Chronique | La traversée du Louvre (Prudhomme)

En flânant parmi les œuvres des grands maîtres ou les trésors artistiques des temps anciens, un visiteur peut facilement se perdre dans les allées du plus grand musée du monde. Dans ce lieu dédié au regard, c’est un maudit coup de téléphone qui sépare Jeanne de David…

Voyageur du regard

J’ai quitté David Prudhomme au matin d’un été grec, dans la torpeur méditerranéenne de Rebetiko. Entre les méandres de fumée et les vapeurs d’alcool, il racontait une musique profonde, tragique et indomptable, celle des bas-fonds de la société grecque, musique populaire synthèse d’une histoire complexe, musique nostalgique et belle comme une histoire triste, musique libre comme les hommes qui la joue. Aujourd’hui, avec La Traversée du Louvre, je retrouve cet auteur dans un tout autre univers, prisonnier volontaire de ce musée monde aux murs tapissés d’œuvres d’art. Au milieu des Rembrandt, Géricault ou autre De Vinci, David Prudhomme s’offre – et nous offre – une déambulation inédite à la recherche de son âme sœur perdue. Il serait plausible de penser à un simple prétexte pour rendre hommage aux plus belles œuvres or, si cet album nous ouvre des portes, ce sont celles du regard du dessinateur, observateur du quotidien, traquant les détails et la beauté dans la normalité. Car, dans ce silence, au milieu de la foule, il guette les attitudes de l’humain face aux œuvres parfois millénaires en se posant une question simple, fil conducteur de l’album : quels rapports entretenons-nous avec elles ? Mais loin de philosopher, David Prudhomme se contente de répondre avec ses moyens, ceux de la bande dessinée. Des moyens énormes quand on connaît les possibilités du dessinateur et de la bande dessinée en général… Regarder à travers les yeux de la Joconde, c’est possible ! Devenir un élément du radeau de la méduse, c’est possible ! Dans ce lieu de silence, l’auteur oublie peu à peu le discours, oublie son téléphone dans sa poche et laisse son trait s’étendre dans des cases s’ouvrant au fur et à mesure de la progression du récit. Le texte apparaît superflu tant son dessin est… simplement grandiose !

L'espace en discours

Peu d’auteurs de bande dessinée sont capables d’atteindre un tel niveau de maîtrise. Alliant simplicité et qualité dans la composition de ses images, David Prudhomme s’autorise de grands espaces. Le vide devient essentiel dans ses planches et permet au lecteur une respiration agréable. Comme face à un tableau, ce dernier peut se laisser aller à son gré à la contemplation ou à l’interprétation. Certains y verront de beaux dessins, d’autres des clins d’œil amusant, les plus fouineurs y trouveront eux-mêmes des explications que je ne saurais donner. Cette utilisation graphique de l’espace n’est pas sans rappeler un certain Jean-Jacques Sempé. Et dans La traversée du Louvre comme dans les recueils du célèbre illustrateur, chaque planche est une surprise, une nouvelle étape, un hommage supplémentaire, une composition à la fois drôle, légère et profonde mêlant nostalgie, amour et humour. Il y a dans le trait de David Prudhomme une part de génie. La bande dessinée est-elle un art ? Peu importe car voici un grand artiste. Pour moi, comme dans Rebetiko d’ailleurs, si cet album est un hommage à l’art, il se penche surtout sur ceux qui le font exister par leur travail ou leur regard. Tout au long de cet album une symbiose entre l’œuvre et le public devient évidente, l’art n’existant que par le regard du visiteur. Et pour l’observateur avisé, que nous sommes dans cet album, ce public « normal » devient une œuvre d’art à son tour, le temps d’une pose inconsciente ou d’une attitude évocatrice. Un beau message rendant accessible l’art à tous et pour tous. Cantonner La Traversée du Louvre à un simple album-hommage au Louvre serait une erreur. Dans sa construction narrative et sa forme, cet album n’a pas à rougir face aux chefs d’œuvre intemporels qu’il décrit. Suis-je trop enthousiaste ? Sans doute. Mais je n’ai aucune autre excuse à faire valoir. Encore une fois, David Prudhomme me bouleverse par son génie graphique. Il nous offre son regard aiguisé pour nous montrer les beautés et les laideurs de ce monde. Après, Nicolas de Crécy, Marc-Antoine Matthieu ou Bernar Yslaire, David Prudhomme est le 7e auteur de bande dessinée à signer dans la collection dédiée à ce musée. Encore une réussite pour un album à lire absolument. Pour moi, simplement la bande dessinée de ce premier semestre 2012 ! A voir : l'exposition des planches originales à l'Accueil des groupes du musée du Louvre. A lire : la chronique (toujours sublime) de du9.org
La traversée du Louvre (one-shot) Scénario et dessins : David Prudhomme Éditions : Futuropolis, 2012 (17€) Public : Tout public Pour les bibliothécaires : Indispensable !

