Archives pour la catégorie Bibliothèques

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Humeur | Les bibliothèques ne font pas de politique

tous-a-poilLes services de bibliothèque publique sont accessibles à tous, sans distinction d’âge, de race, de sexe, de religion, de nationalité, de langue ou de statut social. (…) Les collections doivent refléter les tendances contemporaines et l’évolution de la société de même que la mémoire de l’humanité et des produits de son imagination. Les collections et les services doivent être exempts de toute forme de censure, idéologique, politique ou religieuse, ou de pressions commerciales. (extrait du Manifeste de l’UNESCO sur les bibliothèques publiques)

Je suis bibliothécaire. Je fais partie d’un corps de métier qui a la chance d’être au service de la population, de TOUTE la population sans aucune forme de discrimination. J’en suis plutôt fier car j’estime faire un boulot non pas essentiel mais utile à mon prochain. Je crois dans les vertus bienfaitrices de l’art et de la connaissance pour rendre le monde un peu meilleur.

Universalisme… représenter tous les courants de pensée. A ce titre, les bibliothécaires ont le privilège d’être les témoins de l’évolution culturelle de notre société à travers ses productions intellectuelles.  Livres, musiques, cinéma, multimédia, spectacles, rencontres… de nombreuses formes passent à travers les mailles de nos filets. Il y a 20 ans, on se posait la question de l’arrivée du rap dans les collections musicales, puis ce fut le manga dans nos fonds BD. Aujourd’hui, le jeu vidéo fait une entrée fracassante dans une grande majorité d’établissements. Depuis quelques jours, je lis ici et là que des groupes – dont je ne jugerais pas les valeurs, mon propos n’est pas là – « attaquent » nos bibliothèques municipales et en particulier les secteurs jeunesse pour la présence de livres soi-disant hautement « toxiques ». Je suis triste et inquiet.

Triste de voir que ces personnes ne voient dans la littérature jeunesse qu’une forme d’outil éducatif. Inquiet de leur aveuglement quand ils s’arrêtent à la simple nudité d’une image. Je les plains car c’est fatigant d’haïr son prochain et d’être inscrit dans une forme de paranoïa. De l’autre côté je vois également des gens condamner les bibliothécaires pour la non-présence de certains de ces livres dans leur collection.

Messieurs, mesdames de tout bord, je dois vous l’avouer : les bibliothécaires ne font pas de politique (hormis documentaire). Leur rôle est de constituer des collections de qualité représentatives d’une production éditoriale, musicale, cinématographique etc… Leurs goûts personnels, leurs convictions politiques ou religieuses ne doivent pas entrer en compte dans cette constitution de collection. Ils ne s’occupent pas des polémiques et font leur boulot comme l’infirmière, l’agent des impôts, l’assistante sociale ou le professeur des écoles, avec conscience.

La plupart de gens s’imaginent que c’est d’une grande facilité. Mais réussir à constituer une collection hétérogène est un travail quotidien qui demande une parfaite connaissance de son domaine. Oui, les bibliothécaires, au même titre que des libraires sont des spécialistes. Au même titre que réussir un gâteau ne fait de vous un pâtissier, lire un livre ne fait pas de vous un bibliothécaire. Donc, j’invite ces personnes qui, du haut de leurs certitudes et j’imagine d’un sens aiguë du bien de LEUR communauté, de se calmer et de laisser mes collègues. Je les invite plutôt à chercher dans les collections de leurs bibliothèques  les documents qui satisferont leurs morales. Je suis persuadé qu’ils en trouveront beaucoup. Ensuite, je leur propose de s’installer avec leurs enfants, leurs petits-enfants, leurs petits-cousins ou les gamins du voisin et de faire une bonne séance de lecture… histoire de partager autre chose que la haine de son prochain.

Dédicace à toutes mes collègues jeunesse, militante de la joie de lire et de l’ouverture des yeux !

