réalité des auteurs

sous_la_bulle-maianaLe vendredi soir, nous avons assisté avec presque toute l’équipe de KBD à la projection en avant-première du documentaire de Maïana Bidegain : Sous les bulles, l’autre visage de la bande dessinée. Dans ce documentaire, elle montre l’envers du décor et les difficultés rencontrées par les auteurs pour simplement vivre de leur art. En donnant la parole aux acteurs de la chaîne du livre (enfin, pas les bibliothécaires mais cela me semblait justifier vu l’esprit du documentaire), elle montre les différents paradoxes de la surproduction actuelle, ses causes et surtout ses conséquences. Je vous conseille de voir la bande annonce pour vous donner une idée. Ce film devrait tourner très rapidement dans les festivals.

Je trouve juste dommage que le débat qui a suivi la projection ne fut pas de la même qualité. Il manquait surtout des contradicteurs (comme souvent dans ce genre de débat, et j’en ai vu quelques un ces derniers temps) à la cause. J’aurais voir un éditeur répondre à un Fabien Velhmann très en verve (comme toujours, mais un peu trop cette fois).

Rencontre en lettonie

sush-2013Petite conférence sur la BD alternative qui était en fait une présentation du prix de la BD alternative de l’an passé : le magazine letton Kush ! et son fondateur. Surprenant et très intéressant quand on apprend que Kush est le seul magazine de bande dessinée. La Lettonie n’a aucun passé, ni aucun présent de bande dessinée. Seulement 5 Tintin sont traduits dans ce petit pays. Kush est donc le seul véritable média de BD. De vraies pionniers dans un environnement totalement vierge !

Un écho intéressant au film de Maïana Bidegain.

Voilà, pour ce billet. Prochain passage consacré au bilan d’Angoulême 2012 !

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Blog | Angoulême #2 Les expositions

IMG_2281Pour ceux qui se demanderaient où sont les articles Angoulême in Live, ben désolé, je n’ai pas réussi le même exploit que l’an passé. Tant pis. Je vais quand même vous faire un petit topo sur les expos que j’ai pu voir durant ces deux jours passés au festival.

Comès, maître du clair/obscur

Si je suis à Angoulême cette année, c’est aussi pour voir la présentation des planches originales d’un de mes auteurs cultes. L’exposition est au sous-sol du théâtre, le lieu est un peu exigu sous les voutes. Heureusement, il n’y a pas trop de monde, juste des classes de collégiens qui ont un intérêt plutôt limité pour ce qu’ils voient malgré les explications d’un guide-conférencier qui les accompagne. Moi j’en profite et admire le travail. Devant ces planches, la maîtrise du noir et blanc si caractéristiques du Maître est évidente. Ce travail sur le noir, sur la composition, les traces de correcteur pour masquer le noir, l’abstraction… c’est magique. Que dire sinon que voir ces planches (mais aussi des affiches) dans de grands formats donnent encore plus de force à l’ensemble. Bref, hormis le lieu, je ne suis pas déçu.

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Détail de planche, on peut admirer le travail sur le noir

Brecht Evens et la Boite à Gand

Mais la grosse claque de ce festival c’est l’exposition consacré à La Boîte à Gand, un collectif d’auteurs belges dont le membre le plus éminent est Brecht Evens, prix de l’audace en 2011. J’avoue que j’étais passé à côté… la honte mais bon, le ridicule ne tuant pas je peux quand même rédiger cette chronique. Comment décrire le travail de Brecht Evens ? Graphiquement, c’est tout simplement fabuleux ! Déroutant mais fabuleux ! Difficile de décrire ces couches de couleurs se superposant d’une manière magique. C’est coloré et magnifique, poétique et éclatant. Bref, j’ai craqué. Si vous le connaissez pas, je vous invite à lire d’urgence ses albums ! Ceux qui doutent que la bande dessinée puisse être un art, voici une réponse.

