Dimanche KBD : Live War Heroes

Le mois d’avril bataille, guerre et tripes se termine sur KBD. Un mois consacré à la guerre donc qui a vu passé des albums plus intéressants les uns que les autres (Il était une fois en France, Reportages, L'histoire des 3 Adolf, L'art de voler) qui ont donné différents points de vue sur la thématique. C’est Mr Zombi qui conclut donc ce cycle avec Live War Heroes du duo Fabrice David et Eric Bourgier, déjà auteur du très bon Servitude. La guerre en mode téléréalité, vous en rêviez, ils l’ont fait. Un album qui a été lu par 4 de nos chroniqueurs. Je vous invite donc à découvrir cette synthèse. La semaine prochaine, nous entamons un nouveau cycle consacré à la Ville, un mois que nous avons pompeusement intitulé Urbanité. Je peux balancer parce que c’est moi qui ai proposé ce thème. A la semaine prochaine !

Chronique | Les Nouvelles Aventures du Chat botté (Pena)

Vous connaissez tous l’histoire du chat botté ? Non, pas le mexicain faisant les yeux doux à son copain l’ogre… Le chat Botté avec un B comme BD : le marquis de Carabas, l’ogre, le chat astucieux etc, etc… ça vous parle ? Mais saviez-vous que cette histoire avait une suite ? "Qui peut avoir des idées aussi absurdes ? L’auteure… La peste soit de ces bonnes femmes et de leur imagination débordante." La bonne femme à l’imagination débordante a pour nom Nancy Peña. Vous voyez l’intérêt quasi-fanatique que je porte à Fred Peeters (j’essaie de me soigner mais c’est dur) ? Et bien, chez Mo’ c’est pareil mais en pire concernant cette auteure. A force, cette acharnée a réussi à me convaincre. C’est donc sans jamais avoir ouvert un de ses livres que je découvrais  l’œuvre de cette auteure... par la petite porte. Non pas que cette courte série soit inintéressante mais la collection, pardon, l’excellente collection Lepidoptère de 6 pieds sous terre n’est pas tout à fait un grand format. 30 pages format poche, ça a le mérite d’être rapide à lire. Encore plus quand vous vous passionnez pour le récit. Ce qui fut évidemment le cas, sinon je ne vois pas l’intérêt d’en parler ici. Alors que l’ultime volume de De Capes et de crocs sort ce mois-ci, Nancy Peña nous emmène dans un univers assez proche de celui des Don Lopes et d’Armand de Maupertuis fait de bons mots, de multiples clins d’œil à la littérature française et de rodomontades en tout genre. Cependant, sous ses airs enjôleurs, le chat ne cherche bien qu’à sauver sa peau. Pas vraiment de noblesse dans la démarche. En même temps, quand, par une méprise, une montagne cri vengeance parce qu'elle pense qie l’ogre transformé en souris par la malice du chat était son fils – ben oui les montagnes accouchent de souris c’est bien connu (ne cherchez pas, lisez la BD c’est mieux) – que faire d’autre sinon chercher une solution ? Bref, le chat du marquis de Carabas part sur les routes accompagnés de Victoire, l’illustre souris célébrée par La Fontaine dans sa fable pour avoir vaincu un lion (non mais ne cherchez pas vous dis-je !). Ce petit résumé sans queue (de lion ou de souris voire de chat) ni tête (idem), nous montre aisément que cette BD est un joyeux n’importe quoi maniant aussi bien l’absurde, l’humour et la logique propre à un monde merveilleux. Pour faire simple, suivre les nouvelles aventures du chat botté c’est partir dans une aventure où les protagonistes ont (presque) tous à voir avec les histoires ou les fables de votre enfance avec en plus ce petit brin de créativité  permettant de faire passer le cynisme, les coups bas, les escroqueries grossières mais aussi le franc parler merveilleux de ces personnages. De Capes et de crocs certes, mais avec la dose d’impertinence inhérente à la collection de 6 pieds sous terre. Pour moi, l’un des tous meilleurs éditeurs d’humour (fin j’entends) dans le paysage de la BD actuelle. A sa manière, Nancy Peña s’inscrit dans une tradition de la BD à la fois pour adulte et enfants. Il n’y a certes pas le côté joyeusement trash du Gotlib de  Rubrique à Brac (cf Le vilain petit canard… et la suite) mais il y a cette même ton enjoué et humoristique. Dans cette approche de réappropriation, la BD est un univers idéal par son côté graphique. En effet, elle est capable d'appréhender et d'offrir avec originalité une nouvelle lecture d'histoires connues de tous. De ce point de vue, Nancy Peña se fait particulièrement plaisir en jouant, malgré leurs tailles minimes, sur des doubles pages. Comme elle le fait avec le conte de fée, elle explose les codes narratifs de la BD avec talent pour nous sortir de la lecture linéaire d’une planche. Droite à gauche, en rond de bas en haut, la lecture reste pourtant naturelle tandis que les structures des pages sont à chaque fois différentes. Un travail magnifique de réappropriation de contes mais aussi de création graphiques. Je passe sur les situations ou les personnages hauts en couleur qui sont eux même des caricatures de caricatures (cf Le magicien d’Oz). Avec Les Nouvelles Aventures du Chat botté, Nancy Peña nous offre une lecture comme on les aime. A la fois intelligente, pétillante, sympathique, un retour dans une certaine tradition de la bande dessinée tout en la renouvelant avec talent. C’est drôle de bout en bout, c’est rythmé. Bref, un coup de cœur caché sous le spectre de la simplicité. Et moi, j’adore les surprises ! A voir : le blog de Nancy Peña A voir : la fiche album sur le site de 6 pieds sous terre Les Nouvelles Aventures du Chat Botté (3 volumes, série terminée) Scénario et dessins : Nancy Peña Editions : 6 pieds sous terre Collection : Lépidoptère Public : Petits zé grands Pour les bibliothécaires : une approche intéressante du travail de Nancy Peña, pas une de ses séries majeures cependant, mais très bien quand même ^^

