Chronique | La Dynastie Donald Duck T1 (Carl Barks)

Dernière chronique de l’année pour IDDBD ! Dans mon sac de voyage, j’emporte quelques bonnes lectures qui vous retrouverez certainement durant le mois de janvier 2012. J’avais quelques albums sous la main ces derniers jours mais ils ne m’ont pas beaucoup inspiré. Pas du tout même. C’est pourquoi je me suis repenché avec nostalgie sur l’intégrale Carl Barks dont j’avais acheté le premier volume cette année. Pourquoi nostalgie ? C’est tout simplement l’un des premiers héros à avoir bercé mon enfance de lecteur de BD. Si vous lisez cette chronique, c’est grâce (ou à cause) de lui ! Qui ne connaît pas le plus célèbre des canards créé par Dick Lundy pour les studios Disney en 1934 ? Hystérique, colérique, malchanceux mais aussi courageux et espiègle, Donald Duck c’est un peu un monsieur tout-le-monde. De petits boulots en multiplication de dettes, il est comme vous et moi, bien souvent en galère. Mais chose incroyable, il se débrouille toujours pour se retrouver dans des aventures extraordinaires capables de lui faire oublier les multiples soucis de son quotidien. Faut dire qu’avec sa famille… Car Donald n’est pas seul à Donaldville la bien nommée. Il est accompagné par ses neveux (les fameux Castor Junior Riri, Fifi, Loulou), ses cousin Gontran Bonheur et Gus, sa jolie cousine Daisy, Grand-mère Donald, et surtout le non-moins célèbre Scrooge Mc Duck alias Onc’Picsou, le canard le plus riche du monde. N’oublions pas non plus Géo Trouvetou, les Rapetou ou Miss Tick… Mais tout ça, vous le connaissez aussi bien que moi. Sauf si vos parents communistes vous interdisaient de lire cette « littérature capitaliste », vous avez sans doute parcouru les multiples chasses au trésor ou les improbables aventures du quotidien dans l’univers Duck. Le titre de ce premier recueil, La Dynastie Donald Duck, n’est pas qu’un simple titre, c’est la réalité d’un univers riche développé presque exclusivement par un seul homme : Carl Barks. Celui que l’on surnommait affectueusement l'homme des canards a consacré 40 ans de carrière au palmipède à vareuse, a écrit plus de 700 histoires. Comme tous les grands auteurs, il a lui-même des héritiers. Citons l’américain Don Rosa et sa Jeunesse de Picsou. Paradoxalement, les amateurs de bandes dessinées européennes voient plutôt d’un mauvais œil les publications Disney. Ersatz de sous-BD uniquement bonnes à figurer dans des magazines pour enfants vite lu et vite oublier ? On ne peut pas toujours leur donner tord, il y a beaucoup de choses inintéressantes. Cependant, les œuvres de Carl Barks sont marqués d’une griffe particulière qui les font immerger. Je crois qu'on appelle ça le talent. En 60 ans (1950-1951 pour ce volume) certaines histoires sont devenues un peu désuètes. Cependant la plupart ont gardé beaucoup de dynamisme et d’intérêt. Si dans les formats courts (entre 10 et 15 planches pour la plupart) l’auteur n’a pas eu le temps de tergiverser, allant droit au but dans sa narration, les histoires aux formats plus longs (entre 30 et 40 planches) sont des véritables exemples de construction de scénarios. Il alterne péripéties et temps morts, suspense et révélations. Pas de doute, Carl Barks était un conteur. D’ailleurs 60 après, les enfants – je sais j’ai testé avec mes filles– accrochent très facilement à ses histoires (faussement) simples. Mais à quoi reconnaît-on une bonne BD ? Allez, je suis certain que vous avez la réponse ! Je l'ai déjà dit en plus ! Bon ce sont les vacances alors je passe pour cette fois. Une bonne BD c'est une adéquation parfaite entre scénario et dessin. Est-ce le cas ici ? Oui, assurément car tout le travail narrative se retrouve également dans le dessin. Contrairement à plusieurs bande dessinée jeunesse européenne des années 60, le graphisme de Carl Barks n’est pas vraiment marqué par le temps. Si les décors simples mais réalistes sont ceux du monde des années 50 (comme les décors de Tintin par exemple), les caricatures cartoonesques n’ont pas pris une ride. Donald et ses camarades sont toujours en mouvement. Rien n’est statique même si le découpage est très classique. Comme ses histoires, Carl Barks signe un dessin d’une efficacité d’orfèvre, un travail d’artisan et d’artiste. Pour ces fêtes, je vous conseille donc de vous repencher sur ce grand ancêtre de la bande dessinée américaine disparu en 2000. Cela vous permettra de jeter un autre regard sur des productions souvent mal connues par le public européen. Mais c’est vrai que Disney n’a autorisé la publication au format album que très récemment en Europe. Alors n’hésitez pas, jetez vous sur ces petits trésors d’inventivités. Il ne me reste plus qu'à vous souhaitez de joyeuses fêtes ! Et j'espère que le père Noël vous aura apporter quelques bonnes BD... Si il lit IDDBD, ça devrait le faire ! A voir : la fiche album chez Glénat A lire : la biographie de Carl Barks sur wikipedia
Titre : La dynastie Donald Duck : sur les traces de la licorne et autres histoires (5 volumes parus) Collection : Intégrale Carl Barks Editions : Glénat, 2010, 29€ Editions originales : Disney Public : Jeunesse Pour les bibliothécaires : un grand classique de la bande dessinée mondiale. Un maître tout simplement.
 