Rien à voir mais durant la visite, Mo’ et moi avons rencontré Nancy Peña qui est très copine avec Mo’. Elle était accompagnée d’une certaine Marion. Cette dernière, très sympathique, semblait être pas mal calée en dessin. Après les avoir quitté, le flash, il s’agissait de Marion Montaigne. C’est définitif, je suis un boulet…

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Les couches se superposent pour donner un effet de lumière incomparable. C’est beau !!!

Philippe Squarzoni et la BD militante

En passant dans la rue avec les KBiens (+ pièce rapportée, spéciale dédicace), nous avons vu l’affiche d’une expo Philippe Squarzoni à la Maison du Peuple et de la Paix. Assez fans de son travail (je lis moi-même Saison Brune en ce moment) nous n’avons pas hésité. Si l’expo avait le mérite de présenter les bonnes planches de ses œuvres militantes (Dol, Guarduno, Zapata, Saison Brune), l’expo ne présentait pas les planches originales. Quand on connait un peu, on n’apprend pas grand-chose. Personnellement, j’avais lui 3 des 4 albums (4e en cours) donc bon… Voilà. Lisez les livres surtout !

Vous le reconnaissez ? Extrait de Dol
Vous le reconnaissez ? Extrait de Dol

La Corée à l’honneur

L’exposition sur la bande dessinée coréenne était au centre du festival dans une bulle spéciale. Cette belle exposition à la scénographique soignée était découpée en trois parties : les jeunes auteurs, les grands auteurs et l’avenir. Chaque auteur avait son propre espace avec une petite interview filmé passant sur un écran, texte de présentation d’une œuvre et planches originales. Très didactique, cette exposition montrait toutes les qualités du manhwa. Jisue Shin faisait d’ailleurs partie des auteurs présentées. La seconde partie présentait les œuvres de deux auteurs majeurs de la bd coréenne : Lee Doo-Ho (Le Bandit Généreux) et Kim Dong-Hwa (La Bicyclette Rouge…). Là encore des planches originales et une scénographique bien pensée mettent en valeur le travail de ces auteurs. Mais la partie la plus intéressante pour moi était celle consacrée au numérique. Alors qu’en France, nous en sommes encore aux balbutiements, là-bas le numérique c’est 400000 lecteur par mois et plus de 200 BD sur un portail collaboratif pour un genre baptisé Webtoon. Bref, de quoi voir l’évolution possible dans nos contrées dans quelques années. Démonstration à l’appui, des écrans et souris sont disponibles ainsi que des iPads pour voir toutes les possibilités offertes. Intéressant.

Test de lecture numérique. Intéressant !
Test de lecture numérique. Intéressant !

Les « Pas vu »

Les expos phares de ce festival manquent à ma collection : JC Denis, Uderzo, Michey/Donald. Bon, deux jours c’est un peu court alors il faut faire des choix. J’ai zappé. Pour la première, le président avait choisi le lieu d’expo le plus charmant mais aussi le plus exigu avec sa jauge d’entrée minimum. Du coup, difficile d’y pénétrer même en journée calme sans perdre beaucoup de temps à attendre. Je trouve ce fait assez révélateur de l’aura du Président de cette année. En 2012, la présence d’Art Spiegelman irradiait le festival tout comme celle de Trondheim quelques années plus tôt. Nous en sommes loin cette année. JC Denis est plutôt un homme discret et nous avons retrouvé ce trait de caractère cette année. A l’image d’une affiche certes jolie mais discrète par rapport aux précédentes.

Le prochain président… bref nous en reparlerons.

 

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Blog | Angoulême in live #1

angouleme-gareÇa commence bien.

C’est parti pour le festival d’Angoulême 2013. Après des hésitations, je me trouve à rempiler pour une nouvelle édition. 40 ans après tout, ça se fête et cette année, il y a encore des choses intéressantes à voir. Je pense notamment aux expositions qui donnent l’eau à la bouche. Impossible de rater Comès et l’expo de 50 planches originales. On ne peut pas rater non plus l’expo Uderzo, l’enfance de 80% des bédéphiles. Sans oublier Donald et Mickey, le président JC Denis ou Andreas. Je suis également curieux de découvrir Brecht Evens, un talent de la BD alternative.

