Chronique | Fais péter les basses, Bruno !

Dessins et scénario de Baru Editions Futuropolis (2010) Public : adulte et nostalgique des oeuvres de Michel Audiard Pour les bibliothécaires : soyons sérieux, nous parlons de Baru là !

Farandole de biftons !

Quel est le point commun entre une bande de vieux cambrioleurs retraité des affaires, le sosie d’un footballeur célèbre et un petit immigré clandestin rêvant de jouer au football et plusieurs millions d’euros ? Aucun à priori… sauf cet album. Sous ce titre bien étrange, et qui finalement n’a que peu de rapports avec le propos, se cache la nouvelle pépite du lauréat du prix de la ville d’Angoulême 2010. Vous présentez Baru serait presque une insulte tant cet auteur a signé depuis les années 80 des albums et des séries qui vous auront fait forcement rêver ou réfléchir, citons pour les plus connus L’Autoroute du Soleil (prix du meilleur album 1995), Le Chemine de l’Amérique (idem mais en 1991), Les Années Spoutnik (1999) , l’excellent et acide Bonne Année (1998) ou plus récemment Pauvres Z’héros adapté du roman de Pierre Pelot. Mais, je ne vais pas vous faire toute sa bibliographie, vous avez BD Gest’ pour ça. Fais péter les basses, Bruno ! s’inscrit dans une la continuité de l’œuvre générale de cet auteur talentueux et prolixe. On retrouve l’univers de prédilection de Baru. On savoir celui du petit peuple, du populaire dans sa signification la plus noble. C’est un peu une marque de fabrique de la maison. Baru n’évoque pas très souvent les milliardaires ni les gens de la finance et lorsqu’il convoque la politique c’est rarement pour la caresser dans le sens du poil. Une fois de plus, il s’installe parmi les malfrats pour nous raconter son histoire. Une histoire simple de magot et de course-poursuite cache-cache, tout en rythme et ponctué par des dialogues qu’un certain Michel A. n’aurait pas renié. Au milieu de cette farandole de gros flingues et d’arnaques, se baladent un jeune africain, doué pour le foot mais pas vraiment prêt à faire face au monde occidental. Ce jeune africain est un fil rouge dans l'histoire. Il est paumé et baladé au milieu de tout ça. Présent sans pour autant faire partie de l'aventure. Et pourtant, sans le savoir, il joue son petit rôle. Bref, chacun y trouvera l'allégorie qu'il peut. Comme à son habitude, Baru ne se laisse pas porter par une quelconque mode. Son dessin reste le même. Pas de tentation de passage à la mise en couleur par ordinateur, pas d’inspiration manga ou comics comme on peut en voir un peu (trop ?) depuis quelques temps. Baru reste le même et ça reste d’une remarquable efficacité. On ne peut s’empêcher de rire devant les mines déconfites ou réjouies des personnages et de leurs "gueules" (de Zizou le malfrat à Paulo le vieux malfrat en costard, sosie de Baru ?). Bref, il y a une vraie joie dans ce dessin. Dernière chose, et ce n’est que du domaine de l’interprétation, j’ai l’impression que Baru donne ici une petite leçon de vie à ses personnages et à ses lecteurs.  Il a fêté ses 63 ans cette année. Étrangement, c’est à peu près l’âge de ses héros principaux et on remarquera l’importance du rapport vieillesse/jeunesse (expérience/fougue) dans cet album (et jusqu’à sa conclusion). Peut-on y voir un message caché ? Celui d’un auteur de grande renommée aux jeunes venant après lui ? Bah, j’interprète vous dis-je ! Bref, Fais Péter les basses, Bruno ! c’est du Baru : efficace, drôle et acide. Baru, ne changez rien surtout ! Chez IDDBD, on vous le recommande (encore une fois) A découvrir : les premières planches sur le site de Futuropolis A lire : la toujours splendide et efficace chronique de Mo' dans son bar à BD A  noter 1 : cette chronique a été rédigé dans le cadre de l'Opération Masse Critique du site Babelio. Merci donc à Babelio et aux éditions Futuropolis. Notez qu'il n'y a aucune contrainte sur nos chroniques. J'ai gardé toute indépendance concernant les deux chroniques réalisés (lisez Macanudo c'est génial !) A noter 2 : Fais péter les basses, Bruno ! fera l'objet d'une présentation (par votre humble serviteur) lors de la soirée Rentrée Littéraire du 5 novembre 2010 à la librairie La Compagnie des Livres à Vernon (27). N'hésitez pas si vous passez dans le coin (20h30 !). J'y présenterai également Château de Sable et... l'album de ma prochaine chronique...

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