Blog | Du côté d’Angoulême…

Tiens, la sélection d’Angoulême est tombée. Oui, je sais ça fait une semaine et tous les blogs spécialisés – sauf IDDBD comme d’habitude – ont donnée et redonnée la liste complète. Je ne sais pas ce qui me prend cette année, mais j’ai envie de la commenter. Evidemment, comme chaque année, j’en ai vu passé beaucoup mais pas lu la moitié ce qui ne donnera pas beaucoup d’intérêt à mes commentaires. Comme d’habitude on remarque les absents : Elmer ou Blast T2. Bon, c’est vrai qu’il y a déjà 3 albums de çà & là (dont l’intégrale d’Alec !) et Larcenet est présent dans la sélection avec l’Armure de Jakolass, une histoire dans l’univers de Valérian. Alors ça va même si j’aurais aimé voir passer En Mer. Passons les indéboulonnables Chantal Montellier, Enki Bilal, Joe Sacco, Daniel Clowes, Jim Woodring, Etienne Davodeau, Frederik Peeters ou Blutch qui ont, pour certains, une carte d’abonnement aux sélections depuis 10 ans au moins. Justifié ou pas, ce sont des auteurs importants qui méritent leur présence par la qualité toujours impeccables de leurs travaux. Tiens d’ailleurs, je viens juste de remarquer que Joann Sfar n’avait pas d’album cette année. Pour le coup, ça doit être une première. Côté bonne surprise, je suis heureux de retrouver Isabelle Pralong qui m’avait enchanté avec L’éléphant, prix du premier album il y a quelques années (2008 ?), ou Marion Montaigne avec l’adaptation de son blog de vulgarisation scientifique Tu mourras moins bête. Mais surtout, je ne saurais trop vous conseiller de vous jeter sur TMLP (Ta mère la pute) de Gilles Rochier. Je l’ai découvert grâce à Tanxxx. Gilles Rochier est un auteur décalé dont le trait, loin de l’académisme habituel, possède une véritable force. Même si l’histoire n’a rien à voir, son travail m’a beaucoup rappelé celui de Taiyo Matsumoto, l’auteur d’Amer Béton. Spécial focus également sur Bride Stories qui doit être le seul manga où les critiques de la pure race franco-belge ne trouve rien à dire sur le dessin. En plus, l’histoire est bien ! L’un des rares mangas à m’avoir transporté cette année. Quant aux vainqueurs du meilleur album ? Allez, je me lance sans prendre de gros risques. Ils sont trois grands favoris : Polina de Bastien Vivés, Habibi de Craig Thompson et Portugal de Cyril Pedrosa. J’ajouterai Les Ignorants de Davodeau qui est un parfait outsider. Honnêtement, je pense à Portugal ce qui n’est pas bon signe pour lui car je me trompe à chaque fois (sauf pour Pinocchio de Winschluss mais là fallait vraiment être mauvais pour passer à côté). Bon, j’ai donné mon avis. Tord ou raison ? J'irais le vérifier moi-même cette année ! Je vous donne rendez-vous fin janvier à Angoulême. On y fait une descente (enfin pour les nordistes) avec les copains de KBD. Art Spiegelman président, on ne pouvait pas rater ça ! La sélection officielle 2012 sur le site du FIBD La programmation "A la carte" du festival, hum....

