Blog | IDDBD fête ses 6 ans !

Il y a 6 ans, jour pour jour, Mike ouvrait IDDBD. Le but était de chroniquer 1 album par jour. Quelques mois plus tard, un bibliothécaire le rejoignait pour former un duo "magique". Dans cette histoire, qui commence à être longue pour un blog, il y a eu des hauts et des bas, les choses ont un peu changé mais 1183 articles plus tard, l'esprit est resté le même : partager tout à fait subjectivement le meilleur de la BD.

Alors nous nous souhaitons un bon anniversaire ! ^^

Blog | En direct d’Angoulême : bilan

TGV Bordeaux-Paris, gare de Saint-Pierre des corps, 15h41

C’est la première fois que je passe autant de temps au festival d’Angoulême. L’atmosphère est différente sur plusieurs journées. On programme, on se presse moins pour tout voir, on profite de l’atmosphère particulière de la ville en ébullition. On prend le pouls le jeudi pour souffrir ensuite le samedi. Les bruissements des rumeurs des prix se fait plus forte ici qu’ailleurs, on croise du beau monde dans les rues, ceux qu’on voit en photos ou en vidéos le reste de l’année comme Julie Maroh, Lewis Trondheim et sa femme, Joe Sacco... Tout cela est un peu plus humain. Parfois, on constate avec effarement les petites incivilités et les exigences de certains fanatiques de la BD qui prennent les auteurs pour des machines à dédicacer mais bien souvent l’atmopshère est détendue et il est facile d’engager les conversations. N’oublions qu’une chose nous rapproche tous, la BD. Encore une fois, c’est l’occasion de rencontres formidables, surtout avec les auteurs qui, de Gilles Rochier à Natacha Sicaud en passant par Drew Weing ou Michel Rabbagliatti ont été formidables et sympathiques. Je repars évidemment avec de bons souvenirs, le départ en fanfare avec la dédicace de Trondheim, la rencontre FNAC avec Frederik Peeters, les discussions avec Gilles Rochier et Natacha Sicaud ou les croquis préparatoires de Maus dans la magnifique et impressionnante exposition Spiegelman… Avec quelques regrets également, mais ils sont déjà oubliés. Côté coup de gueule en revanche pour l’accueil du festival. Du personnel certes confrontés à des situations parfois compliqués mais dans l’ensemble très désagréable. Pas de sourires et si peu d’humour que ça en devient désolant. Heureusement, le sourire des exposants et des auteurs étaient là pour nous faire comprendre que nous n’étions pas que des acheteurs de livres. Parfois c’est agréable ! Pour finir, ce festival fut surtout l’occasion de rencontrer en chair et en os une partie des copains de KBD : Lunch, Badelel, Mo’ et Zorg. Merci car c’était génial de pouvoir disserter à volonté jusqu’au bout de la nuit. En vrai c’est encore mieux ! Merci aussi à leurs conjoints respectifs pour leur patience devant ces discussions interminables auxquels il ne comprenait pas toujours tout. Oui, nous sommes un peu geek c’est vrai. Je souhaite aussi m’excuser pour mon écriture inhabituelle. Ce résumé (presque) jour par jour était un petit challenge personnel qui m’a demandé de travailler sur le vif, à l’inverse de d’habitude. Vous avez donc découvert mes tics d’écriture. Comme les résumés ne sont pas forcément mon truc non plus, j’espère tout de même que ce point de vue subjectif du FIBD vous aura intéressé. Allez, on reprend une activité normale...mon avis sur le palmarès attendra, tout comme la nomination de JC Deni.