Et comment ne pas rêver devant les noms inscrits au programme des rencontres : Serge Lehman, Didier Comès, Andreas, Zep, JC Denis, Chester Brown, Anders Nielsen, Adam Hines, Matt Madden, Jason Shiga, Brecht Evens, Leiji Matsumoto (Albator !!!).

Voilà après, d’un point de vue professionnel, je suis également intéressé par le focus sur la bande dessinée coréenne. Ça me permettra d’apporter des billes pour la formation manga que je prépare.

Cette année, je suis venu les mains vides, sans album ni objectifs de dédicace. On verra, je laisse le sort faire mon programme. Comptons sur la chance…

OK…

Bon, en attendant je vous écris de la gare Montparnasse à Paris. Il est 13h14, j’ai trois heures de retard sur l’horaire. Merci la SNCF !

Caramba, encore raté !

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Blog | En direct d’Angoulême : bilan

TGV Bordeaux-Paris, gare de Saint-Pierre des corps, 15h41

C’est la première fois que je passe autant de temps au festival d’Angoulême. L’atmosphère est différente sur plusieurs journées. On programme, on se presse moins pour tout voir, on profite de l’atmosphère particulière de la ville en ébullition. On prend le pouls le jeudi pour souffrir ensuite le samedi. Les bruissements des rumeurs des prix se fait plus forte ici qu’ailleurs, on croise du beau monde dans les rues, ceux qu’on voit en photos ou en vidéos le reste de l’année comme Julie Maroh, Lewis Trondheim et sa femme, Joe Sacco… Tout cela est un peu plus humain. Parfois, on constate avec effarement les petites incivilités et les exigences de certains fanatiques de la BD qui prennent les auteurs pour des machines à dédicacer mais bien souvent l’atmopshère est détendue et il est facile d’engager les conversations. N’oublions qu’une chose nous rapproche tous, la BD.

Encore une fois, c’est l’occasion de rencontres formidables, surtout avec les auteurs qui, de Gilles Rochier à Natacha Sicaud en passant par Drew Weing ou Michel Rabbagliatti ont été formidables et sympathiques. Je repars évidemment avec de bons souvenirs, le départ en fanfare avec la dédicace de Trondheim, la rencontre FNAC avec Frederik Peeters, les discussions avec Gilles Rochier et Natacha Sicaud ou les croquis préparatoires de Maus dans la magnifique et impressionnante exposition Spiegelman…

Avec quelques regrets également, mais ils sont déjà oubliés.

Côté coup de gueule en revanche pour l’accueil du festival. Du personnel certes confrontés à des situations parfois compliqués mais dans l’ensemble très désagréable. Pas de sourires et si peu d’humour que ça en devient désolant. Heureusement, le sourire des exposants et des auteurs étaient là pour nous faire comprendre que nous n’étions pas que des acheteurs de livres. Parfois c’est agréable !

Pour finir, ce festival fut surtout l’occasion de rencontrer en chair et en os une partie des copains de KBD : Lunch, Badelel, Mo’ et Zorg. Merci car c’était génial de pouvoir disserter à volonté jusqu’au bout de la nuit. En vrai c’est encore mieux ! Merci aussi à leurs conjoints respectifs pour leur patience devant ces discussions interminables auxquels il ne comprenait pas toujours tout. Oui, nous sommes un peu geek c’est vrai.

Je souhaite aussi m’excuser pour mon écriture inhabituelle. Ce résumé (presque) jour par jour était un petit challenge personnel qui m’a demandé de travailler sur le vif, à l’inverse de d’habitude. Vous avez donc découvert mes tics d’écriture. Comme les résumés ne sont pas forcément mon truc non plus, j’espère tout de même que ce point de vue subjectif du FIBD vous aura intéressé.