Chronique | Solanin T.1 (Asano)

Taneda et Meiko débutent dans la vie. Jeune couple, ils découvrent les joies et les problèmes de la vie à deux et du monde du travail. Ils n’ont rien d’extraordinaire mais rêvent d’une vie loin du train-train quotidien… comme tous leurs amis.

Simple, beau...

Je commence souvent mes chroniques en vous disant que le hasard fait parfois bien les choses. J’aime bien prendre un album, ne rien en connaître et puis découvrir son histoire et son auteur. Chacun sa façon de se balader dans les rayons d'une bibliothèque. On y rencontre parfois de belles choses. Alors, qu’est-ce qui m’a attiré chez Solanin ? Déjà le titre qui m’a rappelé l’un de mes films préférés de Takeshi Kitano (Sonatine). Oui, je sais, c’est un critère un peu spécial mais que voulez-vous, l’effet madeleine de Proust oblige ! Bon d’accord, les deux œuvres n’ont strictement rien à voir. J’avoue. Ensuite, la couverture que je trouve très belle par sa simplicité et son originalité. Un jeune couple au loin dessiné sur une photo avec en filigranes quelques traits blancs. En ouvrant, on constate un dessin classique pour du manga. Mais ce dernier dispose d’un trait un peu particulier, me rappelant le dessin de Hisae Iwaoka (La cité saturne, Yumenosoko). L’auteur joue aussi beaucoup sur la lumière. Bref, j’ai apprécié ce que j’ai vu. Et sur ce point, je reste convaincu des qualités de cet auteur.

...mais creux.

En revanche, côté histoire, soyons clair d’entrée (enfin de milieu de chronique plutôt), il me semble avoir vu tous les poncifs du manga certes gentil (si ce n’est gentillet) mais pénible sur la longueur. Mais pourquoi tant de haine ? Non ami mangaka, je ne te hais point… Ton traducteur peut-être car quand je lis des phrases du type « Si jamais tu doutes de ton idéal parce qu’il te paraît irréaliste… il vaut toujours mieux risquer d’avoir des regrets en essayant que regretter de ne pas avoir essayé ». Et encore, là je fais dans la sobriété car il y a des grands moments de réflexions transcendantales destinées à comprendre la théorie générale de l’univers de mon 9m² avec cuisine. C’est simple, on dirait du Pascal (Obispo). Désolé si je suis un peu méchant - oui parce que quand j'évoque Obispo, en général, ce n'est pas un compliment - mais, je m’étonne qu’en 2006, on puisse encore nous servir ce genre d’album dont les principaux codes narratifs reposent encore sur ceux des années 80. Certes le dessin est moderne, certes nous parlons de jeunes des années 2000 mais globalement, en grattant un peu, on retrouve les mêmes préoccupations que dans un Maison Ikkoku (Juliette je t’aime). C'était bien à l'époque, mais depuis le monde de la bande dessinée a un peu changé. La comédie romantique c'est bien, mais pourquoi ne pas réfléchir à une façon nouvelle et élégante de présenter la chose ? On n'évite rien ! Les doutes s'enfilant sur des pages et des pages, le lacrymal en mode gros plan, le groupe d’ami avec le vieil étudiant, la copine dynamique, le rebelle, le faux dur… Bref, toute la famille est là ! Sous d’autres traits, mais toujours bien présent. Et je ne parle même pas des rebondissements (et de cette fin de premier volume surtout !!!!!) dont on se demande presque comment il a osé le faire tellement c’est du vu, revu et rerevu ! Lourd dans le plus mauvais sens du terme.