Blog | En direct d’Angoulême : 29 Janvier

Quelques minutes avant la fin

Dernier jour, avant de partir, nous devons rendre les clefs du gîte. Les valises s’annoncent bien plus lourde qu’à l’aller… Je vous laisse deviner pourquoi. Certains d’entre nous n’ont pas chômé durant ce festival. Évidemment, nous partons encore avec du retard. Dernières heures à remplir, il y en a pourtant encore à voir. Il s’agit pour moi de faire le tri. Trop loin pour le musée de la BD, dommage. Je ne comprends pas vraiment pourquoi les sites sont si éloignés. Pas facile de choisir… Allez, je fais un dernier petit tour dans la Bulle du Nouveau Monde. Petit passage par Vertige Graphic pour l’achat de Tetine Man de Guillaume Long… petit clin d’œil pour ma 2e fille. Dommage, la dédicace est à 13h, je serais presque dans le train. Je récolte quand même un petit poster pour elle. Sympa. Finalement, quand on est festivalier, il faut savoir relativiser les ratés. Pas de dédicaces de cet auteur ? Pas grave, j’aurais d’autre bons moments ailleurs. Je continue mon chemin dans une foule bien moins dense qu’hier ! Si ce n’est pas vide, c’est tout de même respirable ! Me voici devant les Enfants Rouges, une maison d’édition qui a eu plusieurs fois les honneurs de nos chroniques. Je rencontre Nathalie Meulemans, éditrice et fondatrice du lieu. J’avais régulièrement des contacts avec elle mais depuis quelques temps plus rien… Normal, elle pensait que le blog avait fermé ! Oups ! Non, non, nous sommes toujours présents. La preuve ! J’espère qu’elle n’est pas la seule à le croire en tout cas ! Voici donc le mystère de mes stats… Au passage, je repars avec le coffret Nous n’irons plus ensemble au Canal Saint-Martin & Ce qu’il en reste (dernier et ultime tirage) limité à 100 exemplaires. Deux bons albums que nous avons déjà chroniqué, je n’ai pas pu résister. Il est bientôt temps de rejoindre les autres. Donc, je repars dans l’autre sens quand soudain… une belle surprise aux éditions La Pastèque : Michel Rabbagliati, l’auteur québecois de Paul. Nous n’avons jamais chroniqué de Paul mais c’est un auteur excellent qui a eu le prix du public il y a deux ans pour Paul à Québec. Je n’hésite pas longtemps avant d’acheter Paul en Appartement, mon préféré. Michel Rabbagliati est fidèle à l’idée que je me faisais de lui, souriant, sympathique et disponible pour ces lecteurs, comme beaucoup de ses confrères. Moi qui ne voulais plus rien acheter, je termine ma matinée avec 4 albums supplémentaires ! Il est temps de rentrer. Le train va arriver. Dernier repas/sandwich avec les copains, petite photo de fin de voyage avec Garfield qui passait par là. Oui c’était bien, on remettra ça... ici ou ailleurs…

Blog | En direct d’Angoulême : 28 janvier – partie 2

Samedi, c’est la folie !