Les Incomparables #1 | Paul VS Atar Gull

Voici quelques temps déjà que cette idée me trotte dans la tête. Oh, rien de bien révolutionnaire : parler d’une BD non pas à partir de son histoire mais d’un de ses personnages. Chose étrange, la semaine dernière j’ai été incapable de rédiger un billet digne de ce nom sur l’excellentissime série des Paul du québécois Michel Rabagliati. Cette semaine, suite à des discussions intéressantes sur le blog de Mo’, je voulais parler d’Atar Gull, album qui ne m’a pas du tout enthousiasmé. Pareil ! Impossible de rédiger quelques choses de cohérents. Après avoir écrit deux pages sans queue ni tête, j’ai laissé tomber, un peu intrigué par ces deux échecs similaires sur des albums pourtant très différents. Justement, ils sont différents, aucun points communs… Et si c’était  ça la clef ? Et si, pour rire, nous convoquions ces deux personnages de fiction pour une confrontation ? Qu’est-ce que ça donnerai comme chronique au final ? Alors juste pour s'amuser, je vous présente le premier (et peut-être l’unique) duel de cette nouvelle catégorie d’IDDBD : les incomparables ! A ma gauche : Paul. Québécois de Montréal né dans les années 60. Alter-ego de papier de son créateur, le très sympathique Michel Rabbagliatti. Paul, c’est 6 albums qui racontent une vie : la sienne. Paul est un genre de M. Jean  sans le côté parisien énervant. Son travail : graphiste, maquettiste, illustrateur. Il vit avec Lucie, sa très intelligente compagne et sa fille, Rose. Paul a de la famille, des amis, des emmerdes aussi. Bien entendu ce héros a de nombreux défauts mais aussi de grandes qualités dont les principales sont l’ouverture d’esprit et la dose d’autodérision qui manque à la plupart d’entre nous. Qualités qui lui permettent de prendre la vie comme elle vient, avec ses bons et ses mauvais côtés, sans s’illusionner sur ce qu’il est… ou n’est pas. Il a quelques regrets mais finalement, Paul est un humaniste qui s’ignore. J’exagère, c’est une personne simple qui sait faire attention aux autres. A ma droite : Atar Gull. Prince d’une tribu africaine devenu esclave, donné comme cadeau à la fille d’un planteur. A la mort de son père, il n’a qu’un but… La vengeance ! Atar est né de la plume d’Eugène Sue au 19e siècle mais c’est Fabien Nury, nouveau scénariste hype de la BD franco-belge, qui l’a fait revivre sous le dessin de Bruno (Biotope, Michel Swing). Sous ses airs de statues, il est presque impossible de comprendre ce que ressent ce personnage singulier. Est-il simplement mué par la haine ou ressent-il véritablement les choses ? Qui est ce personnage, un fou dangereux, un tueur psychopathe incapable d’empathie ? Personnage dérangeant, impénétrable comme cette armure graphique qui l’entoure constamment. Seul son némesis, un dénommé Brulart, pirate et assassin de son état, semble percer à jour cet étrange personnage. A la fois terrifiant et froid, un robot avant l’heure. A ma description, ces deux personnages sont différents autant sur le fond que la forme. Pourtant, en y réfléchissant un peu… Bon côté graphisme, pas de doute. Celui de Paul est influencé par la BD ligne claire des années 70-80, avec des traits caricaturaux pour les personnages mais plus de détails dans les décors. Globalement ça reste quand même très simple. Atar Gull en revanche dispose d’influences artistiques variées et fortement marquées par l’art