Chronique | Les Enquêtes de la Criminulle

scénario et dessins Sebo (Sébastien Naert) Editions Le Téètras Magic (13€) Public : Adulte Pour les bibliothécaires : BD alternative, album concept. Pas indispensable à mon avis. Les enquêteurs de la Criminulle doivent faire face à deux grandes menaces : Artichaut, l’espionne la plus connue du monde entier et l’empoisonneur au poimolive, le poison à l’huile d’olive. Les inspecteurs de la criminulle sauront-ils venir à bout de ces dangereux criminels ? Mystère ! Par l’intermédiaire des Agents Littéraires, je découvre un nouvel album d’une petite maison d’édition alternative : Le Téètras Magic. Une maison d’édition plutôt originale, n’ayant pas peur de produire des œuvres différentes sur la forme comme sur le fond. Par exemple, la première publication des Enquêtes de la Criminulle était présentée sous la forme d’un dossier-chemise contenant des feuilles volantes. Pour ma part, j’ai reçu l’édition poche reliée. Cependant la surprise était au rendez-vous avec une petite loupe collée sur la couverture. Ce petit objet a eu beaucoup de succès auprès de mes filles… mais ceci est une autre histoire. J’expliquais donc que sur la forme comme sur le fond, Le Téètras Magic n’hésitait pas à surprendre. Et il faut avouer que ces Enquêtes de la Criminulle se posent dans cette droite ligne éditoriale. Les premières planches donnent une sensation de chaos renforcée par des couleurs directes et un découpage nerveux (en tout cas sur les premières planches). Le dessin est lui-même un vaste mélange entre finesse et gribouillage (contrôlé, hein ! Je n’ai pas dit que c’était n’importe quoi). Les Enquêtes de la Criminulle sont un hommage humoristique avoué et assumé aux récits policiers des années 50. Ainsi, Sebo (Sébastien Naert) ne s’est pas contenté d’un simple dessin, il a également ajouté des collages à sa palette graphique.  Des photos de magazine, d’hommes un peu mais surtout de pin-up. Ainsi, comme dans un bon vieux Roger Rabbit, réalisme et caricature se retrouvent dans un même univers ajoutant encore un peu plus au capharnaüm ambiant. Et c’est bien le problème de cet album. Il est très difficile de rester connecté et de suivre le fil sans une très grande concentration, concentration déjà mise à mal par de bons dialogues jouant sans cesse avec l’absurdité. Même si j’apprécie ce côté Mad Magazine, avec  des références à des univers très différents à chaque planche, j’ai quand même dû lire trois fois l’album pour commencer à entrevoir les ficelles de l’histoire. Pas simple, surtout pour un album humoristique. Non seulement la narration est elle-même hachée par les épisodes ne dépassant pas deux planches et sautant sans cesse du coq à l’âne mais en plus le dessin et les collages renforcent la difficulté à identifier les personnages. En effet, d’une histoire à l’autre le même protagoniste peut être représenté différemment. Ça devient vite assez lassant voire même parfaitement agaçant. Malgré tout, je salue les belles idées qui effleurent dans cet album. Cherchant l’originalité, Sébastien Naert flirte sans cesse entre absurdité et pastiche. Cependant, ses choix peuvent s’avérer discutable car frustrant pour le lecteur qui se retrouve souvent à la porte d’un univers que l’on devine d’une très grande richesse. Il suffit de découvrir son site web pour le constater. A découvrir : le site du Téètras Magic A découvrir : le site de Sebastien Naert

4 réflexions au sujet de « Chronique | Les Enquêtes de la Criminulle »

    1. Faut reconnaître que c'est un peu spécial comme approche. Des couleurs directes, un découpage nerveux et du collage… j'admets qu'il faut adhérer à l'ensemble. On est presque plus dans l'approche fanzine que dans l'album classique. Mais c'est aussi ce qui fait le charme de l'album… et sa faiblesse.
      Mais pour l'instant, sur les trois albums que j'ai reçu des Agents Littéraires c'est le premier que je trouve beaucoup moins intéressant. En même temps, c'est le genre de chose que je n'aurais pas découvert sans eux.
      Par exemple, l'abbé noir est vraiment intéressant à lire. C'est une expérience 🙂

  1. LA couleur directe ne me gêne pas mais je trouve les couleurs ultra agressives et le trait ne me convient pas non plus… C'est dommage, j'aimais la couverture du livre.

    Pour le moment, j'ai reçu un polar des agents litt, petit-être qu'une bd viendra un jour mais je ne suis peut-être pas assez exclusive sur la lecture BD…

    1. Le trait c'est un fatras, ça part dans tous les sens.
      La démarche des Agents Litt est vraiment très intéressante. ça me permet de découvrir des choses que je n'aurais même pas eu l'idée de lire (enfin le Konture si un peu quand même).

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