Après, une longue pause déjeuner nécessaire – car la fatigue se faisait sentir – nous décidons de partir faire une photo de groupe sur le stand FNAC. Un petit souvenir pour tous les membres du groupe présent. Nous posons avec le Fauve et les accessoires disponibles (un crayon, des bulles de textes…), quelques grimaces et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. C’est reparti… et c’est là que les affaires se compliquent ! Petite description de l’apocalypse : des rues bondées, impossibles de pénétrer dans la moindre bulles ou exposition sans faire 30 à 40 minutes de queue et… la pluie qui s’en mêle. J’arrive à me rabattre sur l’exposition taiwan… Pas grand-chose à dire dessus sinon que ça ressemble assez aux mangas. Quelques auteurs ont l’air intéressant mais rien qui ne m’a enchanté malgré une scénographie plutôt sophistiqué mais manquant de lisibilité. Il est temps d’assister à la rencontre sur la BD reportage qui a lieu au Théâtre, Salle de l’Odéon à 17h, nous arrivons à 16h15. Déjà beaucoup de monde devant la porte, mais bon… Soudain, la sécurité annonce que 60 personnes seulement pourront pénétrer dans la salle. Ça râle dans les rangs. Ils comptent les personnes dans la file… Nous sommes entre 45e et 50e… ça passe. Nous attendons, la file se resserre, ça pousse un peu, ça râle quand certains essaient de doubler. Habituel, on voit déjà ça en dédicace. 40 minutes plus tard, les portes s’ouvrent, on se rapproche enfin de l’entrée quand… La porte se ferme devant nous… Plus de place. Ils avaient juste oublié de compter les intervenants et techniciens. Grosse colère dans la foule, prise de bec avec les gens de la sécu… Classique. C’est un sentiment que je ressens depuis le début de ce festival, mais j’ai l’impression que l’organisation des séances de dédicaces ou des stands éditeurs est bien plus efficace que celles des rencontres, pas toujours à l’heure, mal signalées, dans des locaux inadéquats pour une foule importante. Franchement, nous sommes dans le plus grand salon BD d’Europe et l'organisation prévoit moins de 60 places pour un rendez-vous sur la BD reportages… avec Joe Sacco ! De là à dire qu’Angoulême axe plus sa politique sur le côté commercial, il y a un pas que certains n’hésitent pas à franchir. Et je peux les comprendre. Bon, 1h30 de perdu avec cet incident. Heureusement, nous avons la chance de rencontrer Manuel Picaud, journaliste et critique BD renommé (l’un des piliers de Auracan). Homme très sympathique mais un peu agacé car il se retrouve dans la même situation que nous… mais lui était invité par Arte, co-éditeurs d’un des livres présentés… Oui l’organisation est formidable, même pour les journalistes de sa trempe ! Un peu énervés et surtout frustrés, nous retournons vers Le Monde des bulles. Impossible de rentrer encore une fois. Cette fois-ci, nous trouvons une solution de repli vers l’espace Mangasie. Il s’avère plus intérressant que prévu avec notamment une très belle rencontre entre Johanna, auteure de Née quelque part et Li-Chin Lin, jeune auteur coréenne (qui fait ses études en France) pour Formose. Un débat sur la situation politique de Taiwan… Intéressant ! Finalement, on se rapproche de la fin de journée, ça se calme (un peu). Nous pouvons assister à la fin de la rencontre FNAC avec Craig Thompson pour Habibi. Il a cette phrase étrange en parlant du carré magique, inspirateur de la construction de son album : « le sudoku est une bande dessinée mathématique ». Assurément, la phrase de la journée. Puis c’est le tour de Cyril Pedrosa avec Portuga. Si l’interviewer n’est pas à la hauteur de la qualité de l’album, les explications du créateur enrichissent encore le propos. Il est 18h30, tout le monde est fatigué. Il est temps de rentrer. Il fait nuit. Le dernier jour s’annonce.