africain. Ce personnage de golem sombre au trait si particulier rappelle les œuvres d’art premier. Cependant, le choix des couleurs l'entourant me semble si saugrenue qu'à la lecture je pensais sans cesse : « mais pourquoi diable a-t-il colorisé cet album ? ». Au-delà de l’aspect graphique, ces personnages semblent toutefois partager quelque chose d’indéfinissable. Déjà, étant tous les deux les héros éponymes de leurs aventures, leurs histoires respectives reposent sur la réussite ou non de leur personnalité, de leur présence et leur charisme de "héros" de bande dessinée. Bien entendu, il est plus facile pour moi de se retrouver dans le personnage du québécois. Après tout, j’ai plus de chance d’être Paul qu’un prince esclave. Cependant, comme pour les univers imaginaires qui ne sont que des terreaux pour raconter des histoires, ça n'empêche pas l'ennui. Ce qui est intéressant dans le personnage de Michel Rabagliati, c’est sa faculté à se livrer sans ambages, sans se cacher ni prendre des chemins de traverse. Il montre, donne et reçoit avec la même intensité, n’élude aucun thème (même la mort comme dans Paul à Québec). L’auteur québécois se situe à la fois dans la ligne d’un Harvey Pekar par rapport au côté autobiographique de son œuvre mais aussi en rupture par son approche très positive. L’un est américain l’autre québécois, je ne sais pas si ça joue. En tout cas, Paul donne vraiment envie de traverser l’Atlantique à la nage, la rame et autres moyens plus ou moins rapides histoire de balancer quelque « hostie de calices » et autres « Tabernac ». Bref, lisez Paul et soyez heureux. A l’inverse, alors qu’on cherche à me faire ressentir avec force la violence, le dégoût ou la compassion, on me livre un personnage déshumanisé comme Atar Gull. Comment puis-je adhérer au propos ? C’est pour moi un véritable frein qui me fait préférer – et de très loin – le personnage du pirate bien plus poétique et romantique que le héros principal. Hormis le fait que l’histoire soit plutôt bâclée sur la fin, il me semble quand même important dans un récit de ce genre qu’il puisse y avoir une accroche avec le héros. Rappelez-vous le Comte de Monte-Christo, l’un des plus grands récits de vengeance jamais écrit ! Atar Gull subit, puis agit comme un golem. Jamais il ne semble ressentir quoique ce soit. Il m’est donc impossible d’entrer confortablement dans cette histoire et d’être dérangé par quoique ce soit. Voici donc le résultat de cette comparaison d’incomparable. Pourquoi j’aime Paul ? Parce qu’il est humain. Pourquoi je n’aime pas Atar Gull ? Parce qu’il ne l’est pas du tout. Pourtant ces deux personnages, par leur style de récit, sont des porteurs de vie, de sens, de ressenti. Si l’un m’entraîne, l’autre me laisse à quai. Merci à vous d’avoir subi ce test dont l’intérêt est sans aucun doute discutable. Tiens et bien discutons-en justement !
Paul (7 volumes) scénario et dessins : Michel Rabagliati Éditions : La Pastèque Public : Pour tous Pour les bibliothécaires : indispensables, surtout Paul en appartement, Paul à la pêche & Paul à Québec. Atar Gull (one-shot) scénario : Fabien Nury d'après le roman d'Eugène Sue dessins : Bruno Editions : Dargaud Public : Adulte Pour les bibliothécaires : Gros buzz cette année (sélectionné à Angoulême, comme Paul d'ailleurs) mais je demande à voir sur la durée. Pas certains que cet album vieillisse très bien.