Allez, on reprend une activité normale…mon avis sur le palmarès attendra, tout comme la nomination de JC Deni.

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Blog | En direct d’Angoulême : 29 Janvier

Quelques minutes avant la fin

Dernier jour, avant de partir, nous devons rendre les clefs du gîte. Les valises s’annoncent bien plus lourde qu’à l’aller… Je vous laisse deviner pourquoi. Certains d’entre nous n’ont pas chômé durant ce festival. Évidemment, nous partons encore avec du retard. Dernières heures à remplir, il y en a pourtant encore à voir. Il s’agit pour moi de faire le tri. Trop loin pour le musée de la BD, dommage. Je ne comprends pas vraiment pourquoi les sites sont si éloignés. Pas facile de choisir… Allez, je fais un dernier petit tour dans la Bulle du Nouveau Monde.

Petit passage par Vertige Graphic pour l’achat de Tetine Man de Guillaume Long… petit clin d’œil pour ma 2e fille. Dommage, la dédicace est à 13h, je serais presque dans le train. Je récolte quand même un petit poster pour elle. Sympa. Finalement, quand on est festivalier, il faut savoir relativiser les ratés. Pas de dédicaces de cet auteur ? Pas grave, j’aurais d’autre bons moments ailleurs.

Je continue mon chemin dans une foule bien moins dense qu’hier ! Si ce n’est pas vide, c’est tout de même respirable ! Me voici devant les Enfants Rouges, une maison d’édition qui a eu plusieurs fois les honneurs de nos chroniques. Je rencontre Nathalie Meulemans, éditrice et fondatrice du lieu. J’avais régulièrement des contacts avec elle mais depuis quelques temps plus rien… Normal, elle pensait que le blog avait fermé ! Oups ! Non, non, nous sommes toujours présents. La preuve ! J’espère qu’elle n’est pas la seule à le croire en tout cas ! Voici donc le mystère de mes stats… Au passage, je repars avec le coffret Nous n’irons plus ensemble au Canal Saint-Martin & Ce qu’il en reste (dernier et ultime tirage) limité à 100 exemplaires. Deux bons albums que nous avons déjà chroniqué, je n’ai pas pu résister.

Il est bientôt temps de rejoindre les autres. Donc, je repars dans l’autre sens quand soudain… une belle surprise aux éditions La Pastèque : Michel Rabbagliati, l’auteur québecois de Paul. Nous n’avons jamais chroniqué de Paul mais c’est un auteur excellent qui a eu le prix du public il y a deux ans pour Paul à Québec. Je n’hésite pas longtemps avant d’acheter Paul en Appartement, mon préféré. Michel Rabbagliati est fidèle à l’idée que je me faisais de lui, souriant, sympathique et disponible pour ces lecteurs, comme beaucoup de ses confrères.

Moi qui ne voulais plus rien acheter, je termine ma matinée avec 4 albums supplémentaires ! Il est temps de rentrer. Le train va arriver. Dernier repas/sandwich avec les copains, petite photo de fin de voyage avec Garfield qui passait par là. Oui c’était bien, on remettra ça… ici ou ailleurs…

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Blog | En direct d’Angoulême : 28 janvier – partie 2

Samedi, c’est la folie !

Après, une longue pause déjeuner nécessaire – car la fatigue se faisait sentir – nous décidons de partir faire une photo de groupe sur le stand FNAC. Un petit souvenir pour tous les membres du groupe présent. Nous posons avec le Fauve et les accessoires disponibles (un crayon, des bulles de textes…), quelques grimaces et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. C’est reparti… et c’est là que les affaires se compliquent !

Petite description de l’apocalypse : des rues bondées, impossibles de pénétrer dans la moindre bulles ou exposition sans faire 30 à 40 minutes de queue et… la pluie qui s’en mêle. J’arrive à me rabattre sur l’exposition taiwan… Pas grand-chose à dire dessus sinon que ça ressemble assez aux mangas. Quelques auteurs ont l’air intéressant mais rien qui ne m’a enchanté malgré une scénographie plutôt sophistiqué mais manquant de lisibilité.