Blog | En (presque) direct d’Angoulême : 28 janvier – partie 1

Foule sentimentale

Ce n’est pas la première fois que je me rends au festival de la BD d’Angoulême cependant il s’agit de mon premier samedi. Je le savais, nous le savions mais… je n’imaginais pas qu’une concentration aussi importante – que dis-je : monumentale - de bédéphiles d’horizons divers et variés au même endroit au même moment était possible ! Il y avait un air de « La Foule » d’Edith Piaf ce samedi sur Angoulême. Certains aiment avoir l’impression d’être une sardine en boîte. Moi, pas trop. La journée s’annonce donc longue et difficile. Nous commençons par la bulle Nouveau Monde, celle qui regroupe les éditeurs indépendants. L’un des lieux que je préfère. Son seul défaut : la largeur de ses allées. Ce matin-là, nous pouvons encore y pénétrer mais ce sera tout simplement impossible l’après-midi, l’accès étant limité pour des raisons (compréhensibles) de sécurité. Je dis « nous » parce que ce matin, Mo’ et son homme m’accompagnent. Enfin, c’est plutôt moi qui les accompagne à la Boîte à Bulles. Ils sont arrivés hier soir et les discussions ont duré jusque tard dans la nuit. Il y a comme des allures de zombis dans nos visages ce matin (enfin surtout le mien). Bon, un peu de fatigue, ça fait partie du jeu, maintenant que tous les KBDiens prévus sont là on devrait s’en sortir! Finalement, nous finissons par nous séparer, chacun ayant ses objectifs du jour. Mon idée de ce matin est surtout de me rendre à l’exposition Fred. Fermé jusqu’à midi… Bon, ben… petit tour à l’espace para-BD alors ! Le lieu des produits dérivés du 9e art : BD, livres d’occasions, affiches, T-shirt… En un mot, le paradis du nicheur ! Mais ce n’est pas trop mon truc tout ça, je ne suis pas un afficionados de l’affiche 3x3m de Blacksad, pas plus que des statues en résine qui coûtent un bras pour les plus petites. Quand la foule m’en laisse l’occasion, je m’arrête pour admirer quelques belles affiches. Bon assez tergiversé, je me rends sans plus tarder à l’espace Franquin pour découvrir l’exposition Tébéos sur la BD espagnole. Si Bartolomé Segui, Juanjo Guarnido, Paco Roca ou Carlos Gimenez, sont des auteurs que nous avons déjà chroniqué sur IDDBD, j’ai été surpris par la diversité et la richesse de l’édition espagnole. Une production qui se caractérise par un foisonnement d’influences (comics et franco-belge surtout). Une diversité qui s’explique par l’histoire de l’Espagne au XXe siècle. D’ailleurs , cette exposition aborde la bd hispaniques sous une forme chronologique d’une manière très didactique. Avant, pendant, après la dictature franquiste puis l’avenir… radieux pour les bédéphiles espagnols ! Au programme : affichage de planches (originales ou reproductions), œuvres disponibles en lecture (en VO pour beaucoup car non traduites), présentations des auteurs les plus marquants avec des originaux des auteurs majeurs (dont 5 ayant eu le prix national de la BD espagnole). Vous l’aurez compris, une exposition des plus intéressantes ! Mais là maintenant, j'ai faim.