Dimanche KBD : L’histoire des 3 Adolf & Reportages

Le week-end de Pâques m'ayant perturbé dans mes publications cette semaine, j'essaye de rattraper la barre. Donc pour KBD, ce n'est pas une mais deux synthèses que je vous invite à découvrir. Toujours sur le thème de La Guerre en BD. La semaine dernière, Lunch traitait de L'histoire des 3 Adolf, le chef d'oeuvre d'Osamu Tezuka. Cette semaine Mo' vous propose une synthèse monumentale de Reportages, recueil d'histoires dessinées par Joe Sacco. Bref, cette semaine parbleu, vous avez de quoi lire !

Bimbos versus Chatons Tueurs (Mathieu)

Sans imaginer que Chouchou, son chaton, vient de commettre un meurtre, Anaïs se rend avec ses amies dans une spectaculaire foire aux chats. Quand les chats attaquent, les quatre bimbos sont prises au piège et doivent affronter la terrible Kitty C.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas Manolosanctis, il s’agit d’un site d’édition en ligne communautaire. Les jeunes auteurs proposent leurs créations, les internautes lisent et donnent leur avis. Manolosanctis a tenté quelques temps l’aventure de l’édition papier avant de revenir à une version web moins dangereuse financièrement. Ce fut bref mais efficace. Bimbos VS Chatons Tueurs est donc l’une de leur production. Cette histoire écrite et dessinée par Thomas Mathieu se situe dans la droite ligne de la série B à l’américaine. Rassurez-vous, cette filiation est volontaire et assumée. Il s’agit même d’un moteur, voire du principal intérêt, de cet album. La situation est simple : quatre bimbos (pour rester poli) enfermées avec des chats qui ne pensent qu’à les bouffer. A la fois original et déjà vu. On pense à l'épisode des fourmis rouges de McGiver, aux films types Piranha et autres dents de la mer. Bref, entre les bimbos et les chats, c’est une guerre à mort ! On se dit alors que les victimes sont toutes trouvées. Que nenni ! Pas aussi simple que ça. On se retrouve dans un épisode de Walking Dead avec l’humour en plus. Car, au milieu de ce petit jeu où même le sang semble factice, le but est bien le divertissement. A l’image de cette Kitty C., monstre issu du show-business, on joue sur le cliché et le grotesque. Et puis, entre nous, quand certains blogs BD font recette sur le chat "trop meugnons", quand on voit fleurir les fonds d’écran avec des chatons jouant avec des pelotes de laines, bref quand nous sommes envahis par ces immondes boules de poils exaspérantes de mièvreries, on prend un pied magnifique à les voir déchiqueter du boulet tout en se faisant étriper par une bimbo en string. C’est irrévérencieux au possible et c’est pour ça qu’on aime ! Graphiquement, l’auteur respecte son idée de départ en restant fidèle aux couleurs directes et au gros traits du comics de séries B. Cependant, il y a quelques belles planches, notamment celles où les personnages sont plongés dans le noir, qui sont tout à fait intéressantes. Bref, Bimbos VS Chatons tueurs est une œuvre à ne pas prendre au premier degré. Les militants SPA risquent de ne pas apprécier, les amateurs de série B et d’humour morbide et absurde devraient en revanche prendre pas mal de plaisir. Et puis, du sang, de la bimbo et du chaton… il y en a pour tous les goûts, non ? A lire : l'album sur Manolosanctis (inscription gratuite obligatoire) A découvrir : l'univers de Thomas Mathieu
Bimbos versus Chatons tueurs (one-shot) Scénario et dessins : Thomas Mathieu Éditions: Manolosanctis, 2011 (16,50€) Collection : Gomorrhe Public : adulte, amateurs de séries B Pour les bibliothécaires : sympa mais pas essentiel