A trop tortiller

Comment ne pas comparer à Kazuo Kamimura et à son Lorsque nous vivions ensemble. Une oeuvre des années 70 évoquant un couple de jeune vivant sans être marié et dont les codes traditionnalistes de la société japonaise les brûlent peu à peu. Certes, c'est une œuvre qui est destiné à un public plus âgé, qui est un drame. Mais sur tous les plans, les qualités narratives rendent à cette histoire japonaise une universalité marquante. C'est une oeuvre dans son sens le plus noble. Avec Solanin, œuvre pour vieuex ados, on a juste envie de secouer un peu les personnages tout en se disant qu’ils sont un peu la victime d'un créateur qui a voulu ratisser large pour toucher un maximum de public. On navigue entre les berges du manga pour ados à succès (un brin de rêve de musique comme dans Nana ou Beck), de la comédie sentimentale classique et de la chronique de société (façon Everyday de Kiriko Nananan) sans jamais de véritable maîtrise. Résultat : on touche ces bords avec un tel fracas qu’il est impossible au bout d'un moment de ne pas voir les ficelles. Simplement puéril. Vous l’aurez compris, Solanin n’est pas une œuvre qui se retrouvera dans mon panier de père Noël. Une œuvre aux beaux atours mais qui supportent assez mal la comparaison avec les références dont elle semble s’inspirer. Beaucoup trop de clichés pour se sentir concerner par l’histoire de ce jeune couple. En tout cas, je ne perdrais pas mon temps à lire le tome 2... ou alors vous serez convaincant dans les commentaires !
2 volumes (séries terminées) scénario et dessins : Inio Asano Editions : Kana (Dargaud), 2006 Collection : Made In Edition originale : Shogakukan, 2006 Public : ados à partir de 14 ans Pour les bibliothécaires : franchement inutile

Dimanche KBD | Poulet aux prunes (Satrapi)

Comment bien terminer ce dimanche ? Avec la deuxième synthèse de décembre consacrée au magnifique Poulet aux prunes de Marjane Satrapi. Sacré meilleur album à Angoulême, cet album est un peu à part dans l’œuvre de l'iranienne. Album poétique évoquant l'amour, le désespoir et la musique... Ça tombe bien, ce dernier thème est justement celui de ce mois sur KBD. Allez, je vous laisse découvrir la synthèse d'Yvan.

Chronique | Légendes de la Garde T.2 Hiver 1152 (Petersen)

Après un automne qui a vu l’un des leurs se rebeller et tenter de prendre le pouvoir, la Garde est soumise aux rigueurs de l’hiver. Alors que les stocks de vivres et de médicaments s’épuisent, Gwendolyn, la matriarche, décide d’envoyer des émissaires dans les cités du Territoire dont la Garde assure la sécurité. Un voyage long et difficile attend les valeureux soldats, surtout quand ces derniers sont… des souris ! Légendes de la Garde est un subtil mélange d’influences variées, une cuisine dont les ingrédients sont connus de tous. Il nous permet de nous exclamer « Ah ! Tiens il y a comme un goût de… ». Mais, comme par enchantement sorti d’un chapeau d’archimage, on ne trouve jamais véritablement la recette qui rend cette lecture pourtant unique. Tentative de décryptage.

La mini fantasy

Tout au long de ma lecture de ce second volume (et je n’avais même pas lu le premier), j’ai convoqué tour à tour la Garde de la Nuit du Trône de Fer avec sa fantasy-réaliste (sans vraiment de magie), la dimension épique d’un Tolkien ou d’un Robert E. Howard (Conan), l’anthropomorphisme poétique d’un De Capes et de Crocs ou celui plus sérieux d’un Blacksad. Bref, Légendes de la Garde c’est un peu tout ça… mais pas complètement. Au milieu de tous ces grands noms de la BD et de la littérature, les vaillantes petites souris se sont frayées un chemin dans la neige de cet hiver 1152 et dans mon esprit de bédéphile amateur de fantasy. Moi qui pensait qu’il en faudrait beaucoup pour m’émerveiller de nouveau pour ce genre malmené par le marketing. Mais comment David Petersen a-t-il réussi à me passionner pour des êtres de 4 cm de haut (pour les plus grands) affrontant des hiboux ? Ça le fait quand même un peu moins que des dragons ! Nous pourrions évoquer la transformation des protagonistes habituels. En effet, adieu les humains, elfes, orcs, nains, dragons pour souris, lièvres, belettes ou chouettes. Approche originale qui apporte un regard neuf sur le genre et relativise la portée « épique » des exploits. Mais après tout, ces héros n’ont-ils pas autant de mérite à affronter des « monstres » de notre quotidien ? Assurément, leur courage nous parle sans doute davantage. Mais il serait idiot de limiter la qualité de cette série à cette simple transposition qui s’avère surtout importante pour mettre en avant l’essence même de ce style de littérature. Je ne vais pas reprendre ce que j’ai pu écrire plusieurs fois (cf la synthèse d’ouverture du mois heroic-fantasy sur KBD) sur la relative dégradation de la qualité de ces récits en BD. David Petersen ne cède aucunement devant la demande « gros bill ». Ici, pas de grosses épées, ni de filles dénudées (tout le monde est à poil mais ça reste soft…). Non, l’importance est dans le récit lui-même, dans son déroulement et dans l’interaction des personnages avec l’univers créé.

