Archives par mot-clé : Action

City Hunter (Tsukasa Hojo)

Quand vous n’avez plus d’espoir, que la justice ou la police ne peuvent plus vous aider, alors laissez le message XYZ à la gare de Shinjuku. Car dans la jungle du quartier tokyoïte, le duo City Hunter règle les affaires sensibles. Derrière ce pseudonyme se cache le sage Hideyuki Makimura et l’exubérant Ryo Saeba. Un duo de choc dans une ville menacée par les cartels de la drogue sud-américains. Continuer la lecture de City Hunter (Tsukasa Hojo)

Tripes gratuites

Jackals (scénario de Shinya Murata, dessins de Kim Byunh Jin, éditions Ki-oon, 6 tomes parus série en cours)

Amandine, ancienne collègue et fournisseuse officielle de manga « que j’aurais jamais ouvert ça », me l’avait bien dit : « euh, je te préviens, c’est un poil bourrin… ». Pour le coup, Amandine, je crois que ton analyse est suffisamment fine pour t'offrir un poste de chroniqueur chez nous !

C’est vrai, Jackals, ce n’est pas du manga de sensibles. Ceux qui pleurent en se cassant un ongle (bon c’est vrai ça fait mal !) et n’aiment pas croiser les cadavres de hérisson sur la route au printemps risque de voir leur élan calmé dès les premières (en fait dès LA première) pages.

Jackals se passent à la fin du XIXe siècle à Cicero City, une petite ville (américaine ?) tenue par deux bandes rivales : le clan Gabriela (italiens ?) et le clan Tenmouren (chinois). Friedlich Town (la ville de la paix) est une zone neutre où l’affrontement fait rage, c’est également le lieu de prédilection d’assassins-mercenaires, les Jackals, qui louent leurs services aux plus offrant. Bien entendu, le héros principal de cette histoire est l’un d’entre eux : un dénommé Nichol « Alligator » Heyward. Ce surnom d'Alligator provient d'un héritage de sa maman, une espèce d'épée-hachoir-bouclier assez impressionnant.

Bien entendu, il n’est pas évident de « vendre » ce genre de manga. Oui, il y a des combats à chaque chapitre ! Oui, ça gicle ! Oui, les héros sont balèzes et courageux ! Oui, on trouve de grosses épées (et celles-ci sont sacrément énormes) Oui, oui, oui on est dans les codes d’un manga profilé pour un certain public. Mais, j’ai presque envie de dire… et alors ?
Peut-on faire une œuvre de qualité dans ce genre-là ? Oui bien entendu. Et Jackals en est la preuve. Outre les scènes d’action efficaces de plus en plus spectaculaires, le scénario est suffisamment étoffé pour susciter un autre intérêt que « celui qui a la plus grosse » habituel à ce genre de récit. Entre rebondissements, blessures et fantômes du passé, codes d’honneur et désir de liberté, la tension est palpable et on se retrouve surpris à attendre la suite des aventures de ces faux méchants héros. Reste à savoir ce qui est faux, le méchant ou le héros…
Pour ceux qui intéressent un peu aux jeux vidéo, Jackals est paru dans le magazine Young Gangan de Square Enix. SquareSoft étant l’éditeur de la série des Final Fantasy. Nichol et son pote Foa ne sont pas sans rappeler les héros principaux de la mythique saga où même si les grosses épées sont de rigueur, la qualité des scénarii n’est pas à démontrer.

Pour conclure, Jackals n’est pas à lire si vous souhaitez parler philosophie, littérature où amourettes de lycéennes. En revanche, si vous souhaitez de l’action, du combat et malgré tout un scénario tenant sur autre chose qu’un timbre poste, alors c’est pour vous, sans aucun doute !
On remercie tous Amandine pour ce bon conseil ! Allez, si, si, j’insiste !

Et promis, ma prochaine chronique sera plus calme !

