Dimanche K.BD : Coupures Irlandaises

coupures-irlandaises-Kris-Bailly Comme chaque dimanche, l'équipe de k.bd vous invite à découvrir sa nouvelle synthèse. Cette semaine, dans le cadre du mois consacré à la BD engagée, nous faisons la synthèse de Coupures Irlandaises, le très bon album de Kris et Bailly. Une œuvre forte, en partie autobiographique, sur l'Irlande du Nord en 1987 vu à travers le regard de deux jeunes bretons. Un album que nous avions chroniqué récemment (voir notre chronique ici). >>>Allez c'est par ici<<< (ps : Merci à Zorg, notre infographiste, pour sa présentation sympa)

Chronique | Sarah Cole, une histoire d’amour d’un certain type

sarah_cole_mardonscénario et dessins de Grégory Mardon d'après la nouvelle de Russell Banks éditions Futuropolis (2010) Public : adulte Pour les bibliothécaires : Grégory Mardon, auteur peu reconnu mais toujours très bon. Une valeur sûre !

Le Prince et la grenouille

Il est beau, musclé, calme, intelligent, riche et célibataire depuis peu. Le soir, il traine souvent dans ces bars huppés où se rencontre avocats et courtiers en bourse. Elle, la quarantaine, pas vraiment une gagnante de concours de beauté, divorcé, 3 enfants, une attitude qui cache difficilement son milieu social, populaire évidemment. Pour oublier la solitude et son boulot de mise en carton dans une imprimerie, elle sort avec ses copines. D’habitude, elle évite ce genre de bar huppé où se mêlent avocats et courtiers en bourse… Grégory Mardon fait partie de ces auteurs peu connus des médias mais impeccablement régulier dans la qualité de leur travail. Je l’avais découvert avec Vagues à l’âme en 2000, récit biographique et imaginaire de son grand-père marin, un récit assez proche de Big Fish de Tim Burton. Depuis, c’est toujours avec plaisir que je découvre ses œuvres (Corps à Corps, Leçon de choses, Incognito…). Ici, Grégory Mardon s’attaque à l’adaptation d’une nouvelle très connue de Russel Banks, grand auteur américain dont l’un des thèmes de prédilection est la description du monde du petit peuple. Bref, c'est dire si le travail n'était pas aisé. Dans ces cas-là, le plus difficile est de ne pas se laisser manger par l’œuvre originale. Or, Grégory Mardon évite cet écueil en très bon scénariste qu’il est. Comment ? Tout simplement en  en faisant le moins possible. Ici, les silences sont de rigueur et le trait, doublé d’un sens de la mise en scène et du découpage très précis, fait le reste. Les regards en biais, les sourires en coin, l’isolement de l’un et la vulgarité de l’autre, la lâcheté aussi… Tout cela est mis en exergue par une succession de cases, bien pensées, bien posées, silencieuses. Et c’est ainsi que les mots prononcés prennent sens dans la bouche des deux protagonistes jusqu’au moment où le monde des apparences et les fossés sociaux sont les plus forts. Les contes de fées sont pour les autres, ici, dans le monde de Russell Banks, et par appropriation dans celui de Grégory Mardon, les princes n’embrassent pas les grenouilles ou alors, c’est juste sous le coup d’une inspiration malsaine ou par pitié… jusqu'au moment où il se reveille de sa gueule de bois. Encore une fois, Grégory Mardon est juste sur toute la ligne. Une très belle adaptation littéraire dans la lignée d’album comme Shutter Island ou Pauvres z’héros. Sans trop en faire, il restitue parfaitement l’atmosphère de cette étonnante et poignante nouvelle de Russell Banks. A découvrir : la fiche album sur le blog Futuropolis A lire : pour preuve qu'on ne dit pas toujours que des imbécilités sur IDDBD, voici la chronique du blog du journal Le Monde A noter (encore une fois) : Sarah Cole fera l'objet d'une présentation (par votre humble serviteur) lors de la soirée Rentrée Littéraire du 5 novembre 2010 à la librairie La Compagnie des Livres à Vernon (27). N'hésitez pas si vous passez dans le coin (20h30 !). J'y présenterai également Château de Sable et Fais péter les basses, Bruno !

Chronique | Fais péter les basses, Bruno !