Dimanche KBD : Pico Bogue

Pendant qu'une bande de kbdiens termine son tour d'horizon au festival d'Angoulême, les autres, petits nouveaux et petites nouvelles ont travaillé d'arrache-pied pour vous proposer une nouvelle synthèse ce dimanche. Pour terminer sur le thème du comic strip, nous vous proposons Pico Bogue, le turbulent mais attachant gamin imaginé par Dominique Roques (en fait c'est un peu son fils) et dessiné par Alexis Dormal. Un fleuron de la BD jeunesse ! Voici donc la synthèse rédigée par Lunch. Le mois prochain sera consacré à la science-fiction. Bon dimanche !

Blog | En direct d’Angoulême : 27 janvier

Vendredi 26 janvier : le festival commence aujourd’hui

Non c’est vrai, il a commencé jeudi (en tout cas pour le public) mais à voir la foule qui se presse aujourd’hui dans les allées du festival et les rues d’Angoulême, nous sommes véritablement rentrés dans le vif du sujet. Bref, aujourd’hui, traverser «  Le monde des bulles » et « le nouveau monde » sans encombre relève du miracle. Et dire que ce sera pire demain ! Ce matin, nous séparons notre petit groupe en chasseur de dédicaces et en spectateur de rencontres et autres expositions. Ainsi, rendez-vous pour les seconds à l’espace Franquin tandis que les premiers cherchent à obtenir des billets pour la dédicace d’Art Spiegelman. Malheureusement c’est déjà trop tard… Finalement, temps perdu pour tous, car le président du festival annule sa séance le soir… Pas facile la vie d’un festivalier. A l’espace Franquin, une discussion autour du New Yorker, le célèbre magazine américain, et de ses forts célèbres couvertures dont nous avions parlé voici plus d’un an avec la sortie de Sempé à New York. Sur scène, Loustal, Mattoti, et… Ah et bien non, Chris Ware n’est pas là ! La rencontre internationale est présentée par Françoise Mouly, directrice artistique du new yorker, co-fondatrice de la revue RAW accessoirement compagne d’Art Spiegelman. Passionnant ? Un peu trop de « moi je » de la part de l’animatrice et quelques anecdotes sympathiques. Pour l’information, je n’apprends pas grand-chose, l’ayant déjà plus ou moins lu dans l’interview contenue dans le livre de Sempé. Toutefois la salle est attentive. J’en profite pour m’éclipser discrètement direction une conférence sur la BD suédoise avec Fredrik Strömberg, historien et critique… de l’autre côté du centre ville ! C’est parti pour de la marche. A l’arrivée, une petite salle, une trentaine de personnes ( la bd suédoise ne passionne pas les foules visiblement…) pour une conférence intéressante mais qui est peut-être un peu trop synthétique. Mais là, c’est peut-être mon côté historien de la BD qui parle.  En tout cas, je découvre une BD très influencée par le comics (et un peu par le manga). Chose étonnante, quand nous nous plaignons de leur manque de présence dans le paysage de la BD en France, les auteures suédoises en sont les principales artisanes ! En tout cas, petit coup de cœur pour Anneli Furmark, auteure présente dans l’exposition consacrée à la BD suédoise au musée de la BD. Avant le déjeuner, je repasse par les éditions çà et là, histoire de voir si… Petite mais frustrante rencontre avec Drew Weing (aussi monolingue que moi mais pas dans la même langue, c’est affreux). Musée de la BD, destination presque immédiate après le repas (rapide). Cependant, un petit passage dans « Le pavillon des jeunes talents » s’impose. Et du talent, il y en a chez ces jeunes étudiants, lycéeens et même collégiens. J’avoue avoir été bluffé par la maîtrise des futurs Trondheim, Peeters ou Larcenet… Au passage, petite visite de l’exposition des originaux de Fables Nautiques de Blandin (sélection officielle) avant d’assister à une table ronde sur « Le livre numérique » ou comment les écoles d’art graphique prennent en compte ce nouveau support dans leur enseignement. Quelques travaux d’étudiants sont présentés. Très fort encore une fois ! Finalement, c’est le musée de la BD avec LA grande exposition Art Spiegelman ! Pour résumé : tout simplement monumentale ! Des planches originales de RAW, des premières œuvres du président, ses illustrations jeunesses et magazines, clairement, cet auteur est un grand qui ne se résume pas qu’à Maus. L’œuvre majeure du manitou de la bd alternative américaine est bien là, présente, omniprésente même dans une section particulière où sont alignées les unes à côté des autres des planches originales avec parfois, des éléments au-dessus et en-dessous qui permettent de voir le travail accompli, recherches de découpages, de textes, ratures… Sous le regard d’une reproduction géante des deux personnages principaux, je constate tout le travail nécessaire à l’élaboration d’un chef d’œuvre du 9e art. C’est émouvant et fascinant à la fois de voir ces rayures traversées le temps. Je m’apprête à aller voir la bibliothèque du musée quand mon téléphone sonne : « David, c’est Lunch. Natacha Sicaud est en dédicace… y’a personne ! – J’arrive ! » C’est parti pour rejoindre, la dessinatrice de Sous l’entonnoir (sélection officielle). Une rencontre véritablement agréable avec une auteure très ouverte au dialogue. Bon elle avait un peu de temps, ce qui est du luxe sur le stand Delcourt ! Après cette dédicace, je me pose enfin dans l’espace FNAC, prêt de la zone des rencontres où se passent les interviews des auteurs de la sélection : une demi-heure par auteur. Quand j’arrive, c’est Guarnido qui est interviewé (pour Voyageur). L’espace est plein mais se vide peu à peu à l’arrivée d’Eddie Campbell (Alec), Fabien Velhmann (L’île aux 100000 morts), Clément Oubrerie (Pablo - hors sélection officielle) et surtout… de Frederik Peeters ! Un peu de repos sur mon siège et les oreilles grandes ouvertes pour écouter ces auteurs nous parler de leurs livres, là encore un plaisir de bédéphiles gourmet. En vrai, c’est quand même mieux qu’en vidéo sur le web ! Finalement, il est 18h45 quand Peeters termine son interview. Une bonne journée qui s’achève ! Demain, debout à 7h !

Blog | En direct d’Angoulême : 26 janvier – partie 2

Moi je dis c’est un sacré coup de bol !