Il est temps d’assister à la rencontre sur la BD reportage qui a lieu au Théâtre, Salle de l’Odéon à 17h, nous arrivons à 16h15. Déjà beaucoup de monde devant la porte, mais bon… Soudain, la sécurité annonce que 60 personnes seulement pourront pénétrer dans la salle. Ça râle dans les rangs. Ils comptent les personnes dans la file… Nous sommes entre 45e et 50e… ça passe. Nous attendons, la file se resserre, ça pousse un peu, ça râle quand certains essaient de doubler. Habituel, on voit déjà ça en dédicace. 40 minutes plus tard, les portes s’ouvrent, on se rapproche enfin de l’entrée quand… La porte se ferme devant nous… Plus de place. Ils avaient juste oublié de compter les intervenants et techniciens. Grosse colère dans la foule, prise de bec avec les gens de la sécu… Classique. C’est un sentiment que je ressens depuis le début de ce festival, mais j’ai l’impression que l’organisation des séances de dédicaces ou des stands éditeurs est bien plus efficace que celles des rencontres, pas toujours à l’heure, mal signalées, dans des locaux inadéquats pour une foule importante. Franchement, nous sommes dans le plus grand salon BD d’Europe et l’organisation prévoit moins de 60 places pour un rendez-vous sur la BD reportages… avec Joe Sacco !

De là à dire qu’Angoulême axe plus sa politique sur le côté commercial, il y a un pas que certains n’hésitent pas à franchir. Et je peux les comprendre.

Bon, 1h30 de perdu avec cet incident. Heureusement, nous avons la chance de rencontrer Manuel Picaud, journaliste et critique BD renommé (l’un des piliers de Auracan). Homme très sympathique mais un peu agacé car il se retrouve dans la même situation que nous… mais lui était invité par Arte, co-éditeurs d’un des livres présentés… Oui l’organisation est formidable, même pour les journalistes de sa trempe !

Un peu énervés et surtout frustrés, nous retournons vers Le Monde des bulles. Impossible de rentrer encore une fois. Cette fois-ci, nous trouvons une solution de repli vers l’espace Mangasie. Il s’avère plus intérressant que prévu avec notamment une très belle rencontre entre Johanna, auteure de Née quelque part et Li-Chin Lin, jeune auteur coréenne (qui fait ses études en France) pour Formose. Un débat sur la situation politique de Taiwan… Intéressant !

Finalement, on se rapproche de la fin de journée, ça se calme (un peu). Nous pouvons assister à la fin de la rencontre FNAC avec Craig Thompson pour Habibi. Il a cette phrase étrange en parlant du carré magique, inspirateur de la construction de son album : « le sudoku est une bande dessinée mathématique ». Assurément, la phrase de la journée. Puis c’est le tour de Cyril Pedrosa avec Portuga. Si l’interviewer n’est pas à la hauteur de la qualité de l’album, les explications du créateur enrichissent encore le propos.

Il est 18h30, tout le monde est fatigué. Il est temps de rentrer. Il fait nuit. Le dernier jour s’annonce.

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Blog | En (presque) direct d’Angoulême : 28 janvier – partie 1

Foule sentimentale

Ce n’est pas la première fois que je me rends au festival de la BD d’Angoulême cependant il s’agit de mon premier samedi. Je le savais, nous le savions mais… je n’imaginais pas qu’une concentration aussi importante – que dis-je : monumentale – de bédéphiles d’horizons divers et variés au même endroit au même moment était possible ! Il y avait un air de « La Foule » d’Edith Piaf ce samedi sur Angoulême. Certains aiment avoir l’impression d’être une sardine en boîte. Moi, pas trop. La journée s’annonce donc longue et difficile.