Dessins et scénario de Baru Editions Futuropolis (2010) Public : adulte et nostalgique des oeuvres de Michel Audiard Pour les bibliothécaires : soyons sérieux, nous parlons de Baru là !

Farandole de biftons !

Quel est le point commun entre une bande de vieux cambrioleurs retraité des affaires, le sosie d’un footballeur célèbre et un petit immigré clandestin rêvant de jouer au football et plusieurs millions d’euros ? Aucun à priori… sauf cet album. Sous ce titre bien étrange, et qui finalement n’a que peu de rapports avec le propos, se cache la nouvelle pépite du lauréat du prix de la ville d’Angoulême 2010. Vous présentez Baru serait presque une insulte tant cet auteur a signé depuis les années 80 des albums et des séries qui vous auront fait forcement rêver ou réfléchir, citons pour les plus connus L’Autoroute du Soleil (prix du meilleur album 1995), Le Chemine de l’Amérique (idem mais en 1991), Les Années Spoutnik (1999) , l’excellent et acide Bonne Année (1998) ou plus récemment Pauvres Z’héros adapté du roman de Pierre Pelot. Mais, je ne vais pas vous faire toute sa bibliographie, vous avez BD Gest’ pour ça. Fais péter les basses, Bruno ! s’inscrit dans une la continuité de l’œuvre générale de cet auteur talentueux et prolixe. On retrouve l’univers de prédilection de Baru. On savoir celui du petit peuple, du populaire dans sa signification la plus noble. C’est un peu une marque de fabrique de la maison. Baru n’évoque pas très souvent les milliardaires ni les gens de la finance et lorsqu’il convoque la politique c’est rarement pour la caresser dans le sens du poil. Une fois de plus, il s’installe parmi les malfrats pour nous raconter son histoire. Une histoire simple de magot et de course-poursuite cache-cache, tout en rythme et ponctué par des dialogues qu’un certain Michel A. n’aurait pas renié. Au milieu de cette farandole de gros flingues et d’arnaques, se baladent un jeune africain, doué pour le foot mais pas vraiment prêt à faire face au monde occidental. Ce jeune africain est un fil rouge dans l'histoire. Il est paumé et baladé au milieu de tout ça. Présent sans pour autant faire partie de l'aventure. Et pourtant, sans le savoir, il joue son petit rôle. Bref, chacun y trouvera l'allégorie qu'il peut. Comme à son habitude, Baru ne se laisse pas porter par une quelconque mode. Son dessin reste le même. Pas de tentation de passage à la mise en couleur par ordinateur, pas d’inspiration manga ou comics comme on peut en voir un peu (trop ?) depuis quelques temps. Baru reste le même et ça reste d’une remarquable efficacité. On ne peut s’empêcher de rire devant les mines déconfites ou réjouies des personnages et de leurs "gueules" (de Zizou le malfrat à Paulo le vieux malfrat en costard, sosie de Baru ?). Bref, il y a une vraie joie dans ce dessin. Dernière chose, et ce n’est que du domaine de l’interprétation, j’ai l’impression que Baru donne ici une petite leçon de vie à ses personnages et à ses lecteurs.  Il a fêté ses 63 ans cette année. Étrangement, c’est à peu près l’âge de ses héros principaux et on remarquera l’importance du rapport vieillesse/jeunesse (expérience/fougue) dans cet album (et jusqu’à sa conclusion). Peut-on y voir un message caché ? Celui d’un auteur de grande renommée aux jeunes venant après lui ? Bah, j’interprète vous dis-je ! Bref, Fais Péter les basses, Bruno ! c’est du Baru : efficace, drôle et acide. Baru, ne changez rien surtout ! Chez IDDBD, on vous le recommande (encore une fois) A découvrir : les premières planches sur le site de Futuropolis A lire : la toujours splendide et efficace chronique de Mo' dans son bar à BD A  noter 1 : cette chronique a été rédigé dans le cadre de l'Opération Masse Critique du site Babelio. Merci donc à Babelio et aux éditions Futuropolis. Notez qu'il n'y a aucune contrainte sur nos chroniques. J'ai gardé toute indépendance concernant les deux chroniques réalisés (lisez Macanudo c'est génial !) A noter 2 : Fais péter les basses, Bruno ! fera l'objet d'une présentation (par votre humble serviteur) lors de la soirée Rentrée Littéraire du 5 novembre 2010 à la librairie La Compagnie des Livres à Vernon (27). N'hésitez pas si vous passez dans le coin (20h30 !). J'y présenterai également Château de Sable et... l'album de ma prochaine chronique...