The Walking Dead (série VS comic book)

En ce moment, je vois des zombis partout. Je regarde par la fenêtre et me dis : et là, si une horde de viande morte vagissante s’approche, je fais quoi ? Je rester au balcon de mon 1er étage en barricadant mes portes ? Ou je tente… je tente quoi d’ailleurs ? Je n’ai pas d’armes à la maison, à peine un marteau… Note pour plus tard : s’acheter un sabre pour décapiter la boulangère… enfin juste si elle se change en zombi hein ! Vivante, j’ai un très bon rapport avec elle. Mais qu’est-ce que je raconte ? Faut vraiment que j’arrête The Walking Dead. Entre nous, je viens de terminer simultanément le tome 15 du comics en VF (paru il y a quelques semaines maintenant) et la saison 2 de la série TV. Deux avatars d’un même univers imaginé par Robert Kirkman. Sur IDDBD, nous avions déjà parlé des premiers volumes dans une chronique. Si le comic est passionnant, quoique un peu convenus depuis quelques albums, la série TV est quant à elle beaucoup plus controversée. En effet, cette dernière ne suit que de très loin les grandes lignes directrices de l’œuvre originale. La saison 2 est assez étonnante pour des lecteurs assidus car si nous sommes bien dans les lieux de l’action du comics, rien ne se passe comme prévu. Robert Kirkman, pourtant co-scénariste de la série TV, n’est pas fidèle à son histoire ! Incroyable trahison ! Honte à lui ! Et pourquoi pas ? Dans les adaptations, il y a deux écoles, celles qui suivent à la lettre (cf Tony Parker et l’adaptation de Blade Runner) et ceux qui utilisent la matière première pour aborder l’histoire d’une nouvelle manière afin de surprendre le quidam. Personnellement, j’aurais apprécié retrouver les mêmes éléments, c’est rassurant (surtout dans cet univers). Pourtant, je me souviens encore des émotions reçues à la lecture des volumes papiers, des rebondissements et des angoisses. Revivre la même chose, oui mais est-ce la bonne solution ? Pourquoi se contenter d’une redite quand on peut redécouvrir l’univers d’une autre manière ? Comme dans un jeu de rôle où malgré des passages obligés, il est possible de jouer d’une manière différente. Pour moi, ce choix est plus enrichissant et plus fort. Dans ces deux mondes parallèles, les Rick, Dale, Lori, Carl, Andrea ou Shane vivent des événements différents en prenant des risques différents. Après, la qualité intrinsèque de la série TV est discutable évidemment. Personnellement, j’avais été enchanté par la saison 1. 6 épisodes à fond, entrainant toujours vers une peur plus grande malgré un dernier épisode un peu particulier. La saison 2 est plus inégale avec 3 premiers épisodes franchement terribles, puis des moments assez inégaux, comme ce dernier épisode qui me laisse un goût mitigé. Bref, une saison montée sur courant alternatif. Beaucoup de temps morts (si je peux dire ça) – comme dans le comics d’ailleurs – qui ne correspond pas forcément au format télévision. Mais une série qui marque les esprits par des scènes particulièrement réussies qui redonnent les frissons habituels (fin de l’épisode 7 notamment). Bref, une série à suivre pour tous les amateurs et pour les autres, je vous conseille la lecture d’un comics de zombis pas tout à fait comme les autres ! Cette mini-chronique boucle mon challenge Reading Comic Book Challenge de Mr Zom…. Aaaaahh, mais c’est pas vrai ! Quand je vous dis que je les vois partout ! J'ajoute un petit trailer de la saison 1, histoire de... Âmes sensibles, s'abstenir !!