Info Blog et KBD : silence radio + Lady Snowblood (Koike et Kamimura)

Bon, bon, bon... c'est très clame par ici en ce moment. Désolé, je n'ai d'autres excuses que le manque de temps - lié à des activités très prenantes comme la kermesse de l'école ou des représentations de théâtre - et peu d'énergie pour rédiger des chroniques correctes. Celle de cette semaine, sur un album magnifique d'ailleurs,  m'a juste pris 3 soirs de rédaction. Elle est déjà programmée pour la semaine prochaine ! Mais bon, je ne tiens pas vraiment le rythme habituel. Cette note parfaitement inutile pour vous rappeler que je ne vous oublie pas... Et sinon, nous sommes dimanche et KBD vous propose (ou vous proposera parce qu'à cette heure nous avons un problème technique), la synthèse de Lady Snowblood, le manga qui aurait inspiré Quentin Tarantino pour Kill Bill, de Kazuo Kamimura et Kazuo Koike. Un classique de la vengeance ! Une synthèse proposée par Choco. A mercredi pour notre prochaine chronique ! A noter : l'ACBD (Association des critiques de Bandes Dessinées) a communiqué cette semaine sa liste des indispensables de l'été. Comme d'habitude de très beaux albums. Vous pouvez voir la liste ici !  

Dimanche KBD : Atar Gull (Nury & Brüno)

Peut-on rêver mieux qu"un dimanche d'élection pour crier vengeance ? Et bien venez avec nous dans cette avant-dernière étape de notre thématique. Cette semaine, Lunch vous présente Atar Gull de Brüno et Fabien Nury. Un album sélectionné à Angoulême cette année mais qui a eu son lot de débat parmi les membres de KBD. Pour la synthèse c'est ici et pour relire la chronique d'IDDBD c'est là. Bon dimanche !

Mini-chronique | Les sentinelles de l’imaginaire T3 (Jouvert & Kristo)

Retour à Townsville avec Nathanaël, agent du CEC, dont la mission est de rétablir l'ordre dans cette ville du futur. Mais le peut-il vraiment ? L'arrivé d'un nouveau personnage et la lutte des deux entités autrefois amies ouvrent de nouvelles perspectives... En février dernier, j'ai chroniqué les deux premiers épisodes d'un comic book français créé par Kristophe Bauer et Jan Jouvert. Vous qui suivez IDDBD depuis un certain temps connaissez mon amour incommensurable pour les super-héros. Bref, ce n'était pas gagné d'avance. Et pourtant, avec une certaine surprise, je me suis accroché à cette histoire. Faisant appel à de multiples références du genre, prenant parfois des airs "Alan Mooriens" de Watchmen, cet univers futuriste emporte. Dans ce nouvel épisode, après un flashback posant les bases de l'histoire, nous revenons dans le "présent". Les auteurs en profitent pour injecter un nouveau personnage : Rose Darling, une femme flic coriace qui présente la caractéristique d'être là au mauvais moment. De quoi faire basculer sa vie et donner un élan à ce troisième opus. Elle apporte surtout son regard et une autre dimension à l'univers. On découvre un peu plus les différences entre la Townsville moderne et la Townsville Vintage, lieu de pauvreté et forcément de délinquance... voire de révolte. Sans relire les deux premiers volumes, j'ai retrouvé rapidement mes repères. Signe que sous un apparent chaos, ce scénario est parfaitement en place. Le puzzle s'imbrique peu à peu, les événements s'enchainant avec du rythme. Un petit bémol cependant. Parfois, je trouve que quelques cartouches de textes sont superflus. Le dessin gagnant en précision et s'affinant de plus en plus au fil de l'histoire, la voix off pourrait disparaître dans certaines situations sans pour autant gêner la lecture. Mais là, je chipote car globalement, sur les plans graphiques et narratifs, on sent que les auteurs trouvent leurs marques et s'amusent avec leur publication. Bref, cette mini-chronique pour vous dire que ça continue dans ce même élan positif. On a envie de connaître la suite car comme leurs collègues américains, Jan Jouvert et Kristophe Bauer ont l'art de laisser les situations en suspens... Grrrrrr ! Merci à eux pour l'envoi de ce 3e volume (et la citation en 4e de couv', c'est le début de la célébrité !). Bonne continuation et rendez vous sur le site des Sentinelles de l'imaginaire.