A lire : 20 pages sur le site de manga sanctuary

Texarkana

Texarkana (scénario de Patrick Neighly, dessin de Donny Hadiwidjaja, couleurs d'Anne-Marie Horne, collection Colors, éditions Akileos) Les lecteurs réguliers d'IDDBD le savent : les éditions Akileos publient depuis quelques années des BD venues d'outre-atlantique (quand ce n'est pas d'outre-tombe !) qui apportent un souffle nouveau (pour nous, lecteurs européens) et complémentaire aux comics traditionnels (Strange et autres...), à la BD franco-belge, au manga (et depuis peu au manhwa) ainsi qu'au "roman graphique". Finalement, tout ceci va dans le bon sens, celui d'une offre plus large, plus riche et plus éclectique, dont les lecteurs profitent en définitive... Ces considérations pompeuses étant faites (mais vous en avez l'habitude si vous suivez les chroniques d'IDDBD...), entrons dans "le vif du sujet". Et Dieu sait que cette expression n'a jamais été plus adaptée qu'en ce qui concerne Texarkana ! Car Texarkana, c'est de l'action en barre ! Mais, étrangement, sans références explicites ou évidentes au genre comics ou manga dont nous parlions plus haut. En même temps, je mens un petit peu en vous disant cela : les références existent mais elles ne sautent pas immédiatement aux yeux et en tout cas, elles appartiennent à de nombreux genres que nous connaissons bien... Illustration. L'univers de Texarkana pourrait s'inscrire dans celui de Rails ou de bien d'autres BD franco-belge pour son aspect "politique-anticipation" : l'Amérique du Nord est ravagée par la guerre civile et seul un état, le Texarkana (capitale : Dallas), maintient un semblant d'ordre sur son territoire et, dans une moindre mesure, sur New Asia (constituée des anciens états de la Côte Ouest). Cet ordre, ce sont des équipes judiciaires qui l'assurent au quotidien. Constituées de juges, d'un avocat et d'un exécuteur, elles rendent une justice expéditive, et souvent définitive, directement dans les rues. La constatation des crimes et délits, l'instruction, le procès et la sentence sont exécutés en moins de dix minutes... En ce sens, on sent l'influence des ligues de justiciers (Watchmen...) chères aux comics américains traditionnels... Dans le premier tome (publié il y a quelques jours), on suit l'une de ces équipes judiciaires que vient de rejoindre Simon Hills, un jeune diplômé de l'Académie des Juges de Dallas. Premières interventions, premiers doutes, puis première vraie mission d'infiltration sur les terres de New Asia... A Tsin Tsin, l'histoire prend une tournure plus "manga", surtout du fait de l'ambiance de New Asia... Autre lieu, autre influence... Malgré tout, l'histoire conserve une cohérence propre (scénario trépidant et superbe dessin) qui sait habilement mêler action, suspense, et psychologie des personnages (même si certains d'entre eux sont un peu taillés à la hache...). Et ça marche ! On s'attache vraiment à cette équipe de la première à la dernière page de ce premier tome qui nous laisse un goût d'impatience à attendre les suivants... A découvrir : les précédentes collaborations de Patrick Neighly et Donny Hadiwidjaja pour Zoe, sur le blog (en anglais) weblogs.variety.com , pour Black-eye Susan, sur le blog (toujours en anglais) the fourth rail A visiter : la rubrique Nouveautés du site Akiléos où vous retrouverez la fiche album de Texarkana et une planche... L'info du jour Toujours chez Akiléos, notez la parution de Louna et sa mère, un album doux-amer sur la vie d'une petite fille de parents divorcés à l'âge où la vérité sort de la bouche des enfants. Emouvant, attendrissant, amusant... A feuilleter : deux planches sur le site de la FNAC

Wolverine : Saudade

C'est ici qu'on écrit les chroniques ?

Euh... Bonjour (voilà, donc pour un début ce n'est pas trop mal). Comme Mike vous l'a annoncé, j'assure pour un temps l'intérim d'IDDBD, j'espère que ça conviendra aux (nombreux) fidèles du blog. En tout cas, je remercie Mike de me faire confiance. Même si je sais qu'il n'est pas loin, ça fait tout drôle d'être aux manettes. Je tenterais de faire des mises à jour le plus régulièrement possible (au moins 3 fois par semaine), si certains d'entre vous veulent participer qu'ils n'hésitent pas ! C'est toujours plus sympathique, et c'est intéressant de varier les points de vue. Je revendique un manque d'objectivité dans mes chroniques. Voilà pour ma profession de foi (Saint Lewis priez pour moi), j'espère que vous serez toujours aussi fidèle et présent quand Mike reviendra avec son super festival tout beau tout neuf ! En attendant, voici une nouvelle chronique...