Nous commençons par la bulle Nouveau Monde, celle qui regroupe les éditeurs indépendants. L’un des lieux que je préfère. Son seul défaut : la largeur de ses allées. Ce matin-là, nous pouvons encore y pénétrer mais ce sera tout simplement impossible l’après-midi, l’accès étant limité pour des raisons (compréhensibles) de sécurité. Je dis « nous » parce que ce matin, Mo’ et son homme m’accompagnent. Enfin, c’est plutôt moi qui les accompagne à la Boîte à Bulles. Ils sont arrivés hier soir et les discussions ont duré jusque tard dans la nuit. Il y a comme des allures de zombis dans nos visages ce matin (enfin surtout le mien). Bon, un peu de fatigue, ça fait partie du jeu, maintenant que tous les KBDiens prévus sont là on devrait s’en sortir! Finalement, nous finissons par nous séparer, chacun ayant ses objectifs du jour.

Mon idée de ce matin est surtout de me rendre à l’exposition Fred. Fermé jusqu’à midi… Bon, ben… petit tour à l’espace para-BD alors ! Le lieu des produits dérivés du 9e art : BD, livres d’occasions, affiches, T-shirt… En un mot, le paradis du nicheur ! Mais ce n’est pas trop mon truc tout ça, je ne suis pas un afficionados de l’affiche 3x3m de Blacksad, pas plus que des statues en résine qui coûtent un bras pour les plus petites. Quand la foule m’en laisse l’occasion, je m’arrête pour admirer quelques belles affiches.

Bon assez tergiversé, je me rends sans plus tarder à l’espace Franquin pour découvrir l’exposition Tébéos sur la BD espagnole. Si Bartolomé Segui, Juanjo Guarnido, Paco Roca ou Carlos Gimenez, sont des auteurs que nous avons déjà chroniqué sur IDDBD, j’ai été surpris par la diversité et la richesse de l’édition espagnole. Une production qui se caractérise par un foisonnement d’influences (comics et franco-belge surtout). Une diversité qui s’explique par l’histoire de l’Espagne au XXe siècle. D’ailleurs , cette exposition aborde la bd hispaniques sous une forme chronologique d’une manière très didactique. Avant, pendant, après la dictature franquiste puis l’avenir… radieux pour les bédéphiles espagnols ! Au programme : affichage de planches (originales ou reproductions), œuvres disponibles en lecture (en VO pour beaucoup car non traduites), présentations des auteurs les plus marquants avec des originaux des auteurs majeurs (dont 5 ayant eu le prix national de la BD espagnole).

Vous l’aurez compris, une exposition des plus intéressantes ! Mais là maintenant, j’ai faim.

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Blog | En direct d’Angoulême : 27 janvier

Vendredi 26 janvier : le festival commence aujourd’hui

Non c’est vrai, il a commencé jeudi (en tout cas pour le public) mais à voir la foule qui se presse aujourd’hui dans les allées du festival et les rues d’Angoulême, nous sommes véritablement rentrés dans le vif du sujet. Bref, aujourd’hui, traverser «  Le monde des bulles » et « le nouveau monde » sans encombre relève du miracle.
Et dire que ce sera pire demain !

Ce matin, nous séparons notre petit groupe en chasseur de dédicaces et en spectateur de rencontres et autres expositions. Ainsi, rendez-vous pour les seconds à l’espace Franquin tandis que les premiers cherchent à obtenir des billets pour la dédicace d’Art Spiegelman. Malheureusement c’est déjà trop tard… Finalement, temps perdu pour tous, car le président du festival annule sa séance le soir… Pas facile la vie d’un festivalier.

A l’espace Franquin, une discussion autour du New Yorker, le célèbre magazine américain, et de ses forts célèbres couvertures dont nous avions parlé voici plus d’un an avec la sortie de Sempé à New York. Sur scène, Loustal, Mattoti, et… Ah et bien non, Chris Ware n’est pas là ! La rencontre internationale est présentée par Françoise Mouly, directrice artistique du new yorker, co-fondatrice de la revue RAW accessoirement compagne d’Art Spiegelman. Passionnant ? Un peu trop de « moi je » de la part de l’animatrice et quelques anecdotes sympathiques. Pour l’information, je n’apprends pas grand-chose, l’ayant déjà plus ou moins lu dans l’interview contenue dans le livre de Sempé. Toutefois la salle est attentive. J’en profite pour m’éclipser discrètement direction une conférence sur la BD suédoise avec Fredrik Strömberg, historien et critique… de l’autre côté du centre ville !