C’est triste T.1 (Fleury)

Cette nuit, j’ai rêvé que j’étais un vrai héros et que je maitrisais les malfaiteurs avec une facilité déconcertante. Je me suis réveillé, je suis Frédéric Fleury et j’ai rendez-vous à 11h à l’ANPE… (Frédéric Fleury, C'est Triste T.1) Sur un simple fond gris vert, un petit homme se tient seul, droit au milieu de la couverture. On aperçoit sous les pieds de ce bonhomme abandonnée un nom et un titre : c’est triste. Rien de plus, hormis l’envie inconsidérée de se lancer dans une analyse faussement philosophique, et forcément farfelue, de cette couverture. Rien sinon la sensation qu’en ouvrant cet album, on pourrait par le plus grand des hasards se retrouver en face d’un album original… ou d’un truc sans intérêt. A l’image de sa couverture, C’est Triste est un album d’une extrême simplicité. Une composition réduite au minimum avec des micro-histoires tenant dans un format de 2, 3 voire 4 cases maximum. Enfin des cases… des phases plutôt. Ne cherchez pas de cases au sens classique du terme, il n’y en a pas. Ainsi, Frédéric Fleury s’inscrit dans la grande tradition – à laquelle je suis sensible - du comic strip. Mais peut-on vraiment parler d’histoires ? Non, plutôt une succession de pensées d’un homme moderne face à sa réalité. Frédéric Fleury n’est pas un poète mais plutôt un doux rêveur possédant une capacité d’autodérision et surtout une vision enfantine des événements qui s’avèrent être un puissant remède contre le désenchantement et une grande force pour écrire ses histoires. Car, malgré (ou grâce à) son titre, cet album est une succession de bons mots à l’humour décalé, non pas ravageur mais prêtant à sourire et à réfléchir. Il a l’effet d’une bonne citation. Dans un premier temps, elle vous fait rire, puis vous invite à vous pencher sur vos propres petites contradictions. A travers le dessin simplissime de ces strips faisant écho au côté enfantin du propos, Frédéric Fleury mène son petit univers personnel dessiné entre souvenirs, situations et anecdotes sans pour autant le rendre nombriliste. Au contraire, son humour, parfois noir parfois léger, laisse toute part à la liberté de son lecteur. Il n’emprisonne pas. A la fin du premier volume, le second s’offre à vous avec un certain bonheur. En attendant le 3e. En conclusion, vous avez envie de lire un album léger sans avoir l’impression d’être pris pour un imbécile ? Lisez C’est Triste. C’est intelligemment simple et simplement intelligent… et drôle ! Pour finir, je ne résiste pas à cette phrase : En arrivant au lycée j’étais rappeur. MC Solaar a sorti son premier disque. Je me suis mis au rock indépendant… Oups, je viens de perdre deux lecteurs fans de MC Solaar... A voir : la fiche auteur sur le site de L'employé du moi A lire : la chronique de Benzine Magazine

Dimanche…Non Mardi, euh… mercredi KBD : Billy Wild (Ceka & Griffon)