(scénario de Jean-David MORVAN , dessin de Phillipe Buchet. Panini Comics (Collection Transatlantique). 2006)

 

Quand les auteurs de Sillage rencontrent le plus charismatique des super-héros, alias Wolverine, l’homme au squelette d’adamantium, cela provoque des étincelles.

Morvan est un habitué de la « transversalité », un « passeur » entre les cultures BD. Déjà l’an passé, il avait travaillé avec un dessinateur de manga (Toru Terrada) pour Le Petit monde une adaptation (réussie) de Peter Pan dans un monde futuriste. Aujourd’hui il s’attaque aux X-men et à l’une de ses figures emblématiques.

Ce passage vers la bd franco-belge est assez réussi. Il faut quand même s’habituer à voir Logan dans un style très européen. A certains instants, on croit apercevoir le grand frère de Nävis, l’héroïne de Sillage. Mais une fois passée cette surprise, on entre parfaitement dans cette histoire, où Wolverine en vacances au Brésil va se retrouver confronté à la violence des favelas et des escadrons de la mort. Bien entendu quelques mutants traînent dans le coin.

Tout en restant fidèle à l’esprit du super-héros, on retrouve la griffe (si j’ose dire) des deux auteurs, de l’action oui, mais avec une pointe de finesse.

Un bon album, divertissant et superbement conclu.

 

A voir : le site de la série Sillage.

A lire : Wolverine sa vie, son oeuvre sur Wikipédia

Hauteville House

(scénario de Fred Duval, dessin de Thierry Gioux, couleurs de Carole Beau, éditions Delcourt) Amoureux de l'uchronie et du steampunk, Hauteville House est une série que vous vous devez de connaître absolument (ah bon, c'est déjà fait ?). Amoureux de l'aventure, de l'action, du suspense en cinemascope, Hauteville House est la série que vous vous devez de découvrir sans tarder (ah bon, c'est déjà fait pour vous aussi ?). Amoureux de... ok, j'arrête. Apparemment, tout le monde connait déjà Hauteville House ! Et bien figurez-vous que pour ma part, je viens de dévorer les trois tomes publiés à ce jour et que j'attend le quatrième sur des charbons ardents ! Que voulez-vous, cette série a tout pour plaire : des personnages aux caractères bien trempés, des situations halletantes, une histoire qui se tient dans un univers légèrement décalé par rapport à la réalité historique, un bon rythme, de bons dessins (ce qui n'est pas négligeable pour une BD...). Que demander de plus par ces froides journées d'hiver ? Et maintenant, vous voudriez en savoir un peu plus sur l'histoire de Hauteville House, n'est-ce pas ? Pour ça, il va vous falloir cliquer là... ou ici... ou encore là... ou ici aussi... (en plus vous pourrez lire quelques planches !). Bonne lecture ! A lire : la bio express de Fred Duval

Les pays des trois sourires & Mildiou (Trondheim)

Les pays des trois sourires (scénario et dessin de Lewis Trondheim, éditions L’association, 1997) et Mildiou (scénario et dessin de Lewis Trondheim, éditions Le Seuil)

Hommage à El Presidente Lewis Trondheim ! Auteur de dizaines d’albums cultes et qui arrivent encore à me surprendre, cet homme est un extra-terrestre nous pondant régulièrement des OVNI. Ok les deux albums que je vous présente datent un peu et vous vous dites : « le bib est à la rue, ce sont des BD cultes depuis des années » et vous n’aurez sans doute pas tort ! Mais voilà, quand on lit Le pays des trois sourireson ne peut être qu’emballé ! Cet album de 100 strips (de 3 à 4 cases environ) racontent les désagréments d’un village peuplé de souris, singes, lapins et autres animaux non répertoriés. En fait, des tremblements de terre détruisent peu à peu le pays. Les habitants décident donc d’envoyer un des leurs à la recherche de Dieu. Classique ? Non, terrible ! Absurde, décalé, drôle, cynique, bref du grand, du très grand Trondheim. Un album peu connu mais qui vaut le détour.