C’est parti pour de la marche. A l’arrivée, une petite salle, une trentaine de personnes ( la bd suédoise ne passionne pas les foules visiblement…) pour une conférence intéressante mais qui est peut-être un peu trop synthétique. Mais là, c’est peut-être mon côté historien de la BD qui parle.  En tout cas, je découvre une BD très influencée par le comics (et un peu par le manga). Chose étonnante, quand nous nous plaignons de leur manque de présence dans le paysage de la BD en France, les auteures suédoises en sont les principales artisanes ! En tout cas, petit coup de cœur pour Anneli Furmark, auteure présente dans l’exposition consacrée à la BD suédoise au musée de la BD. Avant le déjeuner, je repasse par les éditions çà et là, histoire de voir si… Petite mais frustrante rencontre avec Drew Weing (aussi monolingue que moi mais pas dans la même langue, c’est affreux).

Musée de la BD, destination presque immédiate après le repas (rapide). Cependant, un petit passage dans « Le pavillon des jeunes talents » s’impose. Et du talent, il y en a chez ces jeunes étudiants, lycéeens et même collégiens. J’avoue avoir été bluffé par la maîtrise des futurs Trondheim, Peeters ou Larcenet… Au passage, petite visite de l’exposition des originaux de Fables Nautiques de Blandin (sélection officielle) avant d’assister à une table ronde sur « Le livre numérique » ou comment les écoles d’art graphique prennent en compte ce nouveau support dans leur enseignement. Quelques travaux d’étudiants sont présentés. Très fort encore une fois !

Finalement, c’est le musée de la BD avec LA grande exposition Art Spiegelman ! Pour résumé : tout simplement monumentale ! Des planches originales de RAW, des premières œuvres du président, ses illustrations jeunesses et magazines, clairement, cet auteur est un grand qui ne se résume pas qu’à Maus. L’œuvre majeure du manitou de la bd alternative américaine est bien là, présente, omniprésente même dans une section particulière où sont alignées les unes à côté des autres des planches originales avec parfois, des éléments au-dessus et en-dessous qui permettent de voir le travail accompli, recherches de découpages, de textes, ratures… Sous le regard d’une reproduction géante des deux personnages principaux, je constate tout le travail nécessaire à l’élaboration d’un chef d’œuvre du 9e art. C’est émouvant et fascinant à la fois de voir ces rayures traversées le temps.

Je m’apprête à aller voir la bibliothèque du musée quand mon téléphone sonne : « David, c’est Lunch. Natacha Sicaud est en dédicace… y’a personne ! – J’arrive ! » C’est parti pour rejoindre, la dessinatrice de Sous l’entonnoir (sélection officielle). Une rencontre véritablement agréable avec une auteure très ouverte au dialogue. Bon elle avait un peu de temps, ce qui est du luxe sur le stand Delcourt !

Après cette dédicace, je me pose enfin dans l’espace FNAC, prêt de la zone des rencontres où se passent les interviews des auteurs de la sélection : une demi-heure par auteur. Quand j’arrive, c’est Guarnido qui est interviewé (pour Voyageur). L’espace est plein mais se vide peu à peu à l’arrivée d’Eddie Campbell (Alec), Fabien Velhmann (L’île aux 100000 morts), Clément Oubrerie (Pablo – hors sélection officielle) et surtout… de Frederik Peeters ! Un peu de repos sur mon siège et les oreilles grandes ouvertes pour écouter ces auteurs nous parler de leurs livres, là encore un plaisir de bédéphiles gourmet. En vrai, c’est quand même mieux qu’en vidéo sur le web ! Finalement, il est 18h45 quand Peeters termine son interview. Une bonne journée qui s’achève !