Genshiken

Bibliothèque | Formation Manga

GenshikenDécouverte d’un genre littéraire, le manga

Je vous propose dans ce (très) gros dossier, le résultat de mon travail sur la formation Découverte d’un genre littéraire : le manga proposée aux bibliothécaires du département de l’Eure par la Médiathèque Départementale. Cette formation s’est déroulée le 26 septembre 2013. Continuer la lecture

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Mini-chronique | Le libraire de Belfast à la BPI

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Amis parisiens, vous avez bien de la chance ! Jeudi 16 mai à 20h la BPI projette dans le cadre de son cycle sur l’imaginaire des villes, le très bon film documentaire Le libraire de Belfast de la réalisatrice Alessandra Celesia.

Ce film est bien plus qu’un portrait d’un vieux libraire nord-irlandais à la retraite. C’est celui de toute une communauté à la fois excentrique et terriblement touchante : un jeune rappeur à l’accent trop marqué, un punk dyslexique amateur d’opéra, une serveuse cherchant à percer dans la chanson…

Dans ce film choral, les sensations et les éléments s’enchainent et se contredisent. Alessandra Celesia filme une communauté d’exclue d’une modernité réservée à des privilégiés. A la place, solidarité, simplicité, écoute, vivre ensemble… Tous ces mots et toutes ses valeurs transparaissent durant 52 minutes.

Les valeurs, ce vieux libraire en a tant à transmettre alors il parle, de lui, de sa vie, de son plaisir charnel du contact avec le livre, de son esprit commercial qui ne l’a pas aidé à devenir riche. Sur son visage, le temps qui passe. Et en filigrane, avec l’écho des paroles de ses amis, la présence de cette ville, immuable et forte, pesante, avec son histoire furieuse.

Voilà, ce film c’est un peu ça et beaucoup d’autres choses. Si vous avez l’occasion de le voir, à la BPI ou dans les collections de n’importe quelle bonne bibliothèque, n’hésitez pas ! 50 minutes de très bon cinéma.

Plus d’info sur l’image ci-dessous et sur le site de la BPI.

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Le libraire de Belfast
un film documentaire d’Alessandra Celesia
Production : Zeugma Films, 2012
54min, VOSTFR

A voir : la bande annonce sur le site de Zeugma Films

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Bibliothèques | Lecteur de BD, qui es-tu ?

D’après l’enquête sur les pratiques culturelles des français de 2008, nous sommes 16 millions de lecteurs de bande dessinée. C’est bien simple, en une décennie, l’édition de bande dessinée a été multiplié par 3. Positive ou non, cette explosion fait du secteur le plus dynamique du marché du livre.

Pour compléter cette étude, le DEPS (Direction des études, de la prospective et des statistiques) du ministère de la culture et la Bibliothèque publique d’information ont mené une enquête auprès de 4580 personnes âgées de 11 et + sur leur rapport au 9e art. L’enquête est publié aujourd’hui dans la collection Culture, études. Heureusement pour ceux dont les rapports statistiques ne représentent pas un idéal de lecture, un document de synthèse a été publié.

Qu’en ressort-il ? Rien de bien surprenant. Toi lecteur de BD, tu es plutôt un homme, plutôt jeune et diplômé. C’est bien simple, plus tu lis, plus tu as de chance d’être quelqu’un d’actif en matière de culture. Tu empruntes beaucoup auprès de tes amis ou dans les bibliothèques quand tu as moins de 25 ans. Mais ensuite, le temps de l’opulence venu, tu as tendance à acheter tes livres.

Actuellement, 83% des lecteurs de BD ont lu du franco-belge, 52% les magazines de BD, 48% la BD américaine (comics surtout), 38% du manga et BD asiatiques et 21% du romans graphiques. Sachant que cette dernière catégorie est transversale.

Le héros le plus connu ? Tintin ? Astérix ? XIII ? Thorgal ? Que nenni ! Il s’agit des Pieds Nickelés !

Bref, amis chroniqueurs, au travail !

Pour en savoir plus, je vous invite à lire la synthèse à télécharger sur cette page.

 

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Infos du jour | En vrac…

On voit que c’est la fin du mois de janvier, période propice aux événements BD, car je reçois plein de chouettes infos du jour à partager avec vous.

Rencontres espagnoles

Tout d’abord, comme à son habitude, la Bibliothèque Publique d’Information (BPI) à Paris (Centre Pompidou). organise une rencontre post-Angoulême intitulée La bande dessinée espagnole : un contexte européen. Tour d’horizon donc de la bd européenne qui heureusement, ne se résume plus à l’aire Franco-Belge. Si j’avoue ne pas connaître Francesc Capdevilla alias Max et Sonia Pulido, je ne vous ferais pas l’outrage de vous présenter Juanjo Guarnido, dessinateur de la très célèbre série Blacksad !

Cette rencontre aura lieu à la BPI, lundi 30 janvier à 19h. Mais, mais, mais, bonne nouvelle, elle sera restransmise sur le net en direct sur cette page !

Concours de critiques

My Boox, un portail dédié aux livres organise un grand concours de critiques BD. A gagner ? Juste une année de BD… De quoi faire rêver les plus bédéphiles fauchés d’entre nous.  Pour participer, il faut s’inscrire sur leur site, puis aux concours. Le principe est simple quoiqu’un peu ouvert au copinage, les 20 participants qui recevront le plus de critiques positives seront finalistes. Puis 5 d’entre eux seront sélectionnés par le jury composé de membre de la rédaction du portail.

Bon courage aux participants !

Plus d’informations ici.

 

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Bibliothèques | Zombis et comics dans la Sarthe

Les Zombis de Walking Dead envahissent l’abbaye de l’Epau dans la Sarthe ! Au programme, une exposition sur les super-héros mais surtout la rencontre avec Charlie Adlard himself, le dessinateur de la terrifiante série scénarisée par Robert Kirkman. Cette manifestation est organisée par les collègues de la Bibliothèque départementale de la Sarthe (72) en partenariat avec la librairie Bulle le 25 septembre prochain.

La BDS organise régulièrement des rencontres autour de la bande dessinée mais c’est la première fois qu’elle s’intéresse d’aussi près au comic book.

A noter également, les interventions de Jean-Paul Jennequin, éminent spécialiste de la BD américaine , qui animera un cycle de projection cinéma autour de la bande dessinée en octobre.

Et rappelez-vous, le volume 14 de Walking Dead sort le 21 septembre !

Pour en savoir plus, le site de la BDS

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Chronique | Traits Résistants

traitsresistantsEditions Libel (2011)

De Marouf, sorte de Thierry la Fronde anti-allemand, à l’anthropomorphisme de La Bête est morte, de Coq Hardi au Téméraire, de Vaillant à Pif Gadget, des petits formats conservés à la Bibliothèque de Lyon aux histoires complètes, des petits traits tirés sur le passé à la loi sur les publications à destination de la jeunesse de 1949 ; plus de 70 ans après la débâcle française de 1940, des historiens, des journalistes mais aussi des professionnels des musées et des bibliothécaires se sont penchés sur la Résistance dans la bande dessinée. De ce travail commun est né à la fois une exposition, fruit de la collaboration entre le Musée de la Résistance Nationale (MRN) et le Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation de Lyon, et cet élégant recueil de textes.

Longtemps considérée comme de la sous-littérature, le 9e art a souvent démontré toutes ses qualités en matière de communication. De nos jours, c’est l’aspect publicitaire qui vient immédiatement à l’esprit. Les amateurs de Gaston Lagaffe se souviendront longtemps des publicités pour des orangeades, le bus, les appareils photos ou, plus noblement, l’UNICEF. Mais c’est oublier un peu vite l’époque pas si éloignée de l’utilisation de la bande dessinée comme outil de propagande politique. Et sur ce point, la France des années 40 et plus tard celle de la reconstruction ont été des époques particulièrement exemplaires.

Outil capable de synthétiser texte et dessin, de s’adresser aux marges les moins instruites de la population, la bande dessinée – mais il n’est pas le seul média –  a fait l’objet d’un traitement bien particulier dont les conséquences ont longtemps résonné dans le paysage éditorial de la seconde moitié du 20e siècle. Ce recueil est surtout intéressant pour son approche historique. Ainsi, on découvre comment la loi sur les publications destinées à la jeunesse (1949) a freiné le développement d’une bande dessinée se démarquant du simple public enfantin. On voit la naissance et la mort des revues de publication, l’évolution notable de Vaillant vers Pif, les petites magouilles qui ont permis à certains journaux et auteurs (et non des moindres car dans le lot nous avons quand même le papa de la ligne claire) de faire oublier leurs petites collaborations ou de se garantir des livraisons de papier (denrée rare dans l’après-guerre). On découvre les journaux résistants et les collaborateurs (parfois changeant au cours du temps), les grandes figures comme Marijac et les premiers films d’animations européens (belges). On voit comment chaque camp a tenté de forger les esprits à coup de caricatures et de grandes figures tutélaires puis comment on a essayé de faire croire à une France unie contre l’ennemi durant l’occupation. On y voit l’omniprésence de la résistance puis son oubli avant un renouveau édulcoré. Bref, à travers ce livre, c’est non seulement l’image des partisans mais aussi celle de toute une société, une nouvelle société née des décombres de la guerre. A l’image de la France (et de la Belgique), la bande dessinée se relève et les cartes sont redistribuées.bêteestmorte

Mais les auteurs de Traits Résistants ne se sont pas simplement contentés d’évoquer le passé, ils ont tissé des  nombreux liens avec une création contemporaine qu’ils citent assez régulièrement (Gibrat notamment). Un chapitre spécial est même consacré au travail de Stéphane Levallois autour de l’album La Résistance du Sanglier contant la vie de son grand-père résistant. Un chapitre montrant toute l’importance du devoir de mémoire. On peut également y découvrir les œuvres des auteurs invités à travailler sur le sujet pour l’exposition.

En tant que bibliothécaire, j’ai également beaucoup apprécié le texte de Henri Champanhet consacré au dépôt légal et la conservation des petits formats à la Bibliothèque Municipale de Lyon… mais bon là, c’est un peu subjectif.

Pour conclure, Traits Résistants est un très beau travail d’érudition qui saura passionner les plus férus d’histoire de la bande dessinée. Pour les autres, la lecture pourrait être un peu plus complexe même si les nombreux chapitres abordent des thèmes pouvant être lus pour eux-mêmes. De plus, il est important de souligner la très grande qualité d’édition de l’ouvrage, ce qui facilite grandement sa lecture.

Je remercie les Agents littéraires et les éditions Libel pour cette découverte.

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Biblio… | Des bulles sur le web en direct de la BPI

A défaut de chroniques – c’est pas ma faute, j’ai un peu la tête dans le théâtre cette semaine et pis, je manque d’inspiration pour une chronique digne de ce nom pour un diptyque énorme ! – je vous donne rendez-vous le 17 juin à 19h à la BPI du centre Pompidou (à Paris pour ceux qui ne voient pas) pour une rencontre avec trois damoiselles des blogs BD : l’incontournable Pénéloppe Bagieu, la marraine du prochain Festiblog Lucille Gomez et notre coup de cœur à nous, qu’on adore depuis qu’on a lu son merveilleux album, Julie Maroh herself ! Des univers assez différents pour nous parler du phénomène blogs BD.

La rencontre sera animée par Yannick Lejeune, le créateur du festiblog.

Pour en savoir plus, je vous invite à découvrir la page consacré à l’événement à la BPI.

Bibliothèques | La bande dessinée numérique en perspective

ToundraPetite info pour les collègues bibliothécaires qui ont un peu de temps le jeudi après-midi et qui ne sont pas trop loin de Lyon. Une table ronde autour de la bande dessinée numérique est organisée par les élèves conservateurs de l’ENSSIB (et un élève conservateur de l’ENSSIB qui organise un truc, ben ce n’est pas rien).

Rendez-vous le jeudi 12 mai de 14h à 17h avec Arnaud Bauer du site communautaire Manolosanctis (devenu éditeur depuis l’été dernier), Julien Falgas de webcomics.fr et Catherine Ferreyrolles de la bibliothèque de la cité de la BD d’Angoulême. Oui, que des personnes qui ne connaissent rien à la BD numérique.

Une après-midi qui s’annonce passionnante pour les bédéthécaires. J’attends vos synthèses

>>>Pour en savoir plus sur le contenu, c’est par ici<<<