L’info du jour | Etorouji Shiono en dédicace

Ubel BlattIl y a quelques mois, on vous a parlé d'Ubel Blatt, une très bonne série d'Heroic-Fantasy made in Japan. Cette série de Dark Fantasy a le mérite de relancer un genre pas toujours très bien gâté au pays du manga (et malmené par les auteurs européens). Donc, si vous voulez rencontrer l'auteur, c'est Jeudi 28 octobre de 18h à 21h au Virgin des Champs-Elysées. Au passage, demandez-lui quand il compte sortir le tome 12... parce que c'est un peu longuet... Pour relire la chronique d'IDDBD, >>>>c'est ici<<<<

Chronique | Château de Sable

château de sable - Frederik PeetersScénario de Pierre Oscar Lévy Scénario et dessins de Frederik Peeters Editions Atrabile (2010) Public : Adultes Pour les bibliothécaires : comme à chaque album, tout simplement essentiel.

Une journée à la mer

Un jour  j’aimerai pouvoir vous écrire  : « Désolé mais pour une fois, le Frederik Peeters, ben… c’est vraiment pas terrible ! ». Depuis que j’écris sur IDDBD,  je vous rabâche sans cesse la même litanie : "Fred Peeters c’est génial, Fred Peeters c’est la classe, Fred Peeters c’est le haut du panier, Fred Peeters et gnagnagna…" Et bien devinez ? Château de Sable est encore une réussite. Désolé…  je n’y peux rien. Je ne m'attarderai pas à vous faire un résumé de l’histoire car il est bien plus intéressant de pénétrer dans cet album en se laissant juste guider par l’impression dérangeante de la couverture. On ouvre le livre et dès les premières planches nous voici projetés dans un univers où l’atmosphère surnaturelle  se dégage de la banalité. Quelques détails seulement pourraient trahir mais les dialogues de Pierre Oscar Lévy sont ceux du commun. Graphiquement, on ne retrouve pas les volutes et les cases folles de Lupus mais juste des visages d’enfants, de parents, de vieillards et un décor naturel. Non, ici rien ne laisse présager… Mais j’ai dis que je ne trahirais pas le secret de cet album. Encore une fois, et cette fois-ci en duo avec Pierre Oscar Lévy, Frederik Peeters est là où on ne l’attend pas… Enfin pas vraiment car cet album va de surprise en surprise, de moment de grâce en moment de grâce. Après l'aventure intérieure (Lupus), l'autobiographie (Pilules Bleues), le conte fantastique jeunesse (Koma avec Wazem), le recueil de nouvelles, le polar (RG avec Pierre Dragon) ou le fantastique (Pachyderme), Peeters chateau_de_sable_peeters2aborde encore un nouveau rivage dans ses thèmes et ses genres. Cependant, sur la forme, Château de Sable s’inscrit dans une certaine continuité car on y retrouve la patte caractéristique de l'auteur suisse : le rythme du récit prenant le temps de dresser le portrait de chaque individu ;  le goût prononcé pour un forme d'humour pince-sans-rire décalé et surtout, cette volonté farouche, quasi marque de fabrique de mettre l’humain au centre du récit. Car Château de Sable est avant tout une chronique humaniste. Un huis-clos étourdissant et dérangeant où réflexions sur la vie, la mort, le temps qui passe, les rapports aux autres et les angoisses qui en résultent se mêlent et constituent l’essence même du livre. Château de Sable est une auberge espagnole où chacun apporte un peu de soi : personnages, auteurs et lecteurs. Face aux événements et en refermant l’album on se pose inévitablement la question… et moi ? Comment ne pas encore vous inviter à vous plonger, si ce n’est pas encore fait, dans l’œuvre magique de cet auteur ? Comment ne pas vous inviter à lire un album, qui encore une fois, vous donnera l’impression d’avoir abordé quelque chose d’essentiel qui pourrait, dans une certaine mesure, changer votre propre regard sur la vie ? Un album tout a fait important, dans la lignée des publications de Peeters chez Atrabile. Sans doute, un des plus bel album de cette année 2010... on en reparlera à la fin du mois de janvier 2011… Message Post-chronique : mon refus de dévoiler le contenu de l'album étant assez frustrant, je vous invite à réagir dans les commentaires. Je serais ravi de discuter de votre point de vue. 🙂 A découvrir : le site consacré à Frederik Peeters A relire (rappel d'une chronique de vacances) : l'interview de Pierre Oscar Lévy consacré à Château de Sable