Demain, debout à 7h !

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Blog | En direct d’Angoulême : 26 janvier – partie 2

Moi je dis c’est un sacré coup de bol !

L’heure de la rencontre avec les copains de KBD et des phrases qui, sur le web passent très bien, mais qui dans le monde réel sonnent d’une façon… étrange. « Allo Lunch, c’est David je suis avec Zorg là… ».

Après quelques péripéties nous récupérons donc nos places et un joli petit bracelet vert fluo, attaché pour toute la durée du festival à notre poignet. C’est moche mais on s’y habitue à ce morceau de plastique. J’espère juste qu’il ne déteint pas sous la douche !

Nous voici donc dans la bulle éditeurs, enfin… celle des gros éditeurs qui ont les moyens de se payer des stands plus vastes que mon appartement. Pêle-mêle on retrouve Dargaud, Casterman, Soleil/Delcourt, Ankama, Fluide (enfin ce qu’il en reste). C’est grand, et il n’y a pas encore l’affluence attendue les jours prochains mais les files d’attente pour les dédicaces sont déjà longues. Il y a les patients comme Zorg, Lunch ou Badelel et les autres, comme moi, qui ont la bougeotte. Le jeudi est le meilleur jour pour découvrir les lieux, ensuite l’important est de s’orienter. Programme, programmes heure par heure… ça se confirme, le jeudi est la journée d’introduction. Pas grand-chose à se mettre sous la dent pour l’instant. La sélection officielle en présentation et quelques rencontres avec des auteurs dans le forum du partenaire. Joe Sacco notamment que nous verrons en fin de journée.

Au fait, j’y pense… A peine entrer dans la bulle éditeurs. Nous venons de faire 30 mètres dans la bulle quand soudain : « c’est pas Trondheim assis là, tout seul, comme un pauvre malheureux avec ses petits crayons ? ». On appelle ça des dédicaces surprises ! Il nous a fallu donc moins de 5 minutes pour une dédicace de l’ancien président du festival…

Mais la plus belle rencontre que j’ai faite cet après-midi est sans aucun doute celle avec Gilles Rochier au stand 6 pieds sous terre dans la bulle « Le nouveau monde », espace consacré aux éditeurs indépendants : çà et là, Les Requins Marteux, FLBLB, L’Association, Cornélius… Et tout ceux qui n’ont pas les moyens d’avoir autre chose que des tables ! Ambiance différente donc mais beaucoup de monde dans cette bulle gigantesque. Pour en revenir à Gilles Rochier, je vous en ai déjà beaucoup parlé, ma chronique de TMLP est encore toute récente. Cet album est pour moi un vrai coup de cœur. Il était un peu esseulé à sa table de dédicaces, attendant le chaland (qui s’avérait être Zorg, sa femme et moi-même), un gros tas de crayon de couleur prêt de lui. Quelques mots sur son album, quelques mots sur IDDBD et des remerciements mutuels : l’un pour le merveilleux moment de lecture, l’autre parce que « c’est important de porter les livres, de les faire connaître ». Pas une grande discussion mais un moment réel simple et appréciable… humains. Un homme à la hauteur de son travail. En tout cas, une bonne dose de positive attitude à ressasser lors de moments de « oui ben là j’en ai marre du blog, je vais tout balancer !)

Que retenir de cette journée : la partie manga est un peu toute pourrie, à croire qu’on n’édite plus de mangas en France. Heureusement, elle est regroupé avec la partie comics, ce qui m’a permis de découvrir au hasard de mes pérégrinations une jeune auteure américaine Sarah Glidden, son livre Comment comprendre Israël en 60 jours (ou moins) et une maison d’édition Steinkis. Une jolie dédicace pour un dessin qui me rappelle un peu celui de Camille Jourdy (mais un peu). L’album ? Je ne sais pas, je vous dirais ça. C’est bon parfois de se laisser porter !
A demain !