L’heure de la rencontre avec les copains de KBD et des phrases qui, sur le web passent très bien, mais qui dans le monde réel sonnent d’une façon… étrange. « Allo Lunch, c’est David je suis avec Zorg là… ». Après quelques péripéties nous récupérons donc nos places et un joli petit bracelet vert fluo, attaché pour toute la durée du festival à notre poignet. C’est moche mais on s’y habitue à ce morceau de plastique. J’espère juste qu’il ne déteint pas sous la douche ! Nous voici donc dans la bulle éditeurs, enfin… celle des gros éditeurs qui ont les moyens de se payer des stands plus vastes que mon appartement. Pêle-mêle on retrouve Dargaud, Casterman, Soleil/Delcourt, Ankama, Fluide (enfin ce qu’il en reste). C’est grand, et il n’y a pas encore l’affluence attendue les jours prochains mais les files d’attente pour les dédicaces sont déjà longues. Il y a les patients comme Zorg, Lunch ou Badelel et les autres, comme moi, qui ont la bougeotte. Le jeudi est le meilleur jour pour découvrir les lieux, ensuite l’important est de s’orienter. Programme, programmes heure par heure… ça se confirme, le jeudi est la journée d’introduction. Pas grand-chose à se mettre sous la dent pour l’instant. La sélection officielle en présentation et quelques rencontres avec des auteurs dans le forum du partenaire. Joe Sacco notamment que nous verrons en fin de journée. Au fait, j’y pense… A peine entrer dans la bulle éditeurs. Nous venons de faire 30 mètres dans la bulle quand soudain : « c’est pas Trondheim assis là, tout seul, comme un pauvre malheureux avec ses petits crayons ? ». On appelle ça des dédicaces surprises ! Il nous a fallu donc moins de 5 minutes pour une dédicace de l’ancien président du festival… Mais la plus belle rencontre que j’ai faite cet après-midi est sans aucun doute celle avec Gilles Rochier au stand 6 pieds sous terre dans la bulle « Le nouveau monde », espace consacré aux éditeurs indépendants : çà et là, Les Requins Marteux, FLBLB, L’Association, Cornélius… Et tout ceux qui n’ont pas les moyens d’avoir autre chose que des tables ! Ambiance différente donc mais beaucoup de monde dans cette bulle gigantesque. Pour en revenir à Gilles Rochier, je vous en ai déjà beaucoup parlé, ma chronique de TMLP est encore toute récente. Cet album est pour moi un vrai coup de cœur. Il était un peu esseulé à sa table de dédicaces, attendant le chaland (qui s’avérait être Zorg, sa femme et moi-même), un gros tas de crayon de couleur prêt de lui. Quelques mots sur son album, quelques mots sur IDDBD et des remerciements mutuels : l’un pour le merveilleux moment de lecture, l’autre parce que « c’est important de porter les livres, de les faire connaître ». Pas une grande discussion mais un moment réel simple et appréciable… humains. Un homme à la hauteur de son travail. En tout cas, une bonne dose de positive attitude à ressasser lors de moments de « oui ben là j’en ai marre du blog, je vais tout balancer !) Que retenir de cette journée : la partie manga est un peu toute pourrie, à croire qu’on n’édite plus de mangas en France. Heureusement, elle est regroupé avec la partie comics, ce qui m’a permis de découvrir au hasard de mes pérégrinations une jeune auteure américaine Sarah Glidden, son livre Comment comprendre Israël en 60 jours (ou moins) et une maison d’édition Steinkis. Une jolie dédicace pour un dessin qui me rappelle un peu celui de Camille Jourdy (mais un peu). L’album ? Je ne sais pas, je vous dirais ça. C’est bon parfois de se laisser porter ! A demain !

Blog | En direct d’Angoulême : 26 janvier – partie 1

KBD est à Angoulême ! Petit reportage en direct par votre serviteur, en espérant que l'énergie et la connexion wifi ne me plaque pas en route ! C'est parti !

De l'art de ne pas se surcharger !