Chronique | Seuls

Scénario de Fabien Vehlmann Dessins de Bruno Gazzotti Editions Dupuis Public : tous publics Pour les bibliothécaires : une série intelligente, aussi bien pour le jeune public que pour les adultes qui n'ont pas oublié l'enfant qu'ils ont été

Plaisir solitaire

Je me suis régalé ! Non, sans blague, ça peut paraître puéril, simpliste, pas assez intello... mais le fait est que je me suis régalé ! Voilà une série qui ne se la joue pas "Oh mon Dieu, regarde comment je fais de l'art !" mais qui vous procurera un excellent moment de lecture, quel que soit votre âge... pour peu que vous n'ayez pas oublié l'enfant que vous avez été. A commencer par le dessin : classique, il vous rappellera les séries que vous lisiez il y a quelques années, dans la plus pure tradition franco-belge. Ne voyez dans cette remarque aucune ironie ! Gazzotti maîtrise son crayon : des personnages aux décors (j'aime ses vues de la ville...), il sait rendre vivant le récit de son scénariste, impulser du rythme lorsque l'action le nécessite, créer des ambiances toujours justes (ses cadrages sont impeccables...). Modeste en apparence, le dessin de Gazzotti est riche et généreux. Vous baladez dans ses cases est le premier plaisir que vous ressentirez en découvrant les cinq premiers tomes de Seuls. Mais bien entendu, le dessin ne suffit pas, à lui seul (!), à vous procurer cet excellent moment de lecture que vous attendez. Heureusement, Fabien Vehlmann vous a concocté une histoire qui vous forcera à enchaîner les tomes les uns après les autres. L'auteur du Marquis d'Anaon et des Cinq conteurs de Bagdad dévoile encore une fois son talent de story teller. Mais à la manière de ces  histoires que l'on se raconte (et que l'on vit) lorsque l'on est gosse, avec ses copains. On joue à se faire peur, à s'inventer des aventures invraisemblables mais tellement vraies ! Et si... et si un jour, n se réveillant, nos parents avaient disparu. Si on était subitement seuls au monde ? Avec notre bande de copains quand même (sinon, c'est pas du jeu). Keskisepasserait ? C'est précisément ce que découvrent, à leurs dépens, les cinq héros de Seuls, Dodji, Terry, Leila, Camille et Yvan. Un beau matin d'été, leur ville s'est vidée de tous ses habitants... Fini de se comporter comme des enfants : il faut survivre ! D'autant que les dangers, les ennemis ne manquent pas. Oups ! Je vous sens dubitatifs. Vous trouvez le propos puéril, simpliste, pas assez intello. Vous avez raison et tort à la fois. Certes, Fabien Vehlmann n'est pas William Golding (encore une fois, n'y voyez ni ironie, ni cynisme) et Seuls n'est pas Sa Majesté des Mouches. Mais Vehlmann sait conférer une vraie personnalité à ses personnages. Il ne façonne pas seulement des poupées que Gazzotti aurait animées. Les cinq héros sont crédibles, attachants car chacun peut y retrouver des traits de sa propre enfance. En outre, le scénario ne tombe jamais dans la facilité, la complaisance. Quel que soit leur âge, Vehlmann ne prend pas ses lecteurs pour des crétins à qui il suffirait de balancer quelques situations rocambolesques. L'histoire s'étoffe peu à peu, le propos est intelligent, subtil. Bref, même si les jeunes constituent le premier public visé, les adultes y trouveront également leur compte, pour peu - comme je vous l'indiquais plus haut - que vous n'ayez pas oublié que vous aussi, vous avez été, un jour, un Enfant Perdu au Pays Imaginaire... A savoir : l'intégrale des cinq tomes (qui constituent un premier cycle) sera disponible le 5 novembre prochain A visiter : le site officiel de Seuls A voir : les blogs de Vehlmann et Gazzotti

Chronique | Macanudo T.2

macanudo2_LiniersScénario et dessins de Liniers Editions La Pastèque (2010) Public : Tous publics Pour les bibliothécaires : un peu de magie dans votre fonds ? C’est par ici.