Oui je sais, en ce moment, IDDBD c'est un peu n'importe quoi. Les chroniques tombent le dimanche, le jeudi, le lundi à 3h du mat'... Bref, le capharnaüm de la critique BD. Disons que c'est un peu à l'image de mon emploi du temps. Je m'en excuse. Et depuis dimanche, KBD s'y met aussi. C'est à se tirer une balle ! Voilà que le dimanche tombe un mardi et qu'aujourd'hui, mercredi, je vous annonce l'article. N'importe quoi ! Bon si vous souhaitez trouver un bon moyen de nous faire payer ce chamboulement dans vos habitudes, vous trouverez tout ce qu'il faut ce mois-ci dans nos synthèses. Tout un mois consacré à La Vengeance. Il fallait au moins ça ! Nous débutons avec Billy Wild de Céka et Griffon chez Akiléos. Un étrange diptyque aux allures de western gothique, une oeuvre splendide qui lance parfaitement le sujet. Allez, ce n'est plus le moment de flancher, découvrez notre synthèse... et relisez la chronique d'IDDBD rédigée par Mike !

Chronique | Le commun des mortels (Kokor)

Petite information : Pour une fois, pas de synthèse KBD ce week-end. Ça me permet de vous proposer une chronique écrite depuis un temps certain mais dont la mise en page a été plus que compliqué. Rassurez-vous, KBD reviendra lundi ou mardi. Alors ce dimanche, c'est un rendez-vous avec Kokor !

