Chronique | DMZ T.1 Sur le terrain

dmz01scénario de Brian Wood dessins de Brian Wood et Ricardo Burchielli Editions Vertigo, 2007 (2005) Série en cours (7 parus en France) Public : ado-adulte Pour les bibliothécaires : une série qui fonctionnera auprès des amateurs de comics mainstream...

Zone de cliché

Dans un futur proche, les Etats-Unis sont déchirés par une deuxième guerre civile. A New York, où les deux armées se font face, l’île de Manhattan est devenue une zone démilitarisée (DMZ). C’est là-bas que Matthew Roth est envoyé comme assistant d’un célèbre reporter de guerre. Mais dès leur arrivée les événements tournent mal... Avant de commencer cette chronique, je tiens à souligner que je n’ai lu que le tome 1, donc que mon avis ne se porte pour l’instant pas sur la série mais bien sur ce premier épisode. Ceci étant précisé je peux m’atteler à la tâche… J’aimerais dire, comme beaucoup de gens autour de moi, que j’ai été transporté dans l’univers de DMZ. En lisant les nombreuses chroniques concernant cette série à succès, j’ai entendu parler de claques, de politiquement incorrect, d’originalité… Si le postulat de départ est intéressant à défaut d’être complètement original (les situations de guerres civiles, il y en a quand même un paquet dans le monde de la BD). Transformer la grosse pomme en fruit pourri par la folie destructrice, c’est toujours plaisant à imaginer et à voir. Pourtant la multiplication des poncifs m’a totalement empêché d’entrer dans cette histoire. De la coupe de cheveux volontairement post-apocalyptique de l’héroïne médecin du monde, aux méchants journalistes exploiteurs du petit stagiaire, sans oublier les testostéronés militaires à la cervelle d’oiseau (et la reprise de la scène de Full Metal Jacket) … bref, on retrouve à peu près les clichés habituels du cinéma « gros bras » à l’américaine. Seul Matty, jeune anti-héros bien glandu au départ (vous m’envoyez dans la DMZ ? Vous êtes tarés ? Ok, j’y vais…) comprend, certes un peu lentement mais comprend quand même, qu’il va devoir apprendre à se débrouiller pour éventuellement revoir sa Normandie (non ce n’est pas le prénom de sa copine). Dans tous les cas, je vois mal en quoi cet album peut être une claque. Certes, vous me parlerez d’ambiance apocalyptique…  mais l’univers n’a jamais suffi à créer une histoire, c'est au contraire un terreau pour y développer des récits anecdotiques sans pour autant avoir un réel fond. Et c’est d’ailleurs ce qui se passe ici. Quels liens ? Quels fils conducteurs ? Des touches sans profondeurs, du joli spectacle qui n’égratigne pas beaucoup les consciences… Univers futuriste où les pourris sont  l’intelligentsia. Les pauvres sont évidemment les victimes… Rooooh ! Préparons la révolution alors ! Je suis bien embarrassé pour vous en dire plus car effectivement, je ne retiens que cet aspect des choses. Graphiquement, c’est d'une efficace réelle, dans la grande tradition du comics mainstream. Mais je dois avouer que je suis très loin de l’enthousiasme suscité par la lecture de séries comme Transmetropolitan qui, pour le coup, est une vraie claque politiquement incorrect. Ici pas de remise en place et surtout  aucune trace d’autodérision qui pourrait faire éventuellement penser que cette accumulation de clichés américano-occidentaux pourraient être une caricature. Mais l’humour s’est perdu dans un appartement de Manhattan aux vitres explosés et à l’horizon de soleil couchant… I’m poor lonesome  blogueur… A lire : la synthèse de K.BD Je dois cette lecture à la très fameuse Mo' la fée. Cette lecture rentre donc dans le cadre de son challenge Pal Sèches

palseches

7 réflexions au sujet de « Chronique | DMZ T.1 Sur le terrain »

    1. Non, je n'ai pas eu l'occasion de lire la suite, je le ferais si je tombe par hasard sur le T2. Je n'irais pas l'acheter pour autant mais je laisse une seconde chance à l'ensemble.
      J'avoue que je suis resté plutôt dubitatif vis-à-vis de cet album. Je me dis qu'il y a du potentiel mais beaucoup d'élèment me rappelle pourquoi je ne cours pas vraiment après le mainstream (avec de nombreuses exceptions tout de même)

  1. C'est marrant en tout cas, je pensais que tu accrocherais plus avec DMZ qu'avec Fables !

    Ensuite, c'est vrai que je ne suis pas une mordue de mainstream, univers post-apocalyptiques, comics… donc le traitement du sujet tel qu'il est proposé ici me convient largement. Il faudrait quand même que je me mette à "Transmetropolitan" car 1/ la référence me manque et 2/ ce que vous en avez dit est alléchant

    1. Transmetropolitan et Preacher sont les deux séries qui m'ont le plus enthousiasmé ces derniers temps ! Dans le genre politiquement incorrect, ce sont des références. En comparaison, même s'il faut relativiser car ce n'est pas le même sujet, je trouve DMZ beaucoup trop convenu.
      Quant à Fables, j'aime beaucoup les contes revisités (comme Garulfo et Chateau l'attente) et il y a surtout une bonne dose d'auto-dérision… Les auteurs s'amusent et ça se sent 🙂

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