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Top 10. – tomes 1 à 3 (saison 1)

(scénario d’Alan Moore, dessins de Gene Ha, Semic) Robyn Slinger, alias Toy Box, à peine sortie de l’école de police est catapultée au Top 10, l’un des commissariats de Néopolis. Ses équipiers sont tous dotés de super-pouvoirs, normal, toute la ville a des supers-pouvoirs. Robyn s’apprête donc à exercer un métier dangereux et surtout totalement déstabilisant. Entre comics de super-héros et série TV à l’américaine, Top 10 est un comics des plus originaux : galerie de personnages haut en couleur (les policiers comme les bandits sont tous étonnants), multiplications de situations cocasses ou dramatiques, action, tension et surtout beaucoup d’extravagances. Bref, une grande intelligence au service d’un genre qui en manque parfois un peu. Voici le secret d'Alan Moore, il aime jouer avec les super-clichés. Encore une fois, (rappelez-vous des Watchmen),  Alan Moore démembre les codes du comics pour rendre ses super-personnages beaucoup plus proches de nous, moins super-parfaits et super-moralisateurs. Si vous en avez marre des araignées bondissantes, des héros en cape et des super chauves-souris, découvrez Top 10 ! Comics remplit de super-héros de mauvaises humeurs le matin, chambreurs et dragueurs autant que possible, professionnels quand il le faut, droit mais parfois gauche, bref des grands moments de super-humanités ! De quoi vous réconciliez avec les héros. Faudrait-il ajouter que le dessin de Gene Ha est incroyable ! Voilà qui est fait.A noter quand même. Des histoires d'éditions et de rachats de maisons d'éditions font que la dernière édition de Top 10 est assez compliqué à se procurer. Donc, ne laissez pas passer l'occassion si vous le découvrez au hasard d'un rayonnage.

V pour Vendetta – édition intégrale

(scénario d’Alan Moore, dessins de David Lloyd, Delcourt)

Fin du 20e siècle, l’Europe, les Etats-Unis et l’Afrique ont disparu sous les eaux et les bombes nucléaires, le monde est un chaos. L’Angleterre est sous la coupe d’un régime fasciste. Dans ce monde sombre où règne la violence organisée par le pouvoir, Evey est secourue par un être étrange portant un masque de théâtre au visage souriant. Cet homme n’a pas de nom, mais on peut le surnommer V...

En 1982 (1989 en France), Alan Moore signe sans doute l’une de ses plus grandes bandes dessinées avec V pour Vendetta. Comme je n’aime dire de gros mots, je ne vais pas évoquer le truc commis par les frères Matrix l’an passé, ça m’évitera de me faire enguirlander par Mike 😉 .

Bref, V pour Vendetta est un chef d’œuvre de la BD, sans doute l’un des comics les plus importants de ces 25 dernières années (avec Mauss de d’Art Spiegelman et Watchmen... d'Alan Moore). Comme son nom l’indique, V pour  Vendetta est une histoire de vengeance... Mais très vite, elle dépasse ce postulat de départ et deviens une bande dessinée politique, engagée, au message prenant une importance considérable quand on sait qu’elle a été écrite au milieu de la période Thatcher (du coup on lit la première partie avec un autre œil).

Et puis, il y a ces personnages : V au masque de théâtre, au sourire figé, un étrange pantin manipulateur de ficelles armé d'une volonté extraordinaire, prêt à tout pour ouvrir les yeux d'un peuple engourdi par la peur. Est-il un fou ? Un terroriste ? Peut-on tuer pour l’idéal de liberté ? Doit-on tout accepter pour pouvoir être libre ? Malgré le temps cette question est toujours au centre des préoccupations contemporaines. Décidemment, le temps n'a pas d'emprise sur les chefs d’œuvre. Mais n'oublions pas Evey, cette jeune femme condamnée à se prostituer pour survivre, est le petit mouton perdu. Plus qu'une faire-valoir, elle est à elle seule, le symbole d'une liberté bafoué, puis retrouvé au contact du héros.

Ne vous arrêtez pas au dessin difficile de David Lloyd, au bout du compte on s’aperçoit qu’il correspond totalement à l’ambiance du scénario.

Qu’ajouter de plus, sinon qu’Alan Moore étale un nombre impressionnant de références, que la multitude de thèmes rend toutes nouvelles lectures encore surprenantes, que nous avons là une BD subversive à souhait, d’une rare puissance, bref, que nous atteignons ici les plus hautes sphères du panthéon bédéphilique (du mien en tout cas...).

Ah oui, j’oubliais, les dirigeants d’Easy-jet devrait également en lire quelques passages.

Autre chose : faites-moi plaisir : oubliez le film !

A lire : le dossier Le Comic Book face au film sur le site écran large (vous apprendrez ainsi pourquoi le nom d’Alan Moore n’est pas cité au générique) A lire : la critique sur Krinein.com A lire : la critique sur sceneario.com (Oui je sais , ce site revient régulièrement mais que voulez-vous, on a les mêmes goûts !) A lire : les avis des internautes sur Bulledair.com A voir : un fansite consacré à Alan Moore