Absurdité comique

Quand un pingouin parle à la dernière feuille d’un arbre en la suppliant de ne pas sauter, quand un écrivain cherche l’inspiration et que celle-ci est partie en vacances, quand une vache met le doigt sur les invraisemblances du 7e art, quand la petite Enriqueta fait des paris idiots sur sa balançoire avec son chat...  Bienvenue dans l’univers de Macanudo. Par où commencer ? Par mon inscription au masse critique de septembre chez Babelio ? Par la réception du mail m’indiquant que je recevrais le 2e volume de Macanudo alors que je ne savais rien du tome 1 ? Par mon impression favorable lorsque j’ai constaté le très beau travail des éditions La Pastèque au moment de l’ouverture du colis ? Non. Ma chronique démarre à la lecture du premier strip. Un choc. Non pas un choc violent mais un plaisir immédiat, une vague de bonheur  avec une touche juste ce qu’il faut de poésie pour, non pas éclater d’un rire gras, mais sourire du coin de la bouche accompagné d’un plissement du bord des paupières. Sourire d’un humour qui fait oublier Bigard et les soirées foot sur TF1, un humour sans prétention mais avec suffisamment d'humanité et d'intelligence pour se dire qu’on est heureux d’être assis à cet endroit à cet instant. Pourtant à première vue, le dessin est naïf, la couleur est belle mais rien ne laisse transparaître une telle qualité. Cependant, on voit vite la grande valeur du découpage et l’utilisation des cases comme des éléments narratifs en eux-mêmes. Avec Liniers, le classique bande de 4 cases en prend un sacré coup. Il découpe dans tous les sens, parfois en diagonale, multiplie les cases et les disposent en profondeur. Et pourtant, ô miracle,  les effets ne prennent jamais le pas sur la lisibilité. C’est à ce moment là qu’on comprend la présence de la citation de Chris Ware en début d’album « Le vocabulaire que l’on peut employer dans les bandes dessinées est par définition illimitée… ».  Une formule qui apparaît alors comme une évidence. Bien entendu cette seule explication technique ne suffit pas. Peut-être faut-il aller voir dans les racines même de l’œuvre ? Pour la petite histoire, Macanudo a été originellement publié dans le quotidien argentin La Nacion entre 2003 et 2004. Et là, ça résonne dans nos petites têtes : comics-strips, argentine… Evidence encore une fois. On le sentait  sans s’en rendre compte. La comparaison avec Quino vient tout de suite à l’esprit. L’influence est évidente mais pas limitative. Après tout, est-ce vraiment possible de faire du dessin de presse humoristique en Argentine sans s’affranchir de Mafalda ?  Il a conservé de son aîné le même amour pour la bonne chute, et surtout, même s’il n’y a pas de véritables héros dans l’univers de Liniers,  cette même tendresse pour ses personnages. Mais,  le travail de Liniers n’est pas un ersatz de celui de Quino. Au contraire, il apporte une dimension complètement fantaisiste qu’on ne retrouve pas dans les aventures de la plus célèbre héroïne de la BD argentine. Et c’est là encore l’un des grandes forces de cet auteur, il prend constamment le contrepied de la vérité, de la logique abrutissante pour l’imagination. L’absurdité, la démesure, le rêve, la fantaisie, l’innocence et parfois même la pointe de cynisme nécessaire pour prendre le contrepied du contrepied, sont autant d’ingrédients qui font de Macanudo cette œuvre originale inscrite dans la tradition des grandes œuvres du comic-strip. Je remercie Babelio pour leur initiative et les éditions La Pastèque pour leur travail d'édition, tous les deux m’ont permis de découvrir un auteur magnifique qui peut sans rougir être comparer à des créateurs de la trempe des Charles M. Schultz ou autre Quino. Un très grand merci ! A lire : la chronique du tome 1 chez du9.org A écouter : l'émission Dans Ta Bulle n°97 A lire : les 20 premières pages de l'album sur le site de La Pastèque A découvrir : la page du site des éditions La Pastèque consacré à Macanudo
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