Et si votre libraire est un bon libraire (libraire pouvant être remplacé par bibliothécaire), il aura également dans ses bacs Mildioupublié au Seuil. Et là encore… Sous les traits des personnages de la série Lapinot vous assisterez à l’affrontement à mort (et à l’épée, du moins au début) entre Mildiou, l’infâme tyran (incarné par Richard) et Le Lapin désigné (par contrainte) héros du peuple soulevé (incarné évidemment par Lapinot). Décalé, drôle, cynique, bref du grand, du très grand Trondheim ! Mais je l’ai déjà dit ça !

Je n’ai qu’un mot pour conclure cette double chronique : Vivement Angoulême 2007 ! David Donnat L'info du jour Plantu, dessinateur du quotidien Le Monde, a reçu samedi le prix de L'humour vache, décerné au 25e Salon de la caricature et du dessin de presse et d'humour de Saint-Just-le-Martel (centre), pour ses derniers albums et ses oeuvres éditoriales quotidiennes. Comme de coutume, Plantu s'est vu remettre une vache, récompense toute symbolique puisque l'animal, après la cérémonie, est retourné à sa pâture limousine. (source : AFP) A visiter (indispensable) : l'excellent site de Plantu A lire : l'excellente interview de Plantu par Anne-Claire Jucobin sur evene.fr Après les excuses (plates) d'hier, IDDBD se devait de vous faire particulièrement plaisir aujourd'hui. J'espère que vous serez satisfaits par la chronique de David qui vous propose de découvrir deux albums de Lewis Trondheim pour le prix d'une (chronique). J'en en entend déjà qui souhaiteraient qu'IDDBD s'excuse plus souvent...

Amerikkka

(scénario de Roger Martin, dessin de Nicolas Otéro, aux éditions Emmanuel Proust) Hier IDDBD vous parlait d'une certaine Amérique paranoïaque, sécuritaire et raciste, qu'il ne faudrait pas confondre avec la majorité des américains (précision utile pour tous ceux qui penseraient - à tort - qu'IDDBD fait de l'anti-américanisme primaire...). Aujourd'hui, IDDBD continue l'exploration de cette face cachée des USA avec Amerikkka. Comme le laisse deviner le titre, les activités du KKK (Ku Klux Klan) sont au coeur des albums scénarisés par Roger Martin, LE spécialiste français de cette organisation raciste créée en 1866 dans le sud des Etats-Unis par d'anciens combattants confédérés. Du coup, cette série de cinq tomes (à ce jour) est intéressante à double titre. Premièrement, on ne s'ennuie jamais aux côtés d'Angela Freeman et Steve Ryan, les deux héros de la série, que leur lutte au sein de l'AKN (Anti Klan Network) vont mener aux quatre coins des Etats-Unis (Texas, Floride, Idaho, Chicago, Philadelphie...). Les enquêtes sont rythmées, bien ficelées et très bien documentées, et les personnages gagnent en épaisseur psychologique au fil des épisodes... Deuxièmement, toutes les histoires sont inspirées de faits réels. Et c'est peut-être là qu'est le véritable intérêt d'Amerikkka. Sous les dehors d'une BD parmi les autres, c'est en réalité une somme documentaire impressionnante sur les activités de l'ultra-droite américaine, en même temps qu'un signal d'alarme. C'est en tout cas l'un des objectifs avoués par Roger Martin : utiliser la BD pour sensibiliser les jeunes et les moins jeunes aux dérives racistes, au cas particulier aux USA. Mais le message vaut aussi ailleurs, aujourd'hui et en d'autres temps...   A lire (pour mieux comprendre la série) : l'interview de Roger Martin publiée le 1er février 2006 sur BD Sélection qui nous apprend qu'à terme la série Amerikkka devrait compter dix tomes, le dernier étant consacré à la naissance du Klan. A lire :Les chroniques de Bulle d'Air et de BD Paradisio A relire (pour ne pas oublier) : quelques albums chroniqués par IDDBD, notamment Artic Nation (série Blacksad), Petit Polio (de Farid Boudjellal qui évoque notamment le racisme en métropole au temps de la guerre d'Algérie), Maus (d'Art Spiegelman sur le génocide des juifs d'Europe avant et pendant la Seconde Guerre Mondiale)