Univers et héros

Un univers auquel on croit immédiatement grâce à la grande qualité graphique de l’auteur. Son trait réaliste lorsqu’il dessine des décors bourrés de détails donne une grande force aux attitudes humaines de ses personnages souris. Il suffit de regarder Celanawe, le vétéran de la Garde, en couverture pour s’en persuader : droit, attentif, fort devant la tempête, un charisme, une présence… Cette grande qualité graphique est renforcée pour le sens de la composition de David Petersen. Il ouvre ses cases sur des paysages, donne du rythme en changeant sans cesse ses angles de vue.  Cette approche presque cinématographique permet de percevoir le Territoire dans toute sa diversité. Dois-je aussi parler de la couleur souvent somptueuse ? Non ? Alors je continue. Dans la recette de la fantasy, développer un bon univers est essentiel. Mais cela ne suffit pas pour réussir son plat. Il faut également ne pas prendre son lecteur pour un imbécile. Et là, devant la banalité de l’histoire on se dirait presque dommage. En effet, c’est une histoire de base pour rôliste débutant (ou maître de jeu fainéant) : aller d’un point A à un point B et revenir à A dans un temps limite. Mais on tombe de nouveau dans le piège. Légendes de la Garde reprend certes un schéma classique de la quête, une narration déjà utilisée dans des œuvres comme La Quête de l’Oiseau du temps ou Légendes des Contrées Oubliées, mais comme dans ces derniers les rebondissements sont nombreux et le rythme ne baisse jamais. L'auteur s'amuse à détourner le classique pour nous emmener un peu plus loin. Cette histoire tient tout autant au charisme de ses personnages qu’à son scénario. Là encore, nous avons les figures classiques : le soldat intrépide, le stratège, le sage, le jeune premier et le vieux briscard… bref de quoi voir venir. Mais là encore, nous sommes pris dans la quête générale et personnelle de ces personnages. Chacun devra vaincre ses démons, chacun trouvera une grâce dans leurs errances et le danger. Mais c’est à ce moment que je m’arrête car finalement, à trop réfléchir à cet album, on commence à se poser trop de questions. Peut-être est-il juste nécessaire de se laisser porter plus loin, dans les contrées du Territoire, de se laisser porter par les chroniques des scribes et les chants des héros. C’est beau et ça nous suffit. Réussi Légendes de la Garde ? Clairement ! Et pourtant, j’ai entamé ma lecture par le second volume. Un série réunissant tout les poncifs de l’heroic-fantasy mais qui réussit à les dépasser avec beaucoup d’élégances. Un récit de très grande qualité graphique et narrative qui ne se perd jamais dans la facilité même s’il reste très simple. A lire pour les amateurs du genre, une porte ouverte pour les autres. A lire : l’avis de Theoma et d’Emmyne A voir : le site officiel
Scénario et dessins : David Petersen Édition : Gallimard (2011), 20€ Titre original : Mouse Guard - Winter 1152 Édition originale : Archaia Entertainement (2009) Public : Jeune public et + Pour les bibliothécaires : Essentiel, un livre référence dans ce genre là. Les livres d'HF de qualité pour le jeune public sont suffisamment rare pour ne pas passer à côté. A noter : cette série a reçu deux Eisner Awards en 2008