La digue du nord est un restaurant abandonné au milieu d’une étendue herbeuse. Rien à l’horizon sinon du vent et une camionnette orange. A l’intérieur, Factotum Ladislas Quint (Qu’un ? Oui, mais le bon) entrepreneur en bâtiment chargé de la rénovation de l’hôtel. A son arrivée, il trouve Gus McKolette, un barman. Tous les deux ont été engagés par téléphone par un mystérieux propriétaire. Ils ont 1 mois pile avant l’inauguration. Ce jour-là, ils découvriront l’identité de leur énigmatique patron. L’ouverture d’un livre de Kokor est comme une loterie. Parfois, le lecteur se retrouve un peu seul au milieu des pages, abandonné dans un univers impénétrable où rien ne résonne vraiment pour lui. Mais, quand la porte s’ouvre, quand par bonheur l’univers peint par Kokor se dévoile sous vos yeux et que vous y pénétrer sans peine, alors vous trouvez de véritables petits bonheurs de lecture. Ce n’est pas que son travail soit inconstant. Il est surtout d’une originalité propre qui le fait prendre naturellement vers des sentiers parallèles. Un peu en dehors de toutes modes ou tous courants de la BD, Kokor a son propre univers. Il suffit de regarder son graphisme pour le comprendre. A qui fait-il penser ? Personne ou si peu. Aujourd’hui si tant de jeunes auteurs sont parfois influencés par leurs aînées – combien, et même des très bons, sont clairement influencés par le traits de SfarKokor n’a pas de filiations évidentes. Mais plus que son graphisme, il possède une façon bien particulière de raconter ses histoires, de faire dialoguer ses personnages. A l’image du Commun des mortels, il est capable de se faire côtoyer réalisme et onirisme dans un équilibre subtil. Dans cet hôtel oublié qui n’est pas sans rappeler un peu celui de Bagdad Café se joue un drôle de jeu s’éclairant à la toute fin de l’album… Et encore, la fantaisie déroutante de Kokor n’est jamais très loin. Les dernières images sont un hymne à la liberté avec dans un coin, toujours une mouette au loin dans un ciel bleu d’azur. Là encore, une marque de fabrique. L’esprit s’envole, le voyage commence. Mais comme je vous le disais plus haut, il est parfois difficile d'entrer dans ce monde très personnel. Et pour cet album, ce fut plus  difficile que prévu. En fait, je l’ai commencé plusieurs fois sans dépasser les 5 ou 6 premières planches. Pour tout vous dire, je l’ai en ma possession depuis 2007… Oui parfois, il faut patienter pour profiter d’un livre. Quand on vous dit qu’il y a des moments pour profiter d’un livre ! Mais voilà, un soir, j'ai passé l'obstacle. A ma décharge, l’atmosphère du Commun des Mortels est particulièrement oppressante. Pourtant, il n'y a pas d'agressivité, pas de morts, pas même une quelconque terreur. Nous sommes loin de l'ambiance d'un Ben Templesmith. Mais, malgré une introduction purement graphique qui laisse au lecteur de temps d’entrer dans ce monde, les premiers dialogues sonnent comme si un danger imminent allait advenir. Il ne nous reste plus qu’à attendre… Mais quoi ? Toutes ces questions en suspens sont le moteur de ce récit. Des réponses ? Elles sont à chercher dans les détails, dans le jeu subtil entre dialogues, dessins, couleurs et surtout dans la relation réussie entre les deux personnages… et même l’hôtel, ce troisième protagoniste qui semble posséder une vie propre. Mais Gus McKolette et Factotum Ladislas Quint ont tout pour réussir un bon couple de fiction : le petit gros et le grand maigre, l’excité et le flegmatique, le dur et le mou… On a déjà vu ça chez des comiques et des hommes politiques ! Mais, il convient de ne jamais se fier aux apparences avec cet auteur. Mais là, il est inutile d’en dire plus sinon que comme l’indique le titre, l’humain est au milieu de toute cette histoire, au milieu de toutes les œuvres de Kokor d’ailleurs. Pour en revenir à la couleur – désolé je suis désordonné aujourd’hui - ces dernières sont particulièrement réussies. Elles apportent un réel plus au dessin de Kokor et sont bien plus qu’un élément graphique dans cette histoire. Je n’ai pas dis que je me taisais plus haut ? Bref, il utilise toute la palette offerte par la bande dessinée pour nous raconter son histoire. Vous vous dites qu’encore une fois, je suis dithyrambique sur cet auteur. Et pourtant, j’en sors moins enthousiasme que d'habitude. Je n’ai pas beaucoup d’explications à vous donner. Cela rejoint un peu ce que j’écrivais en début de chronique. Kokor joue un jeu subtil auquel il faut accrocher. Sur Le Commun des mortels, j’ai trouvé que l’on tombait parfois dans une certaine monotonie, voulue par l’auteur certes, mais qui peut parfois paraître un peu longuette. Cependant, le travail est très fluide et une fois passé les premiers moments, le lecteur peut aisément se laisser porter jusqu’au bout. Avec 62 planches, le livre est également plus court que d’autres productions. Sur 120 ou 140 planches avec aussi peu de ruptures pour relancer la machine, je crois que j’aurais lâché rapidement. Là, ça reste acceptable. Après l’histoire n’a pas non plus la part de folie douce d’une œuvre comme Balade, Balade (qui reste pour moi sa plus grande réussite) ou le côté onirque des Voyages de Gulliver. Je suis moins emmené par ce genre de récit. Toutes mes remarques sont bien personnelles mais il faut vraiment prendre en compte le côté résonnance intime dans la lecture d’un livre de Kokor. Aimer ou pas, c’est toujours notre propos. Mais dans ce cas ce critère est essentiel, bien plus que pour un auteur prêt à prendre moins de risques. Le Commun des mortels se situe dans la grande tradition des œuvres de Kokor. Toujours en équilibre entre rêve et réalité, on peut tout à fait être désarçonné par ce Bagdad Café de la bande dessinée. Maîtrisé comme souvent avec le travail de cet auteur, ce livre manque parfois un peu de rythme mais si les premières pages sont un peu difficile, la suite s’avère plutôt fluide. Que vous aimiez ou pas, Kokor ne risque pas de vous laisser indifférent. Au milieu de ce café, c’est bien l’humanité la plus importante. A lire : la chronique de Mo'
Le Commun des mortels (one-shot) Scénario et dessins : Kokor Éditions : Vents d'Ouest, 2004 (13€) Collection : Equinoxe Public : Adulte Pour les bibliothécaires : peut-être pas le plus essentiel des livres de Kokor.