Jeudi 26 janvier 09h20, train Intercités Evreux-Paris Ça commence bien... Soyons clair, aller au festival d’Angoulême c’est tout d’abord une question de voyage. A pied, en bus, en voiture, en cheval, à vélo, il est nécessaire de « se taper » le trajet. Pour moi c’est environ 5h de train. Donc, il est indispensable d’éviter de partir avec de gros sacs hyper lourds. Ce qui est franchement terrible quand on souhaite se rendre à un festival de bande dessinée. Les amateurs du 9e art, les libraires et bibliothécaires BD vous le diront tous : « nous sommes les plus costauds ! ». Car, hormis les amateurs de livres d’art – qui ne sont pas assez fous pour se déplacer avec des séries complètes, eux -  les bédéphiles sont assez proches des haltérophiles. Ils soulèvent plusieurs tonnes de bandes dessinées au cours de leur vie. Je sais, plusieurs tonnes de BD ça fait rêver, cependant prenez 15 BD franco-belge classique, vous pouvez y ajouter quelques formats romans graphiques, oui comme ça une bonne pile. Soulevez ! Ah oui, ça fait mal au dos ! Donc quand on s’apprête à rejoindre le plus grand festival de BD d’Europe, Mecque indispensable pour auteurs et lecteurs,  on se dit qu’on va tout de même ramener quelques livres, histoire de, en cas où, réussir à s’en faire dédicacer un ou deux. Le choix de ces livres prend en compte plusieurs facteurs. Tout d’abord l’intérêt. Je ne vais quand même transporter une bd qui ne m’a pas plu. Ensuite, le volume. J’aurais bien aimé lire Portugal mais je crois qu’il doit être plus lourd que le PC portable sur lequel j’écris. Pour finir, la possibilité éventuelle de rencontrer l’auteur. Entre nous, si je vais au festival d’Angoulême c’est aussi pour profiter des expositions et des rencontres. Rien de tel qu’entendre les auteurs parler de leur travail ! Je n’ai pas envie de faire 5h de queue pour une dédicace d’un auteur fatigué. Je cible des auteurs précis. Alors voyons dans mon sac qui sont les gagnants du concours… Ah ! En mer de Drew Weing, un livre injustement oublié dans la sélection cette année. Je vous en ai déjà parlé ici. Grand coup de cœur pour ce petit livre poétique. J’espère voir l’auteur au stand çà & là… j’espère aussi qu’il parle un peu français… Glups ! Puis,  TMLP (Ta mère la pute) de Gilles Rochier. Là encore, une belle rencontre avec un auteur d’une sensibilité brute. Justement sélectionné en compétition officielle. Les tenants du dessin académique ont sans doute encore mal aux dents. Lui, c’est chez 6 pieds sous terre qu’on le rencontre. Quoi d’autre ? Ah si, deux futures chroniques en perspective. Mais là, c’est secret. Pour finir, deux vrais livres (petit clin d’œil au clan KBD) : l’intégrale volume 4 du Trône de fer et  « Le dieu du carnage », une pièce de théâtre de Yasmina Reza. Oui, je sais, je n’aurais pas le temps de tout lire… C’est justement ce que je me disais en montant la côte pour rejoindre la gare tout en maugréant sur ces bus qui passent à l’heure. Quand je vous dis que les bédéphiles sont fous !

Infos du jour | En vrac…

On voit que c'est la fin du mois de janvier, période propice aux événements BD, car je reçois plein de chouettes infos du jour à partager avec vous.

Rencontres espagnoles

Tout d'abord, comme à son habitude, la Bibliothèque Publique d'Information (BPI) à Paris (Centre Pompidou). organise une rencontre post-Angoulême intitulée La bande dessinée espagnole : un contexte européen. Tour d'horizon donc de la bd européenne qui heureusement, ne se résume plus à l'aire Franco-Belge. Si j'avoue ne pas connaître Francesc Capdevilla alias Max et Sonia Pulido, je ne vous ferais pas l'outrage de vous présenter Juanjo Guarnido, dessinateur de la très célèbre série Blacksad ! Cette rencontre aura lieu à la BPI, lundi 30 janvier à 19h. Mais, mais, mais, bonne nouvelle, elle sera restransmise sur le net en direct sur cette page !

Concours de critiques

My Boox, un portail dédié aux livres organise un grand concours de critiques BD. A gagner ? Juste une année de BD... De quoi faire rêver les plus bédéphiles fauchés d'entre nous.  Pour participer, il faut s’inscrire sur leur site, puis aux concours. Le principe est simple quoiqu'un peu ouvert au copinage, les 20 participants qui recevront le plus de critiques positives seront finalistes. Puis 5 d'entre eux seront sélectionnés par le jury composé de membre de la rédaction du portail. Bon courage aux participants ! Plus d'informations ici.