Chronique | Dérives (Macola)

Tous les jours dans sa petite barque, Bouba part au large et pêche quelques poissons pour vivre. Rien d’extraordinaire, mais assez pour lui éviter le travail à la conserverie, enfermé comme les autres. Là-bas, ça sent le poisson mais pas la mer. Malheureusement, Bouba est confronté à l’arrivée des chalutiers-usines et à la fin d’un monde. Après Aller Simple – un album qui m’avait plu à sa sortie mais dont j’avais oublié l’existence à ma grande honte - Dérives est la deuxième BD de l’auteur italien Piero Macola. Dans son premier récit, il racontait l’histoire d’un soldat errant dans une Italie en déroute. La 2e guerre mondiale était perdue, le monde s’écroulait. Dérives nous parlent sensiblement de la même chose. En effet, pas besoin d’être un éminent anthropologue pour percevoir dans ce second album une réalité qu’on nous présente depuis longtemps : les bateaux usines, le pillage aveugle des ressources marines et leurs désastreuses conséquences sur l’équilibre océanique... et sur ceux qui en vivent. Dérives met l’accent sur l’aspect humain des choses et la fin d’une pêche plus éco-responsable. Bouba est comme le dernier représentant d’une tradition. Lui aussi ère dans un monde sans repères. Certes, il n’est pas soldat mais juste un ouvrier de la mer. Dérives : voici un titre bien choisi qui porte en lui bien des réalités. N’allez pas croire que Bouba est un personnage victime. Non. Il a cette énergie communicative et simple des utopistes persuadés de pouvoir rendre leurs rêves possibles. Malgré tout. Malgré les signes qui ne trompent pas, les discussions et les témoignages. Car Piero Macola travaille comme un documentariste. Sa «caméra graphique» filme Bouba en quasi-continue et fait entrer dans notre champ de vision une galerie hétéroclite de personnages au gré des pérégrinations de notre anti-héros. Des inconnus, des collègues, des gars de la conserverie, un ami ou un paumé allant de petits boulots en petits boulots. Même s’ils semblent être là par hasard, ces présences rendent le propos – sinon l’émotion – encore plus juste. Non seulement, cette galerie donne une lecture quasi-universelle à l’œuvre, j’entends par là qu’un agriculteur, un ouvrier d’usine, un employé peuvent s’identifier ; mais en plus, par force de contraste, elle rend la solitude du personnage principal encore plus présente. Pourtant Piero Macola ne cherche pas véritablement à dresser un portrait mais plutôt une ambiance. Car cet album brille par le ton si particulier de son traitement graphique. En effet, il joue énormément sur la lumière. Les couleurs sont dominés par un jaune-brun splendide qui rend à la fois une impression chaleur étouffante dominé par les sables marins. Son trait épais gagne en profondeur dans des plans larges, en particulier les plans d’horizons donc quelques lignes laissent deviner le profil de ses mastodontes qui lui gâchent la vue… et la vie. Bref, par l’utilisation de pastels (il me semble je ne suis pas un pro de la technique en dessin) il donne une texture particulière à ses dessins qui rappelle dans une certaine mesure le 5000km par seconde de Manuele Fior, autre artiste italien publié chez Atrabile (et prix du meilleur album en 2011). Cela créé une ambiance différente (méditerranéenne ?) traversant tout le récit, une sorte de troisième lieu entre la réalité et l’utopie. Le travail est là, la vie est rude mais finalement, tout se passerait comme dans une espèce de rêve étrange, comme dans un poème un peu triste :
« …jour après jour, nous demeurâmes là, sans brise, sans roulis, figés. Tel un navire peint sur une mer en peinture »
Je ne peux vous inviter qu’à découvrir Piero Macola et Dérives, une histoire humaniste dont le traitement simple – mais pas simpliste – rend son message universel. Pas un cri d’alarme, mais un témoignage de la déshumanisation du monde. Simple et ambitieux. Réussi. A découvrir : le blog de Piero Macola A lire : les premières planches de Dérives
Dérives (one-shot) Scénario et dessins : Piero Macola Editions : Atrabile, 2010 Collection : Flegme Public : Adulte Pour les bibliothécaires : un beau roman graphique intéressant par son sujet mais pas vraiment grand public. Plutôt pour bibliothèques avec un fonds "confortable"

Dimanche KBD : L’art de voler

Le printemps est là, c'est le temps de petits oiseaux, des petites abeilles, de fleurs et du reste. Bref, le moment idéal pour aborder sur KBD le thème du mois d'avril proposé par Mr Zombi : la guerre. Nous commençons donc avec le très réussi L'art de voler de Antonio Altarriba et Kim, une œuvre biographique d'un "héros" de la guerre civile espagnole. Un album qui a enthousiasmé bon nombre de mes petits camarades. Je vous laisse le découvrir ici ! Bon dimanche à tous !