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Tempus maledictus fantasisticus

Chaosland - Tome 1 (scénario de Scénarisatron 2000, dessins de Mojojojo et Ancestral Z, couleurs de Mojojojo, éditions Ankama, 2007) Je vous promettais avant-hier une chronique en bonne et due forme de Chaosland. Chose promie, chose due (et rapidos avec ça) ! Voici que déboule sur vos écrans hallucinés Chaosland ! A partir de maintenant, oubliez toute idée de rationnalité, jetez aux orties toutes vos certitudes en matière de BD, plongez corps et âmes dans l’enfer d’un premier album totalement déjanté. Vous entrez dans un monde d’héroïc-fantasy créé par deux jeunes auteurs qui, à l’évidence, ne boivent pas que de la limonade et ne fument pas que du tabac blond de Virginie. Un monde peuplé de personnages plus étranges les uns que les autres (qui ne sont pas sans rappeler à la fois certains personnages de la série Donjon et de Plus fort que le fromage...), un monde où les héros - si l’on peut nommer ainsi une bande d’abrutis et d’écervelées - se sont engagés dans une aventure d’une banalité à pleurer des crocodiles (sauver le monde du chaos ! non mais vous vous rendez compte ! sauver le monde du chaos !), un monde où le méchant de l’histoire (si l’on peut encore parler d’histoire dans ce récit sans queue ni tête...) se prénomme Jean-Luc et porte des lunettes de soleil réfléchissantes (ce sont d’ailleurs les seules qui réfléchissent quoi que ce soit dans cet album...), et où la fin de la quête (temporaire puisqu’il s’agit d’un premier tome...) ferait hurler tous les scénaristes (même en grèves) d’Hollywood ! Bref, Chaosland, pas de doute, c’est le chaos du 9ème art, la calamité faite bande dessinée, le stade terminal de l’aventure phylactèrophile...

Avec tout ça, vous vous dites qu’IDDBD a pété les plombs et qu’il est impossible que nous vous recommandions la lecture (mais peut-on encore parler de lecture...) de Chaosland ! Vous avez raison cher lecteur, nous vous devons une petite explication...

Vous savez que l’éclectisme est le maître mot des choix d’IDDBD en matière de bande dessinée. Nous sommes capables de vous parler à la fois de purs chef d’oeuvres, tels que Le Roi des Bourdons de David de Thuin, d’oeuvres de purs chefs, tels les albums de Kokor, Sfar, Trondheim, Larcenet, Blain, Blutch, David B. et bien d’autres, en passant par des chefs de pures oeuvres, tels tous les auteurs que je n’ai pas cité précédemment mais dont IDDBD a chroniqué au moins un album. En un mot comme en cent, IDDBD aime tous les styles de BD, passionnément, sans restriction... Et bien Chaosland, aussi incongru soit-il, trouve sa place sur IDDBD dans la catégorie des albums potaches qui vous feront oublier, le temps de leur lecture (mais peut-on encore...), que vous êtes un adulte normalement sain de corps et d’esprit. Lire Chaosland (mais...), c’est se retrouver avec 12 ans d’âge mental, à rigoler avec ses potes de blagues à deux balles, sans prise de tête et sans se prendre au sérieux. Suivre les aventures (mais...) de Morigan, Elisabeth, Petit-Jacques, Crevette, Magic Jardak, c’est se prendre une grande goulée d’air frais en pleine face, bien revigorante. C’est une petite pause sur la longue route des chefs d’oeuvres du 9ème art que nous tentons d’explorer inlassablement... Chaosland, c’est le repos du guerrier intellectuel de la BD... L’ultime limite du vide cérébral... La « mitcho class » en bande dessinée... Un must quoi !