Focus sur Thomas Ott

Extrait de Cinema Panocticum (L'Association) Comme je vous l’avais dit lors de la première mini-chronique, cette rubrique me permet de parler plus légèrement de sujet, de livres ou de séries qui m’interpellent. Aujourd’hui, je me lance dans un petit focus sur un auteur : Thomas Ott, auteur suisse né en 1966. En France, ses premiers livres sont distribués par Edition moderne, un éditeur suisse de BD germanophones. Mais alors pourquoi sont-ils distribués en France ? Simplement parce que Tales of Error (1989), Greetings from Helville (1994) et Dead End (1996) sont des œuvres muettes. Ces trois livres sont republiés rapidement par Delcourt en 1997 sous le titre Exit. Dès 1995, Thomas Ott entre dans le giron de l’Association où il participe à la revue Lapin et publie deux titres dans la collection Patte de Mouche (1996). Mais c’est avec Cinema Panopticum (2005) et 73304-23-4153-6-96-8 (2008), toujours chez L’Association, que le petit monde de la bande dessinée française découvre véritablement cet auteur. Quand un lecteur ouvre un livre de Thomas Ott, il sait dès la première page que son voyage ne sera pas de tout repos. Marqué par un graphisme très sombre lié à son utilisation de la technique de la carte à gratter – qui permet de laisser le noir dominer l’image -  ses œuvres sont à la fois oppressantes et fascinantes. Les livres de Thomas Ott sont comme les films expressionnistes allemands des années 20, 30 ou 40 : ils dérangent mais donnent envie de connaître les dénouements. Quand j’ai découvert cet auteur en 2008 à la sortie de 73304-23-4153-6-96-8, j’ai immédiatement fait un rapprochement avec des réalisateurs comme Fritz Lang ou Friedrich Murnau. Par contraste, son trait réaliste donne un peu plus de vérité à ses sujets fantastiques ou surréalistes Jouant sur les visages et les expressions, il mène son lecteur vers les fonds insondables de l’esprit humain, terrifiant la plupart du temps, funestes pour ses personnages. Bref, Thomas Ott ne montre pas forcément notre meilleur côté. Mais que ce soit en format court (Exit) ou long (73304-23-4153-6-96-8), il sait construire une histoire et fouiller la psychologie de ses personnages. Évidemment, je ne conseillerai pas cet auteur à n'importe qui. Pour moi, il exige une certaine habitude du média BD. Il s'agit ici de décrypter les images, de lire au delà des centaines qui composent une simple case. Bref, Thomas Ott n’est pas un auteur grand public. Mais son utilisation d’une technique de dessin, assez proche de la gravure, lui permet de produire des œuvres originales. Une découverte essentielle pour les amateurs du 9e art. A noter que 73304-23-4153-6-96-8 fera bientôt l'objet d'une synthèse KBD. Vous pouvez déjà retrouver les avis de Mo', Champi et très bientôt notre ami Zorg (qui est plus